Les exports français à un niveau intermédiaire entre 2023 et 2024

En octobre 2025, les exports français de viande bovine ont certes reculé par rapport à 2024, mais restaient tout de même en hausse comparés à 2023. Les imports ont progressé, faute de disponibilités nationales suffisantes, tandis que le prix au consommateur progresse encore.

En octobre, les exports à un niveau intermédiaire entre 2023 et 2024

En octobre 2025, les exportations françaises de viandes bovines ont fortement reculé, de 14% par rapport à l’excellent mois d’octobre 2024, alors stimulé par les forts besoins en viande en UE et les sorties dynamiques de jeunes bovins en France. Les volumes d’octobre 2025, à 20 900 téc restaient tout de même à un niveau bien supérieur à celui de 2023 (+10%). Nos exportations cumulées sur les dix premiers mois de l’année restaient en progrès de 1% /2024 (+1 500 téc) à 201 000 téc, grâce à un prix français plus compétitif que dans de nombreux États membres, du printemps jusqu’à l’automne (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Au cours des dix premiers mois de 2025, les expéditions françaises de viande bovine ont progressé vers :

  • l’Italie (+1% /2024, -300 téc à 46 000 téc), bien qu’ils soient ralentis depuis septembre,
  • la Belgique (+9%, à 20 500 téc), en manque de bovins à abattre du fait du recul de son cheptel,
  • les Pays-Bas (+9%, +2 500 téc) à 31 500 téc, notamment du fait de la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+2 500 téc) dont une part est réexportée vers la Hollande. Cependant, le Royaume-Uni a sans doute augmenté ses envois nets vers la France, pour approvisionner notre marché en manque de viande de vache,
  • l’Espagne (+36%) à 5 000 téc, bien que les expéditions reculent à présent depuis septembre,
  • le Portugal (+31%) à 4 500 téc.

Les envois de viande bovine sont restés stables vers l’Allemagne, à 32 500 téc.

Ils ont reculé vers :

  • la Grèce (-5% ou -1 500 téc) à 29 000 téc,
  • et vers les pays tiers (-46%, à 6 500 téc). Aucun envoi de viande n’a été fait vers la Turquie en septembre ou octobre 2025 selon les douanes françaises.

Des imports en hausse pour le deuxième mois consécutif

En octobre, les importations de viandes bovines (veau inclus) ont augmenté de 5% par rapport à 2024 (après une hausse de 4% /2024 en septembre) pour atteindre 31 500 téc. En effet, avec la relance de la hausse du prix des vaches de réformes françaises mi-août, les importations depuis certains États membres sont devenues plus attrayantes. En cumul sur les dix premiers mois de l’année, nos importations refluent tout de même légèrement de 1% /2024 à 294 000 téc.

En cumulé sur dix mois, nos importations ont progressé depuis :

  • la Pologne (+7% /2024 à 32 000 téc),
  • le Royaume-Uni (+7%, à 38 000 téc),
  • et d’autres pays tiers (+8%, à 4 500 téc),

Nos importations se sont maintenues depuis l’Irlande (49 000 téc) et l’Italie (12 000 téc).

Enfin, nos importations depuis certains États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités dans ces pays :

  • -6% /2024 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 62 000 téc, notamment du fait du recul des abattages de veaux et de gros bovins aux Pays-Bas,
  • -16% depuis la Belgique (18 500 téc),
  • -12% depuis l’Espagne (16 000 téc).

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Le disponible consommable de viande bovine recule un peu moins

La consommation calculée par bilan sur les dix premiers mois de l’année recule de 2,7% comparée à 2024, alors que l’an passé à pareille époque, cette consommation reculait déjà de 2,0%. Cette baisse de la consommation est avant tout liée au recul des disponibilités en bovins en France et même en Europe.

Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La part d’import dans la consommation se situait en octobre, comme en septembre, à 28%, du fait de la progression des imports (+5% /2024 et octobre et +4% en septembre) et du manque de viande française. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est par conséquent de 26%, contre 25% sur la même période en 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En novembre, le prix du bœuf augmente toujours

En novembre selon l’INSEE, l’inflation sur le bœuf et le veau se poursuivait, conséquence de la hausse des prix aux producteurs et au manque d’offre, à 9,3% sur un an (+8,2% un mois plus tôt, +6,8% deux mois plus tôt). L’inflation générale continuait à un rythme annuel modéré de 0,9%, inchangé en un mois. Au global, les prix de l’alimentaire ont progressé plus vite que l’inflation générale (+1,4% sur un an) comme depuis plusieurs mois, porté ce mois-ci par les hausses de l’indice de prix des viandes, du sucre, miel, confitures, chocolat et boissons non alcoolisées.