Les marchés perturbés par la DNC

L’apparition puis la diffusion de la DNC en France impacte lourdement les éleveurs touchés par cette maladie. Autre conséquence, la création de zones vaccinales complique les sorties d’animaux vers les zones indemnes ou à l’export. Certains marchés sont suspendus et les animaux doivent rester plus longtemps en ferme, s’alourdissant alors que les acheteurs privilégient les animaux plus légers.

Seuls les prix des croisés légers augmentent encore

Après deux semaines de fermeture des frontières à l’export de vif fin octobre, dans le cadre de la lutte française contre la DNC, et par conséquent d’interruption des cotations, les échanges ont repris début novembre. Les cours ont amorcé leur baisse saisonnière de fin d’automne, liée aux sorties d’animaux. Exception notable à cette baisse, les mâles croisés R de 300kg. Côté femelles, les prix se maintiennent malgré des courants contraires.

En semaine 50 :

  • les broutards charolais U de 350 kg atteignaient 5,97 €/kg vif en semaine 50 (+1,92 € /2024, -13 cts en 4 semaines),
  • les broutards limousins E de 350 kg cotaient à 5,95 €/kg vif (+1,75 € /2024 et stables sur quatre semaines),
  • les broutards croisés R de 300 kg atteignaient 6,05 €/kg vif (+2,25 € /2024, +5 cts en quatre semaines).

Pour les femelles, les cours des Charolaises U de 270 kg sont en recul tandis que ceux des Limousines E de 270 kg sont stables :

  • les femelles charolaises U de 270 kg, moins prisées à l’export et en France après une forte demande, cotaient à 5,58 €/kg vif en semaine 50 (+1,56 € /2024 et -12 cts en quatre semaines),
  • le cours des femelles limousines E de 270 kg s’élevait à 5,70 €/kg vif (+1,80 € /2024 et stable sur quatre semaines).

Les prix actuels des broutards engendrent un besoin en trésorerie conséquent, qui augmente avec le poids des animaux. Avec la propagation de la DNC sur le territoire, les naisseurs des zones règlementées ont dû garder leurs animaux plus longtemps, ce qui a alourdi dans ces zones les broutards. Or actuellement, les acheteurs privilégient les animaux moins lourds. En effet ces animaux, bien que souvent plus chers au kilo, représentent une avance de trésorerie moins importante à la tête. Par ailleurs, le coût alimentaire reste contenu depuis plusieurs mois.

La création de zones vaccinales de plus en plus étendues, depuis lesquelles les mouvements d’animaux vers les zones indemnes et à l’export doivent respecter un protocole strict, peut créer des conditions de marché contrastées. D’un côté, les animaux issus des zones indemnes – qui peuvent circuler et être exportés librement – sont très demandés. De l’autre, les broutards vaccinés sont peu demandés d’après les retours récents, en France, et surtout pour l’Italie (un accord est en cours de négociation avec l’Espagne pour l’export d’animaux vaccinés). Le protocole d’export est contraignant et la demande en France semble pour l’instant suffisante pour absorber ces animaux vaccinés. Cependant, les dernières décisions du gouvernement concernant la vaccination vont mathématiquement augmenter leur nombre. En effet, le 16 décembre, le premier ministre a annoncé l’extension du « cordon sanitaire vaccinal des Pyrénées » au Tarn et à l’Hérault. L’ensemble des éléments (carte des différentes zones, protocole pour les mouvements d’animaux…) sont disponible sur le site du ministère de l’Agriculture.

Hausse des naissances de mères allaitantes en octobre

En octobre 2025, les naissances ont marqué une hausse de 7% /2024. Il est à noter que les naissances d’octobre 2024 étaient particulièrement basses à cause notamment de la FCO. Si on compare octobre 2025 aux années antérieures, les naissances sont en retrait de 5% /2023 et 3% /2022.

Sur le premier quadrimestre de la campagne 2025-2026, 871 000 veaux allaitants sont nés, soit 21 000 de plus qu’en début de campagne 2024-2025 (+2,5% /2024-2025) grâce aux mois de juillet (+19% /2024) et d’octobre.

En cumul depuis le début de l’année 2025, 2,50 millions de veaux allaitants sont nés, soit 79 000 têtes de moins qu’en 2024, ou -3%.

Nouveau recul des effectifs de mâles de 6 à 12 mois

Au 1er novembre, 569 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents en France, un chiffre stable par rapport à 2024. Pour les broutards de six à douze mois, la baisse d’effectif est de 5% /2024, avec 711 000 mâles présents.

Effet visible de la fermeture des frontières pendant deux semaines en octobre

Pour lutter contre la propagation de la DNC et rassurer nos partenaires européens, la ministre de l’Agriculture avait pris la décision le 17 octobre de fermer les frontières françaises à l’export de bovins vifs. Cette mesure a été levée le 1er novembre et ses effets sont visibles, avec un recul de 39% des exportations de broutards sur les semaines 40 à 44 (du 29/09 au 2/11), et seulement 59 000 têtes exportées.

En cumul sur 44 semaines, le retrait des exportations française de broutards s’est creusé en un mois, à 746 000 têtes exportées (-6% /2024 ou -45 000 têtes).

Cette baisse des exportations touche les Charolais un peu plus que les Limousins : en 44 semaines, 218 000 broutards charolais ont été exportés (-7% /2024), tandis que les envois de Limousins étaient en baisse de 3% /2024 à 250 000 têtes. Les naissances charolaises se réduisent plus fortement que les limousines. Les animaux plus lourds sont moins demandés à l’export, ce qui touche plutôt les Charolais, qui comptent plus d’animaux de plus de 400 kg que les Limousins. Il est à noter qu’en 2022, les Charolais étaient plus nombreux à l’export que les Limousins et que ces derniers sont maintenant supérieurs dans les exports en nombre de têtes.

Recul de 44% des envois vers l’Italie en octobre

En octobre, 46 000 broutards ont été exportés vers l’Italie d’après les Douanes françaises, en retrait de 36 000 têtes /2024, soit -44% /2024. 13 000 femelles ont été envoyées, soit -37% /2024, ainsi que 30 000 mâles de plus de 300 kg, soit -45% /2024.

Sur dix mois on compte 615 000 broutards exportés vers l’Italie (-7% /2024), dont 405 000 mâles de plus de 300 kg (-11% /2024).

 Pour l’Espagne, en octobre 2025, 8 000 têtes ont été envoyées (-22% /2024), dont :

  • 4 300 bovins de 160 à 300 kg (-20% /2024),
  • 3 100 mâles de plus de 300 kg (-28% /2024).

Sur dix mois, 119 000 broutards ont été exportés vers l’Espagne (+26 000 têtes /2024 ou +28%), dont :

  • 54 000 broutards de 160 à 300 kg (+16% /2024)
  • 56 000 mâles de plus de 300 kg (+37% /2024)

Compensation sur les exports de novembre

D’après des données TRACES, les exports de bovins vifs vers l’Espagne et l’Italie ont rebondi en novembre pour compenser les deux semaines de fermeture d’octobre.

Sur les semaines 45 à 50 (du 3/11 au 14/12) les envois français de bovins vivants ont augmenté de 22% vers l’Espagne et de 6% vers l’Italie par rapport à la même période de 2024.