Prix records pour un début d’année

Le recul des disponibilités en veaux laitiers continue d’entraîner les prix à la hausse début 2025 tout en réduisant les exportations. Les engraisseurs espagnols se tournent vers d’autres origines pour remplir leurs ateliers.

Cours haussiers début janvier

En décembre, les cours des veaux laitiers s’étaient stabilisés à un niveau élevé après leur forte hausse en novembre. En début d’année, ils ont de nouveau grimpé.

En semaine 3:

  • Le veau mâle Holstein de 45 à 50 kg cotait 131 €/tête, en hausse de 12 € sur quatre semaines et à plus du double de son cours de début 2024. Ce niveau est même supérieur aux maximums observés entre 2019 et 2023.
  • Le veau mâle Holstein de 50 à 55 kg suivait la même tendance, à 158 €/tête (+12 € en quatre semaines et ×2 /2024).
  • Les veaux mâles de type viande (croisés et allaitants) connaissaient une hausse plus mesurée, à 291 €/tête (+63 € ou +28% /2024).

Disponibilités en forte baisse

À l’origine de cette envolée des cours se trouvent les disponibilités limitées en veaux laitiers pour l’engraissement et l’export.

Les naissances de veaux laitiers avaient reculé de 6,9% en octobre, à 304 000 têtes, soit un manque de 22 000 veaux sur un an. Ce creux de naissances pèse sur les disponibilités vingt jours à un mois plus tard, lorsque les veaux sont vendus, d’où une hausse des cours en novembre. En novembre, le recul des mises bas a été moindre avec 291 000 veaux nés, soit une baisse de 3,1% /2023.

En cumul sur onze mois, 2 824 000 veaux sont nés de mère laitière, soit une baisse mesurée de 1,9% /2023. Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement (tous les mâles, et les femelles croisées lait-viande) reculaient dans la même mesure, à 1 683 000 têtes (-2,0% /2023).

Au 1er décembre, le cheptel laitier était en recul de 2% sur un an.

Recul des exportations de veaux laitiers

Sous la double pression de la baisse des disponibilités et de la hausse des prix, les exportations de veaux laitiers étaient en nette baisse en 2024.

En novembre, seuls 34 000 veaux laitiers de moins de deux mois ont été exportés d’après SPIE-BDNI, en recul de 8,1% /2023. En cumul sur 48 semaines (jusqu’au 1er décembre), 319 000 veaux ont été exportés toutes destinations confondues, soit une baisse de 3,3% /2023.

D’après les Douanes françaises, l’Espagne représentait toujours la destination de 88% des veaux exportés, un niveau égal à l’année dernière.

Hausse des prix des veaux espagnols

Les cours des veaux frisons espagnols ont démarré l’année sur une nette hausse, dans la foulée de leur croissance au second semestre 2024, à contre-saison de la baisse habituellement constatée par le passé.

En semaine 2, les veaux frisons de moins d’un mois cotaient ainsi 149 €, en hausse à nouveau de 4 € sur quatre semaines et très nettement au-dessus des cours des années précédentes (+67% /2024, +22% /2023). La très bonne demande européenne et méditerranéenne en viande bovine tire les cours des jeunes bovins espagnols (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe), ce qui fait mécaniquement augmenter la demande pour les veaux laitiers, d’autant plus dans un contexte de baisse de l’offre en veaux laitiers français.

Une diversification des origines pour les engraisseurs espagnols

Conséquence de la baisse de l’offre française et de son coût élevé, les engraisseurs espagnols se sont tournés vers d’autres origines pour leurs veaux.

D’après les Douanes espagnoles, les veaux français n’ont représenté que 49% des veaux laitiers importés sur les dix premiers mois de 2024, contre plus de la moitié les deux années précédentes. Les importations de veaux irlandais étaient en forte hausse de 14% sur un an, à 64 000 têtes, alors que ceux d’Italie ont plus que doublé (×2,2), à 47 000 têtes. Les importations depuis le Portugal ont également fortement augmenté (×2,8), à 14 000 têtes.