La production de lait reste orientée à la hausse dans les principaux bassins exportateurs de produits laitiers. L’UE et les États-Unis demeurent les principaux moteurs de la croissance. Seule l’Australie continue de voir sa production reculer.
Progression de la production chez les principaux exportateurs
Pour le 2ème mois consécutif, la hausse sur un an de la production de lait chez les 6 principaux exportateurs (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et UE) a dépassé le million de tonnes en octobre 2025, avec une progression de 1,06 million de tonnes (+4,1% /2024). Ce niveau de croissance n’avait plus été atteint depuis septembre 2014. Tous les bassins de production sont concernés exception faite de l’Australie. La croissance de la collecte est portée par l’UE pour plus de la moitié (55%), et par les États-Unis pour près du tiers (30%).

L’Australie toujours à contre-courant
Durablement affectée par des conditions climatiques difficiles, la production laitière australienne est à la peine malgré quelques soubresauts conjoncturels. En octobre 2025, le pic de production de la campagne laitière 2025/2026 a logiquement été décevant. Seulement 923 000 tonnes de lait ont été produites (-2,4% /2024). C’est le second plus bas niveau du millénaire après octobre 2022.
En cumul sur quatre mois depuis le début de la campagne en juillet 2025, seulement 3,08 millions de tonnes ont été produites, soit 1,8% de moins qu’un an auparavant.

L’UE voit sa collecte nettement augmenter
Après un début d’année plutôt mitigé, la collecte laitière au sein de l’UE à 27 n’a cessé de croître mois après mois depuis l’été. En octobre 2025, ce sont plus de 12,11 millions de tonnes de lait qui y ont été collectés (+5,1% /2024), un record absolu pour un mois d’octobre. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hausse. D’abord, il y a les prix du lait et les marges qui ont soutenu la production au moins jusqu’au début de l’automne partout en Europe. Ensuite, la météo plus favorable et la qualité de l’alimentation ont également joué. Enfin, notamment en Allemagne, en France ou encore aux Pays-Bas, le décalage des vêlages en lien avec l’épizootie de FCO a un peu participé à la progression sur un an de la collecte cet automne.
En cumul sur 10 mois, la hausse de la production de lait en UE-27 était plus mesurée, avec 123,39 millions de tonnes de lait produites (+1,2% /2024). C’est tout de même le plus haut total pour les 27 États membres.

En octobre 2025, au-delà de la France, la collecte a également progressé chez tous les principaux producteurs de lait de l’UE. C’est le cas de l’Allemagne (+6,8% /2024 à 2,65 Mt), des Pays-Bas (+7,8% à 1,18 Mt), de la Pologne (+4,4% à 1,13 Mt), de l’Italie (+3,0% à 1,06 Mt) ou de l’Irlande (+5,2% à 729 kt) qui vient de voir sa dérogation à la directive Nitrates prolongée in extremis.

Cette offre soutenue en Europe, comme ailleurs dans le monde, participe à faire pression sur les prix du lait. C’est particulièrement vrai pour les entreprises irlandaises, centrées sur la production de commodités laitières et l’export. Le recul des cours mondiaux des commodités observé depuis plusieurs mois a entraîné le net repli du prix payé aux éleveurs par les principales entreprises irlandaises comme Tirlàn, Dairygold ou Kerry Agribusiness. La baisse est plus récente pour d’autres entreprises européennes comme Friesland Campina (Pays-Bas), DMK (Allemagne) ou Arla (Danemark). En France, en raison du mix produit et du mode de formation du prix dans le pays, les prix du lait payés par les entreprises étaient plus stables.

La production reste soutenue aux États-Unis
Aux États-Unis, malgré des prix des commodités en baisse, les marges sont restées plutôt soutenues une bonne partie de l’année en lien avec un recul du prix de l’aliment. La production est ainsi restée particulièrement dynamique. En octobre 2025, la production de lait aux États-Unis a dépassé les 8,83 millions de tonnes (+3,7% /2024), point haut historique pour un mois d’octobre. Depuis le début de l’année, 87,60 millions de tonnes ont ainsi été produites (+2,4% /2024), un record !

La dynamique de production de lait aux États-Unis en 2025 a très nettement reposé sur un taux de réforme limité. Le cheptel de vaches laitières dans le pays a nettement progressé depuis le début de l’année 2025. En octobre, le pays totalisait 9,575 millions de vaches (+2,1% /2024), le second plus haut total depuis le début de la série statistique en 2015, juste derrière septembre 2025 (-0,1%).

Pour le moment, la production laitière étasunienne ne montre pas de signe flagrant de ralentissement malgré les prix qui flanchent. Le cheptel étoffé devrait encore soutenir la production dans les prochains mois.
La collecte en Argentine fait mieux que rebondir
Les différentes crises successives, qu’elles soient économiques ou climatiques, avaient affecté la collecte laitière en Argentine ces dernières années. Depuis, portée par une situation économique plus favorable et un climat plus clément, la collecte a fait mieux que rebondir dans le pays. En octobre 2025, 1,10 million de tonnes de lait ont été collectées dans le pays (+8,6% /2024), un niveau exceptionnel. Sur 10 mois, ce sont près de 9 millions de tonnes de lait qui ont été collectées (+9,6% /2024 et = /2023).

La production argentine bénéficie du rebond des exportations de produits laitiers. C’est notamment le cas des envois de poudres grasses (+17% /2024 à 113 kt) en progression principalement vers l’Algérie, et de poudre maigre (+40% à 24 kt) notamment vers le Brésil. La filière argentine bénéficie à la fois de prix globalement compétitifs à l’export mais plutôt incitatifs pour les producteurs.
Le pic de production de la campagne néo-zélandaise dans des standards élevés
En Nouvelle-Zélande, le pic de production de la campagne 2025/2026 a été, comme attendu, plutôt élevé. En octobre 2025, la production a totalisé 3,13 millions de tonnes (+1,7% /2024), niveau qui n’avait plus été atteint depuis la campagne 2021/2022. En cumul depuis le début de la campagne en juin 2025, la production a totalisé 7,81 millions de tonnes (+2,3% /2024).

Face à l’afflux d’offre dans le pays et chez les principaux exportateurs ainsi qu’au recul du cours des commodités laitières, Fonterra a révisé ses prix à la baisse après un niveau record payé pour la campagne laitière 2024/2025. Fin novembre dernier, la coopérative a réduit ses prévisions de prix à la production pour la campagne 2025/2026, passant d’une plage de 9,00-11,00 NZ$/kgMS à une plage de 9,00-10,00 NZ$/kgMS. Le point médian passant de 10,00 NZ$/kgMS à 9,50 NZ$/kgMS.
Pour le moment les prévisions de collecte restent en faveur d’un niveau soutenu après le pic d’octobre. La coopérative a en effet augmenté ses prévisions de collecte de lait pour la campagne 2025/2026, passant de 1 525 millions de kgMS à 1 545 millions de kgMS.












