En raison des cheptels réduits, les abattages de vaches de réforme restent très modérés dans l’ensemble de l’UE malgré le retournement de la conjoncture laitière. Les prix se maintiennent en Allemagne mais ont baissé en Irlande.
-5% pour les volumes abattus en janvier
En janvier 2026, les abattages de vaches dans l’ensemble de l’UE ont enregistré une baisse de 5% par rapport à 2025, tombant à 174 000 téc d’après Eurostat. Ceci fait suite à une chute équivalente sur l’ensemble de l’année 2025 où les abattages de vaches n’ont totalisé que 1,915 million de téc (-5% /2024).
Ainsi, la baisse du prix du lait, plus forte dans les autres États membres qu’en France, n’a pas conduit à un afflux de réformes. Il faut dire que le cheptel total de vaches s’est significativement réduit récemment en Union européenne, perdant 1,2 millions de têtes entre décembre 2023 et décembre 2025 pour tomber à 29,1 millions de têtes. Sur 10 ans, la baisse atteint 3,3 millions de têtes soit plus de 10%. Pour plus de détail par État membre, voir notre article du mois dernier.
Raréfaction des réformes au printemps
Les mises à l’herbe du printemps conduisent tous les ans à une baisse saisonnière des abattages de vaches. Cette année, les effectifs abattus sont encore plus faibles que les années précédentes.
En Irlande, les données hebdomadaires du ministère de l’Agriculture indiquent de très faibles niveaux de réformes. Sur les semaines 11 à 14, les abattages de vaches étaient en repli de 15% par rapport au niveau de 2025.

En Allemagne, après un pic en février, les réformes ont fortement diminué en mars et début avril. D’après l’indicateur hebdomadaire publié par AMI, les abattages de vaches sur les semaines 11 à 14 étaient en recul de 5% /2025.

Les prix français ont retrouvé leur traditionnel écart avec les prix européens
Depuis la baisse saisonnière des cours l’automne dernier, l’écart de prix entre les vaches françaises et leurs homologues des autres États membres s’est rétabli. Le marché européen a retrouvé la hiérarchie habituelle, qui s’était perdue lors de la phase de forte hausse des cours en 2025. La viande de vache est en effet mieux valorisée en France qu’ailleurs en Europe car elle y est traditionnellement consommée. Dans les autres pays, la consommation est centrée sur le jeune bovin, le bœuf ou la génisse, la viande de vache étant destinée uniquement à la transformation ou à l’export.

En semaine 15, la vache O française, à 6,73 €/kg de carcasse (+22% /2025), cotait 54 centimes de plus que la moyenne européenne. Les cotations des autres États membres se situaient dans un mouchoir de poche :
• 6,06 €/kg de carcasse pour la vache O allemande (+4% / 2025)
• 6,04 €/kg pour la vache O polonaise (+15%),
• 5, 95 €/kg pour la vache O belge (-2%),
• 5,89 €/kg pour la vache O irlandaise (-14%).
C’est en Irlande que les prix ont baissé le plus, alors même que l’offre est en fort recul. Les observateurs de Bord Bia attribuent cette baisse au repli de la demande européenne pour la viande bovine irlandaise, concurrencée par la volaille et le porc, moins chers, mais également par les viandes bovines sud-américaines, dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat lié à la flambée du prix de l’énergie.
