Viandes bovines

La filière viande bovine européenne attend la fin des fortes chaleurs

Dans un contexte d’inquiétude face à la sécheresse et aux canicules, le marché européen est attentiste. Les ventes de viande de jeune bovin et de veau sont peu dynamiques, impactées par les fortes chaleurs. Leurs prix ont poursuivi leur repli, de même que ceux des broutards. Le prix des vaches allaitantes les mieux conformées continue de bien se tenir en France. Le marché des réformes laitières est plutôt baissier en UE, à l’exception de la France, qui se stabilise en prix, et de l’Irlande qui rebondit. Une météo moins chaude, prévue sur la fin de juillet, pourrait redynamiser la consommation.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Des prix supérieurs à 2025, mais des inquiétudes sur les ressources fourragères

Les prix des femelles restent relativement stables. Ceux des jeunes bovins ont encore perdu quelques centimes en juin mais restent supérieurs à leur niveau de 2025. Les prairies grillent et l’inquiétude monte.

Les cotations des vaches de type viande relativement stables depuis mi-mai

Après avoir baissé au printemps, les cours des vaches de réforme se sont stabilisées mi-mai. En type viande, les cours restent largement supérieurs à ceux de l’an dernier.

La cotation de la vache U standard oscille autour de 7,80 €/kg de carcasse et se situait en semaine 28 toujours 13% au-dessus de son cours de 2025 et 30% au-dessus de celui de 2024. Celle de la vache R a perdu 4 centimes en semaine 28, à 7,24 €/kg de carcasse (+9% /2025 et +31% /2024).

Les cotations des laitières retrouvent leur niveau de 2025

Les cotations des vaches laitières se rapprochent de leur niveau de 2025 tout en restant à des niveaux largement supérieurs à ceux des années précédentes.

En semaine 28, la vache O cotait 6,28 €/kg de carcasse (+1% /2025 mais toujours +33% /2024) et la vache P, 5,89 €/kg (-2% /2025 mais +33% / 2024).

Faible pression à l’import

Sur le marché de Rungis, la viande origine UE reste à un prix élevé, tout particulièrement les pièces à griller, très prisées à cette saison. La pression exercée par la viande européenne sur le marché français est donc très modérée.

La bavette d’aloyau origine UE était à 16,00 €/kg le 10 juillet à Rungis, soit +12% /2025 et +33% /2024. La bavette de flanchet était à 12,70 €/kg (+14% /2025 et + 52% /2024).

L’entrecôte origine UE était à 19,30 €/kg (+4% /2025 et +28% /2024) et le faux filet à 15,30 €/kg (+5% /2025 et +30% /2024).

Les cours des jeunes bovins pâtissent de la vague de chaleur en Europe

Les cotations des jeunes bovins finis semblaient se stabiliser le mois dernier après avoir décroché courant avril. Mais les cours se sont de nouveau infléchis début juillet sous l’effet d’un marché européen figé par la canicule (lire l’article sur les jeunes bovins en Europe). Les températures plus fraîches annoncées pour la fin du mois de juillet tant en Allemagne qu’en Italie pourraient aider les cours à se stabiliser.

L’IPAMPA en hausse sur un an

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) est à la hausse depuis le mois de mars. En mai, il était à l’indice 132,6 (+7,5%/ mai 2025). La flambée des postes énergie et lubrifiants (+54% /2025) et engrais et amendements (+20%) déclenchée par le conflit au Moyen-Orient explique l’essentiel de la hausse. Le 9 juillet, le gouvernement a annoncé une aide exceptionnelle à l’achat d’engrais, pour 50% de la consommation de l’année 2025. Mais le seuil minimal de demande fixé à 750 € empêchera la plupart des éleveurs spécialisés de souscrire à cette aide.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024. Compte tenu de l’inflation de plus de 2% constatée en mai, le SMIC a été revalorisé automatiquement de 2,42% à partir du 1er juin.

La canicule a mis la pousse de l’herbe à l’arrêt

Alors que la pousse de l’herbe avait été relativement dynamique au printemps, la deuxième vague de canicule démarrée le 20 juin l’a stoppée net et la troisième vague du 10 juillet a fini de griller les prairies. Les éleveurs ont été contraints d’affourager au champ très tôt dans la saison et de puiser dans les stocks constitués au printemps.

D’après le tableau de bord ISOP d’Agreste sur les prairies permanentes, le cumul de pousse au 10 juillet affichait une chute de 20% par rapport à la période de référence 1989-2018 alors même que la pousse avait été supérieure à la normale au printemps. Les bassins limousin, charolais et rustique sont particulièrement impactés, de même que le Grand-Est et la Vendée.

Ralentissement de la décapitalisation

La baisse conséquente des abattages de femelles de type viande depuis plusieurs mois conduit à un ralentissement de la décapitalisation, voire un début de stabilisation.

Au 1er juin, la ferme France comptait 3,388 millions de vaches allaitantes, soit -0,2% /2025. Rappelons qu’elle en comptait 4,076 millions au 1er juin 2016, soit 688 000 de plus. La baisse de cheptel se chiffre donc à 17%.

Le cheptel de vaches laitières a lui aussi ralenti sa baisse au 1er juin. Les entrées de génisses ont été plus importantes en mai du fait d’un rattrapage de naissances après le creux d’avril lié au passage de la FCO3 dans l’Ouest de la France l’été dernier (voir l’article sur les veaux laitiers). Au 1er juin, la France comptait 3,162 millions de vaches laitières, soit -2,3% /2025 et -15% /2016.

Des abattages toujours restreints

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, le nombre de gros bovins abattus était en recul de 11% /2025 sur les semaines 25 à 28 (entre le 15 juin et le 12 juillet).

Le repli atteignait 15% pour les vaches de type viande et 12% pour les génisses de type viande, ce qui devrait conduire à une poursuite de la stabilisation du cheptel allaitant, à conditions que les disponibilités en fourrages soient suffisantes.

Les abattages de vaches laitières, qui avaient été plutôt dynamiques au printemps, affichaient également une forte baisse sur ces mêmes semaines 25 à 28 : -11%.

Les abattages de jeunes bovins de type viande et croisés lait-viande étaient en baisse de 7% et ceux de jeunes bovins laitiers de 9%.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Peu d’offre mais marchés peu dynamiques

L’offre de jeunes bovins est en baisse en Europe dans le sillage de la baisse des cheptels. Mais la demande patine, les achats des consommateurs restant dans une tendance baissière, face à la contrainte budgétaire et aux fortes chaleurs.

Coup de chaud sur la demande en Italie

En Italie, la demande de ce début d’été a pâti des vagues de chaleur. L’offre à sortir reste très limitée par rapport aux années précédentes, face à une demande atone. Les prix des jeunes bovins mâles finis sont restés orientés à la baisse jusqu’en semaine 28. Les mâles charolais ont accusé le plus fort repli, passant sous leur cours de l’an dernier. Les cotations des mâles limousins et des femelles restaient supérieures à leurs niveaux de 2025.

En semaine 28 à Modène, le jeune bovins charolais Prima Qualità cotait 4,13 €/kg vif (-5% /2025 mais toujours +19% /2024). Le mâle limousin Extra de 600-650 kg cotait 4,72 €/kg vif (+3% / 2025 et + 25% /2024). Les femelles ont mieux résisté, mais les Charolaises ont fini par dévisser, à 4,59 €/kg vif en semaine 28 (+9% /2025 et +30% /2024). Les Limousines occupent toujours le créneau haut de gamme, avec une cotation imperturbable, à 5,16 €/kg vif en semaine 28 (+13% /2025 et +37% /2024).

Au 1er semestre, le panel d’achat des ménages Nielsen a enregistré une baisse de 6,2% sur un an des volumes de viande bovine achetés par les familles italiennes. Les dépenses étaient toutefois en hausse de 4,5% du fait de prix plus élevés. Un transfert entre viandes est constaté, les ménages italiens ont acheté davantage de viande de porc (+6,0% en volume et +5,3% en valeur) et de volaille (+3,3% en volume et +7,8% en valeur).

La viande bovine est la viande dont le prix à la consommation a le plus augmenté ces derniers mois, une hausse qui s’est faite dans le sillage des prix à la production. En juin, la hausse de prix sur un an se chiffrait à 7,7% pour la viande bovine contre 2,9% pour le porc et 4,7% pour la volaille. L’inflation générale quant à elle était de 3,0% sur un an en juin.

En Allemagne, la hausse ponctuelle des sorties pèse sur les prix

En Allemagne, les sorties de jeunes bovins ont été dynamiques en juin, ce qui a interrompu la remontée des cours.

Sur les semaines 25 à 28, les abattages de jeunes bovins ont enregistré une hausse de 9% /2025 d’après l’indicateur hebdomadaire d’AMI. Ils restaient toutefois 2% sous leur niveau de 2024.

D’après l’enquête cheptel de mai, les effectifs de jeunes bovins à l’engraissement en Allemagne restent très modérés, à 759 000 têtes, soit -0,6%/2025 et -4,5% /2024. L’accélération ponctuelle des sorties constatée au mois de juin ne devrait donc pas se prolonger. D’ailleurs, les observateurs du marché allemand évoquent déjà une nouvelle phase de réduction de l’offre à partir de mi-juillet.

Alors qu’ils avaient amorcé une remontée début juin, les prix des jeunes bovins sont repartis à la baisse, sous le poids de l’accélération ponctuelle des sorties.

A 6,14 €/kg de carcasse en semaine 28 (-14%), la cotation du jeune bovin R est passée sous son cours de 2025 début mai, mais est toujours largement au-dessus de celui de 2024 (+27%).

En Espagne, les prix des jeunes bovins réajustés à la baisse

Les prix des jeunes bovins en Espagne sont sous la pression d’un marché national poussif et d’une demande européenne limitée. Les fortes chaleurs constatées sur l’ensemble du continent restreignent la demande. Après le ramadan et l’Aïd, pics de demande annuels dans les pays du Maghreb, les opérateurs espagnols comptaient sur le marché européen pour prendre le relai. Mais les concurrences allemande et polonaise ont entraîné un réajustement de leurs prix.

La cotation espagnole du jeune bovin U a perdu 29 centimes en quatre semaines pour retomber au niveau de la cotation française, à 6,73 €/kg de carcasse en semaine 28.

Les opérateurs espagnols estiment que les baisses de prix des dernières semaines leur permettent des regains de compétitivité sur le marché européen. Ils comptent à présent sur le démarrage de la saison touristique en Grèce et au Portugal pour redynamiser leurs ventes. Par ailleurs, des bateaux de jeunes bovins finis sont en cours de remplissage pour des exports vers les pays méditerranéens.

Une météo plus propice à la consommation jusqu’à la fin du mois de juillet

Les prévisions météo en Europe affichent pour la fin du mois des températures inférieures à ce qu’on a connu sur la première quinzaine de juillet, dans l’ensemble des pays clients de la France (Allemagne, Italie, Grèce, Belgique). Ceci pourrait conduire à une reprise de la demande après des semaines difficiles.

Viandes bovines » Femelles » France »

Quasi-stabilité de la consommation apparente de viande bovine en France

La consommation apparente de viande bovine et de veau sur les cinq premiers mois de l’année 2026 était en léger retrait. Le recul des exportations s’est accentué en mai. Pour la première fois depuis janvier, l’inflation sur le bœuf et le veau est passée sous la barre des 10% en juin.

La consommation apparente presque inchangée en France

Le disponible consommable de bœuf et de veau sur les cinq premiers mois de 2026 a totalisé 580 000 téc (-0,6% /2025). Sur cinq mois, la production de viande bovine recule peu, de 2% /2025, celle de viande de veau plus nettement, de 8% /2025. Les exportations de viande bovine ont reculé de 16% sur janvier-mai 2026, comparées à 2025, permettant de conserver un peu plus de viande en France pour la consommation domestique, tandis que les importations de viande s’érodaient de 2% sur la même période.

Attention, ce calcul ne tient pas compte des variations de stocks de viande en abattoir qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

Le part de viande d’import dans la consommation apparente (hors stocks) reste stable, à 25%, comme sur les cinq premiers mois de 2025.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

Les importations de viande s’effritent en 2026

Les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée se montaient à 142 000 téc sur les cinq premiers mois de l’année 2026, en léger recul de 2% /2025 (-2 000 téc). En mai, les importations ont reculé assez nettement de 9% (-2 500 téc) à 27 000 téc, avec toujours des volumes importants d’Allemagne et un net recul d’Irlande, en lien avec les dynamiques d’abattages de vaches dans les deux pays.

Sur les cinq premiers mois de l’année, les importations françaises sont restées stables en provenance des Pays-Bas, premier fournisseur, à 30 000 téc.

Nos importations ont progressé depuis les pays suivants :

  • le Royaume-Uni (+4% /2025, +700 téc) à 17 500 téc, sans que ces volumes supplémentaires ne provoquent de hausse de nos envois vers les Pays-Bas comme cela a pu être le cas par le passé, 
  • l’Allemagne (+10% /2025 ou +1 000 téc) à 14 000 téc, la viande de réforme allemande étant attirée par le différentiel de prix intéressant en France,
  • l’Espagne (+3%, +200 téc) à 8 000 téc, par comparaison avec le début de l’année 2025, où l’Espagne exportait beaucoup vers d’autres pays de l’UE et vers les rives sud et est de la Méditerranée,
  • et depuis d’autres pays tiers (+33%, +600 téc), à 2 500 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 300 téc, +84% /2025) et brésilienne (500 téc +26% /2025) un peu moins d’argentine (200 téc, -40% /2025).

Plus fort revers pour nos exportations de viande en mai

En mai 2026, les exportations de viande bovine française sont particulièrement affectées, avec un recul de 26% /2025 (-5 500 téc), à 15 000 téc, après une baisse de 22% sur un an en avril et de 11% en mars. Les exportations ont ainsi reculé de 25 à 26% vers l’Italie, l’Allemagne et la Grèce, de 43% vers la Belgique et de 20% vers les autres destinations en UE. En mai, les abattages de bovins avaient reculé de 10% en têtes, dont -7% pour les jeunes bovins viande, réduisant le potentiel exportable.

En cumul sur les cinq premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine se montent à 82 000 téc, -16% /2025 et -14% /2024.

En cumul de janvier à mai 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers toutes les destinations :

  • vers l’Italie (-14% ou -3 000 téc par rapport au bon début d’année 2025), à 19 000 téc, et encore -7% /2024, 
  • vers l’Allemagne (-11% /2025, -1 500 téc) à 14 000 téc,
  • vers la Grèce (-21% /2025, -3 000 téc) à 11 000 téc, du fait d’une inflation à deux chiffres qui touche le bœuf en Grèce depuis mi-2025,
  • vers la Belgique (-27% /2025) à 7 500 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-18% /2025) à 7 500 téc, notamment vers le Portugal (1 500 téc, soit -43% /2025),
  • vers les pays tiers (-17% /2025) à 2 500 téc, principalement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Les envois français de viande bovine étaient quasi-stables vers les Pays-Bas (-1% ou -150 téc) entre janvier et mai 2026, à 13 500 téc.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

L’inflation sur le prix du bœuf reflue en juin

En juin selon l’INSEE, l’inflation générale sur les prix en France était de 1,8% sur un an (contre 2,4% un mois plus tôt). Les prix des produits pétroliers ont moins augmenté sur un an en juin, qu’en mai (+11% sur un an, après +17%) avec une période de reflux du prix du pétrole, ce qui a ralenti l’inflation. L’alimentaire a de nouveau nettement ralenti son rythme de hausse, à 0,9% en juin contre 1,1% le mois précédent. L’alimentaire frais augmentait aussi moins vite (+2,8% sur un an contre +3,4% un mois plus tôt). Pour la première fois depuis janvier 2026, le prix du bœuf et du veau progressait de moins de 10%, précisément de 9,4% sur un an.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Évolution divergente du prix des femelles

Les prix des vaches laitières de réforme sont de nouveau plutôt à la baisse en Union européenne, sauf en France et en Irlande. Les réformes sont plus nombreuses en Allemagne actuellement, mais toujours très faibles en Irlande.

Le prix des vaches plutôt baissier

De mi-juin à mi-juillet (semaines 25 à 28), les cotations des vaches ont plutôt reculé en UE, à l’exception de la France, quasi stable, et de l’Irlande, en hausse :

  • La cotation française est quasiment inchangée en semaine 28, à 6,28 €/kg éc (-3 centimes en quatre semaines, -0,5% /2025), encore un peu au-dessus du haut niveau 2025 (+1%) ce qui n’est déjà plus le cas ailleurs en Europe. Elle reste comme à l’accoutumée, au-dessus des autres valeurs en UE.
  • La vache O polonaise valait 5,49 €/kg éc, en semaine 27 (pas de valeur en semaine 28), perdant 20 centimes en quatre semaines, soit -10% /2025, mais un niveau encore très élevé par rapport à il y a deux ans : +28% /2024. Les cours reculaient également en Belgique et en Allemagne.
  • À l’opposé, la vache O irlandaise, après avoir perdu 43 centimes de mi-mai à mi-juin, les a regagnés (+47 centimes entre s25 et s28), retrouvant le niveau de 6,00 €/kg éc en semaine 28 (-8% /2025 mais toujours+40% /2024).

Un peu plus d’abattages en Allemagne, prix en baisse

En Allemagne, le rythme des réformes est plus élevé que l’an passé à pareille époque, alors ralenti par la très bonne conjoncture laitière de mi-2025. Les abattages de vaches ont progressé de 9% /2025 sur les semaines 25 à 28.

Cette petite reprise des abattages a suffi à effriter le prix de la vache O allemande de 24 centimes en quatre semaines, à 5,73 €/kg éc en semaine 28, 13% sous son niveau de 2025 mais toujours bien au-dessus de 2024 (+35%). La consommation apparente a reculé de 4% /2025 au premier quadrimestre 2026, malgré des abattages stables. Ceci a accru le disponible exportable. L’Allemagne a ainsi augmenté de 11% ses exportations de viande bovine sur les quatre premiers mois de l’année.

Les abattages irlandais de laitières restent bas

En Irlande, les abattages de vaches restaient faibles entre les semaines 25 et 28 (-1% par rapport au bas niveau 2025 et -31% /2024), selon le ministère de l’Agriculture irlandais.

Ces abattages contenus soutiennent les prix. La cotation de la vache O irlandaise a regagné 47 centimes entre les semaines 25 et 28. Il atteignait 6,00 €/kg éc, certes à -8% /2025 mais encore +40% comparé à il y a deux ans.

Viandes bovines » Maigre »

Retour à des disponibilités habituelles

Le rattrapage des naissances à l'automne 2025, par rapport à un deuxième semestre 2024 perturbé par les maladies vectorielles, a conduit à des disponibilités renforcées en broutards au 1er juin.

Effectifs en hausse après une récupération des naissances d’automne

Les effectifs en ferme de mâles allaitants de plus de six mois étaient en hausse au 1er juin, retrouvant des niveaux habituels après les passages de maladies vectorielles.

Au 1er juin, 508 000 mâles de six à douze mois (nés entre le 1er juin 2025 et le 30 novembre 2025), soit une hausse de 5% /2025 et de 1% /2024. Les naissances plus dynamiques à l’automne, surtout en comparaison d’une fin d’année 2024 touchée par les maladies vectorielles, ont conduit à ce net rebond.

À l’inverse, les effectifs des broutards de moins de six mois (nés entre le 1er décembre 2025 et le 31 mai 2026) étaient, avec 824 000 têtes, en baisse de 1% /2025, et même de 10% /2024 au 1er juin, conséquence de vêlages allaitants en recul de 4% /2025 (-62 000 têtes) sur les cinq premiers mois de l’année, malgré un mois de mai en hausse de 3% /2025.

Cours à nouveau en baisse

Après s’être stabilisés en mai et juin, les cours de la plupart des catégories de broutards étaient à nouveau en baisse début juillet.

En semaine 28 :

  • Le Charolais U de 450 kg cotait 4,72 €/kg vif, en recul de 41 centimes sur un mois, se stabilisant à présent,
  • Le Charolais U de 350 kg cotait 5,13 €/kg vif (-38 centimes sur un mois), la baisse ralentissant cette semaine,
  • Le Limousin E de 350 kg cotait 5,05 €/kg vif, en baisse de 65 centimes sur un mois,
  • Le Croisé R de 300 kg cotait 5,20 €/kg vif, en recul de 50 centimes sur un mois,
  • La Limousine E de 270 kg reculait à 5,15 €/kg vif (-25 centimes en un mois).

Baisse des exports en mai

Les exportations de broutards ont été en recul en mai, dans le sillage du début de l’année.

En mai (semaines 19 à 22), 57 000 broutards ont été exportés, en recul de 12 000 têtes /2025. En cumul sur 25 semaines, les exportations ont atteint 405 000 têtes (-13% /2025). L’Italie reste la destination de 80% des broutards exportés en mai.

Redressement des envois en début d’été

Sur les dernières semaines, les envois de bovins toutes races, âges et sexes confondus connaissaient une hausse relative, la comparaison se faisant avec une année 2025 alors touchée par la DNC en Lombardie et dans une partie de la France.

Sur les semaines 25 à 28 (du 15 juin au 12 juillet), 93 000 bovins de tous types ont été exportés vers l’Espagne et l’Italie, en hausse de 4% /2025 et de 2% /2024.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Ventes difficiles et cours en baisse dans toute l’Europe

La consommation de viande de veau recule en Europe et tire les prix à la baisse, conduisant à des retards de sortie et à des poids carcasse record.

Prix toujours en baisse

Les épisodes caniculaires n’ont rien apporté à un commerce de viande de veau déjà difficile. En conséquence, les prix des veaux de boucherie ont connu un nouveau recul et sont passés en France sous leur niveau de 2025, ce qui avait déjà été le cas plus tôt aux Pays-Bas et en Italie.

En semaine 28 :

  • Le veau de boucherie rosé clair O perdait 40 centimes en un mois, à 7,58 €/kg de carcasse (-3 cts /2025, mais +68 cts/2024),
  • Le veau de boucherie rosé clair R reculait de 44 centimes sur quatre semaines, à 8,15 €/kg de carcasse (+20 cts /2025 et +91 cts/2024),
  • Le veau sous la mère rosé clair U cotait 11,40 €/kg de carcasse, en baisse de 38 centimes sur quatre semaines (+1,05 € /2025).

En Italie et aux Pays-Bas, la baisse se poursuivait au début de l’été, amenant l’écart de prix entrée abattoir entre les veaux français et européens à plus d’un euro.

En semaine 28 :

  • Le veau de boucherie pie-noir néerlandais reculait de 35 cts sur un mois, à 6,30 €/kg de carcasse (-70 cts /2025, mais +76 cts /2024),
  • Le veau de boucherie pie-noir italien perdait 30 cts sur quatre semaines à Modène, s’établissant à 6,40 €/kg de carcasse (-80 cts/2025, mais +40 cts /2024).

L’écart de prix à la production se répercute sur les prix des carcasses vendues à Rungis.

En moyenne du 1er au 17 juillet, les carcasses O de veaux européens cotaient 1,26 €/kg de moins que celles de veaux français de même catégorie. Cet écart toujours conséquent rend difficile l’utilisation de viande de veau française dans la restauration. Il a néanmoins reculé depuis janvier, où il atteignait 1,30 €/kg.

Sorties retardées en France

Faute de ventes, les sorties des veaux des boucherie sont toujours retardées en France.

En juin, les veaux français ont été abattus en moyenne à 198,6 jours d’âge, un niveau historiquement haut (+9 jours /2025) qui bat le précédent record de mai 2026, traduisant le manque de fluidité du commerce. Cependant, les épisodes caniculaires ont compliqué la croissance des animaux et les poids carcasse moyens reculent légèrement sur un mois (-0,7 kg), à 154,2 kg de carcasse, tout en restant très élevés par rapport aux références historiques.

Fort recul des abattages français

La hausse des poids carcasse compense en partie la baisse des abattages en effectifs.

En juin, 67 000 veaux ont été abattus (-7% /2025) pour 10 000 téc (-3% /2025). La baisse des sorties depuis deux ans conduit à un cumul en fort retrait sur le premier semestre 2026 : seulement 434 000 veaux (-9% /2025, -16% /2024) pour 64 000 téc (-8% /2025 et -14% /2024). En cinq ans depuis 2021, les abattages cumulés sur six mois ont perdu 174 000 têtes (-29%) et 26 000 téc;

Baisse mesurée de la production en Europe

Aux Pays-Bas, la hausse des poids carcasse due probablement aux retards de sortie compensait la baisse des effectifs abattus sur les quatre premiers mois de l’année.

100 000 veaux ont été abattus en avril, en baisse de 7% /2025. En cumul sur quatre mois, la production néerlandaise se stabilise sur un an à 397 000 têtes (-1% /2025), mais reste en retrait des niveaux historiques (-17% /2024). La hausse des poids carcasse dans un marché peu fluide, à 160,1 kg en avril (+7 kg  /2025, niveau le plus élevé pour un mois d’avril depuis 2010) limite la baisse de la production à 3% en avril (16 000 téc) et conduit même à une légère hausse de la production cumulée depuis janvier, à 61 000 téc (+2% /2025, mais -17% /2024).

Dans les autres pays producteurs, les abattages restent élevés, alimentant un marché déjà encombré.

En Italie, après un printemps très dynamiques, les abattages de veaux ont légèrement reculé en mai, à 49 000 têtes (-1% /2025). Le cumul sur cinq mois reste nettement positif, à 257 000 têtes (+3% /2025, mais -3% /2024).

En Belgique, la hausse de la production se poursuivait à un niveau plus mesuré, avec 28 000 veaux abattus en mai (+1% /2025) pour 5 000 téc (+3% /2025). Là aussi, la forte hausse des poids carcasse conduit à amplifier la hausse des effectifs abattus. En cumul sur cinq mois, 149 000 veaux ont été abattus (+8% /2025) pour 27 000 téc produites (+9% /2025).

Légère détente sur les aliments laitiers

Les cours des ingrédients laitiers utilisés pour l’alimentation des veaux de boucherie restaient élevés au début de l’été.

En semaine 28, la poudre de lactosérum doux cotait 1 310 €/tonne d’après ATLA (+64% /2025), un prix supérieur au très haut niveau atteint en 2022. En comparaison, la poudre de lait écrémé se maintenait à des tarifs relativement modérés, qui pourraient la rendre intéressante pour l’alimentation des veaux de boucherie.

En semaine 28, la poudre de lait écrémé cotait 2 670 €/tonne, proche de ses niveaux habituels (+14% /2025). Pour en savoir plus, lisez notre article consacré au marché des produits laitiers.

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Les disponibilités élevées font chuter les prix

Les naissances de veaux laitiers se sont nettement redressées en mai, conduisant à une baisse marquée des cours.

Naissances en hausse en mai

Les perturbations liées aux maladies vectorielles du second semestre 2025 jouent à plein dans la dynamique de naissances de veaux laitiers depuis le début de l’année.

En mai, 216 000 veaux sont nés de mère laitière, un chiffre en forte hausse (+35 000 têtes ou +19%) après une année 2025 déprimée, retrouvant le niveau de mai 2024. Cette hausse des naissances au mois de mai 2026 avait été bien anticipée par l’indicateur des inséminations artificielles dernières, qui en août 2025, soit neuf mois plus tôt, affichait une hausse de 20% /août 2024.

D’après cet indicateur, les naissances de veaux laitiers devraient être à nouveau en hausse en juin et juillet, et potentiellement également en août.

Cours sous pression de l’offre renforcée

Après avoir atteint des niveaux très élevés au printemps, au moment du creux de naissances, les cours des veaux laitiers ont fortement reculé depuis début mai, sous l’effet d’une offre renforcée.

En semaine 28, le veau mâle laitier de 45 à 50 kg cotait ainsi 190 €/tête, en forte baisse de 71 € sur un mois et nettement inférieur (-99 €) à son niveau de 2025. Ce niveau de prix reste cependant élevé au regard des références historiques (2024 et avant), compliquant l’équation de rentabilité pour les intégrateurs déjà confrontés à la mauvaise situation des marchés des veaux de boucherie (lire notre article dédié).

Exportations en recul

Faute de disponibilités, les exportations de veaux laitiers français étaient en forte baisse en mai. En effet, les ventes de mai correspondent majoritairement à des naissances d’avril qui avaient enregistré une baisse prononcée (-19%).

En cumul sur 25 semaines, seuls 131 000 veaux ont été exportés (-15 000 têtes /2025). D’après les douanes, les envois vers l’Italie se sont effondrés sur les cinq premiers mois de l’année (-77% /2025), renforçant encore le poids du débouché espagnol dans les exportations françaises de veaux (95% de part de marché).

Importations en hausse aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, l’offre en veaux laitiers nationaux et étrangers est un peu plus élevée par rapport à une année 2025 touchée par la FCO-3 (arrivée à l’été 2024 aux Pays-Bas et dans le nord de l’Allemagne). Les importations néerlandaises de veaux laitiers ont retrouvé leur niveau de 2025 sur les quatre premiers mois de l’année, avec 284 000 veaux importés, dont une large majorité d’Allemagne.

Cette offre renforcée conduit à un maintien des cours des veaux laitiers néerlandais qui empêche la hausse saisonnière habituelle.

En semaine 28, les veaux pie-noirs de 43 à 47 kg cotaient 320 €/tête, un niveau inférieur de 145 € à 2025 mais toujours nettement supérieur à 2024 (+114 €).