Viandes bovines

La hausse des cours se poursuit en début d’année

Qu’ils soient maigres ou finis, les bovins démarrent l’année 2026 sur une hausse de prix. Car l’offre continue de manquer, en France mais également chez nos voisins européens. Les poids de carcasse progressent fortement dans la plupart des pays, stimulés par le bon prix de la viande, le faible prix de l’aliment et la volonté de rentabiliser l’achat des animaux maigres. En France, la consommation fléchit, faute d’offre. L’inflation sur le bœuf et le veau s’établissait en décembre à 8,9% sur un an, après un pic à 9,3% en novembre.

-0,7%

C’est la baisse de la production française de viande bovine que nous prévoyons pour 2026. Elle fera suite à un recul de 2,6% en 2025.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Les prix des bovins finis toujours à la hausse

Après avoir littéralement décollé en 2025, les cotations restent en hausse sur les premières semaines de 2026 pour toutes les catégories de gros bovins finis, tirées par le manque d’offre.

La cotation de la vache R gagne 8 centimes en deux semaines.

Les prix des vaches allaitantes restent orientés à la hausse alors que les fêtes de fin d’année sont passées. Le manque d’offre conduit les acheteurs à rajouter des centimes.

La cotation de la vache R a encore gagné 8 centimes sur les deux premières semaines de l’année, pour atteindre 7,59 €/kg de carcasse en semaine 3 (+35% /2025). Celle de la vache U a gagné 6 centimes, à 7,89 €/kg (+30% /2025).

Les abatteurs font face à un recul de l’offre persistant. Sur les trois premières semaines de l’année, les abattages de vaches de type viande étaient en retrait de 11% par rapport à 2025 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev.

Le cheptel français de vaches allaitantes a ralenti sa baisse au cours de l’année 2025, mais demeurait en recul de 1,9% sur un an au 1er décembre dernier, à 3,35 millions de têtes.

Les cours des laitières repartent à la hausse, faute d’offre

Après la baisse saisonnière de l’automne dernier, les cours des vaches laitières sont repartis à la hausse en début d’année, tirés par le recul de l’offre.

La cotation de la vache P a gagné 7 centimes en deux semaines pour atteindre 6,17 €/kg de carcasse en semaine 3 (+42% /2025). Celle de la vache O a gagné 3 centimes à 6,47 €/kg (+39% /2025).

Le manque d’offre semble criant. Les abattages de vaches laitières sur les trois premières semaines de l’année affichent un recul de 9% sur un an selon l’indicateur hebdomadaire de Normabev.

Le cheptel laitier français s’est nettement réduit au cours de l’année 2025. Au 1er décembre dernier, la baisse du nombre de vaches laitières atteignait 2,6% par rapport au 1er décembre 2024 (ou -86 000 têtes).


Les prix des jeunes bovins progressent toujours

Les cotations des jeunes bovins finis continuent de gagner des centimes. La forte augmentation du prix du broutard il y a un an nécessite de passer les hausses sur les animaux finis en France comme en Italie (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus). Par ailleurs, les faibles effectifs à abattre accroissent le pouvoir de négociation des éleveurs face à leurs clients abatteurs.

La cotation du jeune bovin U a gagné 7 centimes depuis le début de l’année. Elle a atteint 7,61 €/kg de carcasse en semaine 3, soit +28% /2025. Celle du jeune bovin R a atteint 7,44 €/kg (+29% /2024), gagnant 3 centimes en deux semaines. Celle du jeune bovin O, à 6,81 €/kg, dépassait de 37% sa cotation de 2025.

Les abattages de jeunes bovins de type viande sur les trois premières semaines de l’année étaient en repli de 2% /2025 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. La hausse du poids moyen des carcasses (+1,8%), liée à l’allongement de l’engraissement de 10 jours en moyenne, compensait toutefois la baisse des effectifs abattus.

Des volumes abattus en baisse de 2% en 2025

Après une stabilisation en 2024, les tonnages de gros bovins finis abattus sont repartis à la baisse en 2025, tombant à 1,126 million de tonnes équivalent carcasse (-2,0% /2024 ou -23 000 téc).

Les tonnages de jeunes bovins de type viande (-16 ktéc) et de type lait (-3 ktéc) étaient en baisse, de même que ceux de vaches laitières (-9 ktéc) et de génisses de type viande (-2 ktéc). À l’inverse, ceux de bœufs de type viande et croisés (+2 ktéc), de vaches viande (+1 ktéc) et de taureaux (+1 ktéc) ont enregistré de petites hausses.

Le recul des effectifs abattus (-80 000 têtes à 2,895 millions de têtes, soit -2,7%) a été partiellement compensé par une hausse des poids de carcasse dans quasiment toutes les catégories : +0,7% /2024 pour les vaches de type viande ainsi que pour les vaches laitières, +0,4% pour les JB de type viande, +0,6% pour les JB laitiers et +0,5% pour les génisses de type viande.

Vers une production en baisse de 0,7% en 2026

Compte tenu de l’état des cheptels, la production de 2026 pourrait de nouveau baisser, mais de façon plus modérée qu’en 2025 (-0,7% pour l’ensemble des bovins finis, y compris les veaux). En effet, la production de mâles non castrés devrait à nouveau se réduire, mais la production de viande de femelles pourrait légèrement progresser grâce aux effectifs renforcés de génisses dans les exploitations allaitantes.

Pour plus d’information, lire notre communiqué de presse du 22 janvier.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

La consommation de viande bovine fléchit

Le disponible consommable de viande bovine, y compris veau, sur les onze premiers mois de 2025 reculait de 2,9% /2024. En novembre, le commerce extérieur de viande bovine s’est fortement contracté par rapport à 2024 : les importations ont chuté de 10% et les exportations de 13%.

Le disponible consommable de viande bovine confirme son recul

La consommation calculée par bilan des onze premiers mois de l’année 2025 recule de 2,9% comparée à 2024. Cette baisse de la consommation s’explique avant tout par le recul des abattages en France aussi bien qu’en Europe.

Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La part d’import dans la consommation se situait en novembre à 24%, du fait de la baisse des imports de 10% en novembre. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est un peu plus élevée, de 26%, comme sur la même période en 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En décembre, le prix du bœuf encore en forte hausse

En décembre selon l’INSEE, l’inflation sur le bœuf et le veau se poursuivait, conséquence de la hausse des prix aux producteurs et du manque d’offre, à 8,9% sur un an (contre +9,3% un mois plus tôt). L’inflation générale continuait à un rythme annuel modéré de 0,8%, contre 0,9% en novembre. Au global, les prix de l’alimentaire ont progressé plus vite que l’inflation générale (+1,7% sur un an après +1,4%) comme depuis plusieurs mois, porté par la viande et un moindre recul saisonnier du prix des fruits et légumes.

En novembre, des imports en fort recul

Après deux mois d’import dynamique, les importations de viandes bovines (veau inclus) du mois de novembre ont reculé de 10% par rapport à 2024, du fait de la hausse généralisée des prix et du manque de viande en UE. En cumul sur les onze premiers mois de l’année, les volumes importés ont reflué de 2% /2024 à 323 000 téc.

En cumul sur onze mois, nos importations ont progressé seulement depuis :

  • la Pologne (+7% /2024 à 35 000 téc), origine bon marché,
  • le Royaume-Uni (+4%, +2 000 téc) à 42 000 téc, dont une partie est réexportée vers les Pays-Bas,
  • et d’autres pays tiers (+7%, +300 téc,à 5 000 téc).

Nos importations depuis la plupart des États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités en UE :

  • -6% /2024 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 69 000 téc, notamment du fait du recul des abattages de veaux et de gros bovins aux Pays-Bas (-11% pour les veaux, -2% pour les vaches)
  • -2% depuis l’Irlande, à 53 000 téc,
  • -3% depuis l’Italie, à 13 000 téc,
  • -9% depuis l’Espagne, à 18 000 téc,
  • -18% depuis la Belgique, à 20 000 téc.

En novembre, des exports en berne

En novembre 2025, les exportations françaises de viandes bovines ont fortement reculé, de 13% par rapport à 2024. Cumulées sur les onze premiers mois de l’année, elles sont équivalentes à 2024, à 219 000 téc. Les mois d’exportation dynamiques de mars à juillet, lorsque les jeunes bovins français étaient plus compétitifs que certains de leurs voisins, ont été effacés par les mois en recul d’août, octobre et novembre, suite à la hausse des prix en France et à l’essoufflement de la demande en Europe (cf notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Au cours des onze premiers mois de 2025, les expéditions françaises de viande ont progressé vers :

  • l’Italie (+1% /2024, +500 téc à 50 000 téc), bien qu’elles soient ralenties depuis septembre,
  • les Pays-Bas (+7%, +2 500 téc) à 39 000 téc, notamment du fait de la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+2 000 téc) dont une part est réexportée vers les Pays-Bas. Cependant, le Royaume-Uni a sans doute augmenté ses envois nets vers la France, pour approvisionner notre marché en manque de viande de vache,
  • la Belgique (+5%, à 22 000 téc), et l’Espagne (+26%) à 5 000 téc, en manque de bovins du fait du recul de leur cheptel,
  • le Portugal (+26%) à 5 000 téc.

Les envois de viande bovine étaient quasi stables vers l’Allemagne, à 36 000 téc (-1% /2024).

Ils ont reculé vers :

  • la Grèce (-6% ou -2 000 téc) à 31 000 téc,
  • et vers les pays tiers (-44%, à 7 000 téc). Aucun envoi de viande n’a été réalisé vers la Turquie en 2025 selon les douanes françaises. L’essentiel des volumes a été expédié vers le Royaume-Uni (à 53%) et vers la Suisse (à 33%). Environ 400 téc ont été envoyées en Tunisie.

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Production réduite malgré une demande bien présente

Avec une demande européenne et méditerranéenne très dynamique et une production en baisse dans la majorité des pays, les abattages dynamiques en Espagne et en Pologne ne parviennent pas à faire baisser la tension sur les prix des taurillons.

Des prix à des niveaux record

Pour la deuxième année consécutive, les cours des jeunes bovins ont été en hausse continuelle en 2025, atteignant des niveaux inédits.

En semaine 2 :

  • N’ayant connu aucune période de baisse depuis le début de l’automne 2024, le Charolais italien Prima Qualità (correspondant à une conformation U) cotait 8,32 €/kg de carcasse (+24% /2025), en hausse de 15 centimes sur quatre semaines,
  • Le jeune bovin U espagnol se repliait légèrement (-13 centimes sur quatre semaines), à 7,60 €/kg de carcasse (+19% /2025),
  • Le jeune bovin U allemand se stabilisait depuis octobre et cotait 7,29 €/kg de carcasse (+24% /2025),
  • Le jeune bovin U français a comblé son retard cet automne et rattrapé les prix allemands et espagnols, gagnant 8 centimes sur quatre semaines à 7,60 €/kg de carcasse (+28% /2025).
  • En Pologne, les taurillons R progressaient également de 19 centimes en quatre semaines, à 7,39 €/kg de carcasse (+37% /2025).

Le manque de viande bovine à l’échelle européenne (lire notre article sur les femelles en Europe) tire les prix de tous les animaux de boucherie vers des niveaux inédits.

Espagne : des animaux de plus en plus lourds

Malgré une stabilité en tonnage total, la production espagnole de bovins de moins de deux ans est en pleine mutation en Espagne. Les abattages de mâles de plus de 12 mois progressent nettement au détriment des bovins de moins d’un an.

En cumul sur 11 mois, les abattages de mâles de plus d’un an atteignaient ainsi 281 000 téc, en hausse de 23 000 téc /2024. Les effectifs abattus étaient également en hausse, à 806 000 têtes sur onze mois (+45 000 têtes /2024). Cette hausse a été amplifiée par l’augmentation de 9 kg des poids carcasse, qui atteignaient 348 kg sur onze mois en 2025, contre 339 kg en 2024. La forte progression des envois français de broutards lourds vers l’Espagne (lire notre article sur les broutards) a probablement conduit à ce développement des abattages de mâles plus lourds.

À l’inverse, les abattages de bovins âgés de 8 à 12 mois reculaient en nombre et en volume sur onze mois, atteignant 137 000 téc (-30 000 téc /2024) pour 567 000 têtes (-115 000 têtes /2024). Les poids carcasse de ces animaux étaient également en recul, avec une moyenne de 242 kg sur onze mois en 2025 contre 245 kg en 2024.

Pologne : production en hausse, dopée par les bons prix

En Pologne, les abattages de taurillons étaient en hausse de 2% /2024 sur dix mois, atteignant 865 000 têtes (+19 000 têtes /2024).

La production de viande de jeunes bovins progressait même de 3% /2024 à 292 000 téc, grâce à des poids carcasse en légère hausse. Ce cumul élevé masque un mois d’octobre en net retrait par rapport à un niveau très élevé fin 2024, avec seulement 81 000 mâles de plus d’un an abattus (-12 000 /2024, mais +6 000 /2023).

Les abattages dynamiques servent toujours l’export, qui atteint 500 000 téc sur onze mois (+1% /2024), avec un dynamisme marqué vers l’Allemagne (92 000 téc, +12% /2024 et vers la France (48 000 téc, +9% /2024) mais en baisse vers l’Italie (78 000 téc, -4% /2024) et vers la Turquie (40 000 téc, -14% /2024 mais +32% /2023).

La hausse de production de viande s’est essentiellement faite à partir de bovins importés. Les imports de veaux ont ainsi atteint 136 000 têtes sur onze mois (+7% /2024), issus principalement des pays baltes (47 000 têtes de Lituanie, 16 000 d’Estonie, 14 000 de Lettonie). Les importations de bovins finis étaient également en nette progression pour nourrir les capacités d’abattage polonaises.

Ainsi, sur onze mois, 71 000 bovins finis ont été importés en Pologne (+18% /2024), dont 20 000 de Slovaquie (+18% /2024), 19 000 de Hongrie (×2,23 /2024) et 17 000 de Tchéquie (+55% /2024).

Allemagne : Baisse des abattages faute d’offre à mettre en place

Les disponibilités allemandes en veaux à engraisser ont été en net recul depuis deux ans, sous l’effet de la décapitalisation et des maladies vectorielles. Faute d’animaux mis en place, les abattages de taurillons poursuivent leur repli. En cumul sur dix mois, seuls 843 000 taurillons ont été abattus d’après Eurostat (-8% /2024), du fait notamment de fortes baisses des abattages entre mars et août. Le tonnage recule un peu moins, à 346 000 téc (-7% /2024) grâce à des poids carcasse en hausse de 3 kg.

D’après l’indicateur hebdomadaire d’AMI, les abattages de taurillons ne se sont pas redressés fin 2025 et ont démarré l’année 2026 à un niveau très bas.

Sur les deux derniers mois de l’année, les effectifs de taurillons abattus auraient baissé de 6% /2024 selon AMI.

Italie : faute de broutards français, recul des abattages

La baisse des envois de broutards français depuis plusieurs années a nettement réduit les mises en place en Italie malgré la diversification des pays fournisseurs (lire notre article sur les broutards). Les abattages atteignent leur plus bas niveau depuis 2005.

En cumul sur onze mois, 658 000 mâles (-25 000 têtes /2024) et 498 000 femelles (-7 000 /2024) ont été abattues. La chute est moins forte pour les femelles, qui ont été proportionnellement plus mises en place par les engraisseurs italiens depuis deux ans.

Les statistiques de fin d’année sont plus dégradées encore, impactées par le fort recul des disponibilités fin 2024 et début 2025. En novembre, les abattages de mâles étaient en baisse de 6% /2024, à 62 000 têtes, et ceux de femelles de 5%, à 46 000 têtes.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Les prix des réformes laitières fermes en UE

En ce début d’année, les prix des vaches laitières de réforme sont fermes dans de nombreux États membres de l’UE, du fait de l’offre toujours restreinte. En Irlande, la baisse des disponibilités en bovins entraîne des conséquences sur les outils d’abattage.

Reprise des cours modérée début 2026

Dans la plupart des États membres, les prix des vaches de réformes laitières ont subi une baisse saisonnière modérée en fin d’année, les effectifs abattables étant toujours très réduits. En ce début 2026, les cours sont légèrement repartis à la hausse dans plusieurs États membres, tandis qu’en Irlande le cours est en baisse après avoir maintenu des niveaux records pendant tout 2025.

En semaine 2 de 2026, les cotations étaient les suivantes :

  • 6,45 €/kg de carcasse pour la cotation française qui est passée devant l’irlandaise mi-décembre (+0,5% en quatre semaines, +39% /2025),
  • 6,27 €/kg de carcasse pour la vache O irlandaise (-3% en quatre semaines, mais encore +28% /2025),
  • 6,06 €/kg de carcasse pour la vache O belge (-1% en quatre semaines, mais +36% /2025),
  • 6,02 €/kg de carcasse pour la vache O polonaise (stable sur quatre semaines et encore +30% /2025).

Rythme lent des abattages et cours fermes en Allemagne

Alors que le rythme des réformes avait accéléré en octobre en Allemagne, avec la baisse du prix du lait outre-Rhin, il a ensuite de nouveau nettement ralenti depuis novembre. Selon l’indicateur hebdomadaire d’AMI, l’activité des abattoirs allemands redémarre au même niveau bas : -2% par rapport à l’an passé à pareille époque (entre les semaines 51 et 2).

Selon Eurostat, la production de viande bovine issue de vaches en Allemagne était en net recul de 6% en téc sur les 10 premiers mois de l’année 2025, à 249 000 téc (ou 773 000 têtes, soit -60 000 vaches abattues en 10 mois) témoignant de la faiblesse des effectifs disponibles. Les abattages de génisses étaient également en recul de 8% en téc, à 135 000 téc (427 000 têtes, -30 000 génisses abattues). L’ensemble des abattages de gros bovins reculaient de 7% en téc sur 10 mois, à 741 000 téc.

Le rythme lent des abattages a soutenu la cotation de la vache O allemande en début d’année, gagnant 10 centimes entre la semaine 1 et 2. La vache O cotait ainsi 5,95 €/kg carcasse en semaine 2 (+1% en quatre semaines, et +27% /2025).

Cotation-de-la-vache-O-allemande-en-semaine-2-de-2026

L’industrie irlandaise se réorganise face aux faibles abattages

En Irlande, selon le ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de vaches ont redémarré à bas niveau en ce début d’année, jusqu’en semaine 2.

Selon Eurostat sur les 11 premiers mois de l’année 2025, les abattages de vaches ont reculé de 19% en téc, comparés à 2024, à 98 000 téc (329 000 têtes, soit -84 000 vaches). La principale catégorie de bovins abattus sur l’île est le bœuf, avec 198 000 téc produites, en chute de 9% (574 000 bœufs abattus, soit -69 000 bœufs). Au total sur 11 mois, la production de viande bovine a reculé de 10% à 501 000 téc.

D’après un article du Irish Farmer’s Journal, plusieurs abattoirs irlandais vont prendre des mesures à la suite de la baisse des abattages sur l’île : ABP a l’intention de fermer un site de transformation-conditionnement comptant 340 employés, et Kepak envisage également de supprimer une centaine d’emplois.

Du côté des prix, le cours de la vache O irlandaise démarre en légère baisse en ce début 2026, après avoir caracolé en tête des cotations en UE durant presque toute l’année 2025. Il s’établissait à 6,27 €/kg de carcasse en semaine 2 (-3% en quatre semaines mais encore +28% /2025).

Le prix de la vache O polonaise résiste bien

Le prix de la vache O polonaise a subi une baisse saisonnière très timide, tant les besoins en viande de vache sont importants en Europe. La cotation était presque stable sur les quatre semaines à cheval entre la fin décembre et début janvier : -1 ct en quatre semaines. La vache O polonaise cotait 6,02 €/kg de carcasse en semaine 2 (+30% /2024), seulement 4 centimes en-dessous de la vache O belge.

Les abattages de vaches en Pologne étaient en net recul de 9% sur les 10 premiers mois de 2025, faute d’effectifs suffisants, à 511 000 têtes abattues soit -51 000 têtes, pour une production de viande de 145 000 téc (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Viandes bovines » Maigre »

Des disponibilités en animaux légers un peu renforcées

L’offre limitée en broutard tire les cours à la hausse début 2026. Les naissances de l’automne 2025, en nette augmentation par rapport à la mauvaise année 2024, conduisent à des disponibilités renforcées en broutards jeunes.

Cotations à nouveau haussières

Après une légère baisse saisonnière en fin d’année, les cours des broutards sont repartis doucement à la hausse début janvier, l’offre étant toujours très limitée.

En semaine 3 :

  • les Charolais U de 350 kg cotaient 6,03 €/kg vif (+1,75 € /2025), en hausse de 6 centimes sur quatre semaines,
  • les Charolais U de 450 kg gagnaient 15 centimes en quatre semaines, atteignant 5,49 €/kg vif (+1,19 € /2025),
  • les Limousins E de 350 kg restaient stables sur quatre semaines à 5,90 €/kg vif (+1,70 € /2025), en léger repli de 5 centimes par rapport à leur maximum de mi-décembre 2025,
  • les Croisés R de 300 kg gagnaient 10 centimes en quatre semaines, à 6,12 €/kg vif (+2,22 € /2025).

Les cotations des femelles étaient de leur côté stable sur un mois, à 5,65 €/kg vif (+1,70 € /2025) pour les Limousines E de 270 kg et 5,60 €/kg vif (+1,50 € /2025) pour les Charolaises U de 270 kg.

Naissances en hausse depuis octobre

Après une fin d’année 2024 en fort recul, les naissances de veaux allaitants se sont redressées à l’automne 2025, sans toutefois retrouver leur niveau historique.

En novembre, 280 000 veaux sont nés de mère allaitante, en hausse de 3% sur un an mais toujours 3% sous le niveau de novembre 2023. En cumul sur la campagne (juillet – novembre 2025), les naissances allaitantes progressaient de 3% également, avec 1 154 000 veaux, mais toujours -4% par rapport à la campagne 2023-2024.

Au 1er décembre, la décapitalisation allaitante a légèrement ralenti, avec 3,35 millions de vaches (-1,9% /2024). Les effectifs de génisses allaitantes de plus de 18 mois étaient stables à 1,79 millions de têtes après plusieurs mois de hausse.

Disponibilités légèrement renforcées en broutards jeunes

Après une fin d’année 2024 en net recul du fait des maladies vectorielles, les effectifs de broutards de moins de six mois en France étaient légèrement renforcés.

Au 1er décembre 2025, 607 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents dans les élevages, en hausse de 2% /2024 mais toujours en-deçà de son niveau précédent (-4% /2023). À l’inverse, les effectifs de mâles allaitants âgés de six à douze mois étaient en nette baisse, conséquence des naissances réduites début 2025, avec seulement 695 000 têtes (-7% /2024, -10% /2023).

Reprise des envois en novembre

Après la suspension des exportations la deuxième quinzaine d’octobre, les envois ont nettement repris en novembre, sans compenser les effectifs non exportés d’après SPIE-BDNI.

Avec 100 000 têtes exportées, en nette hausse par rapport à 2024 (+17 000 têtes), les envois des semaines 45 à 48 (du 3 au 30 novembre 2025) retrouvent ainsi leur niveau de 2022, en plein boom des envois vers l’Algérie. Cette hausse ne compense cependant pas complètement les 38 000 têtes non exportées en octobre. En cumul sur onze mois, 868 000 broutards ont été exportés (-3% /2024), dont toujours 34% de femelles. Les Limousins confirment leur place de première race à l’export, avec 33% des envois, suivis des Charolais, à 29%.

Reprise dynamique vers l’Espagne en novembre

La reprise des envois après la fermeture d’octobre est nette vers l’Espagne.

En novembre, les envois vers l’Espagne ont nettement rebondi de 70% /2024, avec de fortes hausses pour toutes les catégories d’après les douanes françaises.

En cumul sur onze mois, la tendance reste à l’augmentation des envois de broutards mâles de plus de 300 kg. Ceux-ci ont progressé de 38% /2024 (+18 000 têtes) et représentaient 56% des envois de France vers l’Espagne, contre 52% en 2024 et historiquement entre 20% et 30% avant 2022.

Légère hausse vers l’Italie en novembre

Les envois de broutards vers l’Italie ont progressé de 15% en novembre, avec 80 000 têtes envoyées d’après les douanes françaises, soit un rattrapage partiel de la suspension d’octobre.

Dynamiques depuis le début de l’année, les envois de femelles ont tiré cette reprise, avec 26 000 broutardes exportées en novembre (+40% /2024). Sur onze mois, ils ont crû de 10%, atteignant 197 000 têtes. À l’inverse, la hausse de 6% des exportations de mâles en novembre, à 49 000 têtes, ne suffit pas à redresser leurs envois, qui plafonnent à 454 000 têtes sur onze mois (-9% /2024).

En conséquence, les génisses ont représenté 28% des envois de broutards français vers l’Italie sur les onze premiers mois de 2025, contre 24% en 2024. La concurrence espagnole, rude sur les broutards mâles, et l’appétit des consommateurs italiens pour la viande de génisse peuvent expliquer cette tendance.

L’Italie se tourne vers d’autres fournisseurs de broutards

Faute de broutards français et face à la bonne demande de leur marché (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus), les engraisseurs italiens ont cherché des alternatives en Europe centrale notamment.

D’après les douanes italiennes, sur dix mois en 2025, toutes les origines autres que la France étaient en hausse, avec notamment :

  • 19 000 broutards importés de Tchéquie, en hausse de 9 000 têtes sur un an,
  • 17 000 broutards irlandais, soit +3 000 têtes /2024,
  • 7 000 broutards de Hongrie (+5 000 têtes /2024),
  • 5 000 têtes d’Autriche (+1 000 têtes /2024),
  • Le retour en force de l’Espagne, avec 4 000 têtes (+2 000 têtes /2024),
  • 4 000 broutards de Slovénie (+1 000 têtes /2024).

Malgré cette amorce de diversification, la France représentait toujours 88% des broutards importés par l’Italie sur les dix premiers mois de 2025.

Baisse des envois début 2026

D’après les données TRACES-DGAL, les envois de bovins toutes races et sexes confondus vers l’Espagne et l’Italie étaient en baisse sur les trois premières semaines de 2026.

Avec 34 000 têtes, les envois vers l’Italie étaient en baisse de 7% /2025. De même, les envois vers l’Espagne (y compris veaux laitiers, traités dans un article dédié) reculaient de 10% /2024, à 25 000 têtes.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Une année 2025 marquée par le recul de la production et la hausse spectaculaire des prix 

Le manque d’offre partout en Europe continue de tirer les prix des veaux gras à la hausse. Ceci permet de répercuter les augmentations enregistrées sur les jeunes veaux laitiers. 

Poursuite de la croissance des prix en France 

En France, les prix continuaient d’augmenter début 2026, car l’offre de veaux finis est très limitée.  

   En semaine 2 de 2026 : 

  • Le veau rosé clair O valait 8,88 € /kg de carcasse, soit +10 cts sur un mois, +1,23 € par rapport à 2025 (+16%), 
  • Le veau rosé clair R cotait 9,39 € /kg de carcasse, soit une hausse de 18 cts sur un mois et de 1,49 € /2025 (+25%),   
  • Enfin, le veau rosé clair U élevé au pis s’établissait à 11,88 € /kg de carcasse, avec une hausse de 19 cts en un mois, un prix supérieur de 1,76 € à son niveau de 2025 (+17%).  

Les abattages 2025 en baisse  

En France, les abattages de veaux de boucherie sont à nouveau en recul en 2025, passant sous la barre symbolique du million d’animaux, avec 924 000 de veaux abattus (-7,5% /2025). Depuis 2021, en quatre ans, la production a reculé de plus de 23%, soit 270 000 veaux en moins. Cette baisse d’abattage a fortement impacté la production de viande malgré des poids carcasse en hausse. 

Toute l’année, les poids carcasse se sont maintenus à un niveau plus élevé que l’année dernière (+1,1 kg en moyenne /2024), signe que les intégrateurs conservaient les animaux un peu plus en élevage pour alourdir les carcasses. L’âge moyen à l’abattage était aussi un peu plus avancé, à 189 jours, soit +0,8 jour/ 2024. 

Au total sur 2025, d’après nos estimations, 136 000 téc de viande de veau ont été produites, soit une baisse de 6,9% /2024. 

Une année 2025 de production réduite pour les Pays-Bas 

Dans le même contexte, les abattages néerlandais, en forte baisse durant l’été accusaient toujours un recul de 3% en septembre.  

Les abattages de veaux néerlandais ont fortement diminué en 2025, avec 1 225 000 têtes abattues d’après nos estimations. C’est une baisse sur un an de 11%, avec un début d’année particulièrement faible (-18% entre janvier et mars 2025). 

Les poids carcasses étaient en régression, à 151 kg/tête (-2% /2024), car le marché européen a été très demandeur par rapport au nombre d’animaux gras disponibles. La production totale de viande était donc elle aussi fortement touchée, à environ 185 000 téc selon nos estimations (-13% /2024, soit -28 000 téc). La baisse est d’autant plus forte que les animaux abattus sont plus légers que l’année dernière.  

En 2025, les Pays-Bas ne sont pas parvenus à produire autant de veaux qu’en 2024, car les mises en place dans les ateliers d’engraissement ont été nettement plus faibles qu’en 2024. La diminution des importations de jeunes veaux laitiers de 9% en 2024 par rapport à 2023 a eu pour conséquence la diminution de la production en 2025. 

Les cours veaux néerlandais démarrent 2026 en forte hausse 

Comme en France, la cotation du veau de boucherie pie-noir néerlandais a fortement augmenté en 2025. Au milieu du premier semestre, elle a connu un premier pic à 7,30 €/kg, puis les prix sont redescendus après avril. À partir de cette baisse, atteignant le plancher élevé de 6,80 €/kg en mai, les prix n’ont fait qu’augmenter tout le reste de l’année, signe d’un marché tendu à cause du manque de viande. Le manque d’offre en UE et la consommation traditionnellement plus élevée au second semestre ont tiré les cours vers le haut, ceux-ci finissant l’année à 8 € /kg éc soit plus de 20% de hausse en un an. 

Suite aux difficultés de production aux Pays-Bas, le prix du veau pie-noir continue de fortement augmenter, voire accélère ces toutes dernières semaines. En Semaine 2, le veau pie-noir cotait à 8,12€/kg de carcasse (+1,42€/2025). 

   

   

  

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Naissances en légère hausse en fin d’année

Après une petite hausse en octobre, les naissances de veaux mâles de mère laitière ont de nouveau été légèrement plus élevées en novembre. Dans le prolongement de fin 2025, le prix est stable en début d’année 2026. Les exports ont repris en novembre, mais sont loin de compenser le recul d’octobre.

Cotations stables début 2026

La baisse de disponibilité des veaux a entraîné une hausse des prix en 2025, jusqu’à plus de 320 €/tête pour le veau mâle de type lait en octobre. C’est finalement la suspension des exportations françaises de bovins en octobre, dans le cadre de la lutte contre la DNC, qui a mis un coup d’arrêt à la hausse des prix. Ils ont chuté et se sont stabilisés autour de 200 €/tête. Le prix moyen 2025 se situe à 234 € /tête, soit +130 € / 2024.

En semaine 3 de 2026, la cotation du veau mâle laitier français de 45 à 50 kg était à 178 €/tête (+47€ /janvier 2025).

Hausse des naissances en novembre

En novembre, les naissances de veaux de mère laitière ont été en hausse de 1%, avec 295 000 veaux nés.

Cette hausse légère, deux mois consécutifs, ne compense pas la chute observée au mois d’août (-13%). En cumul annuel sur 11 mois, 2 763 000 veaux de mère laitière sont nés en France, soit une baisse de 2,3% /2024 (-66 000 têtes). Sur les cinq premiers mois de la campagne 2025-2026, 1 470 000 veaux sont nés, en recul de 2,0% /2024-2025 (-30 000 têtes) et -2,6% /2023-2024.

Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement (femelles croisées et l’ensemble des mâles laitiers et croisés lait-viande), étaient stables en novembre à 173 000 têtes. Au total, en cumul annuel, 1 645 000 animaux disponibles pour l’engraissement sont nés, soit une baisse de 2,4% /2024 (-41 000 têtes). Sur la campagne 2025-2026, 867 000 veaux sont nés, soit un recul de 2,0% /2024-2025 (-17 700 têtes) et -2,4% /2023-2024.

Reprise des exportations de veaux en novembre

En novembre, sur les semaines 45 à 48, les exportations de veaux mâles de mère laitière ont faiblement crû par rapport à la même période de 2024 (+3%). Cette légère hausse n’a pas permis de rattraper le creux d’octobre, conséquence de la fermeture des frontières à l’export dans le cadre de la lutte contre la DNC sur le territoire français.

En cumul sur 11 mois d’après SPIE-BDNI, 293 000 têtes ont été exportées, soit 29 400 de moins qu’en 2024, une baisse de 9,1% /2024.