Les prix des ingrédients laitiers et des fromages échangés sur les marchés mondiaux sont orientés à la baisse alors que les disponibilités en lait et les fabrications ont nettement augmenté.
Poursuite du recul des cours du beurre
Depuis plusieurs mois, les cours du beurre sont orientés à la baisse chez les principaux exportateurs alors que les disponibilités sont plus importantes. C’est notamment le cas aux États-Unis où la cotation poursuit sa chute entamée depuis plusieurs mois, passant désormais sous la barre des 3 000 €/t. En novembre 2025, elle atteignait 2 859 €/t (-7% /octobre 2025 et -43% /2024). Le retournement de marché a atteint plus tardivement les autres bassins mais la dynamique est désormais la même. En Océanie, le cours du beurre se replie fortement. En novembre, il s’établissait à 5 531 €/t (-5% /octobre 2025 et -18% /2024).

Même constat au sein de l’UE où la cotation du beurre atteignait 5 524 €/t en novembre (-5% /octobre 2025 et -18% /2024) en lien avec la hausse des disponibilités. Les fabrications y ont nettement progressé. Entre janvier et septembre 2025, elles ont atteint 1,66 million de tonnes (+5% /2024).

La pression à la baisse sur les prix du beurre est également à l’œuvre en France. D’après ATLA, la cotation du beurre sur la marché spot était de 4 720 €/t en semaine 49 (pas de cotation en semaine 50). Elle a reculé de 7% en un mois et de 36% en un an, soit de 2 620 €/t.

La tendance est désormais également en cours sur les marchés de gros. Au MIN de Rungis, le cours du beurre pasteurisé en plaquettes de 250 g se replie depuis la fin de l’été. En novembre 2025, il était de 7,40 € HT/kg, soit 1,60 € de moins qu’en août (-18%).

Les cours de la poudre maigre également en repli
L’afflux mondial de lait ne pèse pas que sur les matières grasses. Les cours de la poudre maigre sont sous pression depuis plusieurs mois. En novembre 2025, la cotation départ Nouvelle-Zélande atteignait 2 228 €/t, soit -1% en un mois et-17% /2024. Si la cotation départ USA s’est légèrement redressée en € comme en dollars étasuniens en novembre, elle n’atteignait que 2 181 €/t, soit +1% en un mois mais -24% /2024.

La cotation en UE est également à la peine, à 2 137 €/t, soit -3% en un mois et -16% /2024 alors qu’entre janvier et septembre 2025, les fabrications y ont approché 1,12 million de tonnes (+4% /2024).

Les prix des fromages baissent à des degrés divers
La tendance à la baisse affecte aussi les fromages, notamment les fromages ingrédients. Ainsi, avec des disponibilités laitières en hausse, la cotation du cheddar étasunien a de nouveau reculé de 6% en un mois pour atteindre 3 139 €/t, en novembre 2025 (-12% /2024). Même constat pour le cheddar océanien qui s’est déprécié de 5% en un mois, à 3 914 €/t en novembre (-17% /2024).

Les disponibilités à l’export pèsent aussi sur les cours en UE. Ainsi, le gouda en Allemagne, destiné notamment au grand export, cotait 3 350 €/t en novembre, soit -9% en un mois et -28% /2024. Le marché intra-européen est resté jusqu’ici plus calme. L’emmental allemand, principalement destiné au marché européen, a mieux résisté. Il cotait 6 280 €/t, soit une baisse de 1% en un mois mais une hausse de 2% /novembre 2024.
A quand le redressement des prix ?
La progression de la collecte dans les principaux bassins exportateurs influe sur les cours mondiaux. La dernière enchère de l’année, le 16 décembre 2025, au sein de la plateforme Global Dairy Trade a confirmé l’orientation à la baisse des prix :
- Le prix du beurre avait perdu 15% en un mois et 26% depuis le début de l’année, à 5 012 €/t ;
- Le prix de la poudre maigre avait perdu 4% en un mois et 9% depuis le début de l’année, à 2 431 €/t.

Il reste difficile d’anticiper l’évolution des prix à moyen terme. D’après la Rabobank, la croissance de la production mondiale de lait devrait bien se terminer en 2025. Si cette croissance semble avoir atteint son pic au 3ème trimestre 2025, le 4ème trimestre ne devrait pas être loin derrière.
Mais le marché laitier mondial pourrait connaître une période de prix des matières premières déprimés jusqu’en 2026 face à une offre abondante de lait et à des excédents exportables, d’autant que la demande resterait fragile. D’après la Rabobank, les prix plus faibles devraient finalement soutenir une reprise progressive de la demande et un rebond des prix au 2nd semestre de l’année 2026. Ces évolutions restent cependant très incertaines.
