Au Royaume-Uni, alors que les achats des ménages restent en retrait a minima jusqu’à la mi-mai selon les dernières données Kantar publiées, les exportations se redynamisent permettant un allègement du marché. La cotation est donc repartie à la hausse, alors qu’elle avait jusque-là baissé, malgré Pâques et le ramadan, habituellement synonymes de pic de demande.
Royaume-Uni : la production et les exports se redynamisent
Le prix de l’agneau a chuté au cours du mois d’avril, malgré la fin du Ramadan et Pâques. Cela s’explique notamment par l’allongement de la période des fêtes qui a réduit l’intensité des achats des consommateurs. Un report plus important d’agneaux, qui les a donc alourdis, aurait aussi pesé sur les prix moyens entrée abattoir.
La cotation de l’agneau britannique est toutefois remontée à partir de mi-mai pour atteindre 8,87 €/kg en semaine 23 de 2025, soit +0,37 €/kg d’une semaine sur l’autre et -0,67 €/kg comparée à 2024. La progression des exports, depuis mars, a pu participer à alléger le marché et redresser les cours, face à une demande intérieure qui est restée en recul.

Les dernières données du Defra (Département de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales) indiquent que la production britannique de viande ovine a atteint 112 000 t sur les cinq premiers mois de 2025, soit une hausse de 2,5% /2024.
Les abattages d’agneaux ont totalisé 4,7 M de têtes sur la période, soit +3% /2024, avec une légère hausse des poids moyens de carcasse, passant de 20,6 à 20,8 kgéc, et ceux des réformes ont à l’inverse reculé, de 7%, à 429 000 têtes, avec un allègement des carcasses, de 28,2 à 27,4 kgéc en moyenne. Le recul des abattages de réformes est probablement en lien avec le fait que le cheptel ovin britannique ait atteint son plus bas niveau historique en 2024 : les éleveurs cherchent probablement à recapitaliser.
Après un bond en 2024, les importations britanniques de viande ovine poursuivent leur croissance début 2025, augmentant de 11% /2024 sur les 4 premiers mois de 2025, à 26 000 téc, avec +5% en provenance de Nouvelle-Zélande et +34% d’Australie mais -46% d’Irlande.
Les exportations britanniques de viande ovine étaient en hausse de 10% sur la période, à 28 700 téc. Elles dépassaient ainsi de 6% leur niveau d’avant Brexit et pandémie de Covid-19 (moyenne 2015-2019). On observe de nettes hausses vers la France (+2 200 téc /2024) et les Pays-Bas (+690 téc), mais des baisses vers l’Italie (-154 téc) et l’Irlande (- 171 téc %).
Les ventes d’agneau au détail poursuivent leur baisse : -9% d’une année sur l’autre en volume au cours des 12 semaines se terminant le 18 mai 2025. Les dépenses ont diminué de seulement 4% au cours de cette période, grâce à une hausse de 5% des prix moyens payés (Kantar Worldpanel).
Irlande : une demande décevante pour l’Aïd
En semaine 23 de 2025, selon la commission européenne, la cotation de l’agneau irlandais atteignait 8,14 €/kg, en recul de 0,07 €/kgéc d’une semaine sur l’autre et de 0,16 €/kgéc comparée à la même semaine en 2024.
Pour la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir le 6 juin, de nombreux éleveurs s’attendaient à une hausse de prix qui ne s’est pas matérialisée, faute de demande suffisante.
Après avoir déjà baissé de 10% entre 2023 et 2024, la production irlandaise de viande ovine a chuté de 15% /2024 sur les quatre premiers mois de 2025, totalisant 18 100 tonnes : c’est 13% de moins que sur la moyenne des cinq dernières années. Les effectifs d’agneaux abattus ont chuté de 17% /2024 et de 14% en volume, illustrant une hausse de leur poids moyen de carcasse, de 22,0 à 22,7 kg. Ceux des réformes ont aussi reculé, de 38% /2024, et de 37% en volume, leur poids moyen de carcasse passant de 25,5 kgéc à 26,0 kgéc.

Sur les 4 premiers mois de 2025, les exportations de viande ovine irlandaise ont baissé de 4% d’une année sur l’autre, à 16 500 téc, avec une hausse de 11% vers la France (données non-concordantes avec celles des douanes françaises) et une chute de 44% vers le Royaume-Uni. Elles reculent de 10% sur la période, comparées à la dernière moyenne quinquennale.
Espagne : regain des envois de viande et repli des envois de vifs sur 4 mois en 2025
Après s’être redressé en mai, le cours de l’agneau espagnol entrée abattoir est reparti à la baisse. En semaine 23, il était enregistré à 9,05€/kg, soit -0,13 €/kg d’une semaine sur l’autre et +0,73 €/kg /2024.

Selon Agreste, la production de viande ovine espagnole a augmenté de 1% d’une année sur l’autre sur trois mois en 2025, totalisant 23 300 téc.
On constate un alourdissement très marqué des carcasses d’agneaux de +1,2 kgéc sur la période considérée, à 12,2 kgéc. 1,6 M d’agneaux ont été abattus, soit -9%/ 2025, mais les volumes abattus étaient stables. Près de 163 000 réformes ont été abattues, soit +5% /2024 et la hausse est sensiblement la même en volume : l’alourdissement est bien plus modeste, de +0,2 kgéc, à 24,9 kgéc en moyenne en 2025. Cet alourdissement des carcasses d’agneaux est possiblement en lien avec l’annulation de l’envoi au Maroc de dizaines de milliers d’ovins, qui ont finalement été abattus en Espagne puis exportés sous forme de viande.
Les envois d’agneaux espagnols vers le Maroc ont de nouveau baissé d’une année sur l’autre en avril et ceux vers la Jordanie n’ont pas repris. Sur quatre mois, ils ont alors diminué de 24% /2024, totalisant près de 347 400 têtes, avec une hausse vers le Maroc (+27 000 têtes), le Portugal (+ 28 000 têtes) et des reculs vers la Jordanie (-112 300 têtes), la France (-22 000 têtes), la Libye (-33 000 têtes) et l’Italie (-24 000 têtes).
Les envois de réformes ont chuté (-58%) en avril, et sur quatre mois ils ont reculé de 18% /2024, via des envois stables à destination du marché marocain, qui n’ont pu contrebalancer les baisses vers l’Italie (-5 400 têtes), la France (- 3 200) et le Liban (-3 600).
Après un creux en 2023 et 2024, les exportations de viande ovine espagnole sont en nette hausse d’une année sur l’autre sur les quatre premiers mois de 2025, de 16%/ 2024, à 18 000 téc. C’est 10% de plus que sur les cinq dernières années. On observe notamment une forte hausse des envois vers l’Algérie (de 675 à 7 300 téc), qui a timidement ouvert son marché à l’Espagne l’an passé et qui, depuis le début d’année, importe massivement.
Nouvelle-Zélande : la hausse de prix des agneaux n’entrave pas l’export
La production ovine abattue en Nouvelle-Zélande s’est maintenue d’une année sur l’autre en janvier puis a augmenté de 2% en février et de 5% en mars 2025. En avril, elle a chuté de 21% /2024, les agneaux ayant bien poussé fin 2024/début 2025, ils sont sortis plus tôt que prévu, expliquant ce décalage.
Sur les quatre premiers mois de 2025, la production a reculé de 3% /2024, totalisant 187 000 téc. Le nombre d’agneaux abattus a diminué de 8% /2024, à 7,0 M de têtes, tandis que celui des réformes a augmenté de 17%, à 1,5 M de têtes. C’est avant tout la baisse des naissances au second semestre 2024 – due au recul du cheptel reproducteur et à une baisse des taux d’agnelages causée par la sécheresse – estimée à 8% /2024 par Beef and Lamb New Zealand, qui explique ce recul de la production néozélandaise.
Cette baisse de l’approvisionnement a provoqué une poursuite de la hausse des prix dès début 2024, qui n’a visiblement pas limité la capacité commerciale de la Nouvelle-Zélande.
En effet, les exportations de viande ovine ont parallèlement été stables d’une année sur l’autre en janvier puis ont augmenté en février et en mars, puis ont poursuivi leur hausse en avril, totalisant 181 000 téc sur quatre mois, en hausse de 6% /2024.

Sur le premier quadrimestre, les exportations ont été en hausse d’une année sur l’autre vers la Chine (+7%) et l’UE-27 (+22%) mais se sont repliées vers les États-Unis (-19%) et le Royaume-Uni (-2%).
