En moyenne annuelle, le prix du lait de chèvre payé aux producteurs s’est élevé à 920 €/1 000 L en 2025. Une légère hausse permise notamment par l’augmentation du taux de matière protéique. En Espagne et aux Pays-Bas aussi le prix du lait est en hausse.
+11€ pour le prix payé en 2025
À 1 054 € les 1 000 litres au quatrième trimestre 2025 (+1,1% /2024), le prix moyen payé aux producteurs de lait de chèvre est supérieur de 11 € à 2024 et de 22 € à 2023. Cette hausse du prix payé découle de la légère augmentation du taux de matière grasse et de celle plus significative du taux de matière protéique. Le prix de base montre lui aussi une légère augmentation (+0,3% /2024).

En moyenne en 2025, le prix du lait payé aux producteurs s’est élevé à 920 €/1 000 L, soit une hausse de 0,8% /2024 (+8€ /2024 et +20€ /2023). Le prix de base s’élève à 828 €/1 000 L, en hausse de 4€ /2024 (+0,5%).
Légère baisse de l’IPAMPA sur un an
Les charges en élevage caprin suivies par l’IPAMPA (représentant 73% des charges totales) sont en léger recul sur un mois et sur un an. L’indice IPAMPA lait de chèvre moyen 2025 est à 121, soit une baisse de 2,2% sur un an.

À l’indice 118,9 en décembre, soit -0,8% sur un mois et -3,0% sur un an, l’IPAMPA lait de chèvre recule sensiblement.
- Le poste aliments achetés est à l’indice 115,3, soit -0,2% /novembre 2025 et -5,6% sur un an ;
- Le poste énergie et lubrifiant est à l’indice 133,4, en baisse (-7,1% sur un mois, -13,1% sur un an) ;
- Les frais généraux sont à l’indice 111,6, soit -0,1% sur un mois et +1,9% sur un an.
Certaines charges non couvertes par l’IPAMPA, tels que les travaux réalisés par des tiers, les fermages ou encore le coût de la main-d’œuvre, ont continué de progresser.
Plus de matière protéique en 2025
En moyenne sur le quatrième trimestre 2025, les quantités de matière grasse et de matière protéique dans le lait sont en hausse de respectivement +0,2 et 0,5 g/L (soit +0,3 et +1,4% /2024). Sur l’année, le taux de matière grasse recule très légèrement, à 39,8 g/L (-0,1 g/L, et -0,1% /2024) et le taux de matière protéique progresse plus significativement, à 35,4 g/L (+0,2 g/L, soit +0,7% /2024).
En matière sèche utile (MSU), les livraisons sont en léger recul (-0,2% /2024).

Si l’on considère uniquement la matière protéique, importante pour la fabrication des fromages, la quantité livrée en 2025 est en légère hausse (+0,1% /2024).
Hausse du prix en Espagne et aux Pays-Bas
Chez nos voisins espagnols le prix payé est à 1 181 €/1 000 L en décembre, soit +15% /2024. Le prix moyen annuel pondéré par les volumes mensuels est de 988 €/1 000 L en 2025, soit +50 € /2024 ou +5%.

Les syndicats de producteurs avaient alerté le gouvernement espagnol au cours de l’hiver 2024-2025 et du printemps 2025 sur la crise traversée par la production laitière caprine, avec des coûts de production largement non couverts par le prix du lait actuel, les charge ayant fortement augmenté. Conséquence, de nombreuses exploitations ont cessé de livrer du lait. En Andalousie par exemple, première région productrice avec 46% du lait de chèvre espagnol, les volumes livrés ont diminué de 6% /2024. Cette baisse de l’offre a entraîné des hausses de prix significatives au second semestre. Mais la production n’est pas repartie pour autant et la collecte de lait est en retrait de 5% /2024 sur l’année.
Aux Pays-Bas, le prix du lait affiche une hausse constante sur les derniers mois de l’année, pour atteindre 791 €/1 000 L en décembre (+3,3% /2024).

Les données de production laitière ne sont pas disponibles pour les Pays-Bas en 2025. On peut cependant supposer que les conclusions du rapport VGO-III sur l’analyse des liens entre élevage caprin et pneumonies chez l’homme ne vont pas faciliter la vie des éleveurs caprins néerlandais. En effet, ce rapport (le troisième sur le sujet) met en avant un risque accru de déclarer une pneumonie de 73 % dans un rayon de 500 mètres autour d’un élevage caprin et de 19 % jusqu’à une distance d’un kilomètre. Il recommande donc de prendre des précautions, en attendant que toutes les incertitudes scientifiques soient levées. Le moratoire sur l’extension et la création de nouveaux élevages (Geitenstop, depuis 2018 dans certaines provinces) va probablement être assorti de nouvelles contraintes sur les habitations privées, maisons de retraites… qui ne pourront être construites dans un rayon de 500 m voire 1 km autour des élevages caprins. Alors même que « le lien de cause à effet entre la pneumonie et l’origine des agents pathogènes reste flou » selon Nico Verduin, président de NGZO (fédération des transformateurs de lait de chèvre) cité dans le journal Nieuwe Oogst.
