Moindre recul de la production française

En 2024, la production française de viande de veau s’est érodée de 3,9%. Ce recul est cependant nettement inférieur à la chute constatée en 2022 et 2023.

Abattages stables en décembre

Les abattages de veaux de boucherie ont été dynamiques en décembre, ce qui permet de limiter le recul de la production.

En décembre, 86 000 veaux ont été abattus, un niveau très proche (+0,2%) de celui de décembre 2023.

Sur douze mois, la production atteint 1,010 million de têtes, en baisse de 3,9% par rapport à 2023. La fluidité du marché tout au long de l’année a conduit par ailleurs à un léger rajeunissement des veaux abattus (188,4 jours en moyenne sur onze mois, soit -0,2 jour /2023) et à un recul des poids carcasse (145,9 kg, soit -0,6 kg /2023, sur douze mois). Le corollaire de ces bonnes conditions de commercialisation est un recul plus élevé en volumes qu’en têtes, avec 147 000 téc produites sur l’année (-4,3% /2023).

Cours stables à bon niveau

Les cours des veaux gras étaient stables à un niveau élevé début janvier 2025.

En semaine 3 :

  • Le veau de boucherie rosé clair O élevé en atelier cotait 7,67 €/kg de carcasse, stable (-1 ct) sur quatre semaines et nettement supérieur (+33 cts) à l’année dernière.
  • Le veau de boucherie rosé clair R élevé en atelier suivait la même tendance, à 7,92 €/kg (+4 cts en quatre semaines, +40 cts /2023).
  • Les cours des veaux sous la mère se stabilisaient également à un bon niveau : en moyenne sur les quatre dernières semaines (2024-s 52 à 2025-s 3), le veau rosé clair U élevé au pis cotait 10,14 €/kg, soit 28 cts de plus qu’il y a un an.

Les différences de prix entre les catégories de veaux s’expliquent par la conformation des carcasses mais aussi par les marchés auxquels ils sont destinés. Pour en apprendre plus sur l’organisation de la commercialisation de la viande veau en France, nous vous conseillons la lecture de « Où va le veau ? », dossier économie de l’élevage n°554. 

Cours des aliments lactés stables

Les cours des matières premières lactées ont démarré l’année à un niveau très proche des deux années précédentes.

En semaine 2 :

  • La poudre de lactosérum doux cotait 850 €/t d’après ATLA, un niveau légèrement supérieur (+5%) à début 2024.
  • La poudre de lait maigre, utilisée pour les veaux allaitants et les animaux de conformation supérieure, cotait 2 500 €/t, en léger repli (-5%) sur quatre semaines et très proche (+1%) de l’année dernière.
  • L’indice agrégé IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux était pour sa part en hausse en novembre, à 134,5 pts (+1% en un mois, mais -2% /2023), traduisant les soubresauts des cours des ingrédients lactés en fin d’automne.

Les prix des aliments solides poursuivaient leur repli en fin d’année, dans la lignée de la baisse des cours des céréales.

En novembre, l’IPAMPA autres aliments pour veaux poursuivait son recul à 128,4 pts (-5% /janvier 2024), et était désormais nettement inférieur aux deux années précédentes (-6% /2023 et -15% /2022).

Après un pic en début d’automne, les cours de l’énergie s’étaient un peu repliés, retrouvant leurs niveaux de fin d’été.

En novembre, l’indice de prix du propane calculé à partir des données du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en base 100 en 2015, s’élevait à 135,5 pts, en recul de 2,5% sur un mois et proche (+0,1%) de son niveau de novembre 2023. Il reste toutefois supérieur de 15,6% à l’indice de 2019.

Changement de méthode de calcul des cours aux Pays-Bas

Les cotations néerlandaises des veaux de boucherie ont subi une double transformation au 1er janvier 2025.

Historiquement, les prix au kg étaient calculés sur un poids administratif, calculé à partir du poids carcasse des animaux auquel venait s’ajouter un correctif de 7,5 kg pour tenir compte des disparités de présentation des carcasses entre pays de l’UE. Cette règle a été abandonnée au 31 décembre 2024, provoquant une rupture de série dans les cours des veaux.

Par ailleurs, le taux de TVA applicable aux produits agroalimentaires est passé de 9% à 21% au 1er janvier.

Tous ces changements sont expliqués dans un article de de kalverhouder.

Nous suivrons donc désormais la cotation hors taxe des veaux pie-noir néerlandais. Pour pouvoir comparer les années entre elles, nous avons corrigé les cotations des années précédentes pour supprimer l’ajout de poids administratif sur les poids des carcasses.

Poursuite de la hausse des cours aux Pays-Bas

La bonne demande européenne en viande de veau tire les cours des veaux de boucherie néerlandais en début d’année.

En semaine 3, le veau de boucherie pie-noir néerlandais cotait 6,77 €/kg de carcasse, en nette hausse de 17 cts en quatre semaines et supérieur de 99 cts à son niveau de début 2024, malgré une production en hausse.

En effet, si le nombre de veaux abattus sur dix mois aux Pays-Bas est très proche de l’année dernière, avec 1 160 000 têtes, la hausse des poids carcasse conduit à une augmentation de la production, à 181 000 téc (+2,1% /2023).