L’accélération forte de la baisse des naissances qui a débuté en septembre 2024 se prolonge début 2025. Il est très probable que la situation sanitaire ait perturbé la reproduction de 2024. De fait le manque d’animaux a continué de tirer les prix vers le haut, dans un contexte de forte demande en Europe.
Une année 2025 marquée par des cours toujours plus hauts
En avril 2025, les prix des broutards ont continué de progresser et de battre des records, en raison de l’offre réduite et d’une demande à l’export renforcée. Même les Charolais de 450 kg qui avaient connu une baisse des prix en mars repartent d’autant plus vite à la hausse.
Ainsi, en semaine 20 :
- Le Charolais U de 350 kg cotait à 5,46 €/kg (+1,68 € /2024) avec une hausse de 33 cts en quatre semaines.
- La cotation du Charolais U de 450 kg était de 5,05 €/kg (+1,47 € /2024) avec une hausse de 28 cts en quatre semaines.
- Le Limousin E de 350 kg était relativement stable avec 5 centimes de plus en quatre semaines, atteignant 5,10 €/kg (+1,15 € /2024).
- Le mâle croisé R de 300 kg se situait à 4 ,92 €/kg (+1,47 € /2024) soit +17 centimes en quatre semaines.

Sur les marchés des femelles, les prix étaient également à la hausse, s’établissant en semaine 20 à :
- 4,59 €/kg pour la Charolaise U de 270 kg, soit 12 centimes de plus en quatre semaines.
- 4,75 €/kg pour la Limousine E de 270 kg (+1,20 € /2024), avec 5 centimes de plus en quatre semaines.
La décapitalisation et les épidémies provoquent une chute des naissances allaitantes
Les maladies vectorielles ont provoqué un fort recul des naissances à partir de l’automne 2024 du fait notamment d’avortements. En mars, dernier mois connu, les naissances étaient à nouveau en baisse : seulement 358 000 veaux de mère allaitantes sont nés sur le mois, soit 26 000 de moins qu’en 2024 (-6,8%/2024) .
Les naissances allaitantes de la campagne 2024-2025 affichent un retard de 197 000 veaux sur les neuf premiers mois de campagne par rapport à 2023-2024. Depuis septembre, la baisse est chaque mois comprise entre -6 et -12% par rapport à l’année précédente.
Le cumul des naissances sur le début d’année 2025 atteignait seulement 947 000 veaux allaitants (-22 000 par rapport à 2024 soit -8,4%).

Les effectifs de broutards de moins de six mois continuent de baisser
À la suite de la baisse des naissances observée depuis l’automne 2024, conjuguée à une hausse de la mortalité des animaux jeunes, les effectifs de mâles allaitants de moins de 6 mois étaient en baisse de 1% /2024 au 1er avril, avec 913 000 têtes. Les mâles de 6 à 12 mois étaient quant à eux légèrement plus nombreux, de 1% par rapport à 2024, à la faveur de moindres exports maigres. La hausse des effectifs de Limousins atteignait +3% /2024.

Les envois vers l’Espagne compensent le recul des achats italiens
Sur le 1er trimestre 2025, la France a exporté 244 000 broutards selon les Douanes françaises (stable /2024). Vers l’Espagne, d’après les Douanes, les envois sont en forte hausse depuis le début de l’année : +59%/2024, avec notamment de nombreux broutards lourds (+131%/2024) et une bonne progression des animaux légers (+12%/2024).

Vers l’Italie, les expéditions sont en baisse de 6% sur le 1er trimestre. Les mâles lourds, qui représentent la majorité des ventes à l’Italie, sont particulièrement touchés (-14% /2024 à 126 000 têtes). Ils sont très demandés par les engraisseurs espagnols, qui en plus de bénéficier de conditions sanitaires facilitées ont été prêts à augmenter fortement leur prix d’achat. Pour contrebalancer la raréfaction des mâles lourds, l’Italie a importé environ 10 000 femelles lourdes, soit une hausse de 22% depuis le début de l’année.
Vers les pays tiers, la France a exporté environ 2 500 animaux au 1er trimestre, dont les trois quarts vers le Maroc. Mars a toutefois été un petit mois, avec seulement 300 têtes expédiées vers le Maroc.
Les données SPIE-BDNI confirment la bonne tenue des exportations de bovins maigres sur les 16 premières semaines de l’année (jusqu’au 19 avril).

Entre les semaines 1 et 16, 307 000 bovins de type viande âgés de 4 à 15 mois ont été exportés, soit 1% de plus qu’en 2024 ou +4 000 têtes, montrant que la demande reste forte. On note que plus de mâles ont été envoyés (+3%/2024), et moins de femelles (-1%/2024).
