Après les à-coups de l’été, le marché européen de la viande bovine a retrouvé un certain équilibre, entre une offre en retrait et une demande restreinte par un pouvoir d’achat contraint. En France, le cheptel allaitant confirme sa reprise après 10 années de décapitalisation et le cheptel laitier ralentit sa baisse. Les exportations de veaux et broutards sont dynamisées par de meilleures disponibilités et des prix plus attractifs pour les acheteurs. Les coûts de production poursuivent leur hausse.
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L’inflation générale à 3,1% sur un an en septembre
Dernière révision leL’inflation générale poursuit une hausse liée à la guerre au Moyen-Orient et aux canicules estivales qui ont impacté la chaîne de production alimentaire française. L’inflation sur le bœuf ralentit doucement. Le disponible consommable de viande bovine et de veau a diminué sur huit mois, du fait du recul des abattages et des importations.
En août l’inflation générale rebondit, celle sur le bœuf ralentit
En septembre selon l’INSEE, l’inflation générale des prix en France a progressé à 3,1% sur un an, contre 2,4% un mois plus tôt. Les prix des produits pétroliers ont bondi à +21% sur un an contre +16,7% un mois auparavant. L’alimentaire augmentait modérément, à 1,4% contre 1,1% le mois précédent sur un an. L’alimentaire frais poursuit une accélération très rapide (+9,5% sur un an, contre +5,9% un mois plus tôt et +3,8% en juillet) du fait des canicules et sécheresses qui ont raréfié les fruits et légumes de fin d’été. Le prix du bœuf et veau poursuivait sa décélération, à +8,1% sur un an en août (dernière donnée connue) contre +9,4% deux mois plus tôt.

Disponibilités intérieures de viandes bovines réduites
Les disponibilités intérieures de bœuf et de veau ont reculé de 1,4% /2025 entre janvier et août 2026, pour un total de 903 000 téc (-13 000 téc). Les abattages CVJA de gros bovins et de veaux ont reculé de 2% sur huit mois selon le SSP (-19 000 téc) et les importations de 6% (-14 000 téc) tandis que les exportations se réduisaient de 15%.
Attention, ce calcul ne tient pas compte des variations de stocks de viande en abattoir qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La forte baisse des importations depuis le début de l’année (-14 000 téc) a entraîné une baisse de la part des imports dans la consommation en cumul depuis le début de l’année, à 24%, contre 26% en 2025 sur la même période.

Depuis l’entrée en vigueur du Brexit commercial début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.
Les importations de viande ont plongé en été
De janvier à août 2026, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée se montaient à 217 000 téc, en recul de 6% /2025. Les importations ont particulièrement reculé en juin (-10% /2025), juillet (-21%) et août ( -14% par rapport à un mois d’août 2025 déjà en forte baisse). Les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là de 5% en gros bovins (dont +12% en vaches laitières et +3% en jeunes bovins laitiers) et de +1% en veau selon le SSP.

En cumul sur huit mois, les importations ont reculé depuis de nombreux partenaires :
- les Pays-Bas, premier fournisseur de la France, à 45 000 téc (-6% /2025, -3 000 téc),
- l’Irlande : -15% /2025 (-6 000 téc), à 33 500 téc. Sur la même période, la production de viande bovine irlandaise issue de vaches a reculé de 7% selon Eurostat.
- le Royaume-Uni (-9%, -2 500 téc) à 26 000 téc.
- la Pologne (-8% /2025, -2 000 téc), à 24 000 téc, la production de viande bovine polonaise reculant de 9% sur la même période.
- la Belgique (-12%), à 13 500 téc.
- l’Espagne (-14%, -2 000 téc) à 11 000 téc, le pays exportant davantage de viande de jeunes bovins vers l’Italie (+7% /2025, +1 500 téc), la Grèce (+22%, +2 000 téc) et vers l’Algérie (+9% /2025, +1 500 téc). De plus, les abattages de vaches espagnoles, autre catégorie de viande exportée vers la France, ont reculé de 4% au cours des sept premiers mois de l’année.
- l’Italie: -10%, -1 000 téc, à 8 500 téc.
- depuis les pays tiers hors Royaume-Uni (-6% /2025) pour un total modéré de 3 500 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 400 téc, +26% /2025). Les origines brésilienne (1 400 téc, -20% /2025) et argentine (300 téc, -42% /2025) reculaient nettement.
Depuis le début de l’année, nos importations n’ont progressé que depuis l’Allemagne (+14% /2025 ou +3 000 téc) à 24 000 téc. La viande de réforme allemande a profité d’un différentiel de prix avec le prix français (48 cts/kg éc en moyenne depuis le début de l’année).
Les importations de viande bovine brésilienne commencent à refluer en UE
L’importation de viande brésilienne a été suspendue en UE depuis le 3 septembre du fait de la traçabilité incomplète des traitements antibiotiques sur l’ensemble de la durée de vie des bovins brésiliens (limitée à 90 jours actuellement), ce qui ne permet pas une lutte efficace contre l’antibiorésistance. Les viandes expédiées avant le 3 septembre sont cependant valablement importables.
Depuis la semaine 40 (semaine du 28 septembre), la base de données de la DG Taxud indique une baisse des imports de viande bovine brésilienne en UE, qui pourraient se tarir dans les prochaines semaines en tenant compte des trois semaines à un mois de trajet en bateau et du temps de dédouanement en arrivant dans les ports européens.

Les exportations françaises de viande bovine reculaient moins en août
En août 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé de 9% par rapport à un mois d’août 2025 en net retrait. En cumul sur les huit premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine ont atteint 134 000 téc, en recul de 15% /2025 (-25 000 téc) et de 13% /2024. L’écart de prix entre le jeune bovin français et allemand lui était défavorable sur le marché intracommunautaire jusque début août, où les prix allemands ont entamé une belle remontée, rattrapant ainsi le niveau de prix français depuis mi-septembre (semaine 38) (lire notre article sur les jeunes bovins).

En cumul de janvier à août 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers :
- l’Italie (-8% /2025 ou -3 000 téc par rapport au bon début de l’année 2025), à 34 000 téc,
- vers l’Allemagne (-13% /2025, -3 000 téc) à 21 000 téc,
- vers les Pays-Bas (-13% ou -3 000 téc) à 21 000 téc, en relation avec le recul des imports depuis le Royaume-Uni de 2 500 téc (flux de réexport),
- vers la Grèce (-17% /2025, -4 000 téc) à 19 000 téc. L’inflation à deux chiffres sur le bœuf en Grèce qui perdure depuis mars 2025 limite la demande.
- vers la Belgique (-26% /2025) à 12 000 téc,
- vers les autres pays de l’UE (-20% /2025) à 11 500 téc, notamment vers le Portugal et l’Espagne.
Seuls les envois vers les autres pays tiers, en dehors du Royaume-Uni, ont progressé (+7% /2025) à 5 000 téc, principalement vers la Suisse (+11% à 1 400 téc).










































