France

Les prix des bovins finis toujours à la hausse

Après avoir littéralement décollé en 2025, les cotations restent en hausse sur les premières semaines de 2026 pour toutes les catégories de gros bovins finis, tirées par le manque d’offre.

La cotation de la vache R gagne 8 centimes en deux semaines.

Les prix des vaches allaitantes restent orientés à la hausse alors que les fêtes de fin d’année sont passées. Le manque d’offre conduit les acheteurs à rajouter des centimes.

La cotation de la vache R a encore gagné 8 centimes sur les deux premières semaines de l’année, pour atteindre 7,59 €/kg de carcasse en semaine 3 (+35% /2025). Celle de la vache U a gagné 6 centimes, à 7,89 €/kg (+30% /2025).

Les abatteurs font face à un recul de l’offre persistant. Sur les trois premières semaines de l’année, les abattages de vaches de type viande étaient en retrait de 11% par rapport à 2025 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev.

Le cheptel français de vaches allaitantes a ralenti sa baisse au cours de l’année 2025, mais demeurait en recul de 1,9% sur un an au 1er décembre dernier, à 3,35 millions de têtes.

Les cours des laitières repartent à la hausse, faute d’offre

Après la baisse saisonnière de l’automne dernier, les cours des vaches laitières sont repartis à la hausse en début d’année, tirés par le recul de l’offre.

La cotation de la vache P a gagné 7 centimes en deux semaines pour atteindre 6,17 €/kg de carcasse en semaine 3 (+42% /2025). Celle de la vache O a gagné 3 centimes à 6,47 €/kg (+39% /2025).

Le manque d’offre semble criant. Les abattages de vaches laitières sur les trois premières semaines de l’année affichent un recul de 9% sur un an selon l’indicateur hebdomadaire de Normabev.

Le cheptel laitier français s’est nettement réduit au cours de l’année 2025. Au 1er décembre dernier, la baisse du nombre de vaches laitières atteignait 2,6% par rapport au 1er décembre 2024 (ou -86 000 têtes).


Les prix des jeunes bovins progressent toujours

Les cotations des jeunes bovins finis continuent de gagner des centimes. La forte augmentation du prix du broutard il y a un an nécessite de passer les hausses sur les animaux finis en France comme en Italie (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus). Par ailleurs, les faibles effectifs à abattre accroissent le pouvoir de négociation des éleveurs face à leurs clients abatteurs.

La cotation du jeune bovin U a gagné 7 centimes depuis le début de l’année. Elle a atteint 7,61 €/kg de carcasse en semaine 3, soit +28% /2025. Celle du jeune bovin R a atteint 7,44 €/kg (+29% /2024), gagnant 3 centimes en deux semaines. Celle du jeune bovin O, à 6,81 €/kg, dépassait de 37% sa cotation de 2025.

Les abattages de jeunes bovins de type viande sur les trois premières semaines de l’année étaient en repli de 2% /2025 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. La hausse du poids moyen des carcasses (+1,8%), liée à l’allongement de l’engraissement de 10 jours en moyenne, compensait toutefois la baisse des effectifs abattus.

Des volumes abattus en baisse de 2% en 2025

Après une stabilisation en 2024, les tonnages de gros bovins finis abattus sont repartis à la baisse en 2025, tombant à 1,126 million de tonnes équivalent carcasse (-2,0% /2024 ou -23 000 téc).

Les tonnages de jeunes bovins de type viande (-16 ktéc) et de type lait (-3 ktéc) étaient en baisse, de même que ceux de vaches laitières (-9 ktéc) et de génisses de type viande (-2 ktéc). À l’inverse, ceux de bœufs de type viande et croisés (+2 ktéc), de vaches viande (+1 ktéc) et de taureaux (+1 ktéc) ont enregistré de petites hausses.

Le recul des effectifs abattus (-80 000 têtes à 2,895 millions de têtes, soit -2,7%) a été partiellement compensé par une hausse des poids de carcasse dans quasiment toutes les catégories : +0,7% /2024 pour les vaches de type viande ainsi que pour les vaches laitières, +0,4% pour les JB de type viande, +0,6% pour les JB laitiers et +0,5% pour les génisses de type viande.

Vers une production en baisse de 0,7% en 2026

Compte tenu de l’état des cheptels, la production de 2026 pourrait de nouveau baisser, mais de façon plus modérée qu’en 2025 (-0,7% pour l’ensemble des bovins finis, y compris les veaux). En effet, la production de mâles non castrés devrait à nouveau se réduire, mais la production de viande de femelles pourrait légèrement progresser grâce aux effectifs renforcés de génisses dans les exploitations allaitantes.

Pour plus d’information, lire notre communiqué de presse du 22 janvier.

La consommation de viande bovine fléchit

Le disponible consommable de viande bovine, y compris veau, sur les onze premiers mois de 2025 reculait de 2,9% /2024. En novembre, le commerce extérieur de viande bovine s’est fortement contracté par rapport à 2024 : les importations ont chuté de 10% et les exportations de 13%.

Le disponible consommable de viande bovine confirme son recul

La consommation calculée par bilan des onze premiers mois de l’année 2025 recule de 2,9% comparée à 2024. Cette baisse de la consommation s’explique avant tout par le recul des abattages en France aussi bien qu’en Europe.

Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La part d’import dans la consommation se situait en novembre à 24%, du fait de la baisse des imports de 10% en novembre. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est un peu plus élevée, de 26%, comme sur la même période en 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En décembre, le prix du bœuf encore en forte hausse

En décembre selon l’INSEE, l’inflation sur le bœuf et le veau se poursuivait, conséquence de la hausse des prix aux producteurs et du manque d’offre, à 8,9% sur un an (contre +9,3% un mois plus tôt). L’inflation générale continuait à un rythme annuel modéré de 0,8%, contre 0,9% en novembre. Au global, les prix de l’alimentaire ont progressé plus vite que l’inflation générale (+1,7% sur un an après +1,4%) comme depuis plusieurs mois, porté par la viande et un moindre recul saisonnier du prix des fruits et légumes.

En novembre, des imports en fort recul

Après deux mois d’import dynamique, les importations de viandes bovines (veau inclus) du mois de novembre ont reculé de 10% par rapport à 2024, du fait de la hausse généralisée des prix et du manque de viande en UE. En cumul sur les onze premiers mois de l’année, les volumes importés ont reflué de 2% /2024 à 323 000 téc.

En cumul sur onze mois, nos importations ont progressé seulement depuis :

  • la Pologne (+7% /2024 à 35 000 téc), origine bon marché,
  • le Royaume-Uni (+4%, +2 000 téc) à 42 000 téc, dont une partie est réexportée vers les Pays-Bas,
  • et d’autres pays tiers (+7%, +300 téc,à 5 000 téc).

Nos importations depuis la plupart des États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités en UE :

  • -6% /2024 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 69 000 téc, notamment du fait du recul des abattages de veaux et de gros bovins aux Pays-Bas (-11% pour les veaux, -2% pour les vaches)
  • -2% depuis l’Irlande, à 53 000 téc,
  • -3% depuis l’Italie, à 13 000 téc,
  • -9% depuis l’Espagne, à 18 000 téc,
  • -18% depuis la Belgique, à 20 000 téc.

En novembre, des exports en berne

En novembre 2025, les exportations françaises de viandes bovines ont fortement reculé, de 13% par rapport à 2024. Cumulées sur les onze premiers mois de l’année, elles sont équivalentes à 2024, à 219 000 téc. Les mois d’exportation dynamiques de mars à juillet, lorsque les jeunes bovins français étaient plus compétitifs que certains de leurs voisins, ont été effacés par les mois en recul d’août, octobre et novembre, suite à la hausse des prix en France et à l’essoufflement de la demande en Europe (cf notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Au cours des onze premiers mois de 2025, les expéditions françaises de viande ont progressé vers :

  • l’Italie (+1% /2024, +500 téc à 50 000 téc), bien qu’elles soient ralenties depuis septembre,
  • les Pays-Bas (+7%, +2 500 téc) à 39 000 téc, notamment du fait de la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+2 000 téc) dont une part est réexportée vers les Pays-Bas. Cependant, le Royaume-Uni a sans doute augmenté ses envois nets vers la France, pour approvisionner notre marché en manque de viande de vache,
  • la Belgique (+5%, à 22 000 téc), et l’Espagne (+26%) à 5 000 téc, en manque de bovins du fait du recul de leur cheptel,
  • le Portugal (+26%) à 5 000 téc.

Les envois de viande bovine étaient quasi stables vers l’Allemagne, à 36 000 téc (-1% /2024).

Ils ont reculé vers :

  • la Grèce (-6% ou -2 000 téc) à 31 000 téc,
  • et vers les pays tiers (-44%, à 7 000 téc). Aucun envoi de viande n’a été réalisé vers la Turquie en 2025 selon les douanes françaises. L’essentiel des volumes a été expédié vers le Royaume-Uni (à 53%) et vers la Suisse (à 33%). Environ 400 téc ont été envoyées en Tunisie.

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.