La baisse importante des naissances laitières en mars-avril a obligé les intégrateurs à relever les prix payés pour ces jeunes veaux fin avril, afin de s’assurer des veaux gras pour la rentrée de septembre. Les expéditions de veaux vers l’Espagne sont en net recul en mars, du fait de la baisse de l’offre en France et d’un contexte moins porteur en Espagne qu’en 2025.
Forte baisse des naissances en mars-avril, rattrappage en vue ?
En mars, seulement 204 000 veaux sont nés de mère laitière, en fort recul de 13% /2025. Le cumul sur la campagne juillet 2025–mars 2026 est de 2 390 000 têtes (-3,4% /2025). Ce revers inédit des naissances en mars s’explique par l’arrivée en Bretagne-Pays de la Loire de la FCO-3 en juillet 2025 et par la canicule qui a sévi à partir du 10 juillet, perturbant encore davantage la reproduction. Ce recul des naissances devrait se poursuivre dans les mois à venir car la FCO-3 est ensuite montée jusqu’en Normandie en août-septembre. La MHE est également intervenue dans ces zones à forte densité de cheptel laitier, impactant d’autant plus les naissances.
Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement reculaient un peu plus, à 123 000 têtes en mars (-14% /2025) pour un cumul de 1 411 000 têtes sur la campagne (-3,8% /2024-2025 alors que ce recul n’était que de 1,2% l’année précédente à pareille époque). Les éleveurs laitiers ont utilisé moins de semence viande en 2025, afin d’assurer le renouvellement du cheptel, dans un contexte de reproduction perturbée par les maladies vectorielles.

Sur la première décade d’avril, le recul serait encore plus important (chiffres à consolider). D’après les statistiques d’inséminations artificielles, ces naissances qui n’ont pas eu lieu au printemps seront décalées sur les mois de mai à août.
Cours des veaux laitiers à un haut niveau
Après avoir connu une forte hausse sur les premiers mois de l’année, les cours des veaux laitiers avaient marqué une pause en mars-avril. La flambée des prix des aliments lactés (voir notre article veau de boucherie) et la baisse saisonnière des prix des veaux gras limitaient alors la capacité des intégrateurs à mieux payer les veaux laitiers, malgré l’offre en recul. Par ailleurs, les prix des veaux laitiers espagnols progressent peu depuis mars. En avril, les naissances françaises de veaux laitiers s’annoncent en très net recul, ce qui a pu conduire au rebond des prix. D’autant que les intégrateurs achètent des veaux pour les sorties de la rentrée de septembre, période importante sur le marché de la viande de veau.

La cotation du veau mâle laitier de 45-50 kg a gagné 26 € en quatre semaines pour atteindre 312 €/tête en semaine 21, un niveau toujours bien supérieur aux valeurs des années passées (+56 € /2025 et +188€ /2024).
Le veau laitier néerlandais de 43-47 kg se stabilisait quant à lui depuis fin avril autour de 330 €/tête en semaine 20 (-35 € /2025 mais +165 € /2024). Les veaux laitiers espagnols se stabilisaient également à 169 €/tête en semaine 19 (-16 € /2025). Ce tarif, bien inférieur à la France, traduit l’inquiétude des engraisseurs espagnols du fait de la guerre au Moyen-Orient (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).
En mars les exportations de veaux reculent fortement
Faute d’offre et dans un contexte un peu morose pour le jeune bovin ibérique, les exportations de veaux laitiers ont fortement reculé en mars.

Après un recul de 8% en février, les envois de veaux français de mère laitière ont chuté de 14% en mars comparé à 2025, à 22 000 têtes, portant le cumul sur les 16 premières semaines de l’année, jusqu’au 17 avril, à 93 000 têtes (-9,5% /2025). L’Espagne reste la destination de 95% de ces veaux en 2026.
