Alors que la collecte poursuit son redressement en octobre, la consommation de produits au lait de chèvre tire toujours les fabrications, notamment de produits frais.
Un second semestre à la hausse pour les livraisons
La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 41,3 millions de litres en octobre 2025, une hausse de 5% /2024.

En cumul sur les dix premiers mois de l’année, 434 millions de litres ont été livrés, soit -1% /2024 (avec correction de l’effet année bissextile en 2024). L’écart avec 2024 diminue à mesure que les livraisons progressent. D’après les données de l’enquête hebdomadaire de FranceAgriMer, la production a poursuivi sa bonne dynamique en novembre (en pointillés sur la courbe), avec des livraisons très supérieures à leur niveau de 2024 (+3%).
Hausses spectaculaires en AURA et Pays de la Loire
En cumul sur les dix premiers mois de 2025, la collecte a évolué d’une année sur l’autre comme suit :
- +2% en Centre-Val de Loire,
- stable en Occitanie, Pays de la Loire et AURA,
- -4% en Nouvelle-Aquitaine.

Sur le mois d’octobre, les livraisons sont en hausse de 10% en AURA, 6% en Centre-Val de Loire, 4% en Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine et 3% en Occitanie.
Hausse des approvisionnements totaux
Les industriels français ont importé 4,5 millions de litres équivalent lait en septembre (+20% /2024 et -22% /septembre 2025).
Ainsi, les approvisionnements des transformateurs (collecte et importations de produits de report caprins) sont en hausse par rapport à septembre 2024, à 45,8 millions de litres (+6% /2024).

En cumul sur dix mois, la filière a transformé 485 millions de litres de lait de chèvre (collecte et importations), un niveau légèrement supérieur à 2024 (+1% /2024). Le niveau des livraisons du premier semestre avait fortement fait reculer les approvisionnements de début d’année, à peine compensés par les importations.
Les stocks de produits de report caprins sont en recul sur un an en octobre (-9% /2024) et en légère hausse par rapport au mois de septembre (+4%).
Stabilité des fabrications sur dix mois cumulés
Les fabrications de fromages de chèvre sont en recul de 1% d’une année sur l’autre en octobre, totalisant 8 615 tonnes. En cumul depuis janvier, les volumes atteignent 81 800 tonnes (= /2024).

Si les ventes de fromages de chèvre en GMS se maintiennent, les difficultés économiques de la restauration hors domicile pénalisent ce débouché. Les fromages de chèvre sont en effet plus chers que leurs homologues au lait de vache. Les bûches de 1kg et autres fromages destinés à la restauration hors domicile ou aux industries agroalimentaires reculent (-3% en cumul sur dix mois) tandis que les fromages frais progressent significativement (+3% /2024).

En cumul, les fabrications de fromages de chèvre à la pièce destinés à la vente au détail sont en recul de 1% /2024. La bûchette reste leader en volume mais ses fabrications reculent en cumul depuis le début de l’année (-2% /2024 ). Les crottins progressent légèrement (+2% /2024) ainsi que les autres fromages affinés à la pièce (+1% /2024), tandis que les pyramident décrochent (-12% /2024).
L’ultra-frais reste sur sa bonne dynamique, avec 1 400 tonnes fabriquées en octobre (+3% /2024).

En cumul sur dix mois, les fabrications d’ultra-frais sont en hausse de 5% /2024.
La consommation reste dynamique
Sur la dernière période disponible du panel Circana, la 11e, du 6/10 au 23/11, la consommation de fromages de chèvre est en hausse de plus de 2% /2024 en volume et en valeur. Sur les 11 premières périodes de 2025 (jusqu’au 23/11), les achats des ménages au rayon libre-service des grandes surfaces sont en hausse de 1% par rapport à la même période en 2024. Dans le même temps, le prix moyen de vente est resté stable.

Ce dynamisme des achats cache de fortes disparités. Ainsi, les AOP sont en retrait de 3% en CAM (cumul annuel mobile). Les ventes de Rocamadour ont diminué de 5%, et celles de Sainte-Maure de Touraine de 3%. Les achats de fromages bio par les ménages ont reculé de 8% /2024. Les marques nationales ont bien résisté en 2025, avec des volumes stables en CAM et en hausse de 1% en cumul courant, tandis que les marques de distributeurs ont poursuivi leur progression, à +1,5% en CAM et en cumul courant.
Quant aux produits frais, leur dynamisme se confirme dans les achats, en hausse de 5% en cumul courant et de 4% en CAM.
