Offre renforcée et demande faible : les cours retrouvent leur niveau de 2025

Les cours des broutards ont subi une baisse depuis début avril, résultat d’une offre légèrement plus abondante qu’en 2025 (année touchée par la FCO-3) et d’une demande plus faible du fait de la baisse des cours des taurillons.

Cours en baisse

Après avoir tenu à un niveau élevé jusque fin mars, les cotations des broutards ont reculé depuis début avril, à rebours de leur tendance saisonnière habituelle, et ont pour certaines catégories retrouvé le niveau de l’année 2025.

Les mâles charolais payaient le plus lourd tribut au commerce difficile, malgré des effectifs en baisse. En semaine 20 :

  • Les Charolais U de 450 kg perdaient 59 centimes en un mois, reculant à 4,98 €/kg vif, un niveau légèrement inférieur (-7 cts) à leur cours de 2025,
  • Les Charolais U de 350 kg tenaient un peu mieux, avec un recul de 53 centimes en quatre semaines, à 5,64 €/kg vif (+18 cts /2025).

Les femelles et les autres races tenaient mieux.

En semaine 20 :

  • Les Croisés R de 300 kg perdaient 53 centimes en un mois, à 5,77 €/kg vif, mais restaient supérieurs de 85 centimes à leur cotation de 2025,
  • La baisse se limitait à 35 centimes en quatre semaines pour les Limousins E de 350 kg, qui cotaient 5,80 €/kg vif (+70 cts /2025),
  • La cotation des Blonds U de 300 kg reculait 55 centimes en un mois, à 6,55 €/kg vif (+68 cts /2025),
  • Les Charolaises U de 270 kg cotaient 5,18 €/kg vif, en baisse de 38 centimes en un mois.

L’offre renforcée en broutards ce printemps, alors que la demande ralentit du fait de la baisse des prix des taurillons partout en Europe, conduit à ce recul généralisé et rapide des cours (lire notre article dédié au marché européen des jeunes bovins pour en savoir plus).

Disponibilités en hausse après une année 2025 très basse

Les naissances de veaux allaitants avaient été particulièrement faibles à l’automne 2024, avec le passage de plusieurs maladies vectorielles dans les bassins naisseurs. Il en avait résulté une forte baisse des disponibilités au printemps 2025. Les effectifs en hausse au printemps 2026 sont donc en hausse par rapport à ce bas niveau 2025.

Au 1er avril, 473 000 mâles allaitants de 6 à 12 mois étaient présents dans les élevages français, en hausse de 1% /2025 mais toujours en recul de 4% sur deux ans, conséquence du retour à une situation sanitaire plus classique à l’été 2025 dans les grands bassins allaitants. La situation est similaire pour les mâles allaitants de moins de 6 mois, avec 854 000 animaux présents dans les exploitations, soit +2% /2025 mais toujours -8% /2024.

Baisse des naissances printanières

On constate une nette baisse des naissances au printemps 2026. Celle-ci est cohérente avec un pic de vêlages plus important à l’automne, en lien avec le changement de saisonnalité constaté depuis plusieurs années. La baisse est probablement accentuée par l’arrivée des épizooties dans l’ouest de la France.

En mars, 353 000 veaux allaitants sont nés, en baisse de 12 000 têtes sur un an (-3%). En cumul sur trois mois, la baisse atteint 33 000 têtes (-4% /2025), avec seulement 928 000 veaux nés.

Exportations en forte baisse

Les restrictions aux importations imposées en Italie et en Espagne pour les zones vaccinales DNC en France, associées à l’ambiance plus morose du marché des jeunes bovins, conduisent à une forte baisse des exportations de broutards en début d’année 2026.

En mars, 67 000 broutards ont été exportés, en nette baisse de 14 000 têtes sur un an (-17% /2025). Sur trois mois, la baisse atteint 15% /2025, avec seulement 261 000 têtes envoyées. L’Italie était la destination de 82% de ces broutards, un niveau proche des années précédentes.

Les envois vers les pays tiers restent atones, avec seulement 1 000 broutards envoyés en Tunisie sur les trois premiers mois de l’année. Maroc et Algérie restent fermés aux broutards français.

Sur les dernières semaines disponibles (du 20 avril au 17 mai), les envois vers l’Espagne et l’Italie restaient en baisse malgré la levée des restrictions à l’import de leur côté.

Tous bovins confondus, seules 32 000 têtes ont été exportées vers l’Espagne sur cette période (-6 000 têtes /2025 ou –15%). La majorité de ces bovins sont cependant des veaux laitiers. Vers l’Italie, les envois ont atteint 50 000 têtes sur la période, en baisse de 9 000 têtes /2025 (-15%).

La baisse des exportations malgré une offre renforcée est aussi à relier à une hausse des achats par les cheptels engraisseurs français. En cumul sur les trois premiers mois de l’année, ceux-ci ont ainsi mis en place 6 000 broutards de plus qu’en 2025.