Peu d’offre mais marchés peu dynamiques

L’offre de jeunes bovins est en baisse en Europe dans le sillage de la baisse des cheptels. Mais la demande patine, les achats des consommateurs restant dans une tendance baissière, face à la contrainte budgétaire et aux fortes chaleurs.

Coup de chaud sur la demande en Italie

En Italie, la demande de ce début d’été a pâti des vagues de chaleur. L’offre à sortir reste très limitée par rapport aux années précédentes, face à une demande atone. Les prix des jeunes bovins mâles finis sont restés orientés à la baisse jusqu’en semaine 28. Les mâles charolais ont accusé le plus fort repli, passant sous leur cours de l’an dernier. Les cotations des mâles limousins et des femelles restaient supérieures à leurs niveaux de 2025.

En semaine 28 à Modène, le jeune bovins charolais Prima Qualità cotait 4,13 €/kg vif (-5% /2025 mais toujours +19% /2024). Le mâle limousin Extra de 600-650 kg cotait 4,72 €/kg vif (+3% / 2025 et + 25% /2024). Les femelles ont mieux résisté, mais les Charolaises ont fini par dévisser, à 4,59 €/kg vif en semaine 28 (+9% /2025 et +30% /2024). Les Limousines occupent toujours le créneau haut de gamme, avec une cotation imperturbable, à 5,16 €/kg vif en semaine 28 (+13% /2025 et +37% /2024).

Au 1er semestre, le panel d’achat des ménages Nielsen a enregistré une baisse de 6,2% sur un an des volumes de viande bovine achetés par les familles italiennes. Les dépenses étaient toutefois en hausse de 4,5% du fait de prix plus élevés. Un transfert entre viandes est constaté, les ménages italiens ont acheté davantage de viande de porc (+6,0% en volume et +5,3% en valeur) et de volaille (+3,3% en volume et +7,8% en valeur).

La viande bovine est la viande dont le prix à la consommation a le plus augmenté ces derniers mois, une hausse qui s’est faite dans le sillage des prix à la production. En juin, la hausse de prix sur un an se chiffrait à 7,7% pour la viande bovine contre 2,9% pour le porc et 4,7% pour la volaille. L’inflation générale quant à elle était de 3,0% sur un an en juin.

En Allemagne, la hausse ponctuelle des sorties pèse sur les prix

En Allemagne, les sorties de jeunes bovins ont été dynamiques en juin, ce qui a interrompu la remontée des cours.

Sur les semaines 25 à 28, les abattages de jeunes bovins ont enregistré une hausse de 9% /2025 d’après l’indicateur hebdomadaire d’AMI. Ils restaient toutefois 2% sous leur niveau de 2024.

D’après l’enquête cheptel de mai, les effectifs de jeunes bovins à l’engraissement en Allemagne restent très modérés, à 759 000 têtes, soit -0,6%/2025 et -4,5% /2024. L’accélération ponctuelle des sorties constatée au mois de juin ne devrait donc pas se prolonger. D’ailleurs, les observateurs du marché allemand évoquent déjà une nouvelle phase de réduction de l’offre à partir de mi-juillet.

Alors qu’ils avaient amorcé une remontée début juin, les prix des jeunes bovins sont repartis à la baisse, sous le poids de l’accélération ponctuelle des sorties.

A 6,14 €/kg de carcasse en semaine 28 (-14%), la cotation du jeune bovin R est passée sous son cours de 2025 début mai, mais est toujours largement au-dessus de celui de 2024 (+27%).

En Espagne, les prix des jeunes bovins réajustés à la baisse

Les prix des jeunes bovins en Espagne sont sous la pression d’un marché national poussif et d’une demande européenne limitée. Les fortes chaleurs constatées sur l’ensemble du continent restreignent la demande. Après le ramadan et l’Aïd, pics de demande annuels dans les pays du Maghreb, les opérateurs espagnols comptaient sur le marché européen pour prendre le relai. Mais les concurrences allemande et polonaise ont entraîné un réajustement de leurs prix.

La cotation espagnole du jeune bovin U a perdu 29 centimes en quatre semaines pour retomber au niveau de la cotation française, à 6,73 €/kg de carcasse en semaine 28.

Les opérateurs espagnols estiment que les baisses de prix des dernières semaines leur permettent des regains de compétitivité sur le marché européen. Ils comptent à présent sur le démarrage de la saison touristique en Grèce et au Portugal pour redynamiser leurs ventes. Par ailleurs, des bateaux de jeunes bovins finis sont en cours de remplissage pour des exports vers les pays méditerranéens.

Une météo plus propice à la consommation jusqu’à la fin du mois de juillet

Les prévisions météo en Europe affichent pour la fin du mois des températures inférieures à ce qu’on a connu sur la première quinzaine de juillet, dans l’ensemble des pays clients de la France (Allemagne, Italie, Grèce, Belgique). Ceci pourrait conduire à une reprise de la demande après des semaines difficiles.