Divergences du côté des commodités laitières

Après une première envolée des cours au printemps aux États-Unis, les prix de la poudre maigre se sont de nouveau affolés. Les cours sont globalement orientés à la hausse. Le constat est nettement différent pour les matières grasses laitières alors que les cours du beurre connaissent des niveaux de pression diverses.

Les cours de la poudre maigre en nette progression, les États-Unis à nouveau moteur de la hausse

Durant le printemps, les cotations de la poudre de lait écrémé s’étaient nettement redressées, notamment aux États-Unis, affectés par un manque de disponibilité. A la fin de l’été, les prix étaient de nouveau fortement orientés à la hausse, notamment en Amérique du Nord. Les hausses des cours étaient moindres ailleurs mais néanmoins soutenues. En Nouvelle Zélande, le cours de la poudre maigre s’est sensiblement apprécié, à 3 182 €/t (+10% /août 2026 et+41% /septembre 2025). Même constat dans l’UE où le prix de la poudre de lait écrémé produite a atteint 3 071 €/t (+6% en un mois et +33% /2025).

Comme au printemps dernier, la hausse la plus impressionnante concernait les États-Unis. Après un bref réajustement, la cotation départ USA s’est à nouveau envolée. En septembre 2026, elle a atteint 3 746 €/t (+19% /août 2026 et+65% /septembre 2025). Elle dépassait ainsi sensiblement les cotations néo-zélandaise (+18%) et européenne (+22%).

La dynamique observée actuellement aux États-Unis est liée à des facteurs similaires à ceux de la hausse du printemps. La demande rencontre à la fois des niveaux de fabrications limités par la diversification de l’utilisation des protéines laitières, mais également de nouveaux problèmes sanitaires qui entravent la production, notamment pour l’entreprise California Dairies Inc.

Ainsi, l’envolée des cours est restée jusqu’ici de mise. En semaine 41, le cours hebdomadaire de la NFDM (non-fat dry milk) qui représente environ 70% de la poudre maigre produite aux États-Unis, approchait les 5 000 US$, à 4 960 US$ (x2 /2025). Ce niveau était très proche du record atteint au printemps en semaine 19 (5 038 US$, -2%).

Certains observateurs craignent que cette hausse des cours et la dégradation de la compétitivité des poudres étatsuniennes qui en résulte ne pèse encore plus sur des exportations déjà en repli. Mais le cours de la poudre de lait écrémé originaire des États-Unis n’est pas le seul à connaître une forte progression. En France, d’après ATLA, la cotation de la poudre maigre poursuivait son ascension entamée au début de l’été. En semaine 41, elle a en effet atteint 3 380 €/t (+7% sur un mois et +64% sur un an), niveau plus atteint depuis le pic à plus de 4 000 €/t du premier semestre 2022.

Mais depuis le début de l’année, la poudre maigre produite dans l’UE a bénéficié jusqu’ici d’une compétitivité accrue vis-à-vis des poudres produites en Océanie et surtout en Amérique du Nord. Avec des disponibilités accrues, les envois de poudre de lait « origine UE » se sont nettement redressés. En cumul sur huit mois, les exportations européennes ont ainsi totalisé 609 000 t (+15% /2025 et +18% /2024).

Si la demande reste soutenue, les perspectives restent incertaines, notamment aux États-Unis où les fabrications pourraient se redresser rapidement. En Nouvelle-Zélande, les dernières enchères pour la poudre maigre sur la plateforme du Global Dairy Trade étaient orientées à la hausse. Entre la première enchère de septembre et la première d’octobre, le prix de la poudre maigre avait progressé de 4%, à 3 847 US$/t.

La matière grasse laitière toujours sous pression

Depuis la progression observée durant le premier trimestre 2026 liée principalement au fait que les opérateurs se couvraient sur les marchés, les cours du beurre restent sous pression. En septembre 2026, les évolutions des cours mondiaux étaient néanmoins divergentes :

  • En légère progression en UE où la cotation a atteint 4 173 €/t (+4% en un mois mais -34% /2025) ;
  • En baisse assez marquée en Nouvelle-Zélande comme aux États-Unis, où les cotations se sont établies à respectivement 4 298 €/t (-5% en un mois, -28% /2025) et 2 635 €/t (-6% en un mois, -24% /2025).

En France, d’après l’ATLA, la cotation restait contenue, bien qu’en légère progression. En semaine 39, dernière semaine cotée, le prix spot du beurre atteignait 4 570 € (+5% en un mois mais -21% /2025).

Avec des disponibilités en hausse, les principaux exportateurs de beurre et de butter-oil ont vu leurs envois progresser depuis le début de l’année.

Contrairement à la poudre maigre, les dernières enchères pour le beurre sur la plateforme du Global Dairy Trade étaient en baisse. Entre début septembre et début octobre, le prix du beurre s’était déprécié de 6%, à 4 740 US$/t.