Le disponible consommable toujours en recul en septembre

La consommation par bilan de bœuf et de veau a reculé de 3,4% sur 9 mois. Les imports étaient en hausse en septembre, mais insuffisamment pour compenser la baisse de production. Les exports français de viande bovine continuent à bien se porter.

Manque de production et recul du disponible consommable

En septembre 2025, la consommation par bilan de viandes bovines (y compris veau) a décru de 5% comparée à 2024. Les abattages CVJA (corrigés des variations journalières inter-annuelles) de gros bovins ont reculé de 6% en septembre comparés à 2024 (-6 000 téc). La hausse des imports (+4% /2024, + 1 300 téc) n’a pas pu compenser ce recul. Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks ; il est donc préférable d’analyser les évolutions sur plusieurs mois.

Ainsi, la consommation par bilan sur les neuf premiers mois de l’année recule plus fortement qu’en 2024 : -3,4% sur la période janvier-septembre 2025, contre -1,7% un an plus tôt. Cette baisse de consommation est avant tout liée au recul des disponibilités en France, mais aussi en Europe.

D’après Agreste, pour les abattages, et les Douanes, pour le commerce extérieur du dernier mois, le disponible consommable de septembre était de 117 000 téc (-7 000 téc). La part de l’import dans le disponible a augmenté en septembre par rapport à un an plus tôt, du fait de l’effet conjugué du recul des abattages et de la hausse des imports. Cette part d’import se situait en septembre à 28%, contre 25% en septembre 2024. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est de 26%, contre 25% sur la même période 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En octobre, l’inflation de la viande bovine accélère toujours

En octobre selon l’INSEE, l’inflation générale s’est poursuivie à un rythme annuel modéré de 0,9%, contre 1,2% un mois plus tôt. Les prix de l’énergie ont reculé plus vigoureusement en octobre (-5,6% sur un an, -4,4% un mois plus tôt) et l’alimentaire a progressé plus doucement (+1,3% sur un an, contre +1,7% en septembre). Le prix des légumes frais est moins élevé cet automne que l’an passé à pareille époque (-7,3% sur un an), à rebours de l’évolution de septembre (+2,6% sur un an). Le poisson frais augmente de 4,1% sur un an et les viandes de 1,9%. Parmi les viandes, l’inflation sur le bœuf et le veau ne cesse d’accélérer dans le sillage de la hausse des prix abattoir, à +8,2% sur un an en octobre.

En septembre, des imports en hausse

En septembre, les importations de viandes bovines (veau inclus) ont augmenté de 4% par rapport à l’an passé, à 32 000 téc (+1 300 téc). Cette hausse ne compense cependant pas la baisse des abattages français. En cumul sur les neuf premiers mois de l’année, nos importations refluent toujours de 2% /2024 à 262 000 téc (-5 200 téc) du fait du manque de disponibilités chez nos principaux fournisseurs étrangers.

Dans le détail pour le mois de septembre, nos importations ont progressé depuis les Pays-Bas, la Pologne, l’Italie et le Royaume-Uni :

  • +6% /2024 depuis les Pays-Bas (+400 téc), notre principal fournisseur de viande, à 7 000 téc, alors que nos importations depuis le début de l’année étaient en retrait, du fait du recul des abattages de veaux et de gros bovins aux Pays-Bas sur les huit premiers mois de l’année,
  • +42% depuis le Royaume-Uni (+1 500 téc), à 5 000 téc, du fait d’une production de viande en légère progression outre-Manche (+1% /2024). Une partie de cette viande est ensuite possiblement réexpédiée vers d’autres États membres (voir paragraphe export),
  • +10% depuis la Pologne (+ 300 téc, à 3 500 téc), un pays aux prix attractifs,
  • et +14% depuis l’Italie (+150 téc à 1 000 téc).

Nos importations de viande bovine depuis l’Allemagne sont restées stables en septembre, à 3 000 téc.

En revanche, nos importations depuis certains États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités dans ces pays :

  • -8% depuis l’Irlande (-400 téc, à 3 000 téc). Nos importations depuis l’île d’Emeraude reculent depuis juillet, du fait du fort recul des abattages de vaches en Irlande (voir notre article sur les vaches en Europe),
  • 23% depuis la Belgique (-500 téc, à 2 000 téc),
  • et -17% depuis l’Espagne (-300 téc, à 1 500 téc).

En septembre, les exports français toujours à la hausse

En septembre 2025, les exportations françaises de viandes bovines ont continué d’augmenter, de 3% /2024 (+600 téc) à 20 000 téc. Nos exportations cumulées sur les neuf premiers mois de l’année sont en progrès de 2% /2024 (+3 500 téc) à 180 000 téc, grâce aux bons mois de mars, avril, juin, juillet et septembre et à un prix plus compétitif en France que dans la plupart des pays voisins jusque fin octobre (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Exportations-francaise-de-viande-bovine-et-destinations-en-sept-2025.

En septembre, les envois ont nettement progressé vers :

  • l’Allemagne (+15%, +500 téc, à 4 000 téc),
  • les Pays-Bas (+35%, +900 téc) notamment en rapport avec la vive hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+1 500 téc en septembre) dont une part est réexportée vers la Hollande. Notons que le Royaume-Uni a sans doute augmenté ses envois nets vers la France, pour approvisionner notre marché en manque de viande de vache.
  • et vers d’autres États membres (+5%, +100 téc) comme le Portugal (350 téc, +6% /2024).

Les expéditions françaises ont tout de même reculé vers :

  • l’Italie (-6%, -300 téc à 4 500 téc) compte tenu de la baisse de la demande italienne pour la viande d’import, au prix en hausse partout en UE,
  • la Grèce (-7%, -200 téc, à 3 000 téc),
  • et vers les pays tiers (-29%, -400 téc, à 1 000 téc). Aucun envoi de viande n’a été fait vers la Turquie en septembre 2025 selon les douanes françaises, et très peu en septembre 2024 (60 téc). Les principales expéditions ont eu lieu vers la Suisse (600 téc).

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.