Viandes bovines

Les prix se stabilisent

Après avoir enregistré des baisses prononcées au printemps, les prix des vaches et des broutards se sont stabilisés, quand ceux des veaux de boucherie et des jeunes bovins amorcent un atterrissage. Les prix des veaux laitiers sont à rebours des autres catégories, le décalage des naissances lié à la FCO 3 dans l’Ouest ayant provoqué un pic de prix fin avril suivi d’un récent rééquilibrage. La demande pour les viandes bovines en Europe au mois de mai était toujours contrainte par la réduction du pouvoir d’achat et la hausse rapide des prix à la consommation du bœuf et du veau.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Les importations de viande en hausse en avril

Les importations de viande bovine de la France ont progressé en avril. La consommation de viande bovine, calculée par bilan est stable, malgré le recul des abattages, car nos exportations se replient nettement. A l’inflation sur le prix du bœuf et du veau au consommateur s’ajoute l’inflation générale, liée à la hausse des carburants.

Les importations de viande augmentent en avril

En avril, les importations ont progressé de 5% (+1 300 téc) à 28 000 téc. En cumul sur quatre mois en 2026, les volumes de viandes bovines importés restent cependant inchangés par rapport à 2025, à 104 000 téc, du fait de moindres imports en janvier et mars. L’écart de prix entre les vaches françaises et leurs homologues européennes s’est rétabli depuis fin 2025 (voir notre article sur les vaches en Europe), ce qui maintient les importations, malgré la demande moins dynamique en France. L’Allemagne pousse ses expéditions vers l’Hexagone, grâce à des abattages de vaches équivalents à l’an passé jusqu’à début juin (indicateur AMI) et un prix proche des origines irlandaises et polonaises. La France importe moins d’Irlande car les abattages y sont toujours faibles, mais s’approvisionne davantage en pays tiers et complète ses achats auprès de partenaires européens plus inhabituels pour la France.

Les importations françaises ont progressé depuis les pays suivants, au premier quadrimestre 2026 :

  • les Pays-Bas, à 18 000 téc (+2% /2025, +500 téc), en lien avec la progression des abattages de veaux néerlandais au premier trimestre, comparé à la très faible année 2025 (+5% en téc ou +2 000 téc),
  • le Royaume-Uni (+8%, +1 000 téc) à 14 000 téc, le volume supplémentaire par rapport à 2025 étant en partie seulement réexpédié vers les Pays-Bas,
  • l’Allemagne (+11% /2025 ou +1 000 téc) à 11 500 téc, la viande de réforme allemande étant attirée par le différentiel de prix favorable en France,
  • l’Espagne (+6%, +400 téc) à 6 500 téc, par comparaison avec le début de l’année 2025, où l’Espagne exportait beaucoup vers d’autres pays en UE et sur les rives sud et est de la Méditerranée,
  • d’autres plus petits fournisseurs européens, comme l’Autriche (1 300 téc, +24% /2025) ou la Roumanie (500 téc, +36% /2025),
  • et depuis d’autres pays tiers (+33%, +500 téc),à 2 000 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 100 téc, ×2,1 /2025), les provenances brésiliennes et argentines étant en recul (300 téc du brésil, -16% et 160 téc d’Argentine, -43%).

En revanche, nos importations ont reculé depuis les États membres suivants :

  • -8% /2025 depuis l’Irlande, à 18 000 téc, en lien avec la forte chute des abattages de vaches (-16% de janvier à début juin d’après l’indicateur du ministère de l’Agriculture irlandais),
  • -6% /2025 depuis la Pologne (-800 téc), à 12 000 téc,
  • -4% depuis l’Italie, à 4 500 téc,
  • -17% depuis la Belgique, à 6 500 téc.

Fort recul des exports de viande bovine en avril

En avril 2026, les exportations françaises de viande bovine ont enregistré un recul prononcé, de 22% /2025, à 16 000 téc. En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine ont subi un revers de 13% comparé à 2025, et de 10% /2024. La viande de jeune bovin français est moins bien positionnée à l’export depuis l’automne dernier comparée à certaines origines européennes (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe), ce qui a freiné ses envois, en contraste des bonnes performances de début 2025, par exemple vers l’Italie où les prix avaient augmenté bien plus vite qu’en France.

Exportations-de-viande-bovine-sur-4-mois-2026-en-France

Au cours des quatre premiers mois de 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers toutes les destinations à l’exception des Pays-Bas :

  • vers l’Italie (-11% /2025, -2 000 téc) à 16 000 téc, un volume toutefois équivalent à celui de 2024. En effet, début 2025, les envois français avaient été particulièrement dynamiques, du fait des prix français attractifs à cette période.
  • vers l’Allemagne (-8% /2025, -1 000 téc) à 12 000 téc,
  • vers la Grèce (-20% /2025, -2 000 téc) à 9 000 téc, du fait d’une forte inflation sur le bœuf en Grèce depuis mi 2025, avec +18% de hausse du prix en un an en mai, l’inflation sur ce produit ayant même atteint +25% sur un an en janvier,
  • vers la Belgique (-21% /2025) à 6 000 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-18% /2025) à 6 000 téc, notamment vers le Portugal (-900 téc) qui manquait de viande espagnole l’an passé à pareille époque et vers le Danemark (-500 téc)
  • vers les pays tiers (-22% /2025) à 2 000 téc, principalement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Les envois français de viande bovine ont cependant progressé de 5% vers les Pays-Bas (+500 téc) au premier trimestre, à 9 000 téc, en lien avec la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+1 000 téc), dont une part est réexpédiée vers les Pays-Bas.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les disponibilités consommables augmentent

Le disponible consommable de bœuf et de veau a légèrement progressé de 0,6% au cours du premier quadrimestre 2026, comparé à 2025, à 474 000 téc (+3 000 téc). Sur quatre mois, la production de viande bovine CVJA recule de 1,6% /2025 (-7 000 téc, dont -1% en viande de gros bovins et -8% en viande de veau). Le fort recul des exportations de viande bovine (-13% sur quatre mois /2025, soit -10 000 téc) a permis de maintenir des volumes de viande sur le territoire national. Enfin, les imports sont stables sur quatre mois 2026. Cette apparente bonne tenue de la consommation ne tient pas compte des stocks de viande congelée qui auraient progressé en 2026 d’après les opérateurs de la filière.

Le part de viande d’import dans la consommation apparente reste stable, à 25%, comme au premier quadrimestre 2025.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

L’inflation sur le prix du bœuf toujours à deux chiffres en mai

En mai selon l’INSEE, l’inflation générale sur les prix en France était de 2,4% sur un an (contre 2,2% déjà un mois plus tôt). Le prix de l’énergie a encore augmenté comparé à mars-avril, du fait du conflit au Moyen-Orient déclenché fin février (+17% en un an, contre +14% en mars, notamment du fait de la hausse du prix du gaz naturel). L’alimentaire a nettement ralenti son rythme de hausse, à 1,1%. Cependant, l’alimentaire frais accélère à +3,4% sur un an (contre 1,4% il y a deux mois), l’ensemble des viandes de 2,9%, contre +3,6% un mois plus tôt. Le prix du bœuf et du veau progressait de 11% sur un an, comme depuis janvier. Nous verrons si la hausse des prix de l’énergie, des emballages et des engrais pour les agriculteurs s’interrompt après l’accord annoncé le 14 juin pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Les prix se stabilisent

Après leur franche baisse du printemps, les prix des gros bovins finis se stabilisent en France. Les coûts de production sont en hausse.

Les cotations des vaches stables depuis mi-mai

Après huit semaines de baisse au printemps, les cours des vaches de réforme se sont stabilisées mi-mai. En type viande, les cours restent largement supérieurs à ceux de l’an dernier.

La cotation de la vache R a perdu 43 centimes en huit semaines avant de se stabiliser à 7,27 €/kg de carcasse début juin (+11% /2025). La vache U standard a enregistré une baisse similaire et cotait 7,79 €/kg en semaine 24 (+14% /2025).

Les cotations des vaches laitières se sont elles aussi stabilisées, mais à un niveau un peu plus proche de celui de l’année passée.

En semaine 24, la vache O cotait 6,31 €/kg de carcasse (+3% /2025) et la vache P 5,93 €/kg (= /2025).

Une pression à l’import très modérée

Sur le marché de Rungis, la viande qui arrive des autres États membres de l’Union européenne reste à un prix élevé, en particulier les pièces à griller qui sont très prisées à cette saison. La pression exercée par la viande européenne sur le marché français est donc modérée.

La bavette d’aloyau origine UE était à 15,90 €/kg le 12 juin à Rungis, soit 2,05 € de plus que l’an dernier à la même date. L’entrecôte origine UE était à 19,10 €/kg (+1,00 € /2025) et le faux filet à 14,25 €/kg (= /2025).

Les cours des jeunes bovins en cours de stabilisation

Les cotations des jeunes bovins finis ont décroché depuis les bons niveaux atteints en début d’année, mais ils amorcent une stabilisation. Le pouvoir d’achat des consommateurs européens a été mis à rude épreuve à partir du mois de mars par la flambée des prix des carburants consécutive à la guerre au Moyen-Orient. La demande pour la viande de jeunes bovins a marqué le pas, ce qui s’est traduit par des baisses de prix dans tous les pays européens (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe). La hausse des coûts de production (prix des bovins maigres, de l’énergie, des engrais, de la main d’œuvre) et la diminution du nombre de bovins devraient conduire à une stabilisation des cours.

La cotation du jeune bovin U a perdu 88 centimes depuis le mois de mars pour s’établir à 6,89 €/kg de carcasse en semaine 24 (+5% /2025). Celle du jeune bovin R a chuté de 85 centimes, tombant à 6,72 €/kg de carcasse sur le même pas de temps (+5% /2025). Celle du jeune bovin O a perdu 68 centimes, à 6,29 €/kg (+4% /2025).

L’IPAMPA relativement stable

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) est à la hausse depuis le mois de mars. En avril, il était à l’indice 133,9 (+8,1%/ avril 2025). La flambée des postes énergie et lubrifiants (+66% /2025) et engrais et amendements (+18%) déclenchée par le conflit au Moyen-Orient explique l’essentiel de la hausse.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024. Compte tenu de l’inflation de plus de 2% constatée en mai, le SMIC a été revalorisé automatiquement de 2,42% à partir du 1er juin.

Ralentissement de la décapitalisation

La baisse conséquente des abattages de femelles de type viande depuis plusieurs mois permet un ralentissement de la décapitalisation. Depuis l’automne dernier, l’écart entre les effectifs de vaches allaitantes de l’année en cours et ceux de l’année précédente se réduit.

Au 1er mai, la ferme France comptait 3,402 millions de vaches allaitantes, soit -0,5% /2025.

A l’inverse, le cheptel de vaches laitières poursuit sa baisse sur une tendances assez linéaire. Au 1er mai, la France ne comptait plus que 3,151 millions de vaches laitières, soit -2,7% /2025.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Les prix des jeunes bovins allemands repartent à la hausse

Le marché européen du jeune bovin est sous pression. La baisse saisonnière des cours a été très marquée. Les prix allemands repartent à la hausse, ce qui peut laisser espérer un arrêt de la baisse des prix dans d’autres pays.

Les prix remontent en Allemagne, baissent toujours en Italie et en Espagne

Le marché européen du jeune bovin reste fébrile. La hausse du prix des carburants depuis le mois de mars a contracté le pouvoir d’achat des consommateurs dans tous les pays de l’UE, alors même que le prix de la viande bovine à la consommation affichait des hausses continues d’un mois sur l’autre. La demande pour la viande de jeune bovin, considérée comme un peu plus haut de gamme que celle de vaches de réforme, a donc ralenti, ce qui a conduit à une baisse prononcée des prix.

C’est en Allemagne que les prix avaient chuté le plus fort, mais ils remontent déjà sur les deux premières semaines de juin. La cotation du JB U allemand a regagné 21 centimes en deux semaines pour atteindre 6,33 €/kg de carcasse en semaine 24 (-11% /2025).

En Italie, les cotations des jeunes bovins mâles ont continué de baisser. Celle du Charolais Prima Qualità à Modène est tombée à 7,32 €/kg de carcasse en semaine 24 (= /2025). En revanche, les cotations des jeunes bovins femelles se maintiennent toujours bien, à 5,18 €/kg vif pour la Limousine (+14% /2025) et 4,71 €/kg vif pour la Charolaise (+9% /2025).

En Espagne, les prix continuent de se réajuster à la baisse, mais la cotation du JB U reste supérieure à celle du JB U français, à 7,03 €/kg de carcasse (+1% /2025). Le marché national est plutôt morose. Les opérateurs misent plus que jamais sur le débouché export, avec des ventes qui semblent se maintenir sur le Maroc mais qui sont plus irrégulières vers l’Algérie.

En France, la baisse des prix ralentit. Le jeune bovin U cotait 6,89 €/kg de carcasse en semaine 24 (+5% /2025).

Les abatteurs allemands cherchent des jeunes bovins

L’offre est à présent inférieure à la demande en Allemagne et les abatteurs sont à la recherche de jeunes bovins selon les observateurs d’AMI.

Sur les semaines 21 à 24, les abattages de jeunes bovins étaient en retrait de 4% /2025 et de 16% /2024.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Marché des femelles stabilisé en Europe

Les prix des vaches de réforme ont tendance à se stabiliser après une période de baisse depuis cet automne. Les réformes sont toujours peu nombreuses et elles trouvent facilement preneur auprès des abattoirs.

Les prix des vaches en cours de stabilisation

Depuis mi-mai (semaines 21 à 24), les cotations des vaches se stabilisent en France, Allemagne et Pologne. Le marché est plus équilibré, les réformes étant toujours peu nombreuses en UE.

  • La cotation française de la vache O s’est ainsi stabilisée, à 6,30 €/kg de carcasse en semaine 24 (stable sur quatre semaines, +3% /2025 et +35% /2024).
  • La vache O polonaise se stabilisait aussi à 5,71 €/kg de carcasse, gagnant même six centimes en quatre semaines, légèrement sous son record de 2025 (-4%) mais toujours +35% /2024.
  • En Irlande, au contraire, après une période de stabilité, le cours de la vache laitière de réforme a reculé entre les semaines 21 et 24, à la faveur d’une petite reprise des abattages.

En Allemagne, des réformes limitées, un prix raffermi

En Allemagne, les réformes sont à peine supérieures à l’an passé (+4% /2025 entre les semaines 21 et 24 d’après l’indicateur AMI). Le marché est équilibré et la commercialisation des vaches se fait facilement. Les observateurs professionnels allemands déplorent même un certain manque de bovins, tout particulièrement en taurillon (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe) ce qui en fait remonter le prix. La hausse du prix des mâles allemands et la rareté globale des bovins entraîne à la hausse du prix es vaches. La cotation de la vache O atteignait 5,97 €/kg de carcasse en semaine 24 (+16 centimes en quatre semaines).

Légère reprise des abattages de laitières en Irlande

En Irlande, les conditions de pâturage s’étaient nettement améliorées en avril, limitant les abattages. Cependant, de mi-mai à fin-mai (semaines 20 à 22), les abattages ont repris, passant légèrement au-dessus du rythme de réforme de 2025, avant de retomber en-dessous début juin, en semaine 23. Les abattages de vaches étaient au final en léger repli entre les semaines 21 et 24, de 4% /2025 et de 15% /2024 selon le ministère de l’Agriculture irlandais.

Du fait de ce regain d’abattage mi-mai, le cours de la vache O, plutôt stable en avril, a reculé à partir de la semaine 21. Le cours reste cependant largement supérieur au niveau de 2024. En semaine 24, la vache O irlandaise cotait ainsi 5,53 €/kg de carcasse (-39 centimes en quatre semaines, -15% comparé aux records de 2025, mais encore +27% /2024).

Viandes bovines » Maigre »

Les cotations des broutards se stabilisent

Les prix des broutards semblent s’être stabilisés depuis mi-mai, en particulier dans les catégories les plus lourdes, demandées pour des sorties d’hiver. L’export reste en retrait et laisse place à des mises en place plus dynamiques dans l’Hexagone.

Arrêt de la baisse des cours

Après avoir connu une nette baisse entre début avril et fin mai, les cours des broutards de plus de 450 kg ont stoppé leur baisse mi-mai, et réaugmentent un peu depuis. En effet, les animaux les plus lourds sont les plus recherchés pour un abattage en fin d’année, où la demande et les prix des jeunes bovins sont espérés plus élevés.

En semaine 24, la cotation du Charolais U de 450 kg s’est stabilisée à 5,13 €/kg vif après avoir gagné 15 centimes sur un mois. Elle restait toutefois inférieure de 37 centimes à son cours de 2025.

À l’inverse, les animaux plus légers, dont l’abattage devrait advenir en début d’année 2027, stabilisaient tout juste leurs cotations grâce à une offre encore faible sur les marchés.

En semaine 24 :

  • Le Limousin E de 350 kg cotait 5,70 €/kg vif, en baisse de 10 centimes sur quatre semaines,
  • Le Charolais U de 350 kg se stabilisait à 5,51 €/kg vif, en recul de 13 centimes sur un mois.

Commerce peu dynamique à l’export

La conjoncture moins porteuse pour la viande bovine en Italie et en Espagne dans un contexte d’inflation généralisée et de demande pays tiers faible, conjuguée à une offre en ferme toujours faible, conduit à une baisse des envois de broutards et à leur maintien sur le territoire national.

En avril (semaines 14 à 18), 70 000 broutards ont été exportés, soit une baisse de 11 000 têtes /2025. Les envois ont tout particulièrement ralenti vers l’Espagne (-26% /2025, année historiquement haute), où les engraisseurs souffrent de la demande atone (lisez notre article sur les jeunes bovins en Europe). Vers l’Italie, le recul est similaire (-21% /2025). L’Italie confirme toujours sa place de premier client, représentant 78% des broutards exportés par la France (+2 pts /2025). Les envois vers la Tunisie ont atteint 3 000 têtes sur quatre mois.

La baisse des envois touche différemment les broutards selon leur race.

Les envois de Charolais baissaient tout particulièrement, comme depuis deux ans, avec seulement 85 000 têtes exportées sur vingt semaines (-22 000 têtes), tandis que les envois de Limousins baissaient moins (97 000 têtes, -11 000 têtes /2025) confirmant leur place de première race exportée. Les envois de Blonds ont pâti de la fermeture des principaux pays clients aux zones vaccinales du Sud-Ouest en début d’année.

Sur les dernières semaines, la dynamique d’export s’est un peu redressée, sans retrouver ses niveaux habituels, notamment vers l’Italie.

Sur les semaines 20 à 24 (depuis mi-mai), 71 000 bovins (tous sexes, âges et races confondus) ont été exportés vers l’Italie, en recul de 9% /2025. Ce recul atteignait 17% sur la précédente période de quatre semaines.

Mises en place dynamiques en France

Faute d’être exportés, les broutards sont davantage orientés vers l’engraissement en France.

Au 1er mai, 473 000 mâles de race allaitante âgés de 6 à 12 mois étaient présents dans les élevages français, soit 17 000 de plus que l’année précédente à la même date, qui souffrait alors d’une cohorte de naissance très faible en raison des maladies vectorielles. Ces effectifs renforcés sont présents chez les engraisseurs et naisseurs-engraisseurs avec achat et pour une moindre partie chez les naisseurs spécialisés, traduisant leur réorientation vers la production de jeunes bovins française au premier trimestre.

Après avoir été très dynamiques sur les trois premiers mois de l’année (90 000 broutards achetés par des ateliers d’engraissement français entre janvier et mars, soit +6 000 /2025), les mises en place ont reculé en avril (32 000 têtes, soit -3 000 /2025), portant le cumul sur quatre mois à 121 000 têtes (+3 000 têtes/2025).

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Le commerce difficile pèse sur la production

Les ventes de veau restent difficiles en Europe et conduisent à une rétention en élevage et à un alourdissement des carcasses. Les cours se stabilisent chez les principaux producteurs, à l’exception de la France où ils restent baissiers.

Sorties retardées en France

Les abattages de veaux de boucherie reculaient nettement en France, sous le double effet de mises en place prudentes en fin d’année dernière et d’une consommation à la peine.

En mai, les abattages de veaux de boucherie ont reculé à 65 000 têtes (-12% /2025) pour 10 000 téc (-8% /2025). La hausse des poids carcasse liée à l’allongement de l’engraissement dans un contexte de demande peu dynamique a limité la chute de la production.

L’âge moyen à l’abattage a atteint un record depuis plus de dix ans en mai 2026, à 196,4 jours (+7 jours /2025), du fait d’un commerce peu dynamique. Conséquence de cet abattage tardif, les poids carcasse ont bondi de 6,3 kg, à 154,9 kg.

Hausse des abattages néerlandais

Malgré la demande atone en Europe, les abattages néerlandais de veaux de boucherie ont progressé en début d’année 2026, en comparaison cependant à une année 2025 particulièrement basse.

En mars, 110 000 veaux ont été abattus aux Pays-Bas, en hausse de 7% (7 000 têtes) sur un an mais en net recul de 16 000 têtes /2024. La hausse de la production est plus nette sous l’effet de la hausse des poids carcasse (+6,5 kg /2025 en mars, à 154,1 kg) et atteint 17 000 téc (+11% /2025 mais toujours -12% /2024).

D’après la presse spécialisée néerlandaise, le commerce est difficile depuis le printemps, avec des ventes proches des niveaux estivaux depuis le mois de mai. Les opérateurs reporteraient des volumes importants vers la congélation.

Prix en stabilisation en Europe, en baisse en France

Après avoir franchement baissé jusque début juin, passant sous leur niveau de 2025, les cours des veaux néerlandais semblent se stabiliser sur les dernières semaines.

En semaine 24, les veaux pie-noirs néerlandais cotaient 6,65 €/kg de carcasse, en baisse de 17 centimes sur un mois et en léger recul (-23 centimes) par rapport à leur niveau de 2025. Le veau de boucherie italien se stabilisait à 6,75 €/kg de carcasse à Modène (-25 centimes /2025).

À l’inverse, les veaux de boucherie français, dont les cours avaient baissé plus tardivement au printemps, n’ont pas encore ralenti leur baisse début juin, tout en restant au-dessus des valeurs 2025, ce qui n’est plus le cas ailleurs en UE.

En semaine 24 :

  • Le veau de boucherie rosé clair O cotait 7,98 €/kg de carcasse (+37 centimes /2025), après avoir perdu 39 centimes sur quatre semaines
  • Le veau de boucherie rosé clair R reculait de 42 centimes sur un mois, à 8,59 €/kg de carcasse (+60 centimes /2025),
  • Le veau sous la mère rosé clair U se stabilisait à 11,78 €/kg de carcasse (+1,27 € /2025).

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Chute sévère des naissances en avril, rebond attendu

La forte chute des naissances laitières s’est poursuivie en avril, mais semble être stoppée début mai. Avec un peu plus de naissances en mai, les prix des jeunes veaux se sont repliés au niveau de 2025. Ailleurs en UE, les Pays-Bas envisagent d’arrêter l’import de veaux irlandais.

Net creux des naissances en avril, du mieux en mai

Seuls 164 000 veaux sont nés de mère laitière en avril, soit un revers inédit de 19% /2025 (-39 000 veaux). En cumul sur la campagne de naissances de juillet 2025 à avril 2026, 2 555 000 veaux de mère laitières sont nés (-4,5% /2025), ce qui porte le recul sur cette période à 122 000 têtes. Cette situation est liée à l’arrivée dans le Grand Ouest de la FCO-3 en juillet 2025 et à la canicule qui a sévi à partir du 10 juillet, perturbant alors la reproduction.

Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement reculaient un peu plus en avril, à 97 000 têtes en mars (-21% /2025 ou -26 000 têtes) pour un cumul sur la campagne de 1 509 000 naissances (-5,1% /2024-2025. Sur la première décade de mai, les naissances rebondissent fortement (chiffres encore à consolider), ce qui indiquerait un rattrapage des naissances après les mauvaises conditions de reproduction de juillet 2025.

D’après les données du système d’information génétique bovin, le nombre d’inséminations artificielles dernières (non suivies d’une autre IA, donc sous-entendant en général une fécondation réussie) a bondi à partir d’août 2025 (correspondant à des naissances en mai 2026) et jusqu’en novembre 2025 (naissances d’août 2026). Le rebond excéderait même le déficit d’inséminations constaté en juin et juillet 2025 (+73 000 IA dernières en août-septembre 2025 contre -51 000 IA dernières en juin-juillet 2025). En cumul sur l’année, 2025 termine donc avec 46 000 IA dernières de plus que 2024. Ce surplus d’IA ne se traduira pas forcément en naissances, en fonction des éventuels accidents de reproduction et de gestation (avortements) qui pourraient advenir.

Cours des veaux laitiers en baisse par le rebond des naissances

Le rebond des naissances constaté début mai et annoncé par le nombre d’inséminations artificielles dernières sur septembre-décembre indique une plus grande disponibilité en veaux en mai-juin. Cette situation a amené une détente des prix des jeunes veaux laitiers depuis mi-mai (semaine 19). Les prix avaient en effet progressé plus tôt que d’habitude en 2026, du fait des naissances en recul de 4% ou plus depuis février. De l’autre côté des Pyrénées, les prix des veaux laitiers espagnols ont eux aussi reculé depuis mi-mai, du fait de la plus grande disponibilité en veaux français.

Dans ce contexte de détente, la cotation du veau mâle laitier de 45-50 kg a reculé de 44 € en quatre semaines, à 276 €/tête en semaine 24, un niveau légèrement en-dessous de la valeur 2025, record pour la saison (-16 € /2025), mais encore à plus du double de son prix 2024 (+147 €, ×2,1).

Le veau laitier espagnol de moins d’un mois se stabilisait depuis deux semaines à 159 €/tête en semaine 23 (-9 € en quatre semaines, -16 € /2025). Ce tarif inférieur à la France traduit l’inquiétude des engraisseurs espagnols face à un marché national du jeune bovin baissier (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe). Le veau laitier néerlandais de 43-47 kg est quasiment stable depuis mi-avril, à 370 € en semaine 24 (-65 €/2025, mais encore +68% /2024).

Vers un arrêt des imports de veaux irlandais aux Pays-Bas

Un plan commun à SBK (interprofession du veau aux Pays-Bas), à un syndicat de jeunes agriculteurs et à des ONG de protection animale néerlandaises a été présenté au secrétaire d’État à l’Agriculture néerlandais, Silvio Erkens, le 12 juin dernier. Il est issu d’un alignement des points de vue de ces différentes organisations.

Il prévoit, à horizon 2040, que les Pays-Bas importent uniquement des veaux belges, luxembourgeois, allemands et du sud du Danemark. Par ailleurs, l’objectif du plan est d’arrêter des imports de veaux depuis l’Irlande entre 2028 et 2030. Des travaux seront également menés en vue de meilleures conditions de transport des animaux.

En avril, des exportations de veaux en repli

Faute d’offre en mars-avril et dans un contexte peu favorable au jeune bovin ibérique, les exportations de veaux laitiers ont accentué leur recul en avril, après un mois de mars déjà très affecté (-14% /mars 2025).

Les envois de veaux français de mère laitière ont donc chuté de 23% en avril (semaines 14 à 18) selon SPIE-BDNI, à 21 000 têtes (-6 000 jeunes veaux exportés), portant le cumul sur les vingt premières semaines de l’année, jusqu’au 15 mai, à seulement 108 000 têtes (-13% /2025 ou -16 000 veaux). La première quinzaine de mai (s19-s20) est encore particulièrement marquée par une baisse des exportations de jeunes veaux laitiers (-32% /2025).