Les prix des jeunes bovins poursuivent leur hausse dans plusieurs États membres, témoignant d’une pénurie d’offre alors que la demande a retrouvé du dynamisme. Après l’Espagne, c’est l’Allemagne qui enregistre une hausse spectaculaire des cours.
Les cours repartent à la hausse en Italie et poursuivent sur leur lancée en Allemagne
Le manque d’offre sur le marché européen conduit à une hausse des prix des jeunes bovins, contrant l’effet saisonnier du ralentissement de la demande qui traditionnellement oriente les cours à la baisse au printemps.

En semaine 20, la cotation du jeune bovin charolais italien « prima qualità » sur la bourse de Modène est repartie à la hausse, gagnant 7 centimes en une semaine, à 7,17 €/kg de carcasse.
La cotation du jeune bovin U allemand poursuit sa progression rapide. Elle a gagné 1,04 €/kg de carcasse depuis le début de l’année, atteignant 6,89 €/kg en semaine 20 (+41% / 2024).
Celle du jeune bovin U espagnol oscille autour de 7 €/kg depuis fin février après avoir enregistré une hausse spectaculaire, liée à la forte demande pour le ramadan dans les pays du pourtour méditerranéen.
La cotation du jeune bovin U français semble à la traîne par rapport à ses voisines. À 6,49 €/kg de carcasse en semaine 20 (+22% /2023), elle n’a augmenté que de 61 centimes depuis le début de l’année.
Pourquoi une hausse si vive des prix en Allemagne ?
Les prix allemands ne semblent pas trouver de limite. À ce rythme ils pourraient rattraper les prix espagnols, voire les prix italiens.
C’est que l’offre est particulièrement restreinte en Allemagne, tant en jeunes bovins qu’en vaches de réforme (voir l’article sur les vaches en UE). Les abatteurs sont donc en forte concurrence pour l’approvisionnement en bovins finis et sont prêts à rajouter des centimes chaque semaine pour faire tourner leurs outils et amortir leurs charges fixes.
En outre, les engraisseurs voyant les prix monter retiennent leurs animaux pour gagner quelques kilos et quelques euros, accentuant momentanément la pénurie, et ce d’autant plus que les veaux Fleckvieh sont particulièrement chers (voir l’article sur les veaux laitiers) et que les difficultés pour s’en procurer n’incitent pas les engraisseurs à vider leurs ateliers.
Résultat, les abattages de jeunes bovins sont en net retrait par rapport aux années précédentes. Sur les semaines 17 à 20, ils étaient en recul de 9 % /2024 et de 16% /2023.

