Des disponibilités en animaux légers un peu renforcées

L’offre limitée en broutard tire les cours à la hausse début 2026. Les naissances de l’automne 2025, en nette augmentation par rapport à la mauvaise année 2024, conduisent à des disponibilités renforcées en broutards jeunes.

Cotations à nouveau haussières

Après une légère baisse saisonnière en fin d’année, les cours des broutards sont repartis doucement à la hausse début janvier, l’offre étant toujours très limitée.

En semaine 3 :

  • les Charolais U de 350 kg cotaient 6,03 €/kg vif (+1,75 € /2025), en hausse de 6 centimes sur quatre semaines,
  • les Charolais U de 450 kg gagnaient 15 centimes en quatre semaines, atteignant 5,49 €/kg vif (+1,19 € /2025),
  • les Limousins E de 350 kg restaient stables sur quatre semaines à 5,90 €/kg vif (+1,70 € /2025), en léger repli de 5 centimes par rapport à leur maximum de mi-décembre 2025,
  • les Croisés R de 300 kg gagnaient 10 centimes en quatre semaines, à 6,12 €/kg vif (+2,22 € /2025).

Les cotations des femelles étaient de leur côté stable sur un mois, à 5,65 €/kg vif (+1,70 € /2025) pour les Limousines E de 270 kg et 5,60 €/kg vif (+1,50 € /2025) pour les Charolaises U de 270 kg.

Naissances en hausse depuis octobre

Après une fin d’année 2024 en fort recul, les naissances de veaux allaitants se sont redressées à l’automne 2025, sans toutefois retrouver leur niveau historique.

En novembre, 280 000 veaux sont nés de mère allaitante, en hausse de 3% sur un an mais toujours 3% sous le niveau de novembre 2023. En cumul sur la campagne (juillet – novembre 2025), les naissances allaitantes progressaient de 3% également, avec 1 154 000 veaux, mais toujours -4% par rapport à la campagne 2023-2024.

Au 1er décembre, la décapitalisation allaitante a légèrement ralenti, avec 3,35 millions de vaches (-1,9% /2024). Les effectifs de génisses allaitantes de plus de 18 mois étaient stables à 1,79 millions de têtes après plusieurs mois de hausse.

Disponibilités légèrement renforcées en broutards jeunes

Après une fin d’année 2024 en net recul du fait des maladies vectorielles, les effectifs de broutards de moins de six mois en France étaient légèrement renforcés.

Au 1er décembre 2025, 607 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents dans les élevages, en hausse de 2% /2024 mais toujours en-deçà de son niveau précédent (-4% /2023). À l’inverse, les effectifs de mâles allaitants âgés de six à douze mois étaient en nette baisse, conséquence des naissances réduites début 2025, avec seulement 695 000 têtes (-7% /2024, -10% /2023).

Reprise des envois en novembre

Après la suspension des exportations la deuxième quinzaine d’octobre, les envois ont nettement repris en novembre, sans compenser les effectifs non exportés d’après SPIE-BDNI.

Avec 100 000 têtes exportées, en nette hausse par rapport à 2024 (+17 000 têtes), les envois des semaines 45 à 48 (du 3 au 30 novembre 2025) retrouvent ainsi leur niveau de 2022, en plein boom des envois vers l’Algérie. Cette hausse ne compense cependant pas complètement les 38 000 têtes non exportées en octobre. En cumul sur onze mois, 868 000 broutards ont été exportés (-3% /2024), dont toujours 34% de femelles. Les Limousins confirment leur place de première race à l’export, avec 33% des envois, suivis des Charolais, à 29%.

Reprise dynamique vers l’Espagne en novembre

La reprise des envois après la fermeture d’octobre est nette vers l’Espagne.

En novembre, les envois vers l’Espagne ont nettement rebondi de 70% /2024, avec de fortes hausses pour toutes les catégories d’après les douanes françaises.

En cumul sur onze mois, la tendance reste à l’augmentation des envois de broutards mâles de plus de 300 kg. Ceux-ci ont progressé de 38% /2024 (+18 000 têtes) et représentaient 56% des envois de France vers l’Espagne, contre 52% en 2024 et historiquement entre 20% et 30% avant 2022.

Légère hausse vers l’Italie en novembre

Les envois de broutards vers l’Italie ont progressé de 15% en novembre, avec 80 000 têtes envoyées d’après les douanes françaises, soit un rattrapage partiel de la suspension d’octobre.

Dynamiques depuis le début de l’année, les envois de femelles ont tiré cette reprise, avec 26 000 broutardes exportées en novembre (+40% /2024). Sur onze mois, ils ont crû de 10%, atteignant 197 000 têtes. À l’inverse, la hausse de 6% des exportations de mâles en novembre, à 49 000 têtes, ne suffit pas à redresser leurs envois, qui plafonnent à 454 000 têtes sur onze mois (-9% /2024).

En conséquence, les génisses ont représenté 28% des envois de broutards français vers l’Italie sur les onze premiers mois de 2025, contre 24% en 2024. La concurrence espagnole, rude sur les broutards mâles, et l’appétit des consommateurs italiens pour la viande de génisse peuvent expliquer cette tendance.

L’Italie se tourne vers d’autres fournisseurs de broutards

Faute de broutards français et face à la bonne demande de leur marché (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus), les engraisseurs italiens ont cherché des alternatives en Europe centrale notamment.

D’après les douanes italiennes, sur dix mois en 2025, toutes les origines autres que la France étaient en hausse, avec notamment :

  • 19 000 broutards importés de Tchéquie, en hausse de 9 000 têtes sur un an,
  • 17 000 broutards irlandais, soit +3 000 têtes /2024,
  • 7 000 broutards de Hongrie (+5 000 têtes /2024),
  • 5 000 têtes d’Autriche (+1 000 têtes /2024),
  • Le retour en force de l’Espagne, avec 4 000 têtes (+2 000 têtes /2024),
  • 4 000 broutards de Slovénie (+1 000 têtes /2024).

Malgré cette amorce de diversification, la France représentait toujours 88% des broutards importés par l’Italie sur les dix premiers mois de 2025.

Baisse des envois début 2026

D’après les données TRACES-DGAL, les envois de bovins toutes races et sexes confondus vers l’Espagne et l’Italie étaient en baisse sur les trois premières semaines de 2026.

Avec 34 000 têtes, les envois vers l’Italie étaient en baisse de 7% /2025. De même, les envois vers l’Espagne (y compris veaux laitiers, traités dans un article dédié) reculaient de 10% /2024, à 25 000 têtes.