Viandes bovines

Dynamiques contrastées

Des vents contraires soufflent sur les marchés des viandes bovines. D'un côté, l'offre toujours réduite en animaux gras et le début du ramadan tirent les cours à la hausse dans la majorité des pays. D'un autre côté, la conjoncture laitière déprimée et la fin de la période des fêtes ainsi qu'une offre en taurillons momentanément renforcée après la vague de FCO-3 conduit à une baisse des cours en Allemagne et en Italie. Le maigre est toujours aussi cher, en particulier les veaux laitiers qui survolent leurs cours historiques à un niveau inédit.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Le commerce extérieur français de viande bovine a résisté en 2025

Les exportations comme les importations de viande bovine se sont presque maintenues en 2025, portée par des besoins en viande à la fois en UE (export) et en France (import), du fait du recul de la production domestique.

L’export de viande bovine soutenu en 2025

Sur l’ensemble de l’année 2025, 241 000 téc de viande bovine ont été exportées, soit une érosion de 1% /2024 (-1 000 téc) alors même que la production de viande de jeunes bovins a reculé de 5% (-15 000 téc) en 2025. Les besoins sont restés importants dans des Etats membres en manque de viande (Italie, Espagne, Portugal). Les mois d’exportation dynamiques de mars à juillet correspondent à la période où les jeunes bovins français étaient plus compétitifs que certains de leurs voisins. Ils ont été en partie effacés par les mois de recul à partir d’août, à la suite de la hausse des prix en France et de l’essoufflement de la demande en Europe.

Sur l’ensemble de l’année 2025, les expéditions françaises de viande ont progressé vers :

  • l’Italie (+2% /2024, +800 téc à 55 000 téc), bien qu’elles soient ralenties depuis septembre,
  • les Pays-Bas (+10%, +3 500 téc) à 39 000 téc, notamment du fait de la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+2 000 téc) dont une part est réexportée vers les Pays-Bas,
  • la Belgique (+4%, à 23 000 téc), l’Espagne (+30%) à 6 000 téc, et le Portugal (+23%) à 5 500 téc, en manque de bovins du fait du recul de leur cheptel,

Ils ont reculé vers :

  • l’Allemagne (modestement de 2% /2024 ou -700 téc) à 40 000 téc
  • la Grèce (-7% ou -2 500 téc) à 35 000 téc, touchée au 2e semestre par une inflation moyenne de 21% sur le bœuf,
  • et vers les pays tiers (-42%, à 8 000 téc). Aucun envoi de viande n’a été réalisé vers la Turquie en 2025 selon les douanes françaises. L’essentiel des volumes a été expédié vers le Royaume-Uni et la Suisse. Environ 400 téc ont été envoyées en Tunisie.

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les importations de viande se sont presque maintenues

En cumul sur l’ensemble de l’année 2025, les volumes importés ont reflué de 1% /2024 (-4 500 téc) à 354 000 téc.

Dans le détail en 2025, nos importations ont progressé depuis :

  • la Pologne (+8% /2024 ou +3 000 téc) à 39 000 téc, origine bon marché,
  • le Royaume-Uni (+4%, +2 000 téc) à 46 000 téc, dont une partie est réexportée vers les Pays-Bas,
  • et d’autres pays tiers (+16%, +800 téc, à 6 000 téc), principalement du Mercosur pour 5 500 téc (à +16% /2024).

Nos importations depuis la plupart des États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités en UE :

  • -5% /2024 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 76 000 téc, du fait du recul des abattages de veaux aux Pays-Bas (-13% en téc, voir notre article sur les veaux de boucherie).
  • -3% depuis l’Irlande, à 57 000 téc, en lien avec la forte baisse de 20% des abattages de vaches sur l’île en 2025,
  • -4% depuis l’Italie, à 14 000 téc,
  • -7% depuis l’Espagne, à 19 000 téc,
  • -18% depuis la Belgique, à 22 000 téc.

Le disponible consommable de viande bovine reculait en décembre

En décembre, la consommation par bilan de viande bovine et de veau a reculé de 5% comparé à décembre 2024. Au global sur l’ensemble de l’année 2025, la consommation calculée par bilan a reculé de 2,8% comparée à 2024, contre -1,7% seulement en 2024. Cette baisse de la consommation s’explique avant tout par le recul des abattages en France et en Europe.

Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La part d’import dans la consommation se situait en décembre à 27%, du fait d’imports équivalents à ceux de décembre 2024 avec une production en recul. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est de 26%, comme en 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En janvier, l’inflation sur l’alimentaire frais a accéléré

En janvier selon l’INSEE, l’inflation générale serait de 0,3% seulement sur un an (contre 0,8% un mois plus tôt). Ce ralentissement de l’inflation est lié à la baisse de prix des produits manufacturés, notamment habillement et chaussures, avec plus de jours de soldes en janvier 2026 qu’en 2025. La hausse des prix des services de santé ralentirait car la hausse des tarifs des médecins est contenue et les prix de l’énergie continueraient de reculer (-7,8% sur un an). Mais la hausse sur les produits alimentaires accélère un peu : +1,9% en janvier sur un an, contre +1,7% un mois plus tôt, notamment du fait de la hausse sur les produits frais (+1,4% sur un an, contre -0,4% le mois précédent) tandis que l’épicerie progresserait de 2% sur un an, comme un mois plus tôt. L’inflation sur le bœuf en janvier n’est pas encore connue.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Abattages de gros bovins dynamiques en début d’année

La hausse des sorties de jeunes bovins, de bœufs et de vaches laitières compense le recul des abattages de femelles allaitantes sur les premières semaines de l’année. Les carcasses s’alourdissent pour profiter des prix qui demeurent orientés à la hausse pour l’ensemble des catégories.

Abattages stables en têtes, poids carcasse en hausse

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins sur les sept premières semaines de l’année étaient stables d’un an sur l’autre en têtes et en hausse de 1,8% en tonnage, du fait de l’alourdissement des carcasses. Les bons prix de la viande et le faible prix de l’aliment incitent en effet à bien finir les animaux.

Dans le détail :

  • Les jeunes bovins de type viande affichaient une progression de 4,8% en têtes et de 6,8% en tonnages.
  • Les jeunes bovins de types lait étaient moins nombreux en têtes (-1%), mais enregistraient des tonnages en hausse (+0,8%).
  • Les sorties de bœufs avaient bondi de 12,3%, et leurs tonnages de 13,6%.
  • Les vaches laitières montraient une progression de 1,6% en tête et 3% en tonnage.
  • A l’inverse, les abattages de vaches allaitantes reculaient de près de 7% en tête mais de seulement 4,7% en tonnage
  • Et ceux de génisses de type viande reculaient de près de 2% en tête, affichant une stabilité en tonnage.

Ralentissement de la décapitalisation

La baisse des abattages de femelles de type viande montre que le mouvement de décapitalisation pourrait continuer à ralentir.

Au 1er janvier, la ferme France comptait 3,369 millions de vaches allaitantes, soit -1,7% /2025. Le rythme annuel de baisse a donc diminué par rapport à celui enregistré l’été dernier (-2,5% en août et septembre).

Les cotations des vaches toujours en hausse

Qu’elles soient laitières ou allaitantes, les vaches de réforme voient les cours continuer de progresser.

En type viande, la hausse des cours répond à la baisse de l’offre, qui découle du recul du cheptel et de la rétention actuelle encouragée par la hausse des revenus.

La cotation de la vache R a gagné 18 centimes depuis le début de l’année pour grimper à 7,66 €/kg de carcasse en semaine 7 (+34% /2025). Celle de la vache U standard a atteint 8,00 €/kg la même semaine (+31% /2025 et +17 centimes depuis le début de l’année).

Le retournement de la conjoncture laitière ne conduit pas à un afflux de réformes. Certes les vaches laitières sont un peu plus nombreuses à l’abattoir (+1,6% /2025 sur les sept premières semaines de l’année), mais la hausse est modeste compte tenu du recul marqué du cheptel . Au 1er janvier, le cheptel laitier accusait en effet une baisse de 2,6% sur un an. Ainsi, les prix des laitières continuent eux aussi leur progression, entraînés par ceux des allaitantes.

En semaine 7, la vache O cotait 6,61 €/kg de carcasse (+34% /2025 et +17 centimes depuis la semaine 1). La vaches P cotait 6,31 €/kg de carcasse (+36% /2025 et +21 centimes depuis la semaine 1).


Hausse des cours des jeunes bovins

Les cotations des jeunes bovins finis poursuivent leur progression. Le marché européen reste dynamique. Certes, les prix ont amorcé une baisse en Italie et en Allemagne, mais les prix espagnols sont repartis à la hausse avec le début du ramadan et les ventes de carcasses vers le Maghreb (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

La cotation du jeune bovin U a gagné 22 centimes sur les sept premières semaines de l’année pour atteindre 7,76 €/kg de carcasse (+25% /2025). Celle du jeune bovin R a atteint 7,57 €/kg en semaine 7 (+26% /2025) et celle du jeune bovin O 6,91 €/kg (+35% /2025).

L’IPAMPA relativement stable

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) évolue peu depuis plusieurs mois. En décembre, il était à l’indice 123,8 (-0,9%/ décembre 2024). Les baisses du prix de l’aliment (-4,3%) et de l’énergie (-12,6%) étaient partiellement compensées par la hausse du prix des engrais (+12,2%).

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Les prix des JB suivent des dynamiques divergentes au sein de l’UE

Les prix des jeunes bovins finis sont sous pression en Allemagne et amorcent une baisse en Italie. A l’inverse, ils se tiennent bien en Pologne et en Espagne et continuent leur progression en France.

Baisse saisonnière amorcée en Allemagne et en Italie

Une offre un peu plus importante en Allemagne a conduit à un relâchement des prix des jeunes bovins finis, d’autant que les vaches de réforme sont elles aussi un peu plus nombreuses (voir notre article sur les vaches en Europe). Les prix amorcent une légère baisse en Italie également, les opérateurs remontant une concurrence plus forte des viandes européennes sur leur marché, alors qu’elles y étaient quasiment absentes jusqu’à présent faute d’offre.

A noter qu’une baisse des cours des jeunes bovins en Europe est habituelle à cette saison, la demande étant plus calme après les fêtes de fin d’année. Les prix restent en outre à des niveaux historiquement élevés.

En Allemagne, la cotation du jeune bovin U a perdu 15 centimes entre mi-janvier et mi-février, se réajustant à 7,22 €/kg en semaine 7 (+15% /2025).

En Italie, la cotation du mâles charolais Prima Qualità sur la bourse de Modène a perdu 7 centimes/kg de carcasse en deux semaines, à 8,25 €/kg en semaine 7 (+18% /2025). Les femelles charolaises enregistraient une baisse similaire. En revanche les cotations mâles et femelles de race limousine restaient stables.

En Espagne, l’approche du ramadan (débuté le 17 février) a soutenu les prix jusqu’à la semaine 6, avant un réajustement en semaine 7. En effet, l’Algérie et le Maroc restent acheteurs de carcasses espagnoles, même s’ils se sont tournés vers le Brésil pour l’achat de vif. La cotation du JB U se situait à 7,72 €/kg de carcasse en semaine 7 (+13% /2025).

En Pologne, les prix se tiennent. Ils affichent des valeurs supérieures aux niveaux allemands, à 7,51 € /kg pour le jeune bovin U en semaine 7 (+31% /2025)et à 7,65 €/kg pour le JB R.

En France les cotations des JB restent orientées à la hausse, comme l’ensemble des catégories de bovins. La cotation française du JB U atteignait 7,76 €/kg en semaine 7 (+25% /2025).


Rebond des sorties de jeunes bovins en Allemagne

En Allemagne, les sorties de jeunes bovins ont été particulièrement faibles en 2025 en raison notamment de la baisse marquée des naissances de veaux en 2024. D’après Eurostat, les abattages de jeunes bovins cumulés sur les onze premiers mois de l’année 2025 avaient affiché une baisse de 8% /2024.

Récemment, les sorties de taurillons ont retrouvé du dynamisme, ce qui a détendu le marché.

Sur les semaines 4 à 7, le nombre de jeunes bovins abattus en Allemagne était en hausse de 8% par rapport à 2025.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Les abattages de vaches en fort repli en UE

Les abattages de vaches ont reculé de 5,1% dans l’Union européenne sur les onze premiers mois de l’année 2025, ce qui a entraîné la hausse des cours de ces bovins, recherchés par les abatteurs pour faire tourner leurs outils et satisfaire la consommation domestique et l’export. Cette pénurie se poursuit en 2026 et soutient toujours les cours à niveau élevé.

Les abattages de vaches en baisse de 5% sur les 11 premiers mois de 2025

Selon Eurostat, les abattages de vaches sur les onze premiers mois de 2025 étaient en net recul, de 5,1% comparé à 2024, à 1,754 million de têtes, soit -94 000 têtes /2024. Ce recul important est dû à l’effritement des effectifs de vaches dans tous les États membres, notamment chez les grands détenteurs de cheptel : France, Allemagne, Espagne, Irlande, Italie et Pologne.

Les cours des réformes bien orientés en 2026

La faiblesse des abattages a entraîné les cotations à la hausse en 2025. Après une brève baisse saisonnière en fin d’année, les cours sont globalement repartis à la hausse début 2026. Entre les semaines 3 et 6 de 2026, le cours moyen européen de la vache O a grimpé de 8 centimes. L’Allemagne et quelques petits pays laitiers (Hongrie, Slovénie) ont cependant connu un recul de quelques centimes sur les vaches de réforme.

En semaine 6 de 2026, les cotations étaient les suivantes :

  • 6,58 €/kg de carcasse pour la cotation française qui est passée devant l’irlandaise mi-décembre (+13 centimes en quatre semaines, +36% /2025),
  • 6,32 €/kg de carcasse pour la vache O irlandaise (+6 cts en quatre semaines et encore +18% /2025),
  • 6,09 €/kg de carcasse pour la vache O belge (+4 cts en quatre semaines et +29% /2025),
  • 6,09 €/kg de carcasse pour la vache O polonaise (+7 cts en quatre semaines et encore +27% /2025).

Irlande : toujours aussi peu de vaches à abattre

En Irlande, selon le ministère de l’Agriculture irlandais, les réformes de vaches étaient particulièrement réduites en début d’année malgré le recul du prix du lait sur l’île.

Entre les semaines 3 et 6, les abattages de vaches étaient en chute de 21% par rapport à 2025 et de 27% comparé à 2024.

Ce manque d’offre maintient les cours à un haut niveau. La cotation de la vache O irlandaise a encore gagné 6 centimes en quatre semaines, à 6,32 €/kg de carcasse en semaine 6 (+18% /2025 et +58%/2024).

Allemagne : reprise des abattages sur fond de recul du prix du lait

En Allemagne, l’indicateur hebdomadaire d’AMI indique une accélération de 5% des abattages de vaches, principalement laitières, entre les semaines 3 et 6 de 2026, comparé à 2025, après une année complète de recul. Cette accélération des abattages s’explique par la baisse du prix du lait, liée à la hausse de la production laitière (voir notre article sur la collecte laitière dans différents pays).

Cette reprise récente des abattages a fait reculer de 2 centimes le cours de la vache O en Allemagne selon AMI entre les semaines 3 et 6, à 5,93 €/kg de carcasse, un recul qui reste modeste. Le prix reste nettement au-dessus du niveau de 2025 (+21%) et de 2024 (+58%).

Cotation-de-la-vache-O-en-Allemagne-en-sem-6-de-2026

Pologne : le prix des réformes reste ferme

Le prix de la vache O polonaise est resté ferme ces dernières semaines, engrangeant 12 centimes durant la deuxième quinzaine de janvier, pour en perdre ensuite cinq. Au global, entre les semaines 3 et 6, le cours a pris 7 centimes, et s’établissait à 6,09 €/kg de carcasse (+27% /2025), au même niveau que la vache O belge.

Les abattages de vaches en Pologne étaient en recul de 10% sur les onze premiers mois de 2025, à 560 000 têtes abattues soit -60 000 têtes, pour une production de viande issue de cette catégorie de 160 000 téc. La production de viande de jeunes bovins et taureaux, nettement plus élevée que de vaches, se maintenaient sur la même période, à 317 000 téc (+1% /2024).

Viandes bovines » Maigre »

Hausse des cours pour les broutards légers, baisse pour les lourds 

L’offre limitée en broutards tire les cours à la hausse début 2026, sauf pour les Charolais lourds et les femelles charolaises qui diminuent. Les naissances dynamiques de l’automne 2025 ont en partie compensé la baisse de début d’année.   

Cotations en baisse pour les charolais lourds et les femelles charolaises 

 Toutes les catégories de broutards poursuivaient leur hausse en début d’année, à l’exception des Charolais les plus lourds et des femelles charolaises qui ont connu une légère baisse en sur les deux dernières semaines. Ces animaux, appréciés des engraisseurs italiens, ont pu subir la pression de cotations en baisse pour les jeunes bovins en Italie (lien article JB). 

  En semaine 7, la majorité des cotations étaient ainsi orientées à la  ausse :  

  • les Charolais U de 350 kg cotaient 6,12 €/kg vif (+1,51 € /2025), en hausse de 9 centimes sur quatre semaines,  
  • les Limousins E de 350 kg atteignaient à 6,15 €/kg vif (+1,45 € /2025), en nette hausse de 25 centimes en quatre semaines,  
  • les Croisés R de 300 kg gagnaient 18 centimes en quatre semaines, à 6,30 €/kg vif (+2,02 € /2025), 
  • les Limousines E de 270 kg gagnaient 15 centimes en quatre semaines, à 5,80 €/kg vif (+1,40 € /2025). 

À l’inverse, certaines catégories voyaient leurs cours r culer : 

  • Les Charolais U de 450 kg perdaient 9 centimes en quatre semaines, atteignant 5,46 €/kg vif (+51 cts € /2025), un niveau cependant toujours supérieur à leur première cotation de l’année, 
  • Les Charolaises U de 270 kg perdaient 8 centimes sur un mois, à 5,52 €/kg vif (+1,12 € /2025).    

Naissances en baisse pour l’année 2025  

Après un début d’année 2025 en recul, les naissances de veaux allaitants se sont redressées à l’automne 2025, sans toutefois compenser le premier semestre en baisse.  

En décembre, 329 000 veaux sont nés de mère allaitante, en hausse de 2% par rapport à 2025. Malgré tout, le cumul annuel était toujours en recul de 1,6%/2024 avec 3 105 000 veaux nés soit une baisse de 51 000 veaux. En cumul sur le début de campagne (juillet – décembre 2025), les naissances allaitantes progressaient de 3,1% /2024-2025, avec 1 488 000 veaux, mais toujours -3% par rapport à la campagne 2023-2024.    

Disponibilités toujours renforcées en broutards jeunes  

Les perturbations de la reproduction des femelles allaitantes jouent sur les effectifs de broutards. Ainsi, les naissances dynamiques de l’automne conduisent à un fort renforcement des effectifs de broutards de moins de six mois au 1er janvier. À l’inverse, les effectifs de broutards plus âgés sont pénalisés par la faiblesse des naissances en début d’année. 

Au 1er janvier 2025, 698 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents dans les élevages, en hausse de 4% /2025 mais toujours en-deçà de son niveau précédent (-3% /2024). À l’inverse, les effectifs de mâles allaitants âgés de six à douze mois étaient en nette baisse, avec seulement 592 000 têtes (-7% /2025, -12% /2024).    

Baisse des envois en décembre 

Après la suspension des exportations en octobre, décembre n’a pas permis de compenser cette baisse des exportations pour l’année 2025.  

Avec 69 000 têtes exportées, en baisse par rapport à 2024 (-3 000 têtes), les envois des semaines 49 à 52 (du 1er au 28 décembre 2025) concluaient l’année à la baisse. En cumul annuel, 915 000 broutards ont été exportés (-3% /2024), dont 609 000 mâles et 306 000 femelles. Les exportations de broutards limousins (-2%) étaient moins touchés que celles de broutards charolais (-7%).    

Envois dynamiques vers l’Espagne en 2025  

Les envois ont nettement progressé vers l’Espagne en 2025, malgré une légère baisse en décembre.  

En décembre, les envois vers l’Espagne étaient en baisse de 5% /2024 (-1 000 têtes), avec une nette diminution des approvisionnements en broutards légers d’après les douanes françaises.  

En cumul sur douze mois, la tendance reste à l’augmentation des envois de broutards vers l’Espagne, porté par les mâles de plus de 300 kg. Ceux-ci ont progressé de 33% /2024 (+23 000 têtes), grâce au dynamisme du début d’année. 

Repli des envois vers l’Italie en décembre  

Les envois de broutards vers l’Italie ont régressé de 2% en décembre, avec 55 000 têtes envoyées d’après les douanes françaises.  

Dynamiques depuis le début de l’année, les envois de femelles n’ont pas suffi à compenser la nette baisse des envois de mâles lourds. Avec une baisse de 8% de broutard mâles lourds exportées en décembre, les envois totaux étaient en baisse de 2%/2024 (-1 000 têtes). Sur l’année, la baisse est plus nette avec -5% de broutards exportés vers l’Italie, soit une baisse de 40 000 têtes. Au total, 751 000 broutards ont été exportés vers l’Italie en 2025.

Baisse des envois vers l’Italie en février d’après les données TRACES 

D’après les données TRACES-DGAL, les envois de bovins toutes races et sexes confondus vers l’Espagne et l’Italie étaient en baisse entre les semaines 4 à 7 de 2026.  

Avec 65 000 têtes, les envois vers l’Italie étaient en baisse de 7% /2025. Les envois vers l’Espagne (y compris veaux laitiers) étaient stables, à 42 000 têtes sur la même période.  

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Manque d’offre dans toute l’Europe

La rareté de l’offre en veaux gras tire à nouveau les prix à la hausse dans toute l’Europe, à rebours des tendances habituelles en début d’année.

Baisse des abattages en France

Suivant la décapitalisation laitière et la baisse des mises en place, les abattages de veaux gras étaient en recul en France en début d’année.

D’après Normabev, 75 000 veaux ont été abattus en janvier, en recul de 12%. L’année 2025 s’était terminée sur une baisse de 8%, avec seulement 928 000 veaux abattus, son niveau le plus bas depuis au moins dix ans.

Les tonnages reculent plus encore, avec 12 000 téc (-13%) du fait de l’allégement des carcasses, qui sont passées de 142,9 kg en janvier 2024 à 142,1 kg en janvier 2025.

Recul de la production néerlandaise

Les abattages néerlandais étaient également en baisse en fin d’année, alors que la période est traditionnellement propice à la consommation de veau.

En novembre, 100 000 veaux ont été abattus aux Pays-Bas, soit un recul de 8% /2024. La baisse de la production est plus limitée, avec seulement -3% /2024 à 15 000 téc grâce à une augmentation des poids carcasse à l’automne. Sur onze mois, 1 125 000 veaux sont passés sur les chaînes d’abattage néerlandaises (-11% /2024) pour 171 000 téc produites (-13% /2024).

En Italie, les abattages étaient en baisse de 7% en décembre, à 50 000 têtes. En cumul sur douze mois, 590 000 veaux ont été abattus, en net recul par rapport aux deux dernières années, très performantes (-6% /2024 et -2% /2023), retrouvant leur niveau de 2022.

Prix en hausse en Europe

Conséquence du manque d’offre alors que la consommation hivernale est traditionnellement dynamique, les prix des veaux gras ont repris leur ascension en début d’année.

En semaine 7 :

  • le veau rosé clair O français élevé en atelier cotait 9,19 €/kg de carcasse (+1,46 € /2025), en hausse de 24 centimes sur un mois,
  • le veau de boucherie pie-noir néerlandais se stabilisait à 8,30 €/kg de carcasse (+1,25 € /2025),
  • le veau de boucherie pie noir italien reculait de 10 centimes en quatre semaines à Modène, à 8,25 €/kg de carcasse (+0,95 € /2025).

Les autres cotations peuvent être retrouvées dans notre diaporama mensuel.

Sur les marchés de gros, l’écart entre les carcasses françaises et les carcasses européennes se creusait, après plusieurs années où il était resté très faible.

Ainsi, en semaine 8, la cotation de la carcasse de veau rosé clair O français était supérieure de 1,30 € HT à celle du veau d’import, un écart inédit depuis 2017. Le manque de veau néerlandais sur le marché pousse les opérateurs de la RHD à se tourner vers le veau français, dont l’offre est faible également. Ceci contribue à booster les prix. 

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Cours en forte progression

Les cours des veaux laitiers sont repartis franchement à la hausse fin janvier 2026, l’offre restant limitée et la demande bien présente. Le passage de la FCO dans le bassin laitier de l’ouest de la France pourrait réduire encore l’offre en veaux laitiers jusqu’en avril, avant un probable renforcement en mai et juin.

Prix record en début d’année

Les cours des veaux laitiers sont repartis nettement à la hausse depuis fin janvier, faute d’offre suffisante sur les marchés.

En semaine 7, les veaux mâles de type lait de 45 à 50 kg cotaient 249 €/tête, soit 89 € de plus qu’en 2025 et 181 € au-dessus de la même semaine en 2024. La tension sur les veaux laitiers est forte depuis l’irruption de la FCO-3 en France en 2024, avec une demande française et export toujours bien présentes.

Baisse des envois en 2025 sur fond de fermeture en octobre

La fermeture des exports de bovins vifs fin octobre a pesé sur les envois de l’année 2025.

En cumul sur douze mois, les envois de veaux laitiers ont ainsi reculé de 10% d’après SPIE-BDNI, pénalisés par le creux d’octobre (-49% entre les semaines 40 et 44) et par une fin d’année 2024 atypique. En effet, les envois avaient été anticipés en décembre 2024, conduisant à une forte baisse en janvier 2025 et à une comparaison biaisée en décembre 2025. Sur ce dernier mois, 30 000 veaux laitiers ont été exportés, soit 15% de moins qu’en 2024 mais 7% de plus qu’en 2023.

L’Espagne reste la destination de 90% des veaux laitiers français exportés, portée par une bonne valorisation de la viande bovine (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus).

Naissances en baisse sur l’année

Les naissances de veaux laitiers ont reculé en toute fin d’année 2024, après deux mois de légère progression.

En décembre, 267 000 veaux sont nés de mère laitière, soit 10 000 de moins que l’année précédente. L’année 2025 termine en léger retrait de 2,2% (-70 000 naissances), avec 3 036 000 veaux laitiers nés en douze mois. La tendance est similaire pour les veaux disponibles pour l’engraissement (tous les mâles et les femelles croisées lait-viande), avec 1 802 000 naissances en 2025 (-2,5% /2024).

Remous à venir sur les naissances

Le passage de la FCO-3 dans les grands bassins laitiers à l’été 2025 a compliqué la reproduction des vaches laitières.

Le taux de non-retour entre 18 et 90 jours (TNR18-90 j, pas de deuxième insémination après une première insémination, donc l’IA première est présumée fécondante) a ainsi atteint un minimum sur dix ans, à 53,8% en juillet et 52,1% en août. Le recul était particulièrement fort dans le Grand Ouest, avec un TNR18-90 j en baisse de 8,8 points dans la Manche et de 8,4 points en Ille-et-Vilaine sur les trois mois d’été (juin-juillet-août 2025).

Conséquences de cette reproduction compliquée, le nombre d’IA dernière (IA non suivie d’une autre IA dans les 90 jours) a fortement reculé sur l’été 2025, avant de connaître un rattrapage à l’automne.

Le nombre d’IA dernières a baissé de 15% en juin et de 10% en juillet, et s’est nettement redressé en août et septembre (+23%). Or, à partir d’une certaine ampleur de variation, les naissances de veaux laitiers sont nettement corrélées au nombre d’IA dernières neuf mois avant.

D’après ces données, il est donc probable :

  • Que les naissances de veaux laitiers soient en recul en mars et avril 2026 (neuf mois après juin et juillet 2025),
  • Mais qu’elles soient en hausse en mai et juin (neuf mois après août et septembre 2025).