Un marché européen en manque d’offre

Le recul de l’offre sur le marché européen, alors que la demande a retrouvé du dynamisme tant dans l’UE que sur les pays tiers, maintient les prix des jeunes bovins finis à de hauts niveaux, voire conduit à une poursuite de la hausse dans certains États membres.

Des cours élevés pour les jeunes bovins finis

Alors qu’à cette saison les années précédentes les prix des jeunes bovins finis avaient déjà enclenché leur baisse saisonnière, ils se maintiennent cette année à un haut niveau en Italie et en Espagne et continuent de progresser en Allemagne. La France est à la traine par rapport aux autres États membre, même si la cotation du jeune bovin U continue de gagner 1 centime par semaine.

En semaine 16, la cotation du jeune bovin charolais « prima qualità » à la bourse de Modène s’était stabilisée à 7,10 €/kg de carcasse (+15% /2024). La cotation allemande atteignait 6,70 €/kg (+39% /2024). Le JB U français cotait quant à lui 6,38 €/kg (+18% /2024).

La cotation du JB U espagnol, arrêtée en semaine 15, atteignait 7,02 €/kg de carcasse (+27% /2024). En Espagne, la demande du Maghreb et du Liban s’est tassée avec la fin du ramadan, ce qui a suspendu la hausse des prix. Mais quelques flux vers la Méditerranée persistent ce qui continue de soutenir les cours.


De fortes tensions sur l’offre en Allemagne

L’offre en Allemagne est particulièrement restreinte, en lien avec la baisse du cheptel national et le recul des naissances de veaux, notamment ceux de race Fleckvieh, depuis de nombreux mois. Les abattages de jeunes bovins sont donc en retrait par rapport aux années précédentes.

Sur les semaines 13 à 16, les abattages de jeunes bovins étaient en recul de 5% /2024 et de 4% /2023.
Rappelons que le nombre de bovins mâles était en forte baisse sur un an dans l’enquête cheptel de novembre :

  • -8,3% pour les mâles âgés de 1 à 2 ans, à 767 000 têtes
  • -3,5% pour les mâles âgés de 8 à 12 mois, à 375 000 têtes.

Pour les mois qui viennent, les inquiétudes sont toujours vives sur le potentiel de production, la FCO ayant conduit à une réduction des naissances qui n’a pu être quantifiée pour l’instant.

Production en baisse en Italie

En Italie, la baisse des disponibilités en broutards français a réduit les mises à l’engraissement depuis de longs mois. Les sorties de jeunes bovins sont donc limitées et le premier trimestre 2025 a été particulièrement affecté.

D’après la base de données nationale d’identification, 169 900 mâles de 1 à 2 ans ont été abattus au 1er trimestre 2025 (-9% /2024 et 2023) ainsi que 137 600 femelles (-1% / 2024 et -8% /2023), soit en tout 306 500 têtes (-5% /2024 et -9% /2023).

Pour rappel, la base de données nationale enregistrait au 31 décembre 2024 une baisse de 4% du nombre de bovins mâles de 1 à 2 ans par rapport à 2023, à 306 000 têtes. La baisse était encore plus forte pour les mâles âgés de 6 à 12 mois : -7% à 299 000 têtes.