Victime d’une consommation peu dynamique, les cours des veaux de boucherie étaient en forte baisse au printemps 2026, sans pour autant effacer complètement la hausse de l’automne 2025.
Forte baisse des cours
La consommation poussive de veau au printemps 2026 entraîne une forte baisse des cours des veaux de boucherie, qui restent cependant supérieurs à leur niveau de 2025.

En semaine 20 :
- le veau de boucherie rosé clair O élevé en atelier reculait de 49 centimes sur un mois, à 8,37 €/kg de carcasse (+63 cts /2025),
- le veau de boucherie rosé clair R élevé en atelier perdait également 40 centimes en quatre semaines, à 9,01 €/kg de carcasse (+95 cts /2025),
- à l’inverse, le veau rosé clair U élevé sous la mère se stabilisait (-6 centimes en un mois) à 11,82 €/kg de carcasse (+1,50 € /2025).
Les veaux français ont ainsi bien amorcé leur baisse saisonnière qui, bien que spectaculaire, n’atteint pas les reculs des autres producteurs européens.
Aux Pays-Bas et en Italie, la baisse des cours a été plus précoce et plus forte, en lien avec des hausses d’abattage dans ces deux pays et avec le repli de la demande italienne face aux prix élevés et à la baisse du pouvoir d’achat.

En semaine 20 :
- le veau de boucherie pie-noir italien perdait à nouveau 45 centimes en un mois, atteignant 6,85 €/kg de carcasse (-15 cts /2025),
- le veau de boucherie pie-noir néerlandais reculait de 53 centimes en quatre semaines, à 6,82 € /kg de carcasse (= /2025).
Entre début février (semaine 6) et mi-mai (semaine 20), les veaux de boucherie ont ainsi perdu 1,48 €/kg de carcasse aux Pays-Bas, 1,45 €/kg de carcasse en Italie et « seulement » 0,77 €/kg de carcasse en France.
Net recul des abattages en France
Les abattages de veaux de boucherie étaient en recul depuis le début de l’année en France.

En avril, 75 000 veaux ont été abattus en France, en recul de 11% /2025, portant le cumul sur quatre mois à seulement 302 000 têtes (-9% /2024). La baisse de la production est un peu moindre, à 11 000 téc en avril (-9% /2025), atténuée par une forte hausse des poids carcasse. Ceux-ci ont atteint 150 kg en moyenne en avril, soit 2,9 kg de plus qu’en 2025. Cet alourdissement est principalement dû à une nette hausse de l’âge à l’abattage.

En avril, les veaux français ont été abattus en moyenne à 191,4 jours, soit 4 jours plus vieux qu’en 2025. Le ralentissement des sorties découle de ventes difficiles et entraîne la hausse constatée des poids carcasse.
Hausse de la production dans la majorité des pays européens
Les abattages de veaux de boucherie étaient en hausse en début d’année dans les principaux autres pays producteurs que sont les Pays-Bas et l’Italie.

Aux Pays-Bas, 97 000 veaux ont été abattus en février 2026 (+3% /2025), portant le total de la production du mois à 14 000 téc (+6% /2025) grâce à une nette hausse des poids carcasse (+4 kg, à 149,1 kg). En cumul sur deux mois, 191 000 veaux ont été abattus (-1% /2025) pour 28 000 téc (+1% /2025).

En Italie, la hausse des abattages est forte depuis février. En mars, 58 000 veaux ont été abattus (+13% /2025), après déjà une hausse en février. Sur trois mois, les sorties atteignent 155 000 veaux (+4% /2025, mais -4% par rapport à la très bonne année 2024).
La situation est similaire en Belgique, avec 36 000 têtes abattues en mars (+24% /2025 et +22% /2024), après déjà +16% /2025 en février, avec 28 000 têtes. En tonnage, la Belgique a produit 16 000 téc en trois mois (+14% /2025 mais seulement +5% /2024).
En Suisse, la production est également en hausse, avec 6 000 téc en trois mois (+2% /2025) même si les abattages baissent en nombre de têtes (50 000 têtes, -1% /2025), ceci grâce à la hausse des poids carcasse de 2,2 kg, à 128,5 kg en moyenne.
À l’inverse, les abattages de veaux allemands poursuivaient leur baisse, avec 6 000 téc pour 39 000 têtes sur deux mois (-13% et -15% /2025), la hausse de 2,3 kg des poids carcasse, à 159,8 kg, ayant compensé en partie la baisse des sorties.
Les aliments laitiers toujours au sommet
Dans le sillage de la forte hausse de février, après le déclenchement de la guerre en Iran, les ingrédients laitiers utilisés pour l’alimentation des veaux de boucherie sont restés à un niveau très élevé au printemps.

En semaine 18, la poudre de lactosérum doux atteignait ainsi 1 455 €/tonne, un niveau égal à son pic de début 2022. La flambée des prix des hydrocarbures ne se traduisait pas encore dans les prix du propane en mars d’après l’indicateur sur les prix du propane aux particuliers du ministère de la Transition écologique. L’indice atteignait 120,6 points en mars, en légère hausse de 1% sur un mois et proche de son niveau de 2025.
