Malgré une valeur d'exportation record à 10,4 milliards d'euros et une reprise des volumes exportés en fin d'année, l'excédent commercial laitier français s'est effrité de 19% en 2025.
Croissance en valeur des exportations
En 2025, les exportations françaises de produits laitiers ont atteint 10,4 Mrds €, en progression de 2,1% /2024. La tendance demeure solidement orientée à la hausse : depuis 2015, leur valeur a augmenté de 40%. Longtemps prédominante, la destination UE avait vu sa part dans les exportations françaises reculer, passant des deux tiers des flux au début des années 2000 à 51% en 2019. Depuis, elle regagne du terrain et représente 57% des ventes en 2025.
La Belgique demeure le premier client de la France, avec 12% des exportations en valeur en 2025. Les flux vers ce marché sont dominés par les fromages (42% de la valeur) et le beurre (10%). L’Allemagne occupe la deuxième place (11% de part de marché), mais son poids s’est érodé au fil du temps. Elle représentait 17% des débouchés en 2000. Les exportations à destination de l’Allemagne sont très largement composées de fromages, qui concentrent 73% de la valeur.
Hors Union européenne, la Chine reste, depuis 2011, la première destination des produits laitiers français. En 2025, les exportations vers ce marché ont atteint 553 M€. Toutefois, les ventes en valeur s’inscrivent en retrait depuis 2022. Les laits infantiles constituent le premier produit exporté (34% de la valeur en 2025), devant les crèmes (25%).

Reprise des exportations en volume en fin d’année
En 2025, les exportations françaises de produits laitiers ont totalisé 793 000 tonnes de matière sèche utile (MSU) soit un repli de 4,6% /2024. Certains segments ont toutefois su tirer leur épingle du jeu sur l’ensemble de l’année. Tout d’abord les exportations de fromages, piliers de l’export (représentant 33% de la MSU totale), ont légèrement progressé (+2% /2024). Le lait concentré (+15%), le lait infantile (+7%) et les yaourts (+6%) ont affiché des croissances solides, contrairement au reste des produits laitiers dont les volumes ont reculé.
Deux périodes radicalement opposées se sont succédées. Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations ont subi un net coup de frein, avec un reflux des expéditions de 8% /2024. La dynamique s’est inversée au dernier quadrimestre. Depuis septembre, les exportations ont repris des couleurs avec une progression de 2,5% /2024. Cette reprise a été portée par des produits spécifiques. Le lait concentré (+67 %) a connu une progression marquée, soutenue notamment par la demande de la Pologne. Les exportations de crème (+45%) ont fortement augmenté vers l’Europe du Sud (Italie, Grèce, Espagne) ainsi que les Pays-Bas. La poudre maigre (+21%) a connu un regain de compétitivité sur le grand export, particulièrement vers l’Égypte, le Maroc, le Vietnam et la Libye. Les envois de beurre (+10%) ont augmenté vers nos voisins européens (Belgique, Allemagne, Pays-Bas). Enfin, les yaourts (+10%) et les fromages frais ou râpés (+8%) ont également affiché une belle dynamique.

Croissance en valeur des importations
En 2025, les importations françaises de produits laitiers ont atteint 7,5 Mrds €, en progression de 13,7% /2024. Depuis 2015, les achats de produits laitiers à l’étranger ont bondi de 120%. L’Union européenne demeure le fournisseur principal de la France, représentant 90% des produits importés en valeur. En dehors de l’UE, le Royaume-Uni s’impose comme le premier partenaire commercial, avec 7% des importations.
L’approvisionnement français est dominé par quatre pays européens. Les Pays-Bas (20% du total en 2025), premier fournisseur de la France, expédient essentiellement du beurre (36% de la valeur importée depuis ce pays) et des fromages (32 %). L’Allemagne (16%) fournit majoritairement des fromages, qui représentent 46% de la valeur de ses envois vers la France. L’Italie (16%) se distingue par une spécialisation marquée dans les fromages, qui concentrent 94% de la valeur des importations en provenance de ce pays. Enfin, la Belgique (14%) exporte principalement du beurre (25 % de ses expéditions vers la France) et de la crème (19 %).

Des importations en progression en volume
En 2025, les importations françaises de produits laitiers ont totalisé 607 000 tonnes de MSU soit une hausse de 4,4% /2024. Le segment des yaourts se distingue par une hausse de 18% /2024. Les importations proviennent majoritairement d’Allemagne, qui conforte son rang de premier fournisseur, mais aussi d’autres origines diversifiées comme l’Espagne, la Grèce, la Pologne et le Danemark. Les importations de fromages ont également progressé (+6% /2024). Cette dynamique est largement tirée par les fromages frais, dont les volumes importés ont bondi de 14%. Plusieurs partenaires européens et limitrophes profitent de cette tendance, notamment l’Italie, l’Allemagne, le Danemark, la Belgique ainsi que le Royaume-Uni. Les importations de beurre ont augmenté de 5%. Cette hausse est particulièrement marquée en provenance de Finlande, Irlande, Pologne et Royaume-Uni.

Le solde commercial s’effrite
Bien que la balance commerciale des produits laitiers français demeure positive en 2025 avec un excédent de 2,88 Mrds €, le solde s’est contracté de 19% /2024. La dégradation est généralisée à l’ensemble des catégories de produits. Cette érosion a été sévère pour la crème dont le solde s’est effondré de 53% /2024. Le solde des fromages a reculé de 19%. Le déficit commercial du beurre a continué de se creuser.
Notre solde s’est particulièrement dégradé avec la Belgique (-31% /2024), le Royaume-Uni (-27%) et la Pologne (-22%).

