Viandes bovines

Une demande à la peine

Les prix élevés des viandes bovines à la consommation et le pouvoir d’achat contraint par la flambée des prix des carburants freinent la demande partout en Europe pour le bœuf et le veau. Les prix sont sous pression, d’autant que les viandes de pays tiers poursuivent leur percée. Le marché s’est réajusté sur quasiment toutes les catégories et montre à présent des signes de stabilisation. En France, la décapitalisation allaitante continue de ralentir, mais les effets de la FCO3, arrivée en juillet 2025 dans le grand Ouest, sont visibles sur les naissances laitières.

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Abattages contenus, IPAMPA en hausse

Mi-mai, les abattages étaient en retrait. Les cours des meilleures vaches résistaient, mais ceux des laitières et des jeunes bovins étaient en recul du fait des cours baissiers en UE.

Des abattages toujours faibles

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins sur les semaines 17 à 20 étaient en retrait de 4% en têtes d’un an sur l’autre. La production en tonnage reculait peu (-1% /2025), grâce à une progression de 9 kg du poids moyen carcasse, le prix des aliments achetés toujours en baisse encourageant l’alourdissement des animaux, et le ralentissement des sorties de jeunes bovins aboutissant aussi au même résultat. Cette tendance globale de baisse des abattages pourrait se poursuivre avec la mise à l’herbe printanière et la décapitalisation en cours.

Dans le détail, voici les baisses constatées :

  • Les abattages de vaches allaitantes ont encore fortement reculé, de 10% en têtes mais de 8% en téc, avec un poids carcasse moyen en hausse de 11 kg sur un an.
  • Ceux de génisses de type viande reculaient également de 8% en têtes et de 6% en tonnage brut (+11 kg de poids carcasse).
  • Les jeunes bovins de type viande affichaient un repli de 3% en têtes, compensée par une hausse de 14 kg de leur poids carcasse, permettant d’égaler la production en tonnage d’il y a un an.

A l’inverse :

  • Les abattages de vaches laitières, progressaient de 3%, mais par rapport à un très faible niveau de 2025, alors en net recul dans un contexte de bon prix du lait. La hausse en téc pour les vaches laitières était de 5% sur la dernière période.
  • Les abattages de jeunes bovins de types lait étaient stables en têtes et en petite hausse en téc (+1%), grâce à un poids carcasse amélioré de 5 kg.
  • Les sorties de bœufs toutes races confondues progressaient, comme depuis le début de l’année, de 3% sur la dernière période, et de 5% en tonnage grâce à un poids plus élevé de 6 kg éc en rapport avec la bonne pousse de l’herbe.

La décapitalisation ralentit en allaitantes mais s’accélère en laitières

La baisse conséquente des abattages de vaches de type viande depuis cet automne (-5% ces six derniers mois) participe au ralentissement de la décapitalisation. On assiste donc à une réduction de l’écart entre les effectifs de vaches allaitantes en 2026 et ceux de l’année passée : -0,7% seulement de baisse au 1er avril 2026, à 3,409 millions de vaches allaitantes (-25 000 têtes). Les éleveurs conservent davantage de femelles pour s’assurer un nombre de vêlages suffisant dans un contexte d’aléas sanitaires variés. La hausse des prix des bovins enregistrée en 2025 incite aussi à conserver le potentiel de production.

Le recul du cheptel laitier, lui, se poursuit et même accélère, avec 3,164 millions de têtes présentes au 1er avril (-2,7% /avril 2025 contre -2,6% un mois plus tôt). A contrario, le nombre de génisses laitières ne reculait plus au 1er avril, à 1,078 millions de têtes (=/2025). Les problèmes de fertilité et d’avortement sont importants dans l’Ouest, du fait de la propagation de la FCO-3, réduisant le nombre de génisses entrant en production. Le recul du nombre de vaches laitières est aussi lié à l’augmentation de la productivité laitière, avec la distribution de davantage d’aliment, peu onéreux ces derniers mois, et la robotisation de la traite, augmentant la productivité.

Les cotations des vaches de type viande résistent, les laitières en baisse

Les cours des vaches avaient un peu reculé après Pâques mais cette période semble se clôturer, car les effectifs se présentant à l’abattage restent toujours très faibles. Ainsi, la cotation de la vache U standard a certes essuyé un revers entre les semaines 14 et 19, mais a gagné 2 centimes en semaine 20, à 7,87 €/kg carcasse, un niveau toujours au-dessus de 2025 (+19%).

Le cours de la vache de conformation intermédiaire R a reculé sur la même période, et perdait encore quelques centimes en semaine 20 (-3 centimes en une semaine), mais moins qu’auparavant, du fait de la faiblesse des disponibilités. Elle cotait donc 7,29 €/kg éc en semaine 20 (-30 centimes en quatre semaines, mais toujours +15% /2025).

Concernant les vaches laitières, malgré le recul des abattages depuis Pâques, durant les six dernières semaines (-3%), les prix se sont tassés tout en restant supérieurs à leur niveau de 2025. La hausse du prix du bœuf (voir notre article sur la consommation et le commerce extérieur) et de l’énergie restreignent le pouvoir d’achat des familles, consommatrices notamment de steaks hachés issus de réformes. Les prix des vaches laitières chez nos voisins européens, inférieurs aux prix français, exercent aussi une pression sur le marché. En semaine 20, la vache O cotait 6,33 €/kg de carcasse (-34 centimes en quatre semaines mais encore +6% /2025). La vache P, la moins conformée, a perdu 39 centimes en quatre semaines, à 6,02 €/kg de carcasse (encore +3% /2025).

Les prix des jeunes bovins reculent

Les cotations des jeunes bovins finis reculent depuis début avril, dans le sillage des prix allemands et italiens (voir notre article Jeunes Bovins en Europe). Cette baisse saisonnière correspond traditionnellement à une demande qui diminue après l’hiver. Cette année, elle est particulièrement marquée du fait d’une contraction plus forte de la demande dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat en Europe. D’ailleurs, les exportations françaises étaient en net recul sur les trois premiers mois de l’année, témoignant d’un marché européen morose.

La cotation du jeune bovin U a ainsi perdu 50 centimes en quatre semaines, à 7,05 €/kg de carcasse en semaine 20 (encore +9% /2025). Celle du jeune bovin R a également perdu 46 centimes, à 6,90 €/kg (+9% /2025), mais ralentit la baisse en semaine 20 (-8 centimes cette semaine contre -18 centimes la semaine précédente). Le jeune bovin O suivait la tendance, à 6,48 €/kg (-43 centimes en quatre semaines, +10% /2025).

L’IPAMPA viande bovine : hausse présente et future

En mars, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) a augmenté de 6% comparé à 2025, et +6% en un mois, à 132,0 points. L’indice énergie et lubrifiants a bondi de 50% en un mois et comparé à 2025 aussi, tandis que celui des engrais et amendements a progressé de +14% comparé à 2025 (+7% en un mois). Le conflit au Moyen-Orient depuis fin février fait flamber le prix de l’énergie et des engrais. Face à la hausse du carburant, le gouvernement a accordé diverses aides aux agriculteurs :

  • Prise en charge des droits d’accise (TICPE) du GNR en avril,
  • Aide de 15 centimes d’€ par litre de GNR en mai, prolongée jusqu’à fin août depuis le 21 mai,
  • Prêt « flash » carburant avec BPI France,
  • Report éventuel de cotisations sociales, voire prise en charge dans les situations les plus difficiles.

Face à la hausse de l’inflation, le SMIC – qui n’est pas pris en compte dans l’IPAMPA – sera relevé de 2,41% au 1er juin, après une hausse de 1,18% le 1er janvier.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2025.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Le marché du JB sous pression

Les prix élevés et la réduction du pouvoir d’achat liée à la flambée des prix de l’énergie freinent la demande pour la viande de jeune bovin chez nos voisins européens. Les prix sont sous pression, d’autant que les importations issues de pays tiers poursuivent leur progression.

La demande fléchit en Italie

En Italie, le prix à la consommation de la viande bovine a fortement progressé sur les douze derniers mois dans le sillage des prix à la production. En avril, il était en hausse de 8,2% sur un an, contre seulement 3,7% pour le porc et 5,0% pour la volaille.

L’inflation générale a par ailleurs accéléré en avril (+2,8% /2025) après un mois de mars déjà impacté (+1,7% /2025), sous l’effet de la hausse du prix des carburants notamment. Le pouvoir d’achat des Italiens est donc sous pression.

D’après le panel d’achat des ménages, les volumes de viande bovine achetés sur les quatre premiers mois de l’année seraient en recul de 7% /2025. Ce recul est du même ordre que celui des abattages de jeunes bovins : 392 000 bovins de 12 à 24 mois ont été abattus sur les quatre premiers mois de l’année d’après la BNDI italienne (-6% /2025), dont 221 000 mâles (-5%) et 170 000 femelles (-7%).

Face au fléchissement de la demande, les prix à la production ont accusé une baisse prononcée. Il faut toutefois rappeler que le printemps enregistre traditionnellement une baisse saisonnière des cours, qui avait été effacée en 2024 et 2025 par le fort déséquilibre entre une offre insuffisante et une demande encore solide. La baisse des cours devrait donc en toute logique être stoppée avant l’été.

Sur la bourse de Modène, la cotation du mâle charolais prima qualità a perdu 36 centimes/kg vif en six semaines pour tomber à 4,62 €/kg vif en semaine 20. Il reste pour l’instant au-dessus de son cours de 2025 (+5%).

Signal positif, la cotation du mâle limousin Extra 600-650 kg a stoppé sa chute, se stabilisant en semaine 20 à 4,98 €/kg vif, soit 11% au-dessus de son niveau de 2025.

Le marché allemand en panne

L’inflation a redécollé en Allemagne après le déclenchent de la guerre au Moyen-Orient et la hausse du prix des carburants. Elle était à +2,9% /2025 en avril après déjà +2,7% en mars. Les consommateurs, très sensibles aux prix, ont freiné leurs dépenses. La viande bovine, plus chère que ses concurrentes, en pâtit.

Face à cette faible demande, la modeste reprise de la production de jeunes bovins tombe mal. 2025 avait été une année de pénurie de jeunes bovins, en raison de nombreux exports de veaux l’année précédente vers les Pays-Bas, où les naissances avaient été affectées par la FCO3. En 2026, les abattages de taurillons sont plus dynamiques en Allemagne. Sur les semaines 17 à 20, ils affichaient une hausse de 9% /2025 d’après AMI, égalant leur niveau de 2024.

Ce déséquilibre entre l’offre et la demande conduit à réajuster les prix. La cotation allemande du JB U a perdu plus d’1 €/kg depuis fin mars pour tomber à 6,30 €/kg carcasse en semaine 20, passant sous son niveau de 2025 (-10%).

Toutefois, dans certaines régions, en particulier dans le Nord, les opérateurs commencent à évoquer un marché rééquilibré avec une offre un peu plus limitée, comme le relate la chambre d’Agriculture du Schleswig-Holstein dans cette rubrique.

Les prix résistent un peu mieux en Espagne grâce au débouché Algérien

L’Espagne est le pays qui résiste le mieux à la baisse des cours des jeunes bovins. Les cotations espagnoles sont probablement soutenues par la reprise le 10 avril des exports en vif vers l’Algérie, en préparation de l’Aïd. Depuis l’automne, les flux de vif vers les pays tiers étaient en effet à l’arrêt en raison de la DNC.

La cotation espagnole du jeune bovin U était bien supérieure à la cotation française en semaine 20, à 7,42 €/kg de carcasse, soit +6% /2025.


Les importations de pays tiers en forte hausse en début d’année

Un autre élément pèse sur le marché européen : les viandes d’origine pays tiers sont de plus en plus présentes. En 2025, les importations de viande bovine de pays tiers ont totalisé 459 000 téc, soit +18% /2024. Leur part dans la consommation européenne progresse. Elle est passée de 6,1% en 2024 à 7,4% en 2025.

Début 2026, cette percée se poursuivait. Les volumes de viande bovine réfrigérée et congelée importés par l’UE sur les deux premiers mois de l’année ont totalisé 71 000 téc, soit +25% /2025.

Plusieurs fournisseurs ont participé à cette hausse, profitant du différentiel de prix entre leur marché intérieur et celui de l’UE :

  • Le Brésil a fourni 21 000 téc (+65% /2025)
  • Le Royaume-Uni 18 000 téc (+23%)
  • L’Uruguay 11 000 téc (+32%)
  • L’Afrique australe 3 000 téc (+95%)

Les volumes en provenance d’Argentine se sont repliés, en lien avec la hausse des prix et le recul de la production dans le pays.

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Moins d’export de viande bovine

Au premier trimestre 2026, le disponible consommable de viande bovine et de veau aurait progressé sur le territoire français, du fait du recul des exportations. L’inflation a accéléré en avril à cause du conflit au Moyen-Orient.

Le disponible consommable en croissance apparente

Le disponible consommable de bœuf et de veau a légèrement progressé de 1% au premier trimestre 2026, comparé à 2025, à 258 000 téc. La production de viande bovine CVJA (corrigées des variations inter journalières annuelles Agreste) était quasi stable (-500 téc /2025). Les exportations de viande bovine sont en net recul depuis le début de l’année (-11% au premier trimestre /2025, soit -6 000 téc) maintenant davantage de viande sur le marché national. Enfin, les imports se sont effrités de 1% /2025 (-1 000 téc). Les stocks de viande congelée auraient progressé sur la période d’après les opérateurs de la filière, la consommation totale réelle des ménages ne progressant pas actuellement.

Le recul des exportations et la bonne tenue des abattages a réduit la part d’import dans la consommation apparente de mars à 25% contre 26% un an plus tôt. Ce calcul ne tient pas compte des stocks en abattoir.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

Les exports de viande bovine à la peine

En mars 2026, les exportations de viande bovine française ont, comme depuis le début de l’année, nettement reculé : -13% /2025, à 17 000 téc. Le recul en février était comparable, à -12% sur un an ; il avait été plus modeste en janvier à -7%. En cumul sur les trois premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine ont subi un revers de 11% comparé à 2025, et -8% /2024. La viande de jeune bovin français est moins bien positionnée à l’export depuis mi-octobre comparée à certaines origines européennes, ce qui a freiné les envois à l’automne et depuis janvier, au regard des bonnes performances du JB français à l’export début 2025.

Durant le premier trimestre, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers toutes nos destinations à l’exception des Pays-Bas :

  • vers l’Italie (-13% /2025, -1 500 téc) à 11 000 téc, un volume toutefois équivalent à celui de 2024. En effet, début 2025, les envois français avaient été particulièrement dynamiques, du fait des prix français alors attractifs et du manque de viande dans la Botte italienne.
  • vers l’Allemagne très modérément (-3% /2025, -250 téc) à 9 000 téc,
  • vers la Grèce (-22% /2025) à 6 500 téc, du fait d’une inflation à deux chiffres qui touche le bœuf depuis l’été 2025 en Grèce,
  • vers la Belgique (-14% /2025) à 4 500 téc,
  • vers les autres pays de l’UE, hors Pays-Bas (-19% /2025) à 4 500 téc,
  • vers les pays tiers (-18% /2025) à 1 500 téc, principalement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Les envois français de viande bovine ont cependant progressé de 11% vers les Pays-Bas (+900 téc) au premier trimestre, à 9 000 téc, en lien avec la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+800 téc), dont une part est réexpédiée vers les Pays-Bas.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les importations de viande quasi-stables

De leur côté, les volumes de viandes bovines se sont à peine effrités au premier trimestre, de 1% /2025, à 87 000 téc. L’écart de prix retrouvé entre les vaches françaises et leurs homologues européennes (voir notre article sur les vaches en Europe) ont maintenu les importations malgré la demande un peu molle. L’Irlande ne peut toujours pas augmenter ses envois, faute de viande disponible, mais l’Allemagne a boosté ses expéditions grâce à des abattages de vaches constants au premier trimestre /2025 et un prix proche des origines irlandaises et polonaises. La France se tourne également vers les pays tiers et des fournisseurs inhabituels en UE, tels l’Autriche ou la Roumanie pour compléter les achats.

Nos importations ont progressé depuis les pays suivants, au premier trimestre 2026 :

  • les Pays-Bas, à 18 000 téc (+1% /2025), probablement en lien avec la progression des abattages de veaux début 2026, comparé à la mauvaise année 2025 (voir notre article sur le veau de boucherie).
  • le Royaume-Uni (+7%, +800 téc) à 11 000 téc, le volume supplémentaire par rapport à 2025 étant probablement réexpédié vers les Pays-Bas,
  • l’Allemagne (+10% /2025 ou +800 téc) à 8 500 téc, la viande de réforme allemande étant attirée par le différentiel de prix favorable,
  • l’Espagne (+6%, +300 téc) à 5 000 téc, après le fort recul constaté début 2025 lorsque l’Espagne exportait tous azimuts en UE et au-delà,
  • et depuis d’autres pays tiers (+37%, +400 téc), à 1 400 téc, principalement de l’Uruguay (900 téc, ×2 /2025), les provenances Brésil et Argentine étant en recul (200 téc brésiliennes, -18% et 100 téc argentines, -50%).

En revanche, nos importations ont reculé depuis l’Irlande, la Pologne, la Belgique et l’Italie :

  • -6% /2025 depuis l’Irlande, à 14 500 téc, en lien avec la dégringolade des abattages de vaches sur l’île depuis début 2026 (-21% d’après l’indicateur du ministère de l’Agriculture irlandais),
  • -8% /2025 depuis la Pologne, à 9 000 téc, la production de viande de vache polonaise ayant reculé de 2% sur janvier-février 2026,
  • -21% depuis la Belgique, à 5 000 téc,
  • -7% depuis l’Italie, à 3 500 téc.

Par ailleurs, nos importations d’autres pays de l’UE que ceux cités ci-dessus progressent, à 2 500 téc (+22%, +500 téc).

Accélération de l’inflation en avril

En avril selon l’INSEE, l’inflation générale était de 2,2% sur un an (contre 1,7% déjà un mois plus tôt). Le prix de l’énergie a encore augmenté comparé à mars, du fait du conflit au Moyen-Orient déclenché fin février (+14% en un an, contre +7,4% un mois plus tôt). L’alimentaire a nettement ralenti son rythme de hausse, à 1,2% sur un an contre 1,8% le mois précédent. L’alimentaire frais progressait de 1,9% sur un an (contre 1,4% un mois plus tôt), l’ensemble des viandes de 3,6%, comme en février. Le prix du bœuf et du veau progressait de 11% sur un an, comme depuis janvier. La hausse générale de l’inflation devrait se poursuivre dans les semaines ou mois à venir, du fait du conflit et de son impact sur les prix de l’énergie, mais également d’autres produits intermédiaires comme les engrais ou les emballages.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Un marché rééquilibré

Les prix des vaches de réforme se sont réajustés à la baisse en Europe depuis l’automne dernier, permettant au marché de se rééquilibrer. Les réformes sont moins nombreuses en cette saison et elles trouvent facilement preneur.

Les prix des vaches à présent relativement stables chez nos voisins

Depuis plusieurs semaines, les cotations des vaches sont relativement stables en Allemagne et en Irlande, après avoir accusé des baisses significatives depuis l’automne. Le marché est équilibré. Les réformes sont peu nombreuses globalement dans l’UE (-3% d’abattages sur les deux premiers mois de l’année). Par ailleurs, la demande pour la viande de vache résiste mieux à la baisse du pouvoir d’achat que celle de JB, grâce à un prix inférieur.

En semaine 20, la vache O allemande cotait 5,92 €/kg de carcasse (-5% /2025 mais +40% /2024) tout comme la vache O irlandaise (-11% /2025 mais +40% /2024). La vache O polonaise avait encore perdu 37 centimes en un mois, mais restait au-dessus de son niveau de l’an dernier, à 5,66 €/kg de carcasse (+5% /2025 et +33% /2024).

Contrairement à ses homologues, la cotation française avait continué à augmenter jusqu’à fin mars, creusant l’écart avec ses voisines. Elle a depuis perdu 44 centimes/kg mais demeure, à 6,33 €/kg de carcasse, 36 centimes au-dessus de la moyenne européenne. Cet écart, lié au goût des Français pour la viande de vache, y compris pour les pièces nobles, s’était perdu en 2025 lors de la forte hausse des cours partout en Europe.


En Irlande, les réformes restent limitées

En Irlande, après un début de saison de pâturage chaotique en raison d’un temps humide, les conditions se sont nettement améliorées en avril et la bonne pousse de l’herbe encourage actuellement les éleveurs à conserver leurs vaches. Les effectifs abattus restent donc particulièrement limités.

D’après le ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de vaches sur les semaines 17 à 20 étaient en repli de 13% par rapport au niveau de 2025 et de 18% par rapport à 2024.

En Allemagne, des réformes modérées

En Allemagne, les réformes restent modérées. D’après l’indicateur hebdomadaire publié par AMI, les abattages de vaches sur les semaines 17 à 20 étaient en recul de 1% /2025 et de 9% /2024.

Le marché est équilibré et fluide. D’après les observateurs de la filière allemande, les vaches de réforme trouvent rapidement preneur et les quantités proposées s’ajustent bien à la demande.

Viandes bovines » Maigre »

Offre renforcée et demande faible : les cours retrouvent leur niveau de 2025

Les cours des broutards ont subi une baisse depuis début avril, résultat d’une offre légèrement plus abondante qu’en 2025 (année touchée par la FCO-3) et d’une demande plus faible du fait de la baisse des cours des taurillons.

Cours en baisse

Après avoir tenu à un niveau élevé jusque fin mars, les cotations des broutards ont reculé depuis début avril, à rebours de leur tendance saisonnière habituelle, et ont pour certaines catégories retrouvé le niveau de l’année 2025.

Les mâles charolais payaient le plus lourd tribut au commerce difficile, malgré des effectifs en baisse. En semaine 20 :

  • Les Charolais U de 450 kg perdaient 59 centimes en un mois, reculant à 4,98 €/kg vif, un niveau légèrement inférieur (-7 cts) à leur cours de 2025,
  • Les Charolais U de 350 kg tenaient un peu mieux, avec un recul de 53 centimes en quatre semaines, à 5,64 €/kg vif (+18 cts /2025).

Les femelles et les autres races tenaient mieux.

En semaine 20 :

  • Les Croisés R de 300 kg perdaient 53 centimes en un mois, à 5,77 €/kg vif, mais restaient supérieurs de 85 centimes à leur cotation de 2025,
  • La baisse se limitait à 35 centimes en quatre semaines pour les Limousins E de 350 kg, qui cotaient 5,80 €/kg vif (+70 cts /2025),
  • La cotation des Blonds U de 300 kg reculait 55 centimes en un mois, à 6,55 €/kg vif (+68 cts /2025),
  • Les Charolaises U de 270 kg cotaient 5,18 €/kg vif, en baisse de 38 centimes en un mois.

L’offre renforcée en broutards ce printemps, alors que la demande ralentit du fait de la baisse des prix des taurillons partout en Europe, conduit à ce recul généralisé et rapide des cours (lire notre article dédié au marché européen des jeunes bovins pour en savoir plus).

Disponibilités en hausse après une année 2025 très basse

Les naissances de veaux allaitants avaient été particulièrement faibles à l’automne 2024, avec le passage de plusieurs maladies vectorielles dans les bassins naisseurs. Il en avait résulté une forte baisse des disponibilités au printemps 2025. Les effectifs en hausse au printemps 2026 sont donc en hausse par rapport à ce bas niveau 2025.

Au 1er avril, 473 000 mâles allaitants de 6 à 12 mois étaient présents dans les élevages français, en hausse de 1% /2025 mais toujours en recul de 4% sur deux ans, conséquence du retour à une situation sanitaire plus classique à l’été 2025 dans les grands bassins allaitants. La situation est similaire pour les mâles allaitants de moins de 6 mois, avec 854 000 animaux présents dans les exploitations, soit +2% /2025 mais toujours -8% /2024.

Baisse des naissances printanières

On constate une nette baisse des naissances au printemps 2026. Celle-ci est cohérente avec un pic de vêlages plus important à l’automne, en lien avec le changement de saisonnalité constaté depuis plusieurs années. La baisse est probablement accentuée par l’arrivée des épizooties dans l’ouest de la France.

En mars, 353 000 veaux allaitants sont nés, en baisse de 12 000 têtes sur un an (-3%). En cumul sur trois mois, la baisse atteint 33 000 têtes (-4% /2025), avec seulement 928 000 veaux nés.

Exportations en forte baisse

Les restrictions aux importations imposées en Italie et en Espagne pour les zones vaccinales DNC en France, associées à l’ambiance plus morose du marché des jeunes bovins, conduisent à une forte baisse des exportations de broutards en début d’année 2026.

En mars, 67 000 broutards ont été exportés, en nette baisse de 14 000 têtes sur un an (-17% /2025). Sur trois mois, la baisse atteint 15% /2025, avec seulement 261 000 têtes envoyées. L’Italie était la destination de 82% de ces broutards, un niveau proche des années précédentes.

Les envois vers les pays tiers restent atones, avec seulement 1 000 broutards envoyés en Tunisie sur les trois premiers mois de l’année. Maroc et Algérie restent fermés aux broutards français.

Sur les dernières semaines disponibles (du 20 avril au 17 mai), les envois vers l’Espagne et l’Italie restaient en baisse malgré la levée des restrictions à l’import de leur côté.

Tous bovins confondus, seules 32 000 têtes ont été exportées vers l’Espagne sur cette période (-6 000 têtes /2025 ou –15%). La majorité de ces bovins sont cependant des veaux laitiers. Vers l’Italie, les envois ont atteint 50 000 têtes sur la période, en baisse de 9 000 têtes /2025 (-15%).

La baisse des exportations malgré une offre renforcée est aussi à relier à une hausse des achats par les cheptels engraisseurs français. En cumul sur les trois premiers mois de l’année, ceux-ci ont ainsi mis en place 6 000 broutards de plus qu’en 2025. 

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

La pente est forte, mais l’altitude reste élevée

Victime d’une consommation peu dynamique, les cours des veaux de boucherie étaient en forte baisse au printemps 2026, sans pour autant effacer complètement la hausse de l’automne 2025.

Forte baisse des cours

La consommation poussive de veau au printemps 2026 entraîne une forte baisse des cours des veaux de boucherie, qui restent cependant supérieurs à leur niveau de 2025.

En semaine 20 :

  • le veau de boucherie rosé clair O élevé en atelier reculait de 49 centimes sur un mois, à 8,37 €/kg de carcasse (+63 cts /2025),
  • le veau de boucherie rosé clair R élevé en atelier perdait également 40 centimes en quatre semaines, à 9,01 €/kg de carcasse (+95 cts /2025),
  • à l’inverse, le veau rosé clair U élevé sous la mère se stabilisait (-6 centimes en un mois) à 11,82 €/kg de carcasse (+1,50 € /2025).

Les veaux français ont ainsi bien amorcé leur baisse saisonnière qui, bien que spectaculaire, n’atteint pas les reculs des autres producteurs européens.

Aux Pays-Bas et en Italie, la baisse des cours a été plus précoce et plus forte, en lien avec des hausses d’abattage dans ces deux pays et avec le repli de la demande italienne face aux prix élevés et à la baisse du pouvoir d’achat.

En semaine 20 :

  • le veau de boucherie pie-noir italien perdait à nouveau 45 centimes en un mois, atteignant 6,85 €/kg de carcasse (-15 cts /2025),
  • le veau de boucherie pie-noir néerlandais reculait de 53 centimes en quatre semaines, à 6,82 € /kg de carcasse (= /2025).

Entre début février (semaine 6) et mi-mai (semaine 20), les veaux de boucherie ont ainsi perdu 1,48 €/kg de carcasse aux Pays-Bas, 1,45 €/kg de carcasse en Italie et « seulement » 0,77 €/kg de carcasse en France.

Net recul des abattages en France

Les abattages de veaux de boucherie étaient en recul depuis le début de l’année en France.

En avril, 75 000 veaux ont été abattus en France, en recul de 11% /2025, portant le cumul sur quatre mois à seulement 302 000 têtes (-9% /2024). La baisse de la production est un peu moindre, à 11 000 téc en avril (-9% /2025), atténuée par une forte hausse des poids carcasse. Ceux-ci ont atteint 150 kg en moyenne en avril, soit 2,9 kg de plus qu’en 2025. Cet alourdissement est principalement dû à une nette hausse de l’âge à l’abattage.

En avril, les veaux français ont été abattus en moyenne à 191,4 jours, soit 4 jours plus vieux qu’en 2025. Le ralentissement des sorties découle de ventes difficiles et entraîne la hausse constatée des poids carcasse.

Hausse de la production dans la majorité des pays européens

Les abattages de veaux de boucherie étaient en hausse en début d’année dans les principaux autres pays producteurs que sont les Pays-Bas et l’Italie.

Aux Pays-Bas, 97 000 veaux ont été abattus en février 2026 (+3% /2025), portant le total de la production du mois à 14 000 téc (+6% /2025) grâce à une nette hausse des poids carcasse (+4 kg, à 149,1 kg). En cumul sur deux mois, 191 000 veaux ont été abattus (-1% /2025) pour 28 000 téc (+1% /2025).

En Italie, la hausse des abattages est forte depuis février. En mars, 58 000 veaux ont été abattus (+13% /2025), après déjà une hausse en février. Sur trois mois, les sorties atteignent 155 000 veaux (+4% /2025, mais -4% par rapport à la très bonne année 2024).

La situation est similaire en Belgique, avec 36 000 têtes abattues en mars (+24% /2025 et +22% /2024), après déjà +16% /2025 en février, avec 28 000 têtes. En tonnage, la Belgique a produit 16 000 téc en trois mois (+14% /2025 mais seulement +5% /2024).

En Suisse, la production est également en hausse, avec 6 000 téc en trois mois (+2% /2025) même si les abattages baissent en nombre de têtes (50 000 têtes, -1% /2025), ceci grâce à la hausse des poids carcasse de 2,2 kg, à 128,5 kg en moyenne.

À l’inverse, les abattages de veaux allemands poursuivaient leur baisse, avec 6 000 téc pour 39 000 têtes sur deux mois (-13% et -15% /2025), la hausse de 2,3 kg des poids carcasse, à 159,8 kg, ayant compensé en partie la baisse des sorties.

Les aliments laitiers toujours au sommet

Dans le sillage de la forte hausse de février, après le déclenchement de la guerre en Iran, les ingrédients laitiers utilisés pour l’alimentation des veaux de boucherie sont restés à un niveau très élevé au printemps.

En semaine 18, la poudre de lactosérum doux atteignait ainsi 1 455 €/tonne, un niveau égal à son pic de début 2022. La flambée des prix des hydrocarbures ne se traduisait pas encore dans les prix du propane en mars d’après l’indicateur sur les prix du propane aux particuliers du ministère de la Transition écologique. L’indice atteignait 120,6 points en mars, en légère hausse de 1% sur un mois et proche de son niveau de 2025.

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Fort revers des naissances laitières en mars

La baisse importante des naissances laitières en mars-avril a obligé les intégrateurs à relever les prix payés pour ces jeunes veaux fin avril, afin de s’assurer des veaux gras pour la rentrée de septembre. Les expéditions de veaux vers l’Espagne sont en net recul en mars, du fait de la baisse de l’offre en France et d’un contexte moins porteur en Espagne qu’en 2025.

Forte baisse des naissances en mars-avril, rattrappage en vue ?

En mars, seulement 204 000 veaux sont nés de mère laitière, en fort recul de 13% /2025. Le cumul sur la campagne juillet 2025–mars 2026 est de 2 390 000 têtes (-3,4% /2025). Ce revers inédit des naissances en mars s’explique par l’arrivée en Bretagne-Pays de la Loire de la FCO-3 en juillet 2025 et par la canicule qui a sévi à partir du 10 juillet, perturbant encore davantage la reproduction. Ce recul des naissances devrait se poursuivre dans les mois à venir car la FCO-3 est ensuite montée jusqu’en Normandie en août-septembre. La MHE est également intervenue dans ces zones à forte densité de cheptel laitier, impactant d’autant plus les naissances.

Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement reculaient un peu plus, à 123 000 têtes en mars (-14% /2025) pour un cumul de 1 411 000 têtes sur la campagne (-3,8% /2024-2025 alors que ce recul n’était que de 1,2% l’année précédente à pareille époque). Les éleveurs laitiers ont utilisé moins de semence viande en 2025, afin d’assurer le renouvellement du cheptel, dans un contexte de reproduction perturbée par les maladies vectorielles.

Naissances-de-veaux-de-mere-laitiere-disponibles-pour-l-engraissement

Sur la première décade d’avril, le recul serait encore plus important (chiffres à consolider). D’après les statistiques d’inséminations artificielles, ces naissances qui n’ont pas eu lieu au printemps seront décalées sur les mois de mai à août.

Cours des veaux laitiers à un haut niveau

Après avoir connu une forte hausse sur les premiers mois de l’année, les cours des veaux laitiers avaient marqué une pause en mars-avril. La flambée des prix des aliments lactés (voir notre article veau de boucherie) et la baisse saisonnière des prix des veaux gras limitaient alors la capacité des intégrateurs à mieux payer les veaux laitiers, malgré l’offre en recul. Par ailleurs, les prix des veaux laitiers espagnols progressent peu depuis mars. En avril, les naissances françaises de veaux laitiers s’annoncent en très net recul, ce qui a pu conduire au rebond des prix. D’autant que les intégrateurs achètent des veaux pour les sorties de la rentrée de septembre, période importante sur le marché de la viande de veau.

La cotation du veau mâle laitier de 45-50 kg a gagné 26 € en quatre semaines pour atteindre 312 €/tête en semaine 21, un niveau toujours bien supérieur aux valeurs des années passées (+56 € /2025 et +188€ /2024).

Le veau laitier néerlandais de 43-47 kg se stabilisait quant à lui depuis fin avril autour de 330 €/tête en semaine 20 (-35 € /2025 mais +165 € /2024). Les veaux laitiers espagnols se stabilisaient également à 169 €/tête en semaine 19 (-16 € /2025). Ce tarif, bien inférieur à la France, traduit l’inquiétude des engraisseurs espagnols du fait de la guerre au Moyen-Orient (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

En mars les exportations de veaux reculent fortement

Faute d’offre et dans un contexte un peu morose pour le jeune bovin ibérique, les exportations de veaux laitiers ont fortement reculé en mars.

Après un recul de 8% en février, les envois de veaux français de mère laitière ont chuté de 14% en mars comparé à 2025, à 22 000 têtes, portant le cumul sur les 16 premières semaines de l’année, jusqu’au 17 avril, à 93 000 têtes (-9,5% /2025). L’Espagne reste la destination de 95% de ces veaux en 2026.