La production laitière mondiale reste orientée à la hausse, mais son rythme de croissance ralentit, notamment sous l’effet des fortes chaleurs qui ont affecté plusieurs régions d’Europe. Dans l’hémisphère Sud, la perspective d’un épisode El Niño d’ampleur exceptionnelle fait craindre une multiplication d’événements climatiques extrêmes. En France, la reprise des naissances après les perturbations liées à la FCO soutient le potentiel de production, mais les fortes chaleurs et la sécheresse ont en partie limité cet effet. Du côté des ménages, les achats de beurre et de crème ont reculé cet été.
Lait de vache » Collecte laitière »
Production mondiale croissante, climat détraqué
Dernière révision leAu cœur de l’été boréal, la production de lait restait globalement orientée à la hausse sur un an dans les principaux bassins exportateurs. La production a cependant été affectée dans certains États d’Europe occidentale. L’hémisphère Sud se prépare à faire face à une multiplication d’événements climatiques exceptionnels dans le sillage d’un phénomène El Niño d’ampleur inédite.
Croissance de la collecte en UE malgré les chaleurs estivales exceptionnelles
Depuis la fin du mois de mai 2026, plusieurs épisodes caniculaires et une sécheresse inédite ont frappé l’Europe occidentale et notamment la France. Les températures ont atteint un record historique en Europe. Sur l’ensemble des mois de juin, juillet et août, l’anomalie relevée a été supérieure à 2,5°C par rapport à la moyenne des températures pour les mêmes mois de 1991 à 2020. La canicule a été particulièrement intense dans le Centre et le Sud de la Grande Bretagne, le Sud de l’Irlande, la quasi-totalité du territoire métropolitain de la France, l’Ouest de l’Allemagne, dans le Centre et le Nord de l’Espagne et dans l’Ouest de l’Italie notamment.

La collecte de lait a été affectée par la répétition des vagues de canicule. Ce fut le cas en France mais également outre-Manche. Au Royaume-Uni, la collecte a affiché des baisses marquées lors des épisodes les plus intenses. Entre le 20 mai et le 5 septembre 2026, elle a reculé de 2,7% par rapport à la même période de 2025. Elle flirte depuis le début de l’été avec les niveaux de 2024 et 2025.

En Allemagne, la collecte a été particulièrement affectée au début des épisodes caniculaires. Mais d’après ZMB, si la collecte a bien été touchée par le climat, elle restait au dessus des niveaux des campagnes supérieures. En semaine 36 (31 août – 6 septembre), en pleine période de baisse saisonnière de la production, les laiteries allemandes ont collecté 0,4% de lait en moins que la semaine précédente. Malgré la canicule estivale, le niveau de collecte restait supérieur sur un an (+1,6% /2025).

Si la canicule a pu freiner les niveaux de collecte chez certains États membres de l’UE, elles n’ont pas entraîné de repli global de la production laitière dans la zone. En juillet 2026, la collecte européenne était toujours en progression sur un an à 12,79 Mt (+1,6% /2025).

Les collectes mensuelles restaient en hausse chez les principaux exportateurs européens, à l’exception de la France. C’était ainsi le cas de l’Allemagne (+5,8% /juillet 2025 à 2,83 Mt), de la Pologne (+1,6% à 1,20 Mt), des Pays-Bas (+2,9% à 1,19 Mt) ou du Danemark (+4,1% à 518 000 t). Elle était en très légère hausse en Espagne (+0,6% à 628 000 t), stable en Italie (= à 1,10 Mt) et à nouveau en recul en Irlande (-2,2% à 1,01 Mt).

D’autres effets de ces épisodes de chaleurs extrêmes et du manque d’eau restent à venir et pourraient peser sur la collecte à court et moyen terme. De nombreuses inquiétudes concernent notamment les disponibilités en fourrages (en quantité comme en qualité) ainsi que les éventuels effets sur la reproduction. Et avec la hausse du coût des intrants déjà tangibles, la production de lait de l’UE pourrait être sous pression dans les prochains mois.
La production de lait est restée à la hausse chez les principaux exportateurs. Pour combien de temps ?
La production cumulée de lait des sept premiers exportateurs mondiaux de produits laitiers (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et UE-27) restait orientée à la hausse en juillet. Mais le rythme de croissance sur un an avait à nouveau ralenti, n’atteignant que 500 000 tonnes (+1,8% /juillet 2025) contre encore plus d’un million de tonnes en mars dernier (+4,0% % /mars 2025).

Si la croissance concernait l’essentiel des bassins exportateurs, le Royaume-Uni faisait exception (-2,5% ou -33 000 t /2025, à 1,31 Mt). L’essentiel de la progression de la production de lait restait portée par l’UE (41% de la croissance) et par les États-Unis (40%). Outre Atlantique, les marges en élevage sont restées suffisamment intéressantes pour soutenir la production, malgré le repli des prix du lait. Le pays a ainsi connu en juillet 2026 sont 24ème consécutif de croissance sur un an de la production de lait (+2,2% ou +199 000 t /2025, à 9,14 Mt).
En Océanie, si le début des campagnes laitières 2026/2027 restent sous le signe de la hausse des disponibilités en lait, le phénomène El Niño inquiète. En effet, les campagnes océaniennes devraient être affectées de conditions climatiques perturbées. Les températures historiques relevées dans le Pacifique laisse peu de doute quant à l’intensité du phénomène à venir. Ainsi, l’indice Niño 3.4 (indice calculé par l’écart moyen à la climatologie des températures de surface de l’océan sur la région définie entre 5° N et 5°S, et 170°W et 120°W) dépassait +1,8°C sur le mois d’août 2026. D’après le centre de prévision climatique de l’Université du Maryland, El Niño se renforce, avec une chance de plus de 90% d’un événement très fort lors de l’automne de l’hémisphère Nord et de l’hiver 2026-2027.

Le très probable épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle qui démarre dans l’Océan Pacifique pourrait entraîner des épisodes climatiques extrêmes, notamment en Australie mais aussi en Nouvelle-Zélande. Dans ses dernières prévisions, la Rabobank estime que la production mondiale de lait pourrait être moins dynamique dans les mois qui viennent et davantage marquée par l’incertitude concernant l’offre. Si la production pourrait se replier dans l’UE en fin d’année, les conditions météorologiques dans l’hémisphère Sud seront le principal facteur déterminant de l’évolution du marché au cours des prochains mois.
















