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Le repli des exports accroît le disponible consommable

Le disponible consommable sur le territoire français a progressé sur les deux premiers mois de l’année, du fait des abattages en léger progrès sur la période et des exports en retrait. L’inflation est repartie à la hausse en mars du fait du conflit au Moyen Orient.

Le disponible consommable progresse en France

Le disponible consommable de viande bovine et de veau a progressé de 2% comparé à 2025 sur les deux premiers mois de l’année, à 238 000 téc. La production était en légère progression de 0,7% sur un an, en CVJA (corrigées des variations inter journalières annuelles selon Agreste). Elle a augmenté en femelles laitières, en jeunes bovins viande et en bœufs. A cela s’ajoute le recul des exportations de viande bovine (-9% en janvier-février 2026 /2025) maintenant davantage de viande sur le marché national.

Attention, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

Le recul des exportations et la bonne tenue des abattages a réduit la part d’import dans la consommation du mois de février, à 24% contre 26% un an plus tôt. Sur les deux premiers mois de l’année, la part d’import reste stable par rapport à la même période l’an passé, à 25%.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

Revers pour les exports de viande bovine

L’année 2026 a démarré avec des exports peu dynamiques. En janvier, les exportations de viande bovine reculaient de 7% /2025. En février, ce recul s’est accentué, avec 16 000 téc de viande bovine expédiée, soit un recul de 14% sur un an (-4 000 téc sur janv.-fév. comparé à 2025). La viande de jeune bovin français est moins bien positionnée à l’export depuis quelques mois, comparée à d’autres origines européennes ce qui a freiné les envois. Sur la période août 2025-février 2026, nos exportations ont reculé en moyenne de 7%, soit -10 000 téc en sept mois.

Les exportations françaises de viande bovine ont reculé sur les deux premiers mois de l’année, vers presque toutes nos destinations :

  • vers l’Italie (-14% /2025, -1 200 téc) à 7 000 téc, alors que le début d’année 2025 avait été dynamique, du fait des prix français alors attractifs et du manque de viande dans la Botte italienne.
  • vers l’Allemagne (-4% /2025) à 6 000 téc,
  • vers la Grèce (-22% /2025) à 4 500 téc, touchée par une inflation de 26% en moyenne sur la viande bovine en janvier-février 2026 /2025, contre 3% d’inflation générale dans le pays,
  • vers la Belgique (-12% /2025) à 3 000 téc,
  • vers les autres pays de l’UE (-12% /2025) à 3 000 téc,
  • vers les pays tiers (-19% /2025) à 1 000 téc, essentiellement vers le Royaume-Uni et la Suisse.

Nos envois de viande bovine ont cependant progressé de 14% vers les Pays-Bas (+700 téc) sur les deux premiers mois de l’année, à 6 000 téc, en rapport avec la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+700 téc), imports dont une part est réexpédiée vers les Pays-Bas.

En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Les importations de viande se maintiennent

De leur côté, les volumes de viandes bovines importés se sont maintenus en janvier-février, à 57 500 téc (= /2025). L’écart de prix retrouvé entre les vaches françaises et leurs homologues européennes ont soutenu les flux d’import malgré la demande intérieure limitée. Les moindres disponibilités en Irlande ont été compensées par une hausse ponctuelle des disponibilités en Allemagne, via un rebond des abattages de vaches outre-Rhin en février. La France se tourne également vers les pays tiers et des fournisseurs inhabituels en UE, tels l’Autriche (+33% à 400 téc) ou la Roumanie (× 2,1 /2025) à 160 téc.

Importations-de-viandes-bovines-en-France-et-provenances-2-mois-2026.

Nos importations ont donc progressé en janvier-février, comparées à 2025, depuis les pays suivants :

  • l’Allemagne (+16% /2025 ou +800 téc) à 5 500 téc, la viande de réforme allemande, plus largement disponible en février, étant attirée sur le marché français par le différentiel de prix favorable,
  • la Pologne, hausse modeste de 1% /2025, à 6 000 téc, les abattages ayant reculé de 15% en janvier,
  • le Royaume-Uni (+10% /2025, +700 téc) à 7 000 téc, le volume supplémentaire par rapport à 2025 étant réexpédié vers les Pays-Bas,
  • et depuis d’autres pays tiers (+72% /2025, +400 téc), à 900 téc, principalement de l’Uruguay (450 téc, × 2,7 /2025) et du Brésil (400 téc, +50%).

Mais nos importations ont reculé depuis tous les autres États membres :

  • -1% /2025 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 12 000 téc, une baisse très modeste comparée au recul de de la production néerlandaise de viande de veau (-17% /2025 en janvier 2026),
  • -7% /2025 depuis l’Irlande, à 9 000 téc, en lien avec la chute drastique des abattages de vaches sur l’île (-23% d’après l’indicateur du ministère de l’Agriculture irlandais sur la période ),
  • -10% depuis l’Italie, à 2 000 téc,
  • -3% depuis l’Espagne, à 3 000 téc,
  • -25% depuis la Belgique, à 3 000 téc.

Reprise de l’inflation en mars du fait de la guerre en Moyen Orient

En mars selon l’INSEE, l’inflation générale était de 1,7% sur un an (contre 0,9% un mois plus tôt). Cette accélération s’explique par la guerre au Moyen Orient qui a entraîné un bond du prix de l’énergie (+7,4% en un an, contre -2,9% un mois plus tôt). L’indice de prix des produits manufacturés recule de 0,6% contre 0,2% de baisse un mois plus tôt. L’alimentaire a ralenti son rythme de hausse, à 1,8% sur un an contre 2,0% le mois précédent. L’alimentaire frais progressait de 1,4% sur un an, l’ensemble des viandes de 3,6%, contre 3,4% un mois plus tôt. En février (dernière donnée disponible) le prix du bœuf et du veau progressait de 11% sur un an, comme le mois précédent. La hausse générale de l’inflation devrait se poursuivre dans les semaines ou mois à venir, du fait du conflit et de son impact sur les prix de l’énergie.

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Des abattages toujours faibles mi-avril

Mi-avril, les abattages étaient en retrait après un début d’année plus dynamique. Les cours des meilleures vaches restent soutenus, mais ceux des vaches laitières et des jeunes bovins ont perdu quelques centimes.

Des abattages toujours en recul

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins des semaines 12 à 15 étaient en recul de 8% en têtes d’un an sur l’autre. La période comptant un jour ouvré de moins cette année (lundi de Pâques), en ramenant au même nombre de jours ouvrés, la baisse sur la période est de 3%. La baisse des abattages était moindre en tonnage (-6% /2025) qu’en têtes brutes (-8%), car le prix élevé entrée abattoir et le prix de l’aliment en baisse encouragent à alourdir les animaux. Cette tendance à la baisse des abattages pourrait se poursuivre avec l’arrivée du printemps et la mise à l’herbe progressive.

Dans le détail, les abattages de femelles reculaient entre les semaines 12 et 15 :

  • -12%  /2025 en têtes en vaches allaitantes (-7% corrigé du nombre de jours ouvrés) et -10% en tonnage brut.
  • 9% /2025 en génisses de type viande (-4% corrigé) et -7% en tonnage brut.
  • Contrairement au mois précédent, les abattages de vaches laitières reculaient aussi, de 9% en têtes sur un an (-4% corrigé), et de 7% en tonnage brut.

Toutes les catégories mâles étaient en progrès dans les abattages, une fois corrigé le nombre de jours ouvrés :

  • Les jeunes bovins de type viande affichaient un repli de 4% en têtes (+1% en corrigé) et un recul de 2% en tonnage brut.
  • Les jeunes bovins de types lait reculaient moins que d’habitude (-2% en têtes, corrigé à +4%, et stable en tonnage brut).
  • Les sorties de bœufs toutes races confondues étaient équivalentes à l’an passé (+6% en têtes corrigé) et +2% en tonnage brut.

La décapitalisation du cheptel allaitant ralentit encore

La baisse conséquente des abattages vaches de type viande participe au ralentissement de la décapitalisation en France. On assiste depuis l’automne à une réduction de l’écart entre les effectifs de vaches allaitantes de l’année en cours et ceux de l’année passée. Les éleveurs ont conservé davantage de femelles afin d’assurer un nombre de vêlages suffisant, malgré les aléas sanitaires. La hausse des prix des bovins depuis plus d’un an incite aussi les éleveurs à conserver leur potentiel de production.

Au 1er février, la ferme France comptait 3,400 millions de vaches allaitantes, soit -1,0% /2025. Le rythme annuel de baisse a donc été divisé par plus de 2 en un an (-2,4% de recul en mars 2025). Le recul du cheptel laitier, lui, se poursuit avec 3,179 millions de têtes présentes au 1er mars (-2,6% /mars 2025).

Les cotations des vaches de type viande restent fermes

Les cours restent globalement fermes, répondant à la l’offre restreinte, avec un cheptel en recul et de la rétention en élevage stimulée par la hausse des revenus et la situation sanitaire. En type viande, la cotation de la vache U standard a progressé de 13 centimes entre les semaines 11 et 13 (une semaine avant Pâques) puis est retourné à son niveau de la semaine 11, soit à 8,08 €/kg carcasse en semaines 14 et 15, (+22% /2025 et +25 centimes depuis le début de l’année).

Le cours des vaches de conformation intermédiaire ne progresse plus depuis quelques semaines. Ainsi, le prix de la vache R s’est effrité de cinq centimes en quatre semaines, à 7,64 €/kgéc (+26% /2025 et encore +18 centimes depuis le début de l’année).

Concernant les vaches laitières, malgré le recul des abattages sur la dernière période, les prix se sont légèrement tassés récemment. La hausse du prix du bœuf et de l’énergie restreint le pouvoir d’achat des familles, consommatrices notamment de steaks hachés issus de réformes. En semaine 15, la vache O cotait 6,73 €/kg de carcasse (+22% /2025 et -1 ct en quatre semaines). La vache P cotait 6,47 €/kg de carcasse (+21% /2025, égale à son cours d’il y a quatre semaines).

Les cours des jeunes bovins s’érodent

Les cotations des jeunes bovins finis les mieux conformés se sont érodés ces quatre dernières semaines. Cette baisse est habituelle en cette saison où l’offre est un peu plus importante en Europe alors que la demande diminue après la saison hivernale. Les prix en Allemagne et en Italie ont également perdu quelques centimes. Par ailleurs les exportations françaises étaient en recul en début de l’année (voir article sur la consommation et le commerce extérieur), signe que la demande européenne plafonne en réponse à la hausse des prix.

La cotation du jeune bovin U a perdu quinze centimes depuis son pic de la mi-février, à 7,62 €/kg de carcasse en semaine 15 (à tout de même +20% /2025). Celle du jeune bovin R a perdu 13 centimes depuis ce pic, à 7,44 €/kg (+20% /2025).A l’inverse, celle du jeune bovin O, meilleur marché, s’est maintenu sur quatre semaines, à 6,99 €/kg en semaine 15 (+27% /2025).

L’IPAMPA viande bovine encore stable en février

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) a peu évolué depuis 2025. En février (dernier mois disponible), il était à l’indice 125,0 (-0,3% /février 2025). Les baisses du prix de l’aliment (-5,0% en un an) et de l’énergie (-6,8%) étaient partiellement compensées par la hausse du prix des engrais (+7,5%). Mais le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février, fait flamber depuis le prix de l’énergie et des engrais (voir notre zoom sur les matières premières). Son impact ne sera visible sur l’IPAMPA que le mois prochain, lors de la publication de l’indice de mars 2026.

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2025.