La hausse de la production et des exports se poursuit au Royaume-Uni

Alors que le cheptel ovin britannique atteignait son plus bas niveau depuis près de 40 ans en juin 2025, la production ovine commence à rebondir début 2026. Complétée d’importations de plus en plus conséquentes, cette production supplémentaire permet aux exportations de poursuivre leur hausse.

Royaume-Uni : la cotation reste proche de son bon niveau de 2024

Le cours de l’agneau britannique entrée abattoir atteignait 9,63 €/kg en semaine 19, stable d’une semaine sur l’autre et en hausse de 1,64 €/kg d’une année sur l’autre. Il évolue globalement aux niveaux de 2024, bien au-dessus de ceux de 2025.

Sur 4 mois cumulés, la production de viande ovine britannique augmente, poursuivant la tendance à l’œuvre en 2025. Elle a progressé de 3% sur 4 mois cumulés entre 2025 et 2026, à 92 000 t. C’est presqu’autant que la production ovine moyenne sur 4 mois entre 2015 et 2019, avant Brexit et Covid. Les effectifs d’agneaux abattus ont gagné 1%, à 3,8 M de têtes et ceux des réformes ont reculé de 2% à 413 000 têtes. Les carcasses des agneaux et des réformes se sont alourdies de respectivement 0,4 kg et 1,3 kg, atteignant 21,3 et 28,4 kg.

Les importations britanniques de viande ovine ne cessent de progresser depuis l’application des accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie en 2023 : +42% en 2024 et +3% en 2025. Au 1er trimestre 2026, ils ont augmenté de 3%, à 19 200 téc, et notamment +36% d’Australie.

Les achats des Britanniques reculent de 0,5% d’une année sur l’autre sur 12 semaines cumulées se terminant le 19 avril 2026, avec des hausses de prix de 8% en moyenne sur la viande ovine.

Tout cela permet de libérer des volumes de viande ovine britannique à l’export. En effet, ces derniers ont progressé de 9% en 2025 mais c’est une hausse plus forte qui a été enregistrée pour les deux premiers mois de 2026 : +19% /2025, à 24 900 téc.

Irlande : les abattages de réformes reprennent

Le cours de l’agneau irlandais de printemps entrée abattoir atteignait 10,10 €/kg en semaine 18, stable d’une semaine sur l’autre et +0,75 €/kg d’une année sur l’autre.

Les abattages irlandais d’ovins ont baissé de 4% /2025 sur 19 semaines en 2026 (jusqu’à début mai), totalisant 736 000 têtes. Les abattages d’agneaux ont reculé de 7% sur 19 semaines et ceux des réformes étaient par ailleurs en hausse de 34% comparés à 2025 où ils étaient particulièrement bas. Fin 2025, le cheptel de reproductrices avait augmenté légèrement (+1%).

Les exportations de viande ovine irlandaises auraient de leur côté augmenté de 20%, totalisant 12 600 téc, selon les douanes irlandaises. Attention toutefois, les douanes irlandaises pourraient avoir largement sous-évaluée la baisse des exports de 2025 (-7% /2024 selon eux, -15% selon Bord Bia).

Espagne : les abattages de réformes diminuent nettement

En Espagne, le cours de l’agneau lourd entrée abattoir atteignait 11,51 €/kg en semaine 19, en hausse de 0,13 €/kg d’une semaine sur l’autre et de +2,27 €/kg d’une année sur l’autre.

Après s’être stabilisée en 2025, suite à trois années de baisse, la production espagnole de viande ovine diminue de nouveau au 1er trimestre 2026, de 2% /2025, totalisant 23 000 t. Les abattages d’agneaux étaient stables tandis que ceux des réformes ont reculé de 11% /2025. Après la diminution de 18% du nombre de reproductrices fin 2025, les éleveurs tentent probablement de reconstituer leurs cheptels.

Les exportations de viande ovine espagnoles auraient de leur côté diminué de 2%, totalisant 12 000 téc, selon les douanes espagnoles.

Toujours sur les trois premiers mois de 2026, les exportations espagnoles d’agneaux vivants ont baissé de 45%, cumulant 132 200 têtes. Ils ont progressé vers l’Algérie et devraient avoir continué cette progression en avril et en mai, en vu de l’Aïd. Les envois vers le Maroc se sont à l’inverse stoppés : le pays ayant fermé ses portes à l’import d’ovins vifs, ne comptant que sur le report des agneaux non sacrifiés l’an passé et sur les reproductrices importées pour recapitaliser son cheptel. L’approvisionnement marocain pour l’Aïd devrait donc être relativement limité, au vu des prix des ovins qui s’envolent.

Les envois espagnols des réformes ont encore davantage baissé, de 66%, à 15 600 têtes.

Nouvelle-Zélande : production et exportations en baisse

Du fait d’un retard dans les abattages d’agneaux : la production néozélandaise a diminué de 6% /2025 au 1er trimestre, à 141 000 téc.

Les prix à la production de l’agneau et des réformes restent soutenus par une offre restreinte et une demande à l’exportation soutenue et diversifiée. Ces dernières ont d’ailleurs baissé de 7% du fait du manque d’offre, cumulant 125 000 téc. D’une année sur l’autre, les baisses vers la Chine et le Royaume-Uni se poursuivent, tandis qu’on observe des hausses vers Taïwan et le Canada. Les flux vers l’UE à 27 affichent une légère baisse.