La collecte laitière française demeure fragilisée par les effets persistants de la FCO dans le Nord et l'Est. En parallèle, le maintien d’un prix incitatif et des conditions de pâturage favorables soutiennent la production dans les autres régions.
Signaux contrastés pour la collecte laitière
En février 2025, la collecte laitière française a reculé de 2,3% /février 2024, poursuivant sa baisse amorcée depuis décembre dernier. D’après les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, ce repli devrait se poursuivre en mars mais de manière plus modérée (-1% /2024).

Depuis la fin septembre, le Nord et l’Est de la France sont particulièrement touchés par la FCO. Cette crise sanitaire perturbe directement le cheptel et son renouvellement, en générant des problèmes de fécondité, d’avortement et de mortalité, susceptibles d’avoir des répercussions à long terme. Mais elle affecte aussi la collecte. En effet, de forts reculs des rendements laitiers ont été observés depuis quelques mois dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, et dans une moindre mesure dans les Hauts-de-France ainsi que dans le Centre-Val de Loire. Pourtant, le rendement laitier français a connu une forte progression en 2024, stimulé par des fourrages de haute qualité récoltés en 2023 et par une hausse significative de la distribution de concentrés. En mars, les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer ont fait état de reculs marqués de la collecte laitière, estimés entre -8% et -9% dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté. Sur les deux premières semaines d’avril, les baisses se sont poursuivies, dépassant les -6% dans le Grand Est et avoisinant les -5% en Bourgogne-Franche-Comté.
En dépit de ces replis régionaux, la collecte nationale afficherait une légère progression sur la première quinzaine d’avril. La mise à l’herbe des vaches s’est déroulée dans de bonnes conditions, contrairement à l’année précédente, et l’herbe de qualité contribue à améliorer la productivité laitière. Ainsi, les déclins observés dans l’Est sembleraient compensés par des progressions dans l’Ouest.

Un prix du lait porteur
En France, le prix du lait reste à un niveau soutenu, incitant les éleveurs à produire davantage de lait dans un contexte de tension sur la ressource laitière. Pour un lait standard (38 g/l de TB et 32 g/l de TP), le prix a atteint 485 €/1 000 litres en février 2025, porté à la fois par la fermeté du marché du beurre et par une hausse de la consommation de produits laitiers par les ménages.
Selon les estimations de l’Observatoire de l’Éleveur Laitier, le prix pourrait atteindre 486 €/1 000 litres en mars 2025. En revanche, un repli sensible serait estimé en avril, de l’ordre de 5 €/1 000 litres, avec des prix stables dans certaines laiteries et des baisses dans d’autres, en lien avec le pic saisonnier de collecte.

Les charges en élevages, d’après l’IPAMPA lait de vache (qui représente 50% des coûts de production), ont légèrement reculé en février 2025 d’un mois sur l’autre (-0,3%) et ont diminué de 2,1% / février 2024. Sur un an le recul est très marqué pour le poste aliment acheté (-5,5% /2024) et l’énergie (-10,8%). En revanche, le poste engrais a enregistré une hausse (+2,8%). La plupart des autres charges, incluses dans l’IPAMPA, sont en augmentation, à l’exception des produits de protection des cultures et du matériel. Par ailleurs, certaines charges non couvertes par l’IPAMPA, telles que les travaux réalisés par des tiers, les fermages ou encore le coût de la main-d’œuvre, continuent de progresser.

La marge MILC, estimée à 206 €/1 000 l en février, a gagné 8 € en un mois portée par la hausse du produit lait, l’augmentation du produit de la vente des animaux et un léger recul des charges. La MILC a augmenté de 56 €/1 000 l sur un an. Le produit lait a progressé de 35 €, les coproduits viande ont augmenté de 13 €, tandis que les charges se sont réduites (-8€).
