Malgré des disponibilités en lait qui ont soutenu les fabrications, les prix des commodités se sont redressés en début d’année. Si la matière grasse est à nouveau sous pression, les protéines restent demandées, à commencer par la poudre maigre.
Les cours de la poudre maigre se sont envolés
Avec le retour d’acheteurs cherchant à sécuriser leurs approvisionnements sur les marchés mondiaux alors que les conflits au Moyen-Orient se sont multipliés, les prix de la poudre maigre se sont nettement appréciés depuis le début de 2026. Malgré l’offre laitière abondante et des fabrications soutenues, les prix demeurent fermes.
En avril, c’est notamment la cotation départ USA qui a connu la progression la plus importante. Avec une demande en protéines laitières croissante sur le marché domestique et à l’export, elle a atteint 3 875 €/t, soit +16% en un mois et +71% sur un an. Il s’agit là d’un nouveau record absolu, légèrement supérieur au 3 838 €/t atteint précédemment en juin 2022.
Les cours sont également orientés à la hausse sur les autres marchés. Bien que moins importante, la progression de la cotation départ Nouvelle-Zélande a été marquée depuis le début de l’année. Elle s’est établie à 3 058 €/t, soit +6% en un mois et +16% /avril 2025. Le niveau restait bien inférieur aux près de 4 200 €/t atteints en avril 2022 (-27%).

Enfin, bien que la demande ait progressé notamment à l’export la progression de la cotation en UE a été plus mesurée pour le moment, à 2 534 €/t (+3% en un mois et +7% /2025).
Et d’après ATLA, en France, la cotation de la poudre maigre poursuivait sa progression encore en mai 2026. En semaine 20, elle a atteint 2 890 €/t (+9% sur un mois et +500 €/t ou +21% sur un an), un niveau plus atteint depuis juillet 2022.

Les poudres de lactosérum suivent la même tendance
A l’instar de la poudre de lait écrémé, la demande en protéines soutient les cours de poudres de lactosérum, qu’elles soient destinées à l’alimentation animale ou à l’alimentation humaine. Ceux-ci sont orientées à la hausse. C’est notamment le cas dans les principaux bassins producteurs et exportateurs, à savoir l’UE-27 et les États-Unis. En avril 2026, les cours de la poudre de lactosérum destinée à l’alimentation y étaient en hausse sur un mois comme sur un an :
- +36% /avril 2025 et +6% /mars 2026, à 1 368 €/tonnes aux États-Unis ;
- +42% /avril 2025 et +17% /mars 2026, à 1 461 €/tonnes en moyenne dans l’UE-27 ;
- +68% /avril 2025 et +22% /mars 2026, à 1 465 €/tonnes en France.

Les cours du beurre à nouveau sous pression
Avec la hausse des productions laitières, les quantités de beurre et butter-oil échangées ont nettement progressé sur les marchés internationaux depuis les principaux pays exportateurs. Sur le premier trimestre 2026, les exportations étaient en hausse depuis l’UE-27 (+30% /2025 à 73 000 t), la Nouvelle-Zélande (+2% à 133 000 t) et surtout les États-Unis (x2 à 46 000 t).

Mais si les cours du beurre ont également rebondi en début d’année 2026, le rebond a été de plus faible ampleur. Et les prix sont désormais globalement orientés à la baisse alors que les stocks sont plutôt conséquents. En Océanie, la cotation du beurre a ainsi reculé entre mars et avril 2026. En avril, elle a atteint 5 402 €/t (-8% /mars 2026 et -20% /2025). Même constat aux États-Unis où le cours s’est établi à 3 244 €/t (-10% /mars 2026 et -29% /2025).

Le rebond a été plus limité et plus court au sein de l’UE. En avril dernier, le cours du beurre a reculé à 4 170 €/t (-4% /mars 2026 et -44% /2025). Et d’après ATLA, le cours en France sur le marché spot est passé sous la barre des 4 000 €, à 3 890 €/t en semaine 20 (-5% en un mois et -47% /2025).

Sur la plateforme Global Dairy Trade, les enchères de début mai pour le beurre étaient orientées à la baisse. D’après l’USDA, toutes les périodes de contrat avaient enregistré des baisses, avec notamment un repli de 7,7% pour septembre. Les indices de prix pour juin, juillet et août ont également été plus faibles, reculant de 1,9 à 2,5%. Et aucun beurre n’avait été proposé pour des livraisons en octobre ou novembre. Mi-mai, les enchères s’étaient stabilisées pour la matière grasse laitière.

