Poursuite du repli des prix des ingrédients

Les cotations du beurre restent sous pression en Océanie et en Europe, mais encore plus aux États-Unis. Même tendance à la baisse pour les cours de la poudre maigre qui diminuent partout depuis le milieu de l’été.

Cours du beurre à la baisse en Europe et en Océanie, en chute aux États-Unis

La progression de la collecte chez les principaux exportateurs participe à la hausse des disponibilités en ingrédients laitiers et notamment en beurre alors que le demande ne suit pas. Aux États-Unis, la tendance reste à la croissance de la production de matières grasses laitières. Sur 7 mois, avec un taux butyreux passant de 4,2% à 4,3%, et une production de lait à 61,4 millions de tonnes (+2,1% /2024), la quantité de matières grasses produites a ainsi atteint 2,64 millions de tonnes (+3,5%), faisant des États-Unis un exportateur net de beurre, une première.

L’augmentation des disponibilités en matières grasses laitières a participé à faire baisser la cotation du beurre aux États-Unis depuis plusieurs mois. En septembre 2025, le cours du beurre était à nouveau en net repli, à 3 080 €/tonne (-11% /août 2025 et -43% /septembre 2024), cette baisse étant amplifiée par le recul du dollar par rapport à l’euro depuis le début de l’année (-12% /janvier 2025). La cotation européenne a connu une baisse plus mesurée bien qu’importante alors que les fabrications de beurre y ont progressé (+4% /2024 sur les 8 premiers mois de 2025). Elle a ainsi atteint 5 846 €/tonne en septembre 2025 (-8% /août 2025 et -25% /septembre 2024). Le cours en UE flirte désormais avec le cours néo-zélandais qui s’établissait à 5 842 €/tonne en septembre 2025 (-2% /août 2025 et -2% /septembre 2024).

En France, le mouvement de recul de la cotation du beurre sur le marché spot est également marqué d’après ATLA. En semaine 46, elle s’établissait à 5 120 €/t, frôlant désormais le seuil des 5 000 €/t (-6% en un mois et -34% depuis le début de la baisse en semaine 15).

Les cotations de la poudre maigre orientées à la baisse

A l’instar du beurre, les cotations de la poudre maigre sont également orientées à la baisse depuis le milieu de l’été, bien qu’elles n’aient pas connu les mêmes niveaux de hausse que pour le marché du beurre. Aux États-Unis, le cours de la poudre maigre a poursuivi son repli en septembre 2025, atteignant 2 163 €/t (-5% /août 2025 et -21% /septembre 2024). Même constat pour la poudre maigre européenne à 2 196 €/t (-5% /août 2025 et -13% /septembre 2024), niveau désormais inférieur à la poudre maigre néo-zélandaise, à 2 241 €/t (-1% /août 2025 et -13% /septembre 2024).

En France, la cotation de la poudre maigre publiée par ATLA suivait la même tendance, à 2 040 €/t en semaine 46, soit -2% en un mois et -20% en un an.

Des incertitudes pour la suite

Le repli des cours des commodités laitières pèse sur les entreprises spécialisées dans leur production. Au sein de l’UE, d’après les données publiées par l’institut néerlandais ZuiveINL, les prix du lait conventionnel payé par les entreprises irlandaises exportatrices de beurre vers les États-Unis en 2024 (Dairy Gold, Tirlàn, Kerry Agribusiness), ont ainsi chuté dans le sillage de la baisse des cours du beurre et des envois vers les États-Unis. Ils ont plus récemment reflué dans d’autres entreprises productrices de commodités comme DMK (Allemagne), Arla (Pays-Bas) ou Friesland Campina (Danemark). A contrario, ils étaient encore stables voire en légère hausse en septembre dans les entreprises laitières françaises.

Aux États-Unis, le prix du lait à la production est sous pression. En septembre 2025, il a atteint 379 €/1 000 l (-142 € ou -27% /2024), la baisse étant amplifiée par le recul du dollar étasunien. En Nouvelle-Zélande, il s’est établi à 393 €/1 000 l (-2 € ou -1% /2024), une baisse liée au repli du dollar néo-zélandais face à l’euro. Le prix français à la production restait, lui, orienté à la hausse à 507 €/1 000 l, soit +12 € /août 2025 et +29 € ou +6% /2024. Ces évolutions contrastées sont notamment liées aux mix produits des entreprises et au mode de formation du prix du lait dans ces pays.

Pour le moment, les cours des commodités laitières restent sous pression. Lors de La dernière enchère du 18 novembre 2025 sur le marché à terme du Global Dairy Trade, les prix des matières grasses laitières restaient orientés à la baisse : à 5 886 US$/t, pour le beurre (-14% depuis le début de l’année, -12% depuis fin octobre) et à 6 543 US$/t pour la matière grasse anhydre (-9% depuis le début de l’année, -7% depuis fin octobre). Les offres pour la poudre maigre étaient en plus légères baisses, à 2 543 US$/t (-1% depuis fin octobre et -5% depuis le début de l’année).

Aux États-Unis, dans son dernier rapport mensuel sur les estimations de l’offre et de la demande en produits agricoles, l’USDA a revu ses prévisions pour le prix du beurre à la baisse pour 2025 et 2026 en lien avec de fortes disponibilités en matière grasse laitière. Idem pour la poudre de lait écrémé. L’augmentation généralisée de l’offre de lait fait pression sur les prix des produits laitiers et donc sur le prix du lait payé aux producteurs avec, à terme, une hausse probable du taux de réforme et une baisse de la production. Mais le calendrier reste flou.

Même son de cloche au niveau mondial d’après les prévisions de la Rabobank, mais la production de lait dans les principales régions exportatrices devrait atteindre son pic au second semestre 2025. La hausse pourrait se poursuivre début 2026, mais à un rythme plus modéré.