Viandes bovines

Offre en baisse, demande sous pression

Les cheptels et les naissances poursuivent leur baisse en France, même si la décapitalisation allaitante semble ralentir. L’offre en broutards toujours réduite soutient les prix et limite les flux à l’export. Les prix des jeunes bovins ont amorcé leur baisse saisonnière face à une demande européenne qui s'essouffle. Du côté du marché des vaches, le retournement de la conjoncture laitière n’a pas entraîné davantage de réformes en Europe, les cheptels étant réduits. Les prix européens des vaches ont retrouvé leur hiérarchie habituelle, la France en tête.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Le repli des exports accroît le disponible consommable

Le disponible consommable sur le territoire français a progressé sur les deux premiers mois de l’année, du fait des abattages en léger progrès sur la période et des exports en retrait. L’inflation est repartie à la hausse en mars du fait du conflit au Moyen Orient.

Le disponible consommable progresse en France

Le disponible consommable de viande bovine et de veau a progressé de 2% comparé à 2025 sur les deux premiers mois de l’année, à 238 000 téc. La production était en légère progression de 0,7% sur un an, en CVJA (corrigées des variations inter journalières annuelles selon Agreste). Elle a augmenté en femelles laitières, en jeunes bovins viande et en bœufs. A cela s’ajoute le recul des exportations de viande bovine (-9% en janvier-février 2026 /2025) maintenant davantage de viande sur le marché national.

Attention, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

Le recul des exportations et la bonne tenue des abattages a réduit la part d’import dans la consommation du mois de février, à 24% contre 26% un an plus tôt. Sur les deux premiers mois de l’année, la part d’import reste stable par rapport à la même période l’an passé, à 75%.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

Revers pour les exports de viande bovine

L’année 2026 a démarré avec des exports peu dynamiques. En janvier, les exportations de viande bovine reculaient de 7% /2025. En février, ce recul s’est accentué, avec 16 000 téc de viande bovine expédiée, soit un recul de 14% sur un an (-4 000 téc sur janv.-fév. comparé à 2025). La viande de jeune bovin français est moins bien positionnée à l’export depuis quelques mois, comparée à d’autres origines européennes ce qui a freiné les envois. Sur la période août 2025-février 2026, nos exportations ont reculé en moyenne de 7%, soit -10 000 téc en sept mois.

Les exportations françaises de viande bovine ont reculé sur les deux premiers mois de l’année, vers presque toutes nos destinations :

  • vers l’Italie (-14% /2025, -1 200 téc) à 7 000 téc, alors que le début d’année 2025 avait été dynamique, du fait des prix français alors attractifs et du manque de viande dans la Botte italienne.
  • vers l’Allemagne (-4% /2025) à 6 000 téc,
  • vers la Grèce (-22% /2025) à 4 500 téc, touchée par une inflation de 26% en moyenne sur la viande bovine en janvier-février 2026 /2025, contre 3% d’inflation générale dans le pays,
  • vers la Belgique (-12% /2025) à 3 000 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-12% /2025) à 3 000 téc,
  • vers les pays tiers (-19% /2025) à 1 000 téc, essentiellement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Nos envois de viande bovine ont cependant progressé de 14% vers les Pays-Bas (+700 téc) sur les deux premiers mois de l’année, à 6 000 téc, en rapport avec la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+700 téc), imports dont une part est réexpédiée vers les Pays-Bas.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les importations de viande se maintiennent

De leur côté, les volumes de viandes bovines importés se sont maintenus en janvier-février, à 57 500 téc (= /2025). L’écart de prix retrouvé entre les vaches françaises et leurs homologues européennes ont soutenu les flux d’import malgré la demande intérieure limitée. Les moindres disponibilités en Irlande ont été compensées par une hausse ponctuelle des disponibilités en Allemagne, via un rebond des abattages de vaches outre-Rhin en février. La France se tourne également vers les pays tiers et des fournisseurs inhabituels en UE, tels l’Autriche (+33% à 400 téc) ou la Roumanie (× 2,1 /2025) à 160 téc.

Importations-de-viandes-bovines-en-France-et-provenances-2-mois-2026.

Nos importations ont donc progressé en janvier-février, comparées à 2025, depuis les pays suivants :

  • l’Allemagne (+16% /2025 ou +800 téc) à 5 500 téc, la viande de réforme allemande, plus largement disponible en février, étant attirée sur le marché français par le différentiel de prix favorable,
  • la Pologne, hausse modeste de 1% /2025, à 6 000 téc, les abattages ayant reculé de 15% en janvier,
  • le Royaume-Uni (+10% /2025, +700 téc) à 7 000 téc, le volume supplémentaire par rapport à 2025 étant réexpédié vers les Pays-Bas,
  • et depuis d’autres pays tiers (+72% /2025, +400 téc), à 900 téc, principalement de l’Uruguay (450 téc, × 2,7 /2025) et du Brésil (400 téc, +50%).

Mais nos importations ont reculé depuis tous les autres États membres :

  • -1% /2025 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 12 000 téc, une baisse très modeste comparée au recul de de la production néerlandaise de viande de veau (-17% /2025 en janvier 2026),
  • -7% /2025 depuis l’Irlande, à 9 000 téc, en lien avec la chute drastique des abattages de vaches sur l’île (-23% d’après l’indicateur du ministère de l’Agriculture irlandais sur la période ),
  • -10% depuis l’Italie, à 2 000 téc,
  • -3% depuis l’Espagne, à 3 000 téc,
  • -25% depuis la Belgique, à 3 000 téc.

Reprise de l’inflation en mars du fait de la guerre en Moyen Orient

En mars selon l’INSEE, l’inflation générale était de 1,7% sur un an (contre 0,9% un mois plus tôt). Cette accélération s’explique par la guerre au Moyen Orient qui a entraîné un bond du prix de l’énergie (+7,4% en un an, contre -2,9% un mois plus tôt). L’indice de prix des produits manufacturés recule de 0,6% contre 0,2% de baisse un mois plus tôt. L’alimentaire a ralenti son rythme de hausse, à 1,8% sur un an contre 2,0% le mois précédent. L’alimentaire frais progressait de 1,4% sur un an, l’ensemble des viandes de 3,6%, contre 3,4% un mois plus tôt. En février (dernière donnée disponible) le prix du bœuf et du veau progressait de 11% sur un an, comme le mois précédent. La hausse générale de l’inflation devrait se poursuivre dans les semaines ou mois à venir, du fait du conflit et de son impact sur les prix de l’énergie.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Des abattages toujours faibles mi-avril

Mi-avril, les abattages étaient en retrait après un début d’année plus dynamique. Les cours des meilleures vaches restent soutenus, mais ceux des vaches laitières et des jeunes bovins ont perdu quelques centimes.

Des abattages toujours en recul

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins des semaines 12 à 15 étaient en recul de 8% en têtes d’un an sur l’autre. La période comptant un jour ouvré de moins cette année (lundi de Pâques), en ramenant au même nombre de jours ouvrés, la baisse sur la période est de 3%. La baisse des abattages était moindre en tonnage (-6% /2025) qu’en têtes brutes (-8%), car le prix élevé entrée abattoir et le prix de l’aliment en baisse encouragent à alourdir les animaux. Cette tendance à la baisse des abattages pourrait se poursuivre avec l’arrivée du printemps et la mise à l’herbe progressive.

Dans le détail, les abattages de femelles reculaient entre les semaines 12 et 15 :

  • -12%  /2025 en têtes en vaches allaitantes (-7% corrigé du nombre de jours ouvrés) et -10% en tonnage brut.
  • 9% /2025 en génisses de type viande (-4% corrigé) et -7% en tonnage brut.
  • Contrairement au mois précédent, les abattages de vaches laitières reculaient aussi, de 9% en têtes sur un an (-4% corrigé), et de 7% en tonnage brut.

Toutes les catégories mâles étaient en progrès dans les abattages, une fois corrigé le nombre de jours ouvrés :

  • Les jeunes bovins de type viande affichaient un repli de 4% en têtes (+1% en corrigé) et un recul de 2% en tonnage brut.
  • Les jeunes bovins de types lait reculaient moins que d’habitude (-2% en têtes, corrigé à +4%, et stable en tonnage brut).
  • Les sorties de bœufs toutes races confondues étaient équivalentes à l’an passé (+6% en têtes corrigé) et +2% en tonnage brut.

La décapitalisation du cheptel allaitant ralentit encore

La baisse conséquente des abattages vaches de type viande participe au ralentissement de la décapitalisation en France. On assiste depuis l’automne à une réduction de l’écart entre les effectifs de vaches allaitantes de l’année en cours et ceux de l’année passée. Les éleveurs ont conservé davantage de femelles afin d’assurer un nombre de vêlages suffisant, malgré les aléas sanitaires. La hausse des prix des bovins depuis plus d’un an incite aussi les éleveurs à conserver leur potentiel de production.

Au 1er février, la ferme France comptait 3,400 millions de vaches allaitantes, soit -1,0% /2025. Le rythme annuel de baisse a donc été divisé par plus de 2 en un an (-2,4% de recul en mars 2025). Le recul du cheptel laitier, lui, se poursuit avec 3,179 millions de têtes présentes au 1er mars (-2,6% /mars 2025).

Les cotations des vaches de type viande restent fermes

Les cours restent globalement fermes, répondant à la l’offre restreinte, avec un cheptel en recul et de la rétention en élevage stimulée par la hausse des revenus et la situation sanitaire. En type viande, la cotation de la vache U standard a progressé de 13 centimes entre les semaines 11 et 13 (une semaine avant Pâques) puis est retourné à son niveau de la semaine 11, soit à 8,08 €/kg carcasse en semaines 14 et 15, (+22% /2025 et +25 centimes depuis le début de l’année).

Le cours des vaches de conformation intermédiaire ne progresse plus depuis quelques semaines. Ainsi, le prix de la vache R s’est effrité de cinq centimes en quatre semaines, à 7,64 €/kgéc (+26% /2025 et encore +18 centimes depuis le début de l’année).

Concernant les vaches laitières, malgré le recul des abattages sur la dernière période, les prix se sont légèrement tassés récemment. La hausse du prix du bœuf et de l’énergie restreint le pouvoir d’achat des familles, consommatrices notamment de steaks hachés issus de réformes. En semaine 15, la vache O cotait 6,73 €/kg de carcasse (+22% /2025 et -1 ct en quatre semaines). La vache P cotait 6,47 €/kg de carcasse (+21% /2025, égale à son cours d’il y a quatre semaines).

Les cours des jeunes bovins s’érodent

Les cotations des jeunes bovins finis les mieux conformés se sont érodés ces quatre dernières semaines. Cette baisse est habituelle en cette saison où l’offre est un peu plus importante en Europe alors que la demande diminue après la saison hivernale. Les prix en Allemagne et en Italie ont également perdu quelques centimes. Par ailleurs les exportations françaises étaient en recul en début de l’année (voir article sur la consommation et le commerce extérieur), signe que la demande européenne plafonne en réponse à la hausse des prix.

La cotation du jeune bovin U a perdu quinze centimes depuis son pic de la mi-février, à 7,62 €/kg de carcasse en semaine 15 (à tout de même +20% /2025). Celle du jeune bovin R a perdu 13 centimes depuis ce pic, à 7,44 €/kg (+20% /2025).A l’inverse, celle du jeune bovin O, meilleur marché, s’est maintenu sur quatre semaines, à 6,99 €/kg en semaine 15 (+27% /2025).

L’IPAMPA viande bovine encore stable en février

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) a peu évolué depuis 2025. En février (dernier mois disponible), il était à l’indice 125,0 (-0,3% /février 2025). Les baisses du prix de l’aliment (-5,0% en un an) et de l’énergie (-6,8%) étaient partiellement compensées par la hausse du prix des engrais (+7,5%). Mais le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février, fait flamber depuis le prix de l’énergie et des engrais (voir notre zoom sur les matières premières). Son impact ne sera visible sur l’IPAMPA que le mois prochain, lors de la publication de l’indice de mars 2026.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2025.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Baisse saisonnière des cours prononcée en Allemagne 

Avec une reprise des sorties en ce début d’année et le ralentissement de la demande face aux prix élevés à la consommation, les cours des JB allemands sont sous pression. Les prix se maintiennent mieux en Italie. En Espagne et en Pologne, ils ont réagi au conflit au Moyen Orient avant de se rétablir.  

Les jeunes bovins européens ont perdu quelques centimes 

 Après une hausse continue en 2025, les cours des jeunes bovins ont amorcé leur baisse saisonnière.

En semaine 15 :   

  • Le Charolais italienPrima Qualità (correspondant à une conformation U) a perdu 3 centimes, à 8,14 €/kg de carcasse (+15% /2025), restant très au-dessus des autres origines.   
  • Le jeune bovin U allemand cotait 6,96 €/kg de carcasse (+4% /2025), après une forte baisse de 32 cts en quatre semaines. 

L’Espagne et la Pologne, exportateurs importants de viande de taurillon vers les pays tiers, ont subi le contexte international ces dernières semaines, avec une forte baisse des cours en mars suivie d’une reprise nette. Dans le détail : 

  • Le jeune bovin U espagnol était une nette hausse de 30 cts sur 4 semaines, après une dégringolade le mois précédent (-48 cts entre la semaine 6 et la semaine 10), se stabilisant à 7,60 €/kg de carcasse (+10% /2025),  
  • Le jeune bovin U polonais remontait à 7,24 €/kg carcasse, après une baisse de 40 centimes entre la semaine 9 et la semaine 11, suivie d’une  

Les abattages allemands plus importants que l’an dernier 

En Allemagne, les sorties de jeunes bovins étaient en croissance en mois de mars.  

Début 2026, les sorties de taurillons commencent à rattraper leur retard sur 2025, ce qui contribue à détendre le marché.  

Sur les semaines 11 à 14, le nombre de jeunes bovins abattus en Allemagne était en hausse de 5% par rapport à 2025 d’après l’indicateur AMI. 

Italie : recul des abattages à cause de la baisse de disponibilité  

La baisse des envois de broutards depuis plusieurs mois a considérablement réduit les mises en place en Italie, limitant d’autant les abattages.  

En cumul sur les deux premiers mois de 2026, 106 000 mâles (-5% /2025) et 83 000 femelles (-8% /2025) ont été abattus. 

L’Espagne abat de plus et plus lourd

En Espagne, les abattages de mâles de plus d’un an passaient la barre des 52 000 téc en cumul sur les deux premiers mois de l’année, soit 6 000 téc de plus qu’en 2025. La hausse de la production était tirée par une hausse des effectifs abattus, à 149 000 têtes sur deux mois (+14 000 têtes /2025) et par l’alourdissement des carcasses (349 kg sur deux mois en 2026, contre 344 kg en 2025).

À l’inverse, les abattages de bovins âgés de 8 à 12 mois ont connu un recul en nombre et en volume sur deux mois, atteignant 23 000 téc (-4 000 téc /2025) pour 97 000 têtes (-16 000 têtes /2025). La hausse du prix des bovins maigres et le prix modéré de l’aliment incite en effet à garder plus longtemps les animaux pour les alourdir. 

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Peu de vaches de réforme sur le marché européen

En raison des cheptels réduits, les abattages de vaches de réforme restent très modérés dans l’ensemble de l’UE malgré le retournement de la conjoncture laitière. Les prix se maintiennent en Allemagne mais ont baissé en Irlande.

-5% pour les volumes abattus en janvier


En janvier 2026, les abattages de vaches dans l’ensemble de l’UE ont enregistré une baisse de 5% par rapport à 2025, tombant à 174 000 téc d’après Eurostat. Ceci fait suite à une chute équivalente sur l’ensemble de l’année 2025 où les abattages de vaches n’ont totalisé que 1,915 million de téc (-5% /2024).

Ainsi, la baisse du prix du lait, plus forte dans les autres États membres qu’en France, n’a pas conduit à un afflux de réformes. Il faut dire que le cheptel total de vaches s’est significativement réduit récemment en Union européenne, perdant 1,2 millions de têtes entre décembre 2023 et décembre 2025 pour tomber à 29,1 millions de têtes. Sur 10 ans, la baisse atteint 3,3 millions de têtes soit plus de 10%. Pour plus de détail par État membre, voir notre article du mois dernier.

Raréfaction des réformes au printemps

Les mises à l’herbe du printemps conduisent tous les ans à une baisse saisonnière des abattages de vaches. Cette année, les effectifs abattus sont encore plus faibles que les années précédentes.

En Irlande, les données hebdomadaires du ministère de l’Agriculture indiquent de très faibles niveaux de réformes. Sur les semaines 11 à 14, les abattages de vaches étaient en repli de 15% par rapport au niveau de 2025.

En Allemagne, après un pic en février, les réformes ont fortement diminué en mars et début avril. D’après l’indicateur hebdomadaire publié par AMI, les abattages de vaches sur les semaines 11 à 14 étaient en recul de 5% /2025.

Les prix français ont retrouvé leur traditionnel écart avec les prix européens

Depuis la baisse saisonnière des cours l’automne dernier, l’écart de prix entre les vaches françaises et leurs homologues des autres États membres s’est rétabli. Le marché européen a retrouvé la hiérarchie habituelle, qui s’était perdue lors de la phase de forte hausse des cours en 2025. La viande de vache est en effet mieux valorisée en France qu’ailleurs en Europe car elle y est traditionnellement consommée. Dans les autres pays, la consommation est centrée sur le jeune bovin, le bœuf ou la génisse, la viande de vache étant destinée uniquement à la transformation ou à l’export.

En semaine 15, la vache O française, à 6,73 €/kg de carcasse (+22% /2025), cotait 54 centimes de plus que la moyenne européenne. Les cotations des autres États membres se situaient dans un mouchoir de poche :
• 6,06 €/kg de carcasse pour la vache O allemande (+4% / 2025)
• 6,04 €/kg pour la vache O polonaise (+15%),
• 5, 95 €/kg pour la vache O belge (-2%),
• 5,89 €/kg pour la vache O irlandaise (-14%).

C’est en Irlande que les prix ont baissé le plus, alors même que l’offre est en fort recul. Les observateurs de Bord Bia attribuent cette baisse au repli de la demande européenne pour la viande bovine irlandaise, concurrencée par la volaille et le porc, moins chers, mais également par les viandes bovines sud-américaines, dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat lié à la flambée du prix de l’énergie.

Viandes bovines » Maigre »

Recul des exports, prix toujours élevés 

Février confirme la tendance décrite en janvier, les envois de broutards sont en fort recul en lien avec la baisse de l’offre ainsi que les restrictions toujours en vigueur depuis la zone vaccinale du Sud-Ouest. Les prix se maintiennent à haut niveau. 

Stagnation des prix pour les limousins et les croisés 

Au mois de mars, les prix des mâles charolais lourds poursuivaient leur croissance, tout comme les broutardes charolaises de 270 kg. Depuis, la plupart des cotations étaient stables.  

En semaine 15 :   

  • Les Charolais U de 350 kg cotaient 6,25 €/kg vif (+1,09 € /2025), stables sur quatre semaines,   
  • Les Charolais U de 450 kg gagnaient 6 centimes en quatre semaines, atteignant 5,63 €/kg vif (+87 cts € /2025),  
  • Les Limousins E de 350 kg atteignaient à 6,15€/kg vif (+1,10 € /2025), +2 cts sur le mois de mars,   
  • La cotation des Croisés R de 300 kg est restée la même en quatre semaines, à 6,30 €/kg vif (+1,62 € /2025),  
  • La cotation des Limousines E de 270 kg restait inchangée en quatre semaines, à 5,80 €/kg vif (+1,15 € /2025).  
  •   Les Charolaises U de 270 kg gagnaient 3 centimes sur un mois, à 5,53 €/kg vif (+1,03 € /2025).   

Net recul des naissances en février 2026   

Après une année 2025 en léger recul par rapport à une année 2024 très impactée, les naissances de veaux allaitants ont de nouveau connu une forte baisse début 2026.   

Le cumul de campagne (entre juillet 2025 – février 2026) reste supérieur à la campagne précédente. Les naissances allaitantes progressaient de 1,3% /2024-2025, avec 2 067 000 veaux, soit 27 000 têtes de plus, traduisant un rattrapage après une campagne 2024-2025 très en retrait du fait des maladies vectorielles. Le cumul de 2025-2026 restait ainsi en recul de 6% par rapport à la campagne 2023-2024.

En février, 280 000 veaux sont nés de mère allaitante, en baisse de 6,6% par rapport à 2025. 

Diminution des effectifs de Charolais 

Les bonnes dynamiques de naissances observées au second semestre 2025 (par rapport à des naissances très basses à l’automne 2024) soutiennent la progression des effectifs de broutards de moins de 6 mois au 1er mars, en particulier chez les Limousins et les animaux croisés. En revanche, les effectifs de Charolais continuent de se réduire. 

Au 1er mars 2026, 828 000 mâles allaitants de moins de six moisétaient présents dans les élevages, en hausse de 2% par rapport à 2025, mais toujours en dessous des niveaux des années précédentes (-7% /2025).  

Les effectifs de mâles allaitants âgés de six à douze mois étaient en baisse, avec seulement 479 000 têtes (-1% /2025, -7% /2024), notamment à cause de la baisse des effectifs de broutards charolais (-6%/2025, soit -17 000 têtes) dont les naissances ont été durement impactées par la crise sanitaire en 2025. 

Forte baisse des envois en février  

En février, les envois broutards étaient en très forte baisse par rapport à l’année 2025 (-21%). 

Avec 194 000 têtes exportées, les envois sur les douze premières semaines de l’année (jusqu’au 22 mars) reculaient de 14% /2025. Cette baisse d’exportations touche tout autant l’Espagne que l’Italie. 

A la baisse de l’offre, s’ajoute la complexité administrative à exporter des animaux depuis les zones vaccinales, malgré l’ouverture officielle des pays européens clients aux animaux issus de ces zones.

Ainsi, si toutes les races sont touchées par la baisse des envois, les Blonds d’Aquitaine souffrent particulièrement de ce contexte (-52% d’envois /2025 sur douze semaines), leur bassin principal étant situé en zone vaccinale DNC. Le principal débouché pour les broutards blonds est en effet le Piémont italien, où ces animaux, proche de la race piémontaise, sont très prisés.  

La baisse des envois se prolonge en avril 

D’après les données TRACES-DGAL, permettant de décrire les flux de bovins vifs en France sur la période mi-mars à mi-avril (semaine 12 à 15) les envois de bovins vers l’Espagne et l’Italie étaient en nette baisse. 

Avec 100 000 têtes, les envois vers l’Italie étaient en baisse de 19% /2025 (-13 000 têtes /2025) sur les semaines 12 à 15. Les envois vers l’Espagne (y compris veaux laitiers) étaient en baisse de 25%, à 33 000 têtes (-11 000 têtes) sur la même période.  

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Cours en baisse malgré une offre raréfiée

Les prix des veaux gras subissent la pression d’une demande faible, malgré une offre également en repli. Après avoir bien tenu, les prix français ont amorcé leur baisse saisonnière début avril.

Net recul des abattages en Europe

Les abattages de veaux de boucherie ont nettement reculé en début d’année, faute de mises en place suffisantes au dernier semestre 2025.

En mars, 80 000 veaux ont été abattus en France (-6% /2025), portant le cumul sur trois mois à seulement 227 000 têtes (-9% /2025). La baisse était encore plus forte en tonnage, à 32 000 téc sur trois mois (-10% /2025), du fait de poids carcasse très élevés en 2025.

Les abattages reculaient également nettement dans les autres pays producteurs.

Aux Pays-Bas en janvier, la hausse des poids carcasse à 148 kg éc (+5 kg /2025) a permis de limiter la baisse de la production à -1%, avec 14 000 téc, alors que les effectifs abattus perdaient 5% (94 000 têtes).

En Italie, en février, 50 000 veaux ont été abattus (+7% /2025), rattrapant la baisse de 7% de janvier. Sur deux mois, les abattages ont ainsi été stables, à 97 000 têtes.

Baisse marquée des cours

Le contexte économique du printemps, marqué par la flambée des prix des carburants, conduit à un ralentissement de la consommation de veau. D’après les opérateurs, le commerce serait plus difficile depuis mi-février, la baisse de la production suivant péniblement la baisse de la consommation. En conséquence, les cours des veaux de boucherie aux Pays-Bas et en Italie connaissent de forts reculs.

En semaine 15 :

  • Le veau de boucherie pie-noir néerlandais reculait de 50 centimes sur un mois, à 7,50 €/kg de carcasse (+30 cts /2025),
  • Le veau de boucherie pie-noir italien perdait 40 centimes sur un mois, à 7,45 €/kg de carcasse (+10 cts /2025).

Après avoir résisté au recul des cours européens, les cotations françaises semblaient avoir amorcé précocement leur baisse saisonnière en avril.

En semaine 15 en France :

  • Le veau de boucherie rosé clair O cotait 8,96 €/kg de carcasse (+1,11 € /2025), en recul de 21 centimes sur un mois,
  • Le veau de boucherie rosé clair R cotait 9,54 €/kg de carcasse (+1,48 € /2025), en retrait de 3 centimes sur un mois,
  • Le veau sous la mère rosé clair U (moyenne semaines 12 à 15) cotait 11,86 €/kg de carcasse (+1,42 € /2025), en hausse de 7 centimes sur un mois.

Envolée des prix des aliments laitiers

La guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie qui en découle se répercutent fortement sur les cotations des matières premières lactées utilisées pour l’engraissement des veaux.

En semaine 13, d’après ATLA, la poudre de lactosérum doux bondissait de 51% /2025, à 1 325 € /tonne, un niveau plus du double de celui d’il y a deux ans, au printemps 2024. La poudre de lait maigre connaissait également une croissance forte de 690 € depuis le début de l’année et atteignait 2 690 € en semaine 15 (+15% /2025).

À l’inverse, l’IPAMPA aliments d’allaitement (pour les veaux sous la mère et les veaux en libre) et l’IPAMPA aliments fibreux pour veaux restaient en baisse en février.

L’indice propane issu du ministère de la Transition écologique progressait légèrement en février (2% sur un mois, +2% /2025). Des variations plus nettes devraient apparaître sur les indices du mois de mars.

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Stabilisation des cours

Malgré des naissances en forte baisse début 2026, les cours des veaux laitiers se sont stabilisés, la demande restant prudente dans un contexte de consommation atone.

Cours stables à un haut niveau

Après avoir connu une forte hausse sur les premiers mois de l’année, les cours des veaux laitiers ont marqué une pause depuis début mars. La flambée des prix des aliments lactés et la baisse saisonnière des prix des veaux gras limitent la capacité des intégrateurs à mieux payer les veaux laitiers, malgré une offre en net recul. Par ailleurs, les prix des veaux laitiers espagnols, en baisse sur un an, ne stimulent pas les flux vers la péninsule ibérique.

En semaine 16, le veau mâle de type lait cotait ainsi 288 €/tête, un niveau nettement supérieur aux années précédentes (+63 € /2025 et +170 € /2024). Il restait cependant inférieur aux veaux laitiers néerlandais de 43-47 kg, qui atteignaient 345 €/tête (= /2025 mais +210 €/2024) après un recul de 20€ sur le dernier mois, la demande des intégrateurs étant limitée. Le record semble détenu par les veaux Fleckvieh allemands de 90 kg (race mixte, veaux destinés à la production de taurillons), qui ont connu un pic à 1 375 €/tête à Ansbach (Bavière) le 18 mars.

Seuls les veaux laitiers espagnols poursuivaient la baisse entamée en début d’année, à 168 €/tête en semaine 15 (-4€ /2025).

Forte baisse des naissances en février et mars

En février, 209 000 veaux sont nés de mère laitière (-3,8% /2025), portant le cumul sur la campagne (juillet 2025 – février 2026) à 2 184 000 têtes (-2,4% /2025). Cependant, les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement reculaient plus, à 124 000 têtes en février (-5,2% /2025, et -10,9% /2024) pour un cumul de 1 288 000 sur la campagne (-2,8% /2025). Les éleveurs laitiers semblent avoir moins recouru au croisement en 2025, sur fond de reproduction incertaine du fait des maladies vectorielles.

La baisse des naissances se poursuivait début mars. Sur la première décade de mars, les naissances de veaux laitiers reculaient de 5,3% /2025.

Nouveau recul des envois

Faute d’offre et dans un contexte morose pour le taurillon espagnol, les exportations de veaux laitiers ont à nouveau reculé en février.

Après un certain dynamisme en janvier, les envois de veaux laitiers ont ainsi reculé de 8% en février, à 22 000 têtes, portant le cumul sur 11 semaines (jusqu’au 15 mars) à 67 000 têtes (-6% /2025). L’Espagne restait la destination de plus de 95% de ces veaux.