La collecte en hausse soutient les fabrications laitières. Les ventes de produits laitiers en magasins sont stables mais les exportations reculent.
Des fabrications en forte progression
En septembre, les fabrications françaises de produits laitiers ont été en nette hausse, portées par une collecte particulièrement dynamique (voir article collecte). La production progresse pour l’ensemble des catégories, à l’exception des poudres grasses, en fort repli en raison d’une demande plus faible des industriels du chocolat, eux-mêmes confrontés à la baisse de leurs ventes de produits finis. Les fabrications de beurre (+17% /sept 2024) et de poudre maigre (+15%) ont été particulièrement soutenues.
Sur 12 mois glissants, les volumes fabriqués ont globalement augmenté, dans le sillage de la hausse de la collecte. Les productions de crème conditionnée, de beurre, de poudres conditionnées et de fromages affichent des progressions comprises entre 2 et 5%. Les fabrications de yaourts et de poudre maigre sont restées stables. En revanche, celles de lait conditionné (-3%) et de poudres grasses (-11%) ont reculé.

Les débouchés des produits laitiers français sont variés, dominés par les exports et les ventes aux ménages de produits laitiers « bruts » (c’est-à-dire consommables tels quels comme le lait, les yaourts, la crème, le beurre ou encore les fromages). Les produits laitiers sont également utilisés en food service (produits alimentaires préparés et consommés hors domicile) ou par des industriels qui les intègrent dans leurs recettes, notamment dans la boulangerie viennoiserie pâtisserie, la biscuiterie, les glaces, le chocolat ou encore les plats préparés. Ces deux derniers types de débouchés ne sont pas détaillés ici.
Des ventes en magasins stables
Sur la période 11 (du 5 octobre au 2 novembre 2025), les ventes de produits laitiers en magasins ont progressé de 0,4% /2024 en équivalent lait. La dynamique a été particulièrement marquée pour les yaourts (+5,5%), la crème (+2,9%) et les fromages frais (+1,8%), tandis que le lait conditionné et les desserts lactés frais poursuivent leur repli.
Sur 1 an glissant, les ventes en magasins sont restées stables (+0,1%). Le recul est fort pour le lait conditionné (-2,7%) et le beurre (-1,7%). À l’inverse, les ventes de crème demeurent soutenues, en particulier pour la crème fraîche extra-légère (+8,5%), les crèmes UHT légère (+4,8%) et extra-légère (+4,6%). Les yaourts (+3,6%) et les fromages frais (+2,2%) confirment également cette tendance. Les ventes de fromages en libre-service ont progressé de 2%, malgré un recul de 2% pour les fromages à pâte molle.

Net repli des exportations laitières
Le débouché export des produits laitiers connaît un fort recul. En cumul de janvier à septembre 2025, les exportations ont diminué en équivalent lait de 7,2% /2024. Tous les produits laitiers sont touchés par cette baisse à l’exception des fromages (+2%), des yaourts (+5%) et des laits infantiles (+9%).
Malgré la hausse globale des exportations de fromages, certaines catégories ont subi des baisses importantes. Les exportations d’emmental ont reculé de 8%, en raison d’un net repli vers l’Espagne (-47%, 5ᵉ client) et les États-Unis (-29%, 7ᵉ client). La progression des exportations est portée par les fromages à fondre (+11%), avec des hausses marquées vers le Danemark (+26%, 1ᵉʳ client) et les Pays-Bas (+19%, 2ᵉ client). Les fromages frais et blancs ont enregistré également une forte progression (+8%), stimulée par les achats du Royaume-Uni (+69%, 3ᵉ client), tandis que les fromages râpés ont augmenté de 6%, notamment grâce à la Belgique (+12%, 2ᵉ client).
Les exportations de lait liquide vrac ont été en net recul (-15%) avec des baisses sensibles vers la Belgique (-40%), l’Espagne (-13%) et l’Allemagne (-19%), et malgré un doublement des exportations vers les Pays-Bas (+100%).
Pour la crème, le recul a été sévère (-27%) particulièrement vers les deux principaux clients : Belgique (-36%) et Chine (-26%). Enfin, les exportations de poudre maigre vrac se sont contractées de 12%, affectées par une baisse de 25% vers les Pays-Bas, premier client, alors que les flux vers l’Espagne (+16%) et le Maroc (+22%) ont progressé.

Dynamique soutenue des imports
Malgré une collecte dynamique et des exportations en baisse, les importations de produits laitiers ont progressé de 3,1% en équivalent lait en cumul de janvier à septembre 2025. La hausse concerne l’ensemble des produits laitiers, à l’exception des laits conditionnés, des crèmes et du lactosérum.
Les importations ont continué d’augmenter pour les fromages (+4%) et le beurre (+5%), qui restent les deux principales catégories importées. Pour les fromages, l’évolution est contrastée selon les segments. Les importations d’emmental ont reculé de 19%, avec une baisse particulièrement marquée depuis l’Allemagne, premier fournisseur, où elles ont diminué de 17%. Les volumes de fromages râpés ont également légèrement reculé, de 1%. À l’inverse, les importations de gouda ont progressé de 8%, malgré un recul de 7% en provenance des Pays-Bas, premier fournisseur, tandis que les volumes en provenance de Belgique ont fortement augmenté, avec une hausse de 126%. Les importations de fromages de type italien ont également affiché une croissance soutenue (+8%). Celles de fromages frais et blancs ont progressé de 20%, avec une hausse de 16% en provenance d’Italie, premier fournisseur, et de 18% depuis l’Allemagne.
Pour le beurre, la France importe majoritairement du beurre vrac, qui représente 96% des volumes importés. Les achats en provenance d’Irlande, deuxième fournisseur, ont fortement progressé (+62%), l’Irlande ayant perdu une part importante du débouché américain dont elle était le principal fournisseur en 2024. Elles ont reculé de 3% en provenance des Pays-Bas, premier fournisseur, de 8% depuis la Belgique et de 17% depuis l’Allemagne.

