La production laitière mondiale a poursuivi sa hausse pour le 19ème mois consécutif, portée par le dynamisme de l’UE et des États-Unis. Ce flux massif de lait favorise les fabrications de commodités, dont les cours se sont redressés sous l'effet d'une couverture des acheteurs et des incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient. En France, après un début d'année dynamique, des signaux de tassement de la collecte apparaissent alors que le prix du lait recule et les marges s’effritent. Côté bio, la collecte a renoué avec la croissance mais ce redressement est compromis par des aléas printaniers.
Lait de vache » Collecte laitière »
Niveau toujours élevé de la production laitière mondiale
Dernière révision leLa production de lait était toujours en hausse chez les principaux exportateurs de produits laitiers. Parmi eux, seule l’Australie a connu un niveau de croissance modéré.
Poursuite de la hausse de production chez les principaux exportateurs
Pour le 19ème mois consécutif, la production de lait chez les 7 principaux exportateurs mondiaux (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et UE) était en hausse sur un an. Après avoir dépassé le million de tonnes de septembre 2025 à janvier 2026, le niveau de progression est repassé sous ce niveau en février 2026, à 900 000 tonnes (+3,7% /2025).
Le niveau de production reste important et presque tous les bassins de production sont concernés exception faite de l’Australie qui voit sa production stagner. La croissance de la collecte restait principalement portée par l’UE pour plus de la moitié (52%), puis par les États-Unis pour plus du quart (28%).

La production australienne reste limitée
Malgré quelques soubresauts conjoncturels, la production laitière australienne reste durablement affectée par des conditions climatiques difficiles et la déprise. En février 2026, quatre mois après un pic de production de la campagne laitière 2025/2026 décevant, 593 000 tonnes de lait ont été produites (+0,6% /2025). Depuis le début de la campagne en juillet 2025, seulement 6,06 millions de tonnes ont été produites, soit -0,5% sur un an.

Actuellement, l’inquiétude majeure de la filière concerne l’accès aux engrais, les coûts de production et le risque de pénurie de lait alors que le détroit d’Ormuz reste bloqué. Afin de limiter les pertes de marge pour les éleveurs et de les inciter à continuer de produire, Lactalis Australia a décidé de relever le prix payé aux producteurs de 64 cents AUS$/kg MS (39 cents d’euros).
La Nouvelle-Zélande sur des standards élevés après le pic de production
En Nouvelle-Zélande, cinq mois après le pic de production de la campagne 2025/2026, la production a totalisé 1,98 millions de tonnes (+6,0% /2025) en février 2026. En cumul depuis le début de la campagne en juin 2025, la production a totalisé 17,88 millions de tonnes (+2,7% /2025), légèrement en deçà du record de la campagne 2020/2021 (-0,7%).

Cette dynamique souligne les performances réalisées par la coopérative Fonterra qui collecte plus de 80% du lait produit dans le pays. Récemment, le groupe coopératif annonçait des paiements records reversés aux éleveurs. Ainsi, mi-avril, chaque ferme a reçu en moyenne 650 000 NZ$ (325 000 €) au titre d’un important rendement en capital, de deux dividendes et du paiement mensuel régulier de l’avance sur le lait.
Enfin, la coopérative a également relevé son prix du lait à la production médian pour la campagne 2025/2026, passant de 9,50 NZ$/kgMS à 9,70 NZ$/kgMS. La plage de prix passant de 9,20-9,80 NZ$/kgMS à 9,40-10,00 NZ$/kgMS.
La production aux États-Unis continue de battre des records
Aux États-Unis, malgré le recul des marges de l’activité laitière, la production restait toujours particulièrement dynamique début 2026. En février, elle avait atteint 8,28 millions de tonnes (+2,9% /2025). Et depuis le début de l’année, 87,60 millions de tonnes avaient été produites (+2,4% /2025), un nouveau record.

Depuis plus d’un an, la dynamique de production de lait aux États-Unis repose sur un taux de réforme limité. Le cheptel de vaches laitières était toujours étoffé en février 2026, avec 9,615 millions de vaches (+2,3% /2025), le plus haut total depuis le début de la série statistique en 2015.

Bien qu’ils aient progressé en février 2026, les abattages de vaches laitières restent limités. En janvier et février 2026, 484 000 vaches laitières ont été abattues (+4% /2025 mais -4% /2024 et -14% /2023).

Les disponibilités en génisses de renouvellement restent quant à elles limitées. D’après la dernière enquête cheptel, les États-Unis ne comptaient que 3,90 millions de génisses laitières de renouvellement au 1er janvier 2026 (= /2025) contre encore 4,50 millions il y a cinq ans (-13% /2021). Le taux de génisses laitières de remplacement par vaches laitières en carrière s’est dégradé sur la période passant de 47,6% au 1er janvier 2021 à 40,7% cinq ans plus tard. De quoi poser des problèmes pour le renouvellement du cheptel à terme.

En attendant, la production laitière étasunienne ne montre pas de signe de ralentissement malgré des prix moins intéressants. Le cheptel étoffé devrait soutenir des volumes de production encore élevés dans les prochains mois.
Bon niveau de collecte en Argentine
En Argentine, la collecte reste portée par une situation économique plus favorable et un climat plus clément. Elle reste en hausse par rapport aux années précédentes, affectées par les crises. En février 2026, le volume de lait collecté dans le pays a atteint 781 000 tonnes (+9,5% /2025). Sur 2 mois, ce sont plus de 1,7 million de tonnes de lait qui ont été collectées, niveau similaire au bon début d’année 2023 (+9,2% /2025 et +0,3% /2023).

Avec le rebond des disponibilités en lait porté par un prix du lait encore rémunérateur, les exportations de produits laitiers toujours compétitives continuent de rebondir. En cumul sur les deux premiers mois de 2026, les envois de poudres grasses, premier produit exporté par le pays, ont progressé mais restaient inférieurs au niveau de 2024 (+36% /2025 à 25 kt, mais -9% /2024). Les expéditions étaient notamment en hausse vers le Brésil, premier client du pays (+48% /2025 à 13 kt,), comme vers l’Algérie, second client (+29% à 10 kt).
Les exportations étaient aussi en progression pour le beurre (+35% /2025) ou les fromages (+9%). Même constat pour la poudre maigre (+39%).

Les principaux États laitiers de l’UE continuent de produire
Au sein de l’UE à 27, la collecte laitière continue d’être très dynamique. En février 2026, plus de 11,4 millions de tonnes de lait ont été collectées (+4,0% /2025). En cumul sur 2 mois, le volume collecté atteint près de 23,6 millions de tonnes, un nouveau record absolu pour un début d’année (+4,4% /2025). Le début de 2026 poursuit la tendance observée à partir du second semestre 2025, malgré la baisse du prix du lait dans tous les États membres.

Tous les principaux producteurs de lait de l’UE ont vu leur collecte progresser sur les deux premiers mois de l’année. C’est le cas de l’Allemagne (+6,6% /2025 à 5,32 Mt), de la France (+6,1% à 4,13 Mt), des Pays-Bas (+5,7% à 2,34 Mt), de l’Italie (+3,1% à 2,28 Mt), de la Pologne (+2,9% à 2,27 Mt) ou de l’Irlande (+5,5% à 533 kt).

L’offre soutenue a pesé sur les prix avant des signes de stabilisation
Les disponibilités accrues chez les principaux exportateurs continuent à faire pression sur les prix du lait. Mais le rebond récent des cours des commodités a participé à la remontée des prix à la production en Océanie et aux États-Unis. En février 2026, le prix du lait atteignait :
- 459 €/1 000 l en France (-4% /janvier 2026 et -8% /février 2025) ;
- 371 €/1 000 l en Allemagne (-4% /janvier 2026 et -28% /février 2025) ;
- 351 €/1 000 l aux États-Unis (+4% /janvier 2026 et -32% /février 2025) ;
- 386 €/1 000 l en Nouvelle-Zélande (+4% /janvier 2026 et -10% /février 2025).

Les entreprises irlandaises, centrées sur la production de commodités laitières et l’export, avaient subi en premier la baisse des cours des commodités. Avec le rebond observé sur les marchés mondiaux en début d’année, les prix payés aux éleveurs par les principales entreprises irlandaises comme Tirlàn, Dairygold ou Kerry Agribusiness se sont nettement redressés début 2026. La baisse des prix concernait encore les autres entreprises européennes.


















