Lait de vache

Les États-Unis animent les marchés laitiers

La croissance de production de lait dans les principaux bassins exportateurs est désormais majoritairement portée par les États-Unis et son cheptel étoffé. Et après une première flambée au printemps, les cours de la poudre maigre s'y envolent à nouveau. Dans l'UE comme en France, la hausse de production est désormais plus limitée, mais par rapport à un niveau 2025 soutenu. La collecte a résisté malgré un été marqué par les fortes chaleurs et la sécheresse.

Lait de vache » Collecte laitière »

Les États-Unis, premier moteur de la croissance de production de lait

La croissance de production de lait dans les principaux bassins exportateurs est désormais majoritairement portée par les États-Unis qui disposent d’un cheptel étoffé comme jamais. Si le rythme de croissance s’est réduit dans l’UE, la production y reste soutenue, notamment en Allemagne. Seule l’Irlande marque le pas parmi les grands producteurs de la zone.

Moindre croissance de la production de lait chez les principaux exportateurs. Les États-Unis résistent

En août 2026, la production cumulée de lait des sept premiers exportateurs mondiaux de produits laitiers (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et UE-27) restait en hausse. Le rythme de croissance sur un an avait cependant à nouveau ralenti, n’atteignant que 262 000 tonnes (+1,0% /août 2025) contre encore plus d’un million de tonnes en mars dernier. Attention toutefois, les comparaisons sont effectuées par rapport à un second semestre 2025 où les niveaux de production étaient croissants et déjà élevés.

En août 2026, seul de Royaume-Uni affichait une baisse. Comparés aux niveaux soutenus un an auparavant, les variations de production restaient variables :

  • +278 000 t pour les États-Unis à 9,03 millions de tonnes (+1,7% /2025) ;
  • +154 000 t pour l’UE-27 à 12,50 millions de tonnes (+0,6%) ;
  • +34 000 t pour la Nouvelle-Zélande à 2,43 millions de tonnes (+2,4%) ;
  • +23 000 t pour l’Argentine à 1,05 million de tonnes (+2,2%) ;
  • +19 000 t pour la Biélorussie à 768 000 tonnes (+2,4%) ;
  • +6 000 t pour l’Australie à 740 000 tonnes (+0,8%) ;
  • -45 000 t pour le Royaume-Uni, seule zone en baisse dans le groupe à 1,25 million de tonnes (-3,5%).

La majorité de la croissance de la collecte du groupe était réalisée par les États-Unis (59% du total en août 2026 contre seulement 29% le mois précédent), une première depuis avril 2025. En effet, l’UE a cédé sa première place avec une participation à 27% de la croissance du groupe contre 52% en juillet.

Aux États-Unis, la production de lait continue de battre des records

Aux États-Unis, la production est restée particulièrement dynamique depuis le début du second semestre 2026. Depuis février 2025, la production mensuelle dans le pays bat des records, comparée aux mêmes mois des années précédentes. Août 2026 n’a pas échappé à la règle. Depuis le début de l’année, 72,06 millions de tonnes ont été produites (+2,6% /2025). Un niveau inédit qui constitue un record absolu.

La hausse de la production étatsunienne est portée par un cheptel laitier étoffé. En août 2026, le pays comptait 9,71 millions de vaches laitières (+1,8% /2025), soit le plus haut total historique à égalité avec juin 2026. En moyenne depuis le début de l’année, le cheptel national de vaches laitières compte près de 200 000 vaches de plus que l’année précédente et 330 000 têtes de plus qu’en 2024.

Il faut dire que les abattages de vaches laitières sont au plus bas depuis de nombreux mois malgré un léger redressement récent. D’après l’USDA, en cumul depuis le début de l’année, ce sont seulement 1,73 million de vaches laitières qui ont été abattues aux États-Unis, soit un niveau à peine supérieur au faible total de 2025 (+3,6%), mais inférieurs aux années antérieurs (-2,7% /2024, -16,7% /2023 et -10,6% /2022).

Le cheptel s’est étoffé alors que le renouvellement a été plutôt limité, faute de disponibilité en génisses laitières. D’après l’USDA, le prix des femelles de remplacement s’est envolé dans le pays soulignant le manque de disponibilité. Depuis le début de l’année, le prix a progressé de 10%. En août 2026, le prix des femelles de remplacement a atteint 3 260 US$, soit 72% de plus qu’en janvier 2024, avant l’envolée des cours.

Ce manque de renouvellement au sein d’un cheptel étoffé se traduit par un vieillissement des vaches et une hausse du nombre moyen de lactations par vache laitière. Pour le moment, cela ne semble pas avoir eu d’influence sur la productivité moyenne par vache qui continue de progresser. En moyenne entre janvier et août 2026, elle atteignait 30,8 litres par vache et par jour, niveau supérieur aux années précédentes, bien que la croissance soit moindre (+0,5% /2025 et +1,2%% /2024 et même 8,7% /2015).

Il reste difficile de dire si la hausse de la production aux États-Unis sera durable. D’après la Rabobank, le cheptel étoffé aux États-Unis devrait soutenir la croissance de production fin 2026 et en 2027, mais à un rythme moins important.

Si les marges sur coût alimentaire en atelier laitier se sont repliées dans le pays d’après l’USDA dans le sillage du recul du prix du lait et de la hausse du coût de l’alimentation, elles demeurent encore intéressantes pour les éleveurs. Et la récente hausse du prix de la poudre maigre pourrait entraîner à court terme la hausse du prix du lait à la ferme et l’amélioration des marges.

Moindre croissance de la collecte en UE, l’Irlande en retrait

La canicule a ponctuellement pesé sur les niveaux de collecte dans certains États membres de l’UE, sans toutefois provoquer à ce stade de recul généralisé de la production laitière dans la zone. Cependant, en août 2026, la collecte européenne connaissait un taux de progression moindre que les mois précédents. Attention toutefois, août 2025 marquait le début de la progression marquée de la production dans le sillage de prix incitatifs en début d’année, de la disponibilité en fourrages et de prix plus abordables des aliments. En août 2026, la collecte de l’UE atteignait ainsi le total de 12,50 Mt (+0,6% /2025). En cumul depuis le début de l’année, ce sont près de 102,6 Mt (+3,0% /2025), un niveau record malgré les épisodes climatiques sévères de la fin du printemps et de l’été 2026.

Les collectes mensuelles restaient malgré tout en hausse sur un an chez la majorité des principaux exportateurs européens. C’était notamment le cas en Allemagne (+3,1% /août 2025 à 2,73 Mt) ou au Danemark (+4,0% à 514 000 t). La progression relative était plus mesurée en Pologne (+0,3% à 1,17 Mt), aux Pays-Bas (+0,7% à 1,17 Mt) ou encore en France (+0,4% à 1,94 Mt). La production était stable en Italie (= à 1,08 Mt) ou en Suède (= à 514 000 t).

Elle était cependant à nouveau en recul en Irlande, où les éleveurs ont subi un été particulièrement chaud et sec, notamment dans le Sud et l’Est du pays. Le niveau de collecte d’août 2026 n’atteignait que 892 000 tonnes, plus bas niveau de la décennie (-8,3% /2025). En cumul depuis le début de l’année, la production irlandaise avait reculé de 2,5% par rapport au total élevé de 2025.

Les perspectives de production de lait dans l’UE restent mitigées. Début septembre, la Rabobank envisageait un repli de la production sur un an, comparé cependant à des niveaux de production élevés fin 2025.

Lait de vache » Collecte laitière »

Un été éprouvant, un hiver incertain pour les élevages laitiers

Malgré un été marqué par les fortes chaleurs et la sécheresse, la collecte laitière française a résisté, mais les déficits fourragers font peser des risques sur la production de fin de l’année et du début de 2027. Dans le même temps, le prix du lait reste inférieur à son niveau de 2025 et les charges continuent de progresser.

La collecte laitière a résisté à l’été, mais les tensions fourragères menacent la fin d’année

En août 2026, la collecte laitière française était quasi stable (+0,4% /août 2025). Selon les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte serait en légère hausse en septembre (+0,6%). Dans l’Ouest, les décalages de vêlages liés à l’épisode de FCO survenu à l’été 2025 ont entraîné un report des naissances avec un afflux de vêlages entre mai et août. Cette concentration des naissances laissait présager un rebond de la production laitière estivale. Pourtant, la collecte est restée quasiment stable. En cause, les épisodes répétés de fortes chaleurs et de sécheresse, qui ont sévi de fin mai à août. En pénalisant la production laitière et en dégradant les pâturages comme les rendements fourragers, ces conditions climatiques ont largement neutralisé l’effet attendu du décalage des vêlages.

La situation fourragère est aujourd’hui particulièrement contrastée selon les territoires et les exploitations. Les pertes de rendement en maïs fourrage auraient atteint de 10% à 70% selon les situations. Face à la dégradation des ressources disponibles, de nombreux éleveurs ont dû commencer à distribuer dès l’été des fourrages habituellement réservés à la période hivernale. Les conséquences pour les prochains mois dépendront largement de l’état des stocks constitués lors de la campagne 2025. Les exploitations disposant de réserves abondantes et de bonne qualité pourront amortir le choc pendant plusieurs mois, tandis que celles dont les stocks étaient plus limités risquent de rencontrer davantage de difficultés à l’approche de l’hiver. Dans les territoires peu habitués à des épisodes aussi marqués de chaleur et de sécheresse, les éleveurs ont parfois moins anticipé le recours aux cultures dérobées ou aux achats extérieurs de fourrages. Certains ont déjà dû s’approvisionner à des prix élevés, tandis que le renchérissement des aliments concentrés alourdit également les coûts de production. De plus en plus d’éleveurs sont équipés de robots de traite avec une nécessité de produire du lait pour amortir et rentabiliser leur équipement.

Aujourd’hui, les réformes de vaches laitières n’ont que peu progressé, mais la situation pourrait évoluer dans les prochains mois. Le déficit fourrager, le renchérissement de l’alimentation et un prix du lait qui a baissé, pourraient inciter certains éleveurs à accroître les réformes. Après une hausse de 2% sur les neuf premiers mois de l’année, la collecte laitière pourrait s’infléchir au dernier trimestre. Les contraintes fourragères devraient en effet peser davantage sur la production, d’autant que la fin d’année 2025 avait bénéficié de conditions particulièrement favorables, avec une excellente récolte fourragère et des aliments à des prix attractifs. Le développement de la robotisation des élevages pourrait toutefois contribuer à soutenir les volumes.

Un prix du lait sous pression

Depuis octobre dernier, le prix du lait en France a suivi une trajectoire baissière. En août 2026 pour un lait standard (38 g/l de TB et 32 g/l de TP), le prix s’est établi à 439 €/1 000 litres, passant largement sous son niveau d’août 2025 (-55 €). Cette baisse semble marquer le pas. Selon les données de l’Observatoire de l’Éleveur Laitier, le prix devrait légèrement remonter en septembre et octobre.

En composition réelle, le prix a atteint 459 €/1 000 litres en août (-56 € /août 2025).

La remontée des cours de la poudre de lait écrémé, conjuguée à la hausse des coûts de production et aux perspectives de repli de la collecte laitière, pourrait contribuer à soutenir le prix du lait dans les prochains mois.

La marge des éleveurs poursuit son recul

Du côté des charges, l’IPAMPA lait de vache (qui représente 58% des coûts de production en zone de plaine), a augmenté en août 2026 d’un mois sur l’autre (+1,4%) et a progressé de 7,4% /août 2025. Sur un an, le poste aliment acheté est désormais en hausse (+5,3% /2025). La progression est très marquée pour l’énergie (+42,2%) et pour les engrais (+15,0%). Dans l’ensemble, les charges courantes ont progressé de 8,6% sur un an tandis que les biens d’investissement se sont renchéris de 3,1%.

Et la marge MILC continue de se dégrader. Estimée à 149 €/1 000 l en août dernier, elle connaît son dixième mois consécutif de recul, perdant 10€ sur un mois. Ce repli sur un mois résulte d’une baisse des prix des vaches de réforme et des veaux et d’une légère augmentation des charges que la modeste hausse du prix du lait (lait conventionnel aux taux réels) est loin de compenser.

Sur un an, le recul de la MILC a atteint 109 €/1000 l. Cette évolution s’explique par le recul des coproduits viande (-22€), la hausse des charges (+27€) et le recul du produit lait (-60€). À noter, les charges considérées dans la marge MILC se basent sur l’IPAMPA lait de vache qui ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux, les coûts des travaux par tiers ou les frais financiers qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2025. Par ailleurs, les investissements en élevages laitiers ont été importants ces dernières années, notamment en robotisation, et l’évolution de la part croissante des investissements n’est pas prise en compte dans le calcul, l’indice IPAMPA étant établi sur la base 2020.
 

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L’excédent commercial laitier français en forte hausse

Les exportations laitières françaises ont progressé en volume sur les huit premiers mois de 2026. Toutefois, la baisse des valeurs unitaires limite la hausse des recettes à l’export et fait reculer la facture des importations. L’excédent commercial laitier a bondi de 53% sur un an.

Des exportations dynamiques en volume malgré le repli des fromages et du lait infantile

Sur les huit premiers mois de 2026, les exportations françaises de produits laitiers ont progressé de 12,5% en volume équivalent lait par rapport à la même période de 2025. Cette dynamique particulièrement soutenue s’est toutefois quelque peu atténuée en juillet et en août, dans un contexte de stabilisation de la collecte laitière française.

Les exportations de lait vrac ont connu une envolée spectaculaire, en hausse de 108%. Cette progression s’explique notamment par de très fortes augmentations des expéditions vers les Pays-Bas et l’Espagne. Les expéditions de poudre maigre ont également progressé de 27%. La France exporte ces produits vers une grande diversité de pays, avec toutefois des évolutions très contrastées selon les destinations. Les Pays-Bas occupent la première place, avec 16% des exportations et une progression de 38% sur les huit premiers mois de l’année. L’Italie arrive en deuxième position, avec 9% de part de marché et une hausse plus modérée de 7%. L’Égypte, également créditée de 9% des exportations, se distingue par une forte progression de 65%. Les ventes vers l’Indonésie ont, quant à elles, bondi de 285%. Les exportations de beurre affichent, elles aussi, une forte croissance de 29% en volume. Là encore, les débouchés sont nombreux et répartis sur plusieurs continents. La Belgique reste la première destination, avec 15% de part de marché et une hausse des exportations de 20%. La Corée du Sud arrive en deuxième position (8 % des volumes, +5%), devant l’Espagne (7% des volumes, +52%), les Pays-Bas (7% des volumes, +124%) et la Chine (7% des volumes, +37%). Les exportations vers les États-Unis, qui représentent 5% des volumes, ont également progressé de 16%.

Dans ce tableau globalement favorable, les exportations de fromages et de poudres de lait infantile font figure d’exception. Les fromages, premier poste d’exportation français de produits laitiers, ont reculé de 1% en volume sur les huit premiers mois de 2026. Cette baisse est particulièrement marquée pour les fromages râpés, dont les expéditions ont chuté de 13%. Les exportations de poudres de lait infantile ont également nettement diminué, de 9% sur la période.

Des recettes à l’export presque stables malgré la hausse des volumes

Malgré la forte progression des volumes exportés, les exportations françaises de produits laitiers n’ont augmenté que de 1% en valeur sur les huit premiers mois de 2026, pour atteindre 6,128 milliards d’euros. La répartition de cette valeur met en évidence le poids de deux grandes catégories : les fromages, qui représentent 41% des recettes à l’export, et les ingrédients secs, qui en concentrent 29%. La part des fromages s’est réduite par rapport à la même période de 2025, où elle atteignait 43%. À l’inverse, celle des ingrédients secs a progressé de 26% à 29%, portée notamment par la forte hausse des exportations de poudre maigre.

Cette évolution contrastée s’explique par le recul marqué des valeurs unitaires moyennes à l’export. Celles-ci ont fortement diminué dans le sillage des cotations. C’est notamment le cas pour le lait vrac (-52%) et les laits conditionnés (-33%), mais aussi pour la crème (-21%) et le beurre (-26%). Les fromages ont mieux résisté, avec un repli limité à 3%. À contre-courant de cette tendance, les poudres de lait infantile affichent une nette hausse de leur valeur unitaire moyenne, de 19% sur la période.

Fromages et yaourts dopent la progression en volume des importations laitières

Sur les huit premiers mois de 2026, les importations françaises de produits laitiers ont progressé de 6,3% en volume équivalent lait par rapport à la même période de 2025. Cette hausse est particulièrement marquée pour les fromages (+13%) et les yaourts (+27%).

Au sein des fromages, les importations de fromages frais ont augmenté de 16,1%, tandis que celles de fromages râpés ont bondi de 31,6%. L’Italie domine largement les approvisionnements en fromages frais, avec 55% des volumes importés et une progression de 24% sur un an. L’Allemagne arrive en deuxième position, avec 16% de part de marché, mais ses expéditions sont restées stables. Pour les fromages râpés, la Belgique occupe la première place, avec 38% des volumes et une envolée de 70% en un an. L’Italie, deuxième fournisseur avec 24% de parts de marché, affiche des volumes stables, tandis que les importations en provenance des Pays-Bas, qui représentent 19% des volumes, ont progressé de 50%.

Les importations de yaourts affichent la plus forte hausse parmi les catégories citées. L’Allemagne reste le premier fournisseur, avec 35% des volumes importés et une hausse de 12%. La Grèce se place en deuxième position, avec 16% de part de marché et une progression de 34%. Enfin, les importations en provenance d’Islande, qui représentent 11% des volumes, ont plus que doublé, bondissant de 119% sur un an.

Les importations laitières reculent fortement en valeur sous l’effet de la baisse des prix

Sur les huit premiers mois de 2026, les importations françaises de produits laitiers ont atteint 4,031 milliards d’euros, en recul de 15% par rapport à la même période de 2025. Les fromages représentent désormais 54% de la valeur totale des importations en valeur, contre 47% un an plus tôt. À l’inverse, la part du beurre s’est réduite, passant de 28% à 21%, malgré son poids toujours important dans les achats français à l’étranger.

Ce recul en valeur s’inscrit dans un contexte de forte baisse des valeurs unitaires moyennes à l’importation. Celles-ci ont diminué de 38% pour les crèmes, de 32% pour le beurre, de 17% pour les yaourts et de 14% pour les fromages. La baisse des prix à l’importation contribue ainsi à expliquer le recul marqué de la valeur des achats français, malgré la progression des volumes importés.

Le solde commercial laitier français en nette amélioration

Sur les huit premiers mois de 2026, l’excédent commercial français en produits laitiers a fortement progressé, atteignant 2,097 milliards d’euros, soit une hausse de 53% par rapport à la même période de 2025. Cette amélioration s’explique notamment par le dynamisme des exportations en volume conjugué au recul de la valeur des importations sous l’effet de la baisse des prix unitaires. Dans le détail, le solde commercial est resté stable pour les fromages, tandis qu’il s’est nettement amélioré pour la crème (+206%) et la poudre de lait infantile (+14%). L’excédent sur la poudre maigre a également progressé de 24%. Enfin, le déficit commercial en beurre s’est réduit de 65%, porté par la hausse des exportations et le recul des importations.

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Divergences du côté des commodités laitières

Après une première envolée des cours au printemps aux États-Unis, les prix de la poudre maigre se sont de nouveau affolés. Les cours sont globalement orientés à la hausse. Le constat est nettement différent pour les matières grasses laitières alors que les cours du beurre connaissent des niveaux de pression diverses.

Les cours de la poudre maigre en nette progression, les États-Unis à nouveau moteur de la hausse

Durant le printemps, les cotations de la poudre de lait écrémé s’étaient nettement redressées, notamment aux États-Unis, affectés par un manque de disponibilité. A la fin de l’été, les prix étaient de nouveau fortement orientés à la hausse, notamment en Amérique du Nord. Les hausses des cours étaient moindres ailleurs mais néanmoins soutenues. En Nouvelle Zélande, le cours de la poudre maigre s’est sensiblement apprécié, à 3 182 €/t (+10% /août 2026 et+41% /septembre 2025). Même constat dans l’UE où le prix de la poudre de lait écrémé produite a atteint 3 071 €/t (+6% en un mois et +33% /2025).

Comme au printemps dernier, la hausse la plus impressionnante concernait les États-Unis. Après un bref réajustement, la cotation départ USA s’est à nouveau envolée. En septembre 2026, elle a atteint 3 746 €/t (+19% /août 2026 et+65% /septembre 2025). Elle dépassait ainsi sensiblement les cotations néo-zélandaise (+18%) et européenne (+22%).

La dynamique observée actuellement aux États-Unis est liée à des facteurs similaires à ceux de la hausse du printemps. La demande rencontre à la fois des niveaux de fabrications limités par la diversification de l’utilisation des protéines laitières, mais également de nouveaux problèmes sanitaires qui entravent la production, notamment pour l’entreprise California Dairies Inc.

Ainsi, l’envolée des cours est restée jusqu’ici de mise. En semaine 41, le cours hebdomadaire de la NFDM (non-fat dry milk) qui représente environ 70% de la poudre maigre produite aux États-Unis, approchait les 5 000 US$, à 4 960 US$ (x2 /2025). Ce niveau était très proche du record atteint au printemps en semaine 19 (5 038 US$, -2%).

Certains observateurs craignent que cette hausse des cours et la dégradation de la compétitivité des poudres étatsuniennes qui en résulte ne pèse encore plus sur des exportations déjà en repli. Mais le cours de la poudre de lait écrémé originaire des États-Unis n’est pas le seul à connaître une forte progression. En France, d’après ATLA, la cotation de la poudre maigre poursuivait son ascension entamée au début de l’été. En semaine 41, elle a en effet atteint 3 380 €/t (+7% sur un mois et +64% sur un an), niveau plus atteint depuis le pic à plus de 4 000 €/t du premier semestre 2022.

Mais depuis le début de l’année, la poudre maigre produite dans l’UE a bénéficié jusqu’ici d’une compétitivité accrue vis-à-vis des poudres produites en Océanie et surtout en Amérique du Nord. Avec des disponibilités accrues, les envois de poudre de lait « origine UE » se sont nettement redressés. En cumul sur huit mois, les exportations européennes ont ainsi totalisé 609 000 t (+15% /2025 et +18% /2024).

Si la demande reste soutenue, les perspectives restent incertaines, notamment aux États-Unis où les fabrications pourraient se redresser rapidement. En Nouvelle-Zélande, les dernières enchères pour la poudre maigre sur la plateforme du Global Dairy Trade étaient orientées à la hausse. Entre la première enchère de septembre et la première d’octobre, le prix de la poudre maigre avait progressé de 4%, à 3 847 US$/t.

La matière grasse laitière toujours sous pression

Depuis la progression observée durant le premier trimestre 2026 liée principalement au fait que les opérateurs se couvraient sur les marchés, les cours du beurre restent sous pression. En septembre 2026, les évolutions des cours mondiaux étaient néanmoins divergentes :

  • En légère progression en UE où la cotation a atteint 4 173 €/t (+4% en un mois mais -34% /2025) ;
  • En baisse assez marquée en Nouvelle-Zélande comme aux États-Unis, où les cotations se sont établies à respectivement 4 298 €/t (-5% en un mois, -28% /2025) et 2 635 €/t (-6% en un mois, -24% /2025).

En France, d’après l’ATLA, la cotation restait contenue, bien qu’en légère progression. En semaine 39, dernière semaine cotée, le prix spot du beurre atteignait 4 570 € (+5% en un mois mais -21% /2025).

Avec des disponibilités en hausse, les principaux exportateurs de beurre et de butter-oil ont vu leurs envois progresser depuis le début de l’année.

Contrairement à la poudre maigre, les dernières enchères pour le beurre sur la plateforme du Global Dairy Trade étaient en baisse. Entre début septembre et début octobre, le prix du beurre s’était déprécié de 6%, à 4 740 US$/t.