Hausse des ventes de produits laitiers à l’export et en rayons

Début 2026, le marché laitier français reste dynamique, porté par une collecte abondante, des exportations soutenues et des achats des ménages solides. Les échanges ont progressé en volume, mais leur valeur s’est détériorée. Du côté des consommateurs, yaourts, fromages, crèmes et beurre continuent de séduire, tandis que les MDD confirment leur progression.

Des fabrications orientées vers les commodités

La collecte de lait en France demeure particulièrement dynamique depuis plusieurs mois, générant, comme ailleurs en Europe, des surplus de lait (voir article collecte). Face à cet afflux, les quantités supplémentaires sont majoritairement orientées vers la fabrication de produits dits de « commodités », plus aisément stockables et exportables. En janvier, les fabrications de poudre maigre ont ainsi bondi de 30% /2025, celles de beurre ont progressé de 9% et celles de poudres de lait conditionnées de 25%. Ces volumes ont très largement été exportés, achetés notamment par des négociants et des industriels. A l’inverse les fabrications de produits de grande consommation sont en retrait. En janvier, la production de crème a diminué de 6% sur un an, celle de yaourts de 3% et celle de lait conditionné de 4%. Les fabrications de fromages s’inscrivent également en recul, avec une baisse de 3%.

Plus de volumes exportés mais valeur en recul

En janvier 2026, les exportations françaises de produits laitiers ont nettement progressé en volume (+6,4% /2025 en équivalent lait). Après un recul annuel de 4,5% en 2025, marqué toutefois par un rebond au dernier quadrimestre, le début de l’année confirme la dynamique d’exportation observée à la fin de 2025.

Les exportations de tous les produits laitiers ont enregistré des hausses de volume en janvier 2026 à l’exception des fromages, en retrait de 4% sur un an. Parmi les plus fortes progressions, on note le lait vrac (+36%), la poudre maigre (+25%), les yaourts (+18%) et le beurre (+16%). La poudre maigre bénéficie d’une demande mondiale soutenue, la France et l’UE se positionnant comme principaux fournisseurs, les États-Unis étant moins présents et l’Océanie absente sur ce segment en début d’année. Malgré la hausse des volumes, la valeur des exportations a reculé, s’établissant à 714 millions d’€ en janvier, soit une baisse de 4% sur un an. L’analyse du prix moyen par unité exportée illustre bien une perte de valeur sur le marché export : le lait vrac est passé de 452 €/t en janvier 2025 à 328 €/t en janvier 2026, les yaourts de 1 950 €/t à 1 612 €/t et la poudre maigre de 2 680 €/t à 2 313 €/t.

Volumes importés en hausse mais valeur en forte baisse

En janvier 2026, les importations françaises de produits laitiers ont progressé en volume (+3,3% /2025 en équivalent lait) poursuivant la tendance déjà marquée en 2025 (+5,1% /2024). Cette hausse concerne principalement les fromages (+10%) et les yaourts (+20%), tandis que les autres produits laitiers ont enregistré un recul des flux importés.

En revanche, la valeur des importations a fortement diminué, s’établissant à 483 millions d’€, soit -14% sur un an. L’analyse du prix moyen par unité importée met en évidence cette perte de valeur : les yaourts passent de 2 550 €/t à 1 868 €/t, le beurre de 7 560 €/t à 5 659 €/t et les fromages de 5 975 €/t à 5 377 €/t.

Cette évolution se traduit par un solde commercial en amélioration, qui a atteint 232 millions d’€ en janvier 2026, en hausse de 28% par rapport à janvier 2025, après une année 2025 marquée par des importations massives.

Forte dynamique des achats des ménages français début 2026

Sur ce début d’année, les achats de produits laitiers par les ménages français affichent une très belle dynamique. Après une progression modeste des ventes en magasins généralistes en 2025 (+0,18% /2024 en équivalent lait), les deux premières périodes de 2026 confirment un rebond marqué : +1,9% pour la période 1 (P1) et +1,6% pour la période 2 (P2) sur un an.

Toutes les catégories de produits laitiers enregistrent des hausses, à l’exception des desserts lactés frais, toujours en retrait. Même le lait conditionné retrouve une légère progression en période 2 (+0,5% /2025). Les yaourts connaissent une évolution particulièrement dynamique (+5,2% en P2), portée notamment par les versions allégées et hyper-protéinées, très prisées par les consommateurs (+35,8% /2025). La crème poursuit également sa bonne performance (+3,1%), soutenue par les crèmes fraîches et UHT légères et extra-légères. Les fromages restent en progression (+2,3%), tirés par les pâtes pressées cuites (+2,7%) et les pâtes fraîches salées type mozzarella (+10%). Les fromages frais progressent de 2,1%, notamment grâce aux fromages blancs (+3,8%). Enfin, le beurre affiche également une belle dynamique (+1,7%).

Du côté des prix en magasin, la hausse moyenne s’établit à +1,2 % sur un an pour l’ensemble des produits laitiers en P2. Les augmentations sont un peu plus marquées pour le beurre (+1,9%) et les yaourts (+3,1%).

Les marques de distributeur (MDD) continuent à gagner du terrain. Alors que les ventes en volume de marques nationales reculent sur les deux premières périodes (à l’exception de la crème en légère hausse +1,2% /2025), les MDD affichent des progressions comprises entre +4 et +5% pour le beurre, la crème, l’ultra-frais et les fromages, et +0,9% pour le lait conditionné.