En ce début d’année, les prix des vaches laitières de réforme sont fermes dans de nombreux États membres de l’UE, du fait de l’offre toujours restreinte. En Irlande, la baisse des disponibilités en bovins entraîne des conséquences sur les outils d’abattage.
Reprise des cours modérée début 2026
Dans la plupart des États membres, les prix des vaches de réformes laitières ont subi une baisse saisonnière modérée en fin d’année, les effectifs abattables étant toujours très réduits. En ce début 2026, les cours sont légèrement repartis à la hausse dans plusieurs États membres, tandis qu’en Irlande le cours est en baisse après avoir maintenu des niveaux records pendant tout 2025.

En semaine 2 de 2026, les cotations étaient les suivantes :
- 6,45 €/kg de carcasse pour la cotation française qui est passée devant l’irlandaise mi-décembre (+0,5% en quatre semaines, +39% /2025),
- 6,27 €/kg de carcasse pour la vache O irlandaise (-3% en quatre semaines, mais encore +28% /2025),
- 6,06 €/kg de carcasse pour la vache O belge (-1% en quatre semaines, mais +36% /2025),
- 6,02 €/kg de carcasse pour la vache O polonaise (stable sur quatre semaines et encore +30% /2025).
Rythme lent des abattages et cours fermes en Allemagne
Alors que le rythme des réformes avait accéléré en octobre en Allemagne, avec la baisse du prix du lait outre-Rhin, il a ensuite de nouveau nettement ralenti depuis novembre. Selon l’indicateur hebdomadaire d’AMI, l’activité des abattoirs allemands redémarre au même niveau bas : -2% par rapport à l’an passé à pareille époque (entre les semaines 51 et 2).

Selon Eurostat, la production de viande bovine issue de vaches en Allemagne était en net recul de 6% en téc sur les 10 premiers mois de l’année 2025, à 249 000 téc (ou 773 000 têtes, soit -60 000 vaches abattues en 10 mois) témoignant de la faiblesse des effectifs disponibles. Les abattages de génisses étaient également en recul de 8% en téc, à 135 000 téc (427 000 têtes, -30 000 génisses abattues). L’ensemble des abattages de gros bovins reculaient de 7% en téc sur 10 mois, à 741 000 téc.

Le rythme lent des abattages a soutenu la cotation de la vache O allemande en début d’année, gagnant 10 centimes entre la semaine 1 et 2. La vache O cotait ainsi 5,95 €/kg carcasse en semaine 2 (+1% en quatre semaines, et +27% /2025).

L’industrie irlandaise se réorganise face aux faibles abattages
En Irlande, selon le ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de vaches ont redémarré à bas niveau en ce début d’année, jusqu’en semaine 2.

Selon Eurostat sur les 11 premiers mois de l’année 2025, les abattages de vaches ont reculé de 19% en téc, comparés à 2024, à 98 000 téc (329 000 têtes, soit -84 000 vaches). La principale catégorie de bovins abattus sur l’île est le bœuf, avec 198 000 téc produites, en chute de 9% (574 000 bœufs abattus, soit -69 000 bœufs). Au total sur 11 mois, la production de viande bovine a reculé de 10% à 501 000 téc.

D’après un article du Irish Farmer’s Journal, plusieurs abattoirs irlandais vont prendre des mesures à la suite de la baisse des abattages sur l’île : ABP a l’intention de fermer un site de transformation-conditionnement comptant 340 employés, et Kepak envisage également de supprimer une centaine d’emplois.
Du côté des prix, le cours de la vache O irlandaise démarre en légère baisse en ce début 2026, après avoir caracolé en tête des cotations en UE durant presque toute l’année 2025. Il s’établissait à 6,27 €/kg de carcasse en semaine 2 (-3% en quatre semaines mais encore +28% /2025).

Le prix de la vache O polonaise résiste bien
Le prix de la vache O polonaise a subi une baisse saisonnière très timide, tant les besoins en viande de vache sont importants en Europe. La cotation était presque stable sur les quatre semaines à cheval entre la fin décembre et début janvier : -1 ct en quatre semaines. La vache O polonaise cotait 6,02 €/kg de carcasse en semaine 2 (+30% /2024), seulement 4 centimes en-dessous de la vache O belge.

Les abattages de vaches en Pologne étaient en net recul de 9% sur les 10 premiers mois de 2025, faute d’effectifs suffisants, à 511 000 têtes abattues soit -51 000 têtes, pour une production de viande de 145 000 téc (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).
