Le regain de dynamisme se poursuit sur le marché allemand mais s’est quelque peu essoufflé en Italie et en Espagne.
Allemagne : regain de consommation
Après un début d’été en recul, les abattages de jeunes bovins se raffermissent depuis août.

Sur les 4 dernières semaines (semaines 38 à 41), les abattages étaient en hausse de 4% sur un an, et repassaient au-dessus de leur niveau de 2024 à partir de la semaine 38 dans un contexte de reprise de la consommation en Allemagne après la période estivale. Cette dynamique de la consommation maintient les cours à la hausse sur les jeunes bovins.

En semaine 41, le jeune bovin U cotait à 6,62 €/kg de carcasse, en hausse de 3% sur un mois. Le niveau reste inférieur de 10% à celui de 2025 mais est largement au-dessus de celui de 2024 (+23%).
Italie : disponibilités limitées
Les abattages italiens sont en baisse sur les huit premiers mois de l’année, en partie en raison de la moindre disponibilité des broutards français depuis l’automne 2025, qui limite les entrées de jeunes bovins dans la filière d’engraissement italienne, déjà au ralenti.

En cumul sur huit mois, 455 000 mâles (-20 700 têtes /2025) et 328 000 femelles (-29 700 /2025) ont été abattus en Italie d’après la base de données nationale d’identification.
À l’automne, les cours des taurillons italiens progressent sur un mois, mais semblent se stabiliser au cours des dernières semaines.

En semaine 41 à Modène :
- Le jeune bovin charolais Prima Qualità cotait 4,39 €/kg vif, en hausse de 26 centimes sur un mois (-5% /2025 mais toujours +19% /2024),
- Le mâle limousin Extra de 600-650 kg cotait 4,91 €/kg vif, en hausse de 19 centimes sur un mois mais toujours en dessous de son niveau de 2025, à -1% (+23% /2024),
- Les Limousines sont stables en 2025, à 5,13 €/kg vif en semaine 41 (+3% /2025 et +27% /2024),
- Les Charolaises sont en baisse depuis mars, et cotent à 4,56 €/kg vif, en baisse de 2% par rapport à 2025 mais toujours au-dessus de leur niveau de 2024, à +20%.
Espagne : ralentissement des cours
En Espagne, le marché bovin montre quelques signes d’amélioration après la forte pression exercée par l’offre durant l’été. Les disponibilités pour l’abattage se réduisent progressivement à l’automne et le stock d’animaux lourds constitué en juillet et août s’est en partie résorbé selon la Bourse agricole et d’élevage Mercolleida S.A. Cette moindre pression de l’offre reste toutefois insuffisante pour entraîner une hausse généralisée des prix, la demande de viande demeurant peu dynamique. Les températures encore élevées et des habitudes de consommation qui restent estivales continuent de limiter les ventes.

En semaine 41, le jeune bovin U cotait à 6,38 €/kg de carcasse, en hausse de 8 centimes sur un mois (-15% /2025).
Faute de consommation domestique, la viande espagnole a été orientée vers l’export. Les exportations espagnoles de viande bovine étaient ainsi en forte croissance en juillet, notamment vers la Grèce (+23% /2025) et l’Algérie (+31% /2025).

En cumul sur sept mois, les envois espagnols de viande bovine étaient en hausse de 4% /2025, à 150 600 téc. Les échanges vers le pourtour méditerranéen (Italie, Grèce, France, mais aussi Algérie) maintenaient leur croissance, tandis que les envois vers les autres pays tiers étaient toujours en recul, à -23% /2025 (-2 000 téc).
Pologne : réorientation des exportations
Les abattages polonais de gros bovins conservaient leur recul sur les sept premiers mois de 2026, tirés par la baisse des sorties de taurillons.

En cumul sur sept mois, seuls 535 000 mâles de plus d’un an ont été abattus, (-15% /2025), entraînant un recul de la production de viande de taurillon à 185 000 téc (-13% /2025). À l’inverse, les abattages de femelles sont stables sur huit mois.
À cette baisse durable de production de viande de gros bovins s’ajoute une réorientation des exportations.

Sur les sept premiers mois de l’année, les exportations polonaises de viande bovine restaient en recul vers la plupart des destinations, notamment l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Grèce, principaux marchés consommateurs de viande de taurillons. À l’inverse, les envois vers la Turquie progressaient de 45% /2025 (+11 100 téc), contribuant à la réorientation des flux au détriment des autres destinations. Les données plus récentes montrent toutefois un regain des exportations vers l’UE, en hausse de 3% sur un an en juillet, notamment vers la Grèce et l’Espagne, malgré une nouvelle progression des envois vers la Turquie (+43% /2025).
