Dans les principaux bassins exportateurs, la production de lait connait une hausse significative depuis plusieurs mois. Dans l’UE, cette trajectoire concerne l’ensemble des grands pays producteurs, dont la France. Un peu partout, les disponibilités supplémentaires en lait pèsent sur les cours des commodités laitières, ce qui se traduit par des baisses de prix à la production. En France, la dynamique de prix restait orientée à la hausse en septembre. Si les ventes de produits laitiers en magasins y ont été stables, les exportations ont reculé.
Lait de vache » Collecte laitière »
Production toujours dynamique dans les principaux bassins
Dernière révision leA l’exception de l’Australie affectée par des conditions climatiques structurellement difficiles, la production de lait reste dynamique dans les principaux bassins. Depuis maintenant plus d’un an, l’offre laitière cumulée des principaux exportateurs mondiaux était en hausse. C’était encore le cas en septembre dernier.
Hausses importantes de production, notamment dans l’UE et aux États-Unis
Depuis août 2024, la production cumulée de lait des six premiers exportateurs mondiaux de produits laitiers (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et UE-27) poursuit sa progression sur un an. Portée notamment par le dynamisme des collectes européenne et étasunienne, la croissance de septembre 2025 (+3,0% /2024 ; 14ème mois consécutif de hausse) constitue la plus grosse progression sur la période.

Une collecte laitière européenne dynamique chez les principaux producteurs
Depuis le début de l’été la collecte de lait au sein de l’UE-27 est orientée à la hausse. En septembre 2025, elle atteignait la plus forte progression sur un an, à 11,8 Mt (+3,9% /2024). En cumul sur neuf mois, elle était en hausse à 111,2 Mt (+0,7% /2024).

Outre en France, la dynamique était à la progression sur un an chez les principaux producteurs de lait en UE. En septembre 2025, d’après Eurostat, les collectes allemande (+6,1% /2024 à 195 kt), néerlandaise (+7,4% à 91 kt), polonaise (+5,1% à 83 kt), italienne (+3,1% à 76 kt), danoise (+3,6% à 38 kt) ou dans une moindre mesure irlandaise (+1,7% à 68 kt) et espagnole (+0,5% à 42 kt) ont progressé sur un an, portées par un prix du lait porteur un peu partout dans l’UE jusqu’ici.

Hausse toujours soutenue de la production étasunienne
Aux États-Unis, depuis le début de l’année civile, la production laitière reste en progression sur un an. En septembre 2025, elle était hausse pour le 9ème mois consécutif à 8,61 millions de tonnes (+4,0% /2024). Et ce alors que les cours des commodités ont continué de peser sur le prix du lait payé aux producteurs étasuniens.

Cette hausse continue de la production aux États-Unis s’appuie toujours sur un faible taux de réforme, alors que les disponibilités en génisses de réforme restent limitées dans le pays. En septembre 2025, le pays comptait 9,581 millions de vaches laitières (+2,4% /2024). C’est le plus haut niveau observé depuis le début de la série statistique en janvier 2015.

Progression de la collecte en Argentine
En Argentine, grâce à un climat plus clément et une situation économique plus robuste, la production laitière s’est redressée. Avec un peso argentin plutôt compétitif, les exportations de produits laitiers ont connu un rebond en volume sur les 9 premiers mois de 2025, porté par les envois de poudres grasses (+11% /2024 à 92 kt) et de poudre maigre (+39% à 21 kt). Les exportations de poudres grasses étaient notamment en hausse vers l’Algérie (+40% à 34 kt), celles de poudre maigre vers le Brésil (+26% à 18 kt).

En septembre 2025, la collecte laitière dans le pays était à nouveau en hausse sensible sur un an (+8% /2024 à 1,051 Mt) et supérieure aux niveaux des trois années précédentes. En cumul sur 9 mois, elle atteignait 7,873 Mt (+10% /2024 mais -1% /2023).

La production de lait reste dynamique en Nouvelle-Zélande
En Nouvelle-Zélande, la campagne laitière 2025/2026 entamée en juin 2025 sous le signe de la croissance se poursuit. En septembre 2025, la production a progressé sur un an en volume (+2,5% /2024 à 2,67 Mt), comme en MSU (+3,6% à 226 000 t). Ce sont des records absolus pour un mois de septembre. En cumul depuis le début de la campagne laitière (juin 2025 – septembre 2025), la production de lait a ainsi augmenté en tonnes de lait (+2,8% à 4,68 Mt) comme en MSU (+1,2% à 374 000 Mt).

La production néo-zélandaise reste motivée par les résultats de la campagne 2024/2025 où les prix payés aux éleveurs ont atteint des niveaux records. Fin septembre, le groupe coopératif Fonterra annonçait en effet un prix final hors dividende pour la campagne de 10,16 NZ$/kgMS (5,10 €, au taux de change de septembre), niveau jusqu’ici jamais atteint.
Depuis le début de la campagne laitière 2025/2026, les perspectives de prix pour les éleveurs restent toujours incitatives. Fonterra annonce un prix de 10 NZ$/kgMS, dans une fourchette comprise entre 9 et 11 NZ$/kgMS. Jusqu’ici, les conditions climatiques ont plutôt été clémentes en ce printemps austral, bien que la pousse de l’herbe ait été décevante en septembre dans certaines régions productrices clés (Waikato, Canterbury et Otago), en raison de températures plus fraîches. Mais la production a continué de croître sur un an alors que le taux de réforme dans les élevages reste sur des standards plutôt limités. En cumul depuis le début de la campagne laitière (juin 2025 – septembre 2025), seulement 160 000 vaches ont été abattues dans le pays, proche du faible niveau de la campagne précédente (+0,6% /2024 mais – 22,8% /2023).

Malgré le recul du cours des commodités, la production néo-zélandaise devrait encore croître en octobre d’après le Milk Production Predictor de NZX, la production d’octobre pourrait progresser d’environ 1% sur un an ce qui représenterait le résultat d’un mois d’octobre le plus fort depuis 2020.
Le groupe Fonterra prévoit de collecter 1,525 millions de kgMS durant la campagne 2025/2026, niveau supérieur aux 1,509 millions de kgMS collectés en 2024/2025 (+1,1%) et aux 1,471 millions de kgMS collectés en 2023/2024 (+3,7%).
Autre fait notable pour le premier groupe coopératif néo-zélandais, c’est la confirmation de la stratégie de concentration de l’activité du groupe sur les ingrédients et le B2B. Annoncée dès août 2025, la cession des activités « produits de grande consommation » au français Lactalis a été confirmée par le conseil d’administration du groupe fin octobre avec 88,5% des voix. Cette vente qui comprend notamment les marques Anchor, Mainland et Kapiti atteint $4,22 milliards NZ$ (2,05 milliards €, valeur de novembre). Cette décision a notamment été critiquée par Winston Peters, ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande, qui a qualifié la transaction de « folie totale ». La transaction devrait se solder au cours du premier semestre 2026, le temps d’obtenir les approbations réglementaires et de finaliser le processus de séparation des opérations « consommateurs » du reste de la coopérative.
La production australienne toujours à la peine
La dynamique de production reste différente en Australie. En effet, depuis le début de la fin de la campagne 2024/2025 (de juillet 2024 à juin 2025), la production reste en retrait sur un an. En septembre 2025, la production australienne atteignait 833 000 t (-0,5% /2024). En cumul depuis le début de la campagne en juillet 2025, le constat est le même avec seulement 2,09 Mt produites (-1,8%).

La production australienne reste notamment affectée par le changement climatique qui induit des conditions météorologiques souvent défavorables. En septembre 2025, plusieurs zones clés dans la production laitière du pays restaient affectées par un manque de précipitation. Et la donne n’a pas changé en octobre.

Les perspectives de production en Australie restent donc fragiles. Les dernières prévisions disponibles publiées par Dairy Australia rappellent que les cessations d’activité, la diminution des troupeaux et les marges toujours serrées devraient avoir des effets sur la production de cette nouvelle campagne 2025/2026. Ainsi, Dairy Australia prévoit une probable diminution de la production du pays, comprise entre 0 et 2%.

















