Les sorties d’agneaux sont en recul début 2026 et les abattages également. La baisse des entrées dans les ateliers d’engraissement en début d’hiver s’illustre désormais. Le bas niveau de consommation pèse sur la cotation qui se rapproche malgré tout de son haut niveau de 2025 début février.
L’approche du ramadan soutient le cours français
En semaine 7 de 2026 (se terminant le 15 février), la cotation entrée abattoir de l’agneau français atteignait 9,70 €/kg, en recul de 0,03 €/kg d’une semaine sur l’autre. Elle restait par ailleurs 0,17 €/kg sous son niveau de 2025. La consommation est réduite avec les vacances d’hiver mais l’approche du ramadan (semaines 8 à 12) permet de soutenir la cotation.

En décembre 2025, l’IPAMPA ovin viande était en légère baisse d’un mois sur l’autre comme d’une année sur l’autre. Si on regarde dans le détail :
• L’indice énergie et lubrifiants a chuté de 10% d’un mois sur l’autre et de 13% /2024 ;
• L’indice engrais était stable d’un mois sur l’autre et en hausse de 12% d’une année sur l’autre ;
• L’indice aliments achetés était stable d’un mois sur l’autre et reculait de 5% d’une année sur l’autre.
En moyenne sur 2025, l’indice énergie baisse de 10%, l’aliment acheté de 3% et l’engrais est à la hausse, de 7%/2024. Attention, d’autres charges comme le travail effectué par un tiers ou le fermage ne sont pas incluses dans l’IPAMPA.
Les abattages français reculent davantage en effectif qu’en volume en 2025
Selon Agreste, la production abattue de viande ovine était en recul de 3% d’une année sur l’autre sur 2025, à 66 000 téc, et de 13% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2020-2024).
Sur la période, les abattages d’agneaux ont diminué de 6 % en effectif et de 3 % en volume. Ceux de réformes de respectivement 5 et 2 %. Ces replis sont au moins en partie imputables à l’épidémie de FCO qui a accru la mortalité des reproducteurs dans de nombreux élevages. L’alourdissement des carcasses est surtout dû à un retard d’abattage qui a commencé dès le début de l’été, à cause encore une fois de la FCO, qui a provoqué des avortements fin 2024. Le poids moyen de carcasse des agneaux est passé de 18,4 à 18,9 kgéc tandis que celui des réformes de 26,3 à 27,2 kgéc.

Selon les données d’Ovinfos, fournies par Interbev, les volumes abattus en janvier 2026 seraient bien en-deçà des volumes de 2025. Cela résulte en grande partie du recul des entrées observé dans les centres d’engraissement fin 2025, combiné à une vive hausse des exports d’agneaux vifs.
Les exports français d’agneaux vivants ont doublé d’une année sur l’autre en novembre, puis augmenté de 20% en décembre 2025, totalisant 468 000 têtes sur l’année. Au total, ils ont bondi de 15% d’une année sur l’autre, progressant surtout vers l’Espagne et l’Allemagne. Les exports de réformes étaient stables sur 2025, augmentant vers l’Italie mais baissant fortement vers la Hongrie et Chypre.
Les importations françaises d’agneaux vivants ont diminué en 2025, de 41% /2024, totalisant 79 000 têtes. Elles reculent d’Espagne, notre principal fournisseur. Les imports de réformes, toutes espagnoles, ont baissé de 33% /2024, à 13 600 têtes. Ces reculs participent à la baisse des abattages en France.
Chute des importations de viande ovine en décembre 2025
Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) ont vu leurs volumes baisser en 2025 (-6,9 %), totalisant 79 140 téc. Elles ont reculé en provenance de nos principaux fournisseurs, avec -7% de tonnages issus du Royaume-Uni (flux en hausse jusqu’en novembre), -13% depuis l’Irlande, -4% depuis la Nouvelle-Zélande et -14% depuis l’Espagne.

Les importations françaises de viande ovine ont reculé de 15 % comparées à la moyenne 2015-2019.
En décembre 2025, les importations de viande ovine ont chuté, faisant passer la baisse des volumes importés de -3,6% en cumul 11 mois à -6,9% en cumul 12 mois de 2025, comparé à décembre 2024. Un problème sur des carcasses ovines britanniques contrôlées à Calais a engendré le blocage de plusieurs camions.
La baisse du disponible français en viande ovine s’accentue en 2025
En 2025, les abattages français sont toujours en repli d’une année sur l’autre, tout comme les importations de viande ovine, faisant baisser les disponibilités consommables.

Le disponible français en viande ovine recule ainsi de 5,4% /2024 et même de 17 % comparé à la moyenne 2015-2019.
Selon le panel Kantar, les achats de viande ovine par les ménages français ont baissé de 13% sur 11 mois en 2025 comparés à 2024, parallèlement à une hausse de 9% du prix moyen (à 19,82 €/kg). Les données de décembre ne sont pas encore publiées.
La consommation reste modeste et les agneaux qui sortent au 1er semestre, moins nombreux, devraient voir leurs achats se tasser à l’été, une nouvelle fois. La demande pour le ramadan devrait elle aussi rester modeste car même s’ils sont légèrement retombés, les prix de la viande ovine restent trop élevés pour beaucoup de consommateurs.
