Les livraisons de lait de chèvre en 2025 ont presque rattrapé leur niveau de 2024, malgré une première partie d’année très en retrait. Début 2026, la collecte est plus dynamique qu’un an auparavant et la consommation croit toujours.
Une année laitière en deux temps
La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 28,4 millions de litres en décembre 2025, une hausse de 6% /2024.

2025 se termine avec une collecte presque au niveau de 2024, à 496,8 millions de litres (-0,3% /2024, avec correction de l’effet année bissextile de 2024). L’année s’est déroulée en deux temps : un premier semestre en retrait (-3,5% /2024) et un second beaucoup plus dynamique (+3,0% /2024) qui a donc presque permis de rattraper le retard pris en début d’année.

D’après les données de l’enquête hebdomadaire de FranceAgriMer, la nouvelle campagne laitière a débuté à la hausse, avec une collecte supérieure à 2025 en cumul sur les cinq premières semaines de 2026 (+4,8%).
Le nombre de points de collecte de lait de chèvre a reculé de 2% sur l’ensemble du territoire en 2025. Mais ce chiffre cache de fortes disparités, que l’on observe aussi dans les données de collecte (lire ci-après). Ainsi, en mai, au pic de collecte, la région AURA affichait un recul de 7% du nombre de points de collecte par rapport à mai 2024, tandis que la Nouvelle-Aquitaine était à -4%, et l’Occitanie et les Pays de la Loire à -1%. En région Centre-Val de Loire, au contraire, le nombre de points de collecte avait progressé de 5%.
Livraisons du Centre-Val de Loire et d’Occitanie en hausse en 2025
En cumul sur 2025, la collecte a évolué d’une année sur l’autre comme suit :
- +3% en Centre-Val de Loire,
- +1% en Occitanie
- stable en Pays de la Loire
- -1% en AURA
- -3% en Nouvelle-Aquitaine.

Sur le mois de décembre, les livraisons sont en hausse de 9% en AURA et en Centre-Val de Loire, de 7% en Pays de la Loire et de 4% Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.
Hausse des approvisionnements totaux
Les stocks de produits de report caprins sont en légère hausse sur un an en décembre (+1% /2024) et en retrait par rapport au mois de novembre (-17%).
Les industriels français ont importé 4,6 millions de litres équivalent lait en décembre (-22% /2024 et -7% /novembre 2025). En cumul annuel, les importations s’élèvent à un peu moins de 60 millions de litres équivalent lait (+16% /2024 mais -15% /2022). Elles ont permis de compenser le fort recul de la collecte sur les premiers mois de l’année alors que la consommation était quant à elle dynamique.
Les approvisionnements des transformateurs affichent une petite hausse par rapport à décembre 2024, à 33,0 millions de litres (+1% /2024).

En cumul sur l’année 2025, ils ont donc transformé 557 millions de litres de lait de chèvre (collecte et importations), un niveau légèrement supérieur à 2024 (+1,2% /2024).
Fabrications de fromages stables, ultra-frais en hausse
Les fabrications de fromages de chèvre sont en hausse de 2,3% d’une année sur l’autre en décembre, totalisant 8 109 tonnes. En cumul depuis janvier, les volumes atteignent 97 370 tonnes (-0,5% /2024).

Les fromages de chèvre dits « à la coupe », c’est-à-dire destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agro-alimentaire, ont souffert en 2025 des difficultés économiques des restaurants. Les volumes fabriqués sont en recul de 6% /2024, avec notamment une baisse de 8% des bûches de 1kg. Les fromages frais progressent significativement (+2% /2024) principalement grâce à la forte croissance des « spécialités fromagères à tartiner » (+5% /2024) et des « autres fromages frais » (+12%).

En cumul, les fabrications de fromages de chèvres à la pièce destinés à la vente au détail sont en recul de 1% /2024. La bûchette reste leader en volume mais recule en cumul depuis le début de l’année (-1% /2024), malgré un mois de décembre en hausse (+8% /2024). Des promotions de fin d’année ont boosté les ventes de fromages de chèvre fin 2025, nécessitant des hausses de fabrications. Les crottins progressent légèrement (+3% /2024) ainsi que les autres fromages affinés à la pièce (+1% /2024), tandis que les pyramident décrochent (-10% /2024).
L’ultra-frais termine 2025 sur sa bonne dynamique, avec 1 400 tonnes fabriquées en décembre (+7% /2024).

En cumul sur l’année, les fabrications d’ultra-frais sont en hausse de 4% /2024, à 16 250 tonnes. Quant au lait de consommation, 11 440 litres ont été mis en bouteilles en 2025, soit un recul de 2% /2024.
Les marques nationales reprennent du terrain
Au cours de la première période 2026 du panel Circana (du 29/12/2025 au 25/01/2026), les ventes de fromages de chèvre sont en hausse en volume (+3,5% /P1 2025) et en valeur (+3,3%). À noter que la P1 2025 comprenait aussi les derniers jours de 2024 et donc des achats dits « plaisirs » pour les fêtes. Les achats des ménages au rayon libre-service des grandes surfaces sont toujours sur une dynamique positive. Le prix moyen de vente est relativement stable (-0,1% /P1 2025).

Les marques nationales continuent de reprendre du terrain, avec des volumes en hausse de 7,7% sur la P1 2026 et de 2,5% en cumul annuel mobile CAM. Les marques de distributeurs affichent -0,2% sur la P1 2026 et seulement +0,7% en CAM. Les marques nationales ont 44% des parts de marché au rayon libre-service des GMS tandis que les MDD sont à 48% (-1 point /2024).
Ce dynamisme des achats cache de fortes disparités. Ainsi, les AOP sont en retrait de 4,1% sur la première période et de 2,3% en cumul annuel mobile (CAM). En CAM, les ventes de Rocamadour (seconde AOP caprine en volume) ont diminué de 3,7%, mais sur la seule première période, elles sont en hausse de 10%. Quant à la première AOP caprine, le Sainte-Maure-de-Touraine, elle affiche une baisse de 0,2% sur la P1 2026 et de 4% en CAM.
Les achats de fromages bio par les ménages ont reculé de 6,2% en CAM, mais sont en hausse de 11,9% sur la P1.
Quant aux produits frais, leur dynamisme se confirme dans les achats, en hausse de 23,1% en CAM.
