Le manque de production maintient les prix hauts   

Avec une demande qui se tient et une production en baisse ou stable dans la majorité des pays, les abatteurs ne parviennent pas à faire baisser la tension sur les prix des taurillons.  

Les prix espagnols et polonais réagissent au conflit au Moyen orient 

En cette fin de premier trimestre 2026, les cours des jeunes bovins ont amorcé une timide baisse saisonnière en Italie et en Allemagne, où le manque d’offre leur permet de résister à l’érosion de la demande. En Espagne et en Pologne, pays exportateurs de carcasses ou de vif vers les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, les cotations des jeunes bovins ont perdu une quarantaine de centimes avec le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. 

  

En semaine 10 :   

  • Le Charolais italien Prima Qualità (correspondant à une conformation U) cotait 8,19 €/kg de carcasse (+15% /2025), en baisse de 10 centimes sur quatre semaines,  
  • Le jeune bovin U allemand cotait 7,29 €/kg de carcasse (+14% /2025),  
  • Le jeune bovin U français se stabilisait à 7,77 €/kg de carcasse (+23% /2025).  
  • Le jeune bovin U espagnol s’est replié de 45 centimes en deux semaines, à 7,34 €/kg de carcasse (+6% /2025),  
  • Le jeune bovin U polonais a perdu 40 centimes en deux semaines pour tomber à 7,09 €/kg (+17% /2025). 

Espagne : L’Espagne abat des animaux plus lourds 

Sur l’ensemble de l’année 2025, la production abattue d’animaux jeunes en Espagne a égalé son niveau de 2024, avec davantage d’animaux de plus d’un an et moins de très jeunes bovins, confirmant la tendance de moyen terme à sortir des bovins plus lourds.

Les abattages de mâles de plus d’un an dépassaient la barre des 300 000 téc, à 305 000 téc, en hausse de 26 000 téc /2024. A la hausse des effectifs abattus (+52 000 têtes /2024, à 876 000 têtes) s’est ajoutée celle des poids carcasse (+8 kg en moyenne, à 347 kg). Ce changement de dynamique est la conséquence des envois français de broutards lourds vers l’Espagne (lire notre article sur les broutards du mois précédent). L’alourdissement est également lié à l’intérêt de produire plus de viande sur un animal acheté cher grâce à un aliment bon marché. 

À l’inverse, les abattages de bovins âgés de 8 à 12 mois ont connu un recul en nombre et en volume sur douze mois, atteignant 151 000 téc (-33 000 téc /2024) pour 624 000 têtes (-127 000 têtes /2024). 

Le manque d’offre se prolonge en Allemagne 

En Allemagne, les sorties de jeunes bovins étaient en recul en 2025, en raison notamment de la baisse de disponibilités en veaux. D’après Eurostat, les abattages de jeunes bovins cumulés sur les douze premiers mois de l’année 2025 affichaient une baisse de 17% /2024.  

Début 2026, les sorties de taurillons ont continué à baisser d’après AMI.  

Sur les semaines 7 à 10, le nombre de jeunes bovins abattus en Allemagne était en baisse de 9% par rapport à 2025. En cumul annuel (10 semaines), les abattages de jeunes bovins ont reculé de 4% selon AMI. 

Italie : Recul des abattages faute de disponibilité  

La baisse des envois de broutards français depuis plusieurs années réduit les mises en place en Italie, limitant d’autant les abattages. En effet, les engraisseurs de la plaine du Pô ont bien tenté de diversifier leurs approvisionnements, mais sans grand succès, la ressource en bovins maigres étant contrainte en Europe du fait de la baisse généralisée du cheptel reproducteur. La production italienne de jeunes bovins est donc orientée à la baisse et 2025 n’a pas fait exception. 

En cumul sur l’ensemble de l’année 2025, 721 000 mâles (-27 000 têtes /2024) et 546 000 femelles (-8 000 /2024) ont été abattus.