France

Les importations de viande en hausse en avril

Les importations de viande bovine de la France ont progressé en avril. La consommation de viande bovine, calculée par bilan est stable, malgré le recul des abattages, car nos exportations se replient nettement. A l’inflation sur le prix du bœuf et du veau au consommateur s’ajoute l’inflation générale, liée à la hausse des carburants.

Les importations de viande augmentent en avril

En avril, les importations ont progressé de 5% (+1 300 téc) à 28 000 téc. En cumul sur quatre mois en 2026, les volumes de viandes bovines importés restent cependant inchangés par rapport à 2025, à 104 000 téc, du fait de moindres imports en janvier et mars. L’écart de prix entre les vaches françaises et leurs homologues européennes s’est rétabli depuis fin 2025 (voir notre article sur les vaches en Europe), ce qui maintient les importations, malgré la demande moins dynamique en France. L’Allemagne pousse ses expéditions vers l’Hexagone, grâce à des abattages de vaches équivalents à l’an passé jusqu’à début juin (indicateur AMI) et un prix proche des origines irlandaises et polonaises. La France importe moins d’Irlande car les abattages y sont toujours faibles, mais s’approvisionne davantage en pays tiers et complète ses achats auprès de partenaires européens plus inhabituels pour la France.

Les importations françaises ont progressé depuis les pays suivants, au premier quadrimestre 2026 :

  • les Pays-Bas, à 18 000 téc (+2% /2025, +500 téc), en lien avec la progression des abattages de veaux néerlandais au premier trimestre, comparé à la très faible année 2025 (+5% en téc ou +2 000 téc),
  • le Royaume-Uni (+8%, +1 000 téc) à 14 000 téc, le volume supplémentaire par rapport à 2025 étant en partie seulement réexpédié vers les Pays-Bas,
  • l’Allemagne (+11% /2025 ou +1 000 téc) à 11 500 téc, la viande de réforme allemande étant attirée par le différentiel de prix favorable en France,
  • l’Espagne (+6%, +400 téc) à 6 500 téc, par comparaison avec le début de l’année 2025, où l’Espagne exportait beaucoup vers d’autres pays en UE et sur les rives sud et est de la Méditerranée,
  • d’autres plus petits fournisseurs européens, comme l’Autriche (1 300 téc, +24% /2025) ou la Roumanie (500 téc, +36% /2025),
  • et depuis d’autres pays tiers (+33%, +500 téc),à 2 000 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 100 téc, ×2,1 /2025), les provenances brésiliennes et argentines étant en recul (300 téc du brésil, -16% et 160 téc d’Argentine, -43%).

En revanche, nos importations ont reculé depuis les États membres suivants :

  • -8% /2025 depuis l’Irlande, à 18 000 téc, en lien avec la forte chute des abattages de vaches (-16% de janvier à début juin d’après l’indicateur du ministère de l’Agriculture irlandais),
  • -6% /2025 depuis la Pologne (-800 téc), à 12 000 téc,
  • -4% depuis l’Italie, à 4 500 téc,
  • -17% depuis la Belgique, à 6 500 téc.

Fort recul des exports de viande bovine en avril

En avril 2026, les exportations françaises de viande bovine ont enregistré un recul prononcé, de 22% /2025, à 16 000 téc. En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine ont subi un revers de 13% comparé à 2025, et de 10% /2024. La viande de jeune bovin français est moins bien positionnée à l’export depuis l’automne dernier comparée à certaines origines européennes (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe), ce qui a freiné ses envois, en contraste des bonnes performances de début 2025, par exemple vers l’Italie où les prix avaient augmenté bien plus vite qu’en France.

Exportations-de-viande-bovine-sur-4-mois-2026-en-France

Au cours des quatre premiers mois de 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers toutes les destinations à l’exception des Pays-Bas :

  • vers l’Italie (-11% /2025, -2 000 téc) à 16 000 téc, un volume toutefois équivalent à celui de 2024. En effet, début 2025, les envois français avaient été particulièrement dynamiques, du fait des prix français attractifs à cette période.
  • vers l’Allemagne (-8% /2025, -1 000 téc) à 12 000 téc,
  • vers la Grèce (-20% /2025, -2 000 téc) à 9 000 téc, du fait d’une forte inflation sur le bœuf en Grèce depuis mi 2025, avec +18% de hausse du prix en un an en mai, l’inflation sur ce produit ayant même atteint +25% sur un an en janvier,
  • vers la Belgique (-21% /2025) à 6 000 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-18% /2025) à 6 000 téc, notamment vers le Portugal (-900 téc) qui manquait de viande espagnole l’an passé à pareille époque et vers le Danemark (-500 téc)
  • vers les pays tiers (-22% /2025) à 2 000 téc, principalement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Les envois français de viande bovine ont cependant progressé de 5% vers les Pays-Bas (+500 téc) au premier trimestre, à 9 000 téc, en lien avec la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+1 000 téc), dont une part est réexpédiée vers les Pays-Bas.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les disponibilités consommables augmentent

Le disponible consommable de bœuf et de veau a légèrement progressé de 0,6% au cours du premier quadrimestre 2026, comparé à 2025, à 474 000 téc (+3 000 téc). Sur quatre mois, la production de viande bovine CVJA recule de 1,6% /2025 (-7 000 téc, dont -1% en viande de gros bovins et -8% en viande de veau). Le fort recul des exportations de viande bovine (-13% sur quatre mois /2025, soit -10 000 téc) a permis de maintenir des volumes de viande sur le territoire national. Enfin, les imports sont stables sur quatre mois 2026. Cette apparente bonne tenue de la consommation ne tient pas compte des stocks de viande congelée qui auraient progressé en 2026 d’après les opérateurs de la filière.

Le part de viande d’import dans la consommation apparente reste stable, à 25%, comme au premier quadrimestre 2025.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

L’inflation sur le prix du bœuf toujours à deux chiffres en mai

En mai selon l’INSEE, l’inflation générale sur les prix en France était de 2,4% sur un an (contre 2,2% déjà un mois plus tôt). Le prix de l’énergie a encore augmenté comparé à mars-avril, du fait du conflit au Moyen-Orient déclenché fin février (+17% en un an, contre +14% en mars, notamment du fait de la hausse du prix du gaz naturel). L’alimentaire a nettement ralenti son rythme de hausse, à 1,1%. Cependant, l’alimentaire frais accélère à +3,4% sur un an (contre 1,4% il y a deux mois), l’ensemble des viandes de 2,9%, contre +3,6% un mois plus tôt. Le prix du bœuf et du veau progressait de 11% sur un an, comme depuis janvier. Nous verrons si la hausse des prix de l’énergie, des emballages et des engrais pour les agriculteurs s’interrompt après l’accord annoncé le 14 juin pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

Les prix se stabilisent

Après leur franche baisse du printemps, les prix des gros bovins finis se stabilisent en France. Les coûts de production sont en hausse.

Les cotations des vaches stables depuis mi-mai

Après huit semaines de baisse au printemps, les cours des vaches de réforme se sont stabilisées mi-mai. En type viande, les cours restent largement supérieurs à ceux de l’an dernier.

La cotation de la vache R a perdu 43 centimes en huit semaines avant de se stabiliser à 7,27 €/kg de carcasse début juin (+11% /2025). La vache U standard a enregistré une baisse similaire et cotait 7,79 €/kg en semaine 24 (+14% /2025).

Les cotations des vaches laitières se sont elles aussi stabilisées, mais à un niveau un peu plus proche de celui de l’année passée.

En semaine 24, la vache O cotait 6,31 €/kg de carcasse (+3% /2025) et la vache P 5,93 €/kg (= /2025).

Une pression à l’import très modérée

Sur le marché de Rungis, la viande qui arrive des autres États membres de l’Union européenne reste à un prix élevé, en particulier les pièces à griller qui sont très prisées à cette saison. La pression exercée par la viande européenne sur le marché français est donc modérée.

La bavette d’aloyau origine UE était à 15,90 €/kg le 12 juin à Rungis, soit 2,05 € de plus que l’an dernier à la même date. L’entrecôte origine UE était à 19,10 €/kg (+1,00 € /2025) et le faux filet à 14,25 €/kg (= /2025).

Les cours des jeunes bovins en cours de stabilisation

Les cotations des jeunes bovins finis ont décroché depuis les bons niveaux atteints en début d’année, mais ils amorcent une stabilisation. Le pouvoir d’achat des consommateurs européens a été mis à rude épreuve à partir du mois de mars par la flambée des prix des carburants consécutive à la guerre au Moyen-Orient. La demande pour la viande de jeunes bovins a marqué le pas, ce qui s’est traduit par des baisses de prix dans tous les pays européens (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe). La hausse des coûts de production (prix des bovins maigres, de l’énergie, des engrais, de la main d’œuvre) et la diminution du nombre de bovins devraient conduire à une stabilisation des cours.

La cotation du jeune bovin U a perdu 88 centimes depuis le mois de mars pour s’établir à 6,89 €/kg de carcasse en semaine 24 (+5% /2025). Celle du jeune bovin R a chuté de 85 centimes, tombant à 6,72 €/kg de carcasse sur le même pas de temps (+5% /2025). Celle du jeune bovin O a perdu 68 centimes, à 6,29 €/kg (+4% /2025).

L’IPAMPA relativement stable

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) est à la hausse depuis le mois de mars. En avril, il était à l’indice 133,9 (+8,1%/ avril 2025). La flambée des postes énergie et lubrifiants (+66% /2025) et engrais et amendements (+18%) déclenchée par le conflit au Moyen-Orient explique l’essentiel de la hausse.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024. Compte tenu de l’inflation de plus de 2% constatée en mai, le SMIC a été revalorisé automatiquement de 2,42% à partir du 1er juin.

Ralentissement de la décapitalisation

La baisse conséquente des abattages de femelles de type viande depuis plusieurs mois permet un ralentissement de la décapitalisation. Depuis l’automne dernier, l’écart entre les effectifs de vaches allaitantes de l’année en cours et ceux de l’année précédente se réduit.

Au 1er mai, la ferme France comptait 3,402 millions de vaches allaitantes, soit -0,5% /2025.

A l’inverse, le cheptel de vaches laitières poursuit sa baisse sur une tendances assez linéaire. Au 1er mai, la France ne comptait plus que 3,151 millions de vaches laitières, soit -2,7% /2025.