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France : Légère hausse du cheptel allaitant au 1er septembre

Le cheptel allaitant confirme sa reprise après dix ans de décapitalisation. Les réformes allaitantes demeurent jusqu’ici très ralenties ce qui permet aux cours de résister à la baisse saisonnière. Les réformes laitières un peu plus nombreuses pèsent sur les prix des vaches les moins conformées. Les cours des jeunes bovins affichent une hausse modeste face à des coûts en forte hausse.

+0,8% pour le cheptel allaitant au 1er septembre

La décapitalisation allaitante a ralenti de façon continue depuis l’été 2025, grâce à la progression du prix des animaux et au retour d’une meilleure fertilité après les épisodes de maladies vectorielles. La tendance à la baisse du cheptel s’est même inversée cet été. Déjà en hausse de 0,4% au 1er août, le nombre de vache allaitantes affichait une progression de 0,8% sur un an au 1er septembre. À 3,326 millions de têtes, le nombre de vaches allaitantes restait toutefois inférieur de 1,6% à son niveau d’il y a deux ans et de 16% à celui d’il y a dix ans (-653 000 têtes).

Les abattages ayant été très limités en septembre, cette inversion de tendance pourrait être confirmée au 1er octobre.

Le cheptel de vaches laitières restait en recul, mais la baisse continue de ralentir malgré les abattages dynamiques, grâce à de nombreuses entrées de génisses. Au 1er septembre, le cheptel français comptait 3,159 millions de vaches laitières (-1,7% /2025 et -4,3% /2024).

Peu de réformes allaitantes, les prix résistent

Comme depuis le début de l’année, les abattages de vaches de type viande sont restés très ralentis jusqu’au 10 octobre. D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev sur les semaines 34 à 41, les effectifs abattus affichaient une baisse de 8,4% /2025, compensée partiellement par une hausse de 1,7% du poids moyen.

Ceci permet aux cotations des vaches de type viande de résister à la baisse saisonnière.

La cotation de la vache R a toutefois perdu 4 centimes en un mois pour s’établir à 7,14 €/kg de carcasse en semaine 41 (-3% /2025 mais toujours +18% /2024). Celle de la vache U standard a perdu 3 centimes, à 7,81 €/kg en semaine 41 (+2% /2025 et +28% /2024).


Les cotations des laitières sous pression

Les réformes laitières sont un peu plus nombreuses depuis la mi-août. Sur les semaines 34 à 41, les effectifs abattus ont été supérieurs de 5,6% à leur niveau de 2025 d’après Normabev, avec un poids moyen qui restait en hausse de 0,3% d’un an sur l’autre. Ceci vient équilibrer les baisse d’abattage dans les autres catégories.

Cette offre supplémentaire pèse quelque peu sur les cours. Les cotations des vaches laitières poursuivent leur baisse amorcée au cœur de l’été.

En semaine 41, la vache O avait perdu 19 centimes en huit semaines pour coter 5,76 €/kg de carcasse (-14% /2025 mais toujours +24% /2024). La vache P avait perdu 13 centimes, à 5,33 €/kg (-18% /2025 mais +24% /2024).

Des sorties de jeunes bovins dynamiques

Les abattages de jeunes bovins sont très dynamiques depuis fin août, ce qui a permis de répondre à une demande européenne qui se renforçait avec la rentrée de septembre. D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, le nombre de jeunes bovins de type viande abattus sur les semaines 34 à 41 était supérieur de 4,3% à son niveau de l’an dernier.

Le poids moyen affichait en outre une hausse significative (+2,8%) probablement liée aux prix élevés des bovins maigres en 2025. En revanche, alors que l’âge moyen était plus élevé qu’en 2025 de l’ordre de 6 à 9 jours jusqu’à la fin de l’été, cet écart s’est réduit à zéro à partir de fin septembre, témoignant probablement de quelques sorties anticipées.

Les cotations des jeunes bovins ont regagné quelques centimes depuis l’été grâce à la remontée des prix en Italie et en Allemagne mais restent à la traîne par rapport à leurs homologues (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe).

La cotation française du jeune bovin U a légèrement augmenté depuis fin août, à 6,47 €/kg de carcasse en semaine 41 (-11% /2025 mais +18% /2024). Celle du jeune bovin R était à 6,28 €/kg (-12% /2025 et +18% /2024). Celle du jeune bovin O, à 5,58 €/kg, restait sous la pression de la baisse des laitières (-16% /2025 et +18% /2024).

Hausse des prix des intrants

Les prix de l’énergie et des engrais ont flambé en mars avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Ils ne sont pas redescendus depuis et pèsent sur les coûts de production.

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) a encore augmenté en août. Il a atteint 135,2 (+9,2%/ août 2025). La flambée des postes énergie et lubrifiants (+59% /2025) et engrais et amendements (+15%) explique l’essentiel de la hausse. Le poste aliments achetés affichait quant à lui une augmentation de 5% /2025, hausse non négligeable pour les nombreux éleveurs qui pourraient être contraints d’acheter davantage d’aliment compte tenu des bilans fourragers tendus.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024. Compte tenu de l’inflation de plus de 2% constatée en mai, le SMIC a été revalorisé automatiquement de 2,42% à partir du 1er juin, portant le montant brut horaire à 12,31 €.

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L’inflation générale à 3,1% sur un an en septembre

L’inflation générale poursuit une hausse liée à la guerre au Moyen-Orient et aux canicules estivales qui ont impacté la chaîne de production alimentaire française. L’inflation sur le bœuf ralentit doucement. Le disponible consommable de viande bovine et de veau a diminué sur huit mois, du fait du recul des abattages et des importations.

En août l’inflation générale rebondit, celle sur le bœuf ralentit

En septembre selon l’INSEE, l’inflation générale des prix en France a progressé à 3,1% sur un an, contre 2,4% un mois plus tôt. Les prix des produits pétroliers ont bondi à +21% sur un an contre +16,7% un mois auparavant. L’alimentaire augmentait modérément, à 1,4% contre 1,1% le mois précédent sur un an. L’alimentaire frais poursuit une accélération très rapide (+9,5% sur un an, contre +5,9% un mois plus tôt et +3,8% en juillet) du fait des canicules et sécheresses qui ont raréfié les fruits et légumes de fin d’été. Le prix du bœuf et veau poursuivait sa décélération, à +8,1% sur un an en août (dernière donnée connue) contre +9,4% deux mois plus tôt.

Disponibilités intérieures de viandes bovines réduites

Les disponibilités intérieures de bœuf et de veau ont reculé de 1,4% /2025 entre janvier et août 2026, pour un total de 903 000 téc (-13 000 téc). Les abattages CVJA de gros bovins et de veaux ont reculé de 2% sur huit mois selon le SSP (-19 000 téc) et les importations de 6% (-14 000 téc) tandis que les exportations se réduisaient de 15%.

Attention, ce calcul ne tient pas compte des variations de stocks de viande en abattoir qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La forte baisse des importations depuis le début de l’année (-14 000 téc) a entraîné une baisse de la part des imports dans la consommation en cumul depuis le début de l’année, à 24%, contre 26% en 2025 sur la même période.

Depuis l’entrée en vigueur du Brexit commercial début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

Les importations de viande ont plongé en été

De janvier à août 2026, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée se montaient à 217 000 téc, en recul de 6% /2025. Les importations ont particulièrement reculé en juin (-10% /2025), juillet (-21%) et août ( -14% par rapport à un mois d’août 2025 déjà en forte baisse). Les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là de 5% en gros bovins (dont +12% en vaches laitières et +3% en jeunes bovins laitiers) et de +1% en veau selon le SSP.

En cumul sur huit mois, les importations ont reculé depuis de nombreux partenaires :

  • les Pays-Bas, premier fournisseur de la France, à 45 000 téc (-6% /2025, -3 000 téc),
  • l’Irlande : -15% /2025 (-6 000 téc), à 33 500 téc. Sur la même période, la production de viande bovine irlandaise issue de vaches a reculé de 7% selon Eurostat.
  • le Royaume-Uni (-9%, -2 500 téc) à 26 000 téc.
  • la Pologne (-8% /2025, -2 000 téc), à 24 000 téc, la production de viande bovine polonaise reculant de 9% sur la même période.
  • la Belgique (-12%), à 13 500 téc.
  • l’Espagne (-14%, -2 000 téc) à 11 000 téc, le pays exportant davantage de viande de jeunes bovins vers l’Italie (+7% /2025, +1 500 téc), la Grèce (+22%, +2 000 téc) et vers l’Algérie (+9% /2025, +1 500 téc). De plus, les abattages de vaches espagnoles, autre catégorie de viande exportée vers la France, ont reculé de 4% au cours des sept premiers mois de l’année.
  • l’Italie: -10%, -1 000 téc, à 8 500 téc.
  • depuis les pays tiers hors Royaume-Uni (-6% /2025) pour un total modéré de 3 500 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 400 téc, +26% /2025). Les origines brésilienne (1 400 téc, -20% /2025) et argentine (300 téc, -42% /2025) reculaient nettement.

Depuis le début de l’année, nos importations n’ont progressé que depuis l’Allemagne (+14% /2025 ou +3 000 téc) à 24 000 téc. La viande de réforme allemande a profité d’un différentiel de prix avec le prix français (48 cts/kg éc en moyenne depuis le début de l’année).

Les importations de viande bovine brésilienne commencent à refluer en UE

L’importation de viande brésilienne a été suspendue en UE depuis le 3 septembre du fait de la traçabilité incomplète des traitements antibiotiques sur l’ensemble de la durée de vie des bovins brésiliens (limitée à 90 jours actuellement), ce qui ne permet pas une lutte efficace contre l’antibiorésistance. Les viandes expédiées avant le 3 septembre sont cependant valablement importables.

Depuis la semaine 40 (semaine du 28 septembre), la base de données de la DG Taxud indique une baisse des imports de viande bovine brésilienne en UE, qui pourraient se tarir dans les prochaines semaines en tenant compte des trois semaines à un mois de trajet en bateau et du temps de dédouanement en arrivant dans les ports européens.

Les exportations françaises de viande bovine reculaient moins en août

En août 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé de 9% par rapport à un mois d’août 2025 en net retrait. En cumul sur les huit premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine ont atteint 134 000 téc, en recul de 15% /2025 (-25 000 téc) et de 13% /2024. L’écart de prix entre le jeune bovin français et allemand lui était défavorable sur le marché intracommunautaire jusque début août, où les prix allemands ont entamé une belle remontée, rattrapant ainsi le niveau de prix français depuis mi-septembre (semaine 38) (lire notre article sur les jeunes bovins).

En cumul de janvier à août 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers :

  • l’Italie (-8% /2025 ou -3 000 téc par rapport au bon début de l’année 2025), à 34 000 téc,
  • vers l’Allemagne (-13% /2025, -3 000 téc) à 21 000 téc,
  • vers les Pays-Bas (-13% ou -3 000 téc) à 21 000 téc, en relation avec le recul des imports depuis le Royaume-Uni de 2 500 téc (flux de réexport),
  • vers la Grèce (-17% /2025, -4 000 téc) à 19 000 téc. L’inflation à deux chiffres sur le bœuf en Grèce qui perdure depuis mars 2025 limite la demande.
  • vers la Belgique (-26% /2025) à 12 000 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-20% /2025) à 11 500 téc, notamment vers le Portugal et l’Espagne.

Seuls les envois vers les autres pays tiers, en dehors du Royaume-Uni, ont progressé (+7% /2025) à 5 000 téc, principalement vers la Suisse (+11% à 1 400 téc).