La décapitalisation dans toute l’Europe et les maladies vectorielles réduisent l’offre en veaux à engraisser et accentuent la tension sur leur prix, avec une demande dynamique du fait de marchés de la viande bovine demandeurs.
Naissances en recul
L’irruption de la FCO-3 à la fin de l’été 2024 a conduit à une baisse nette des naissances de veaux laitiers.

Après les aléas de fertilité ayant conduit au creux de naissances en juin 2024, rattrapé exactement par la hausse d’août 2024, le contexte sanitaire a entraîné un recul net des vêlages durant l’automne et l’hiver 2024-2025. Au total sur la campagne (juin 2024 – mars 2025), 68 000 veaux laitiers en moins sont nés, soit un recul de 2,5%. La baisse est du même ordre de grandeur pour les veaux disponibles pour l’engraissement (veaux mâles laitiers + tous les veaux croisés lait-viande).
Prix records dans toute l’Europe
Le manque de veaux laitiers à engraisser en France tire les prix à la hausse. Les cotations retrouvent des niveaux qu’elles n’avaient plus atteints depuis près de vingt ans.

En semaine 20, le veau mâle laitier français de 45 à 50 kg cotait 256 €/tête, en hausse de 31 € en quatre semaines et plus de deux fois supérieur à son niveau de 2024. Les marchés sont au mieux attentistes, la période de creux des naissances n’en étant qu’à ses débuts.
Le manque de veaux laitiers pour engraissement tire les prix vers le haut dans l’ensemble des pays européens.

Les veaux laitiers néerlandais ont dépassé les 300 €/tête (×2,4 /2024) depuis la mi-avril, gagnant 130 € en vingt semaines. Les principaux pays producteurs de veaux ont suivi une tendance similaire depuis la fin de l’année 2024. Seuls les veaux espagnols ont connu une hausse plus modérée, à 185 €/tête (+61% /2024).
Les veaux Fleckvieh allemands, destinés principalement à la production de jeunes bovins, étaient sur une tendance explosive similaire depuis le début de l’année 2025.

En moyenne sur les trois derniers marchés (16 avril, 30 avril et 14 mai 2025), les veaux Fleckvieh se sont ainsi échangés à 1 120 €/tête en moyenne, un niveau supérieur de 75% à l’année précédente. Ce niveau de prix fait peser des inquiétudes sur la capacité de la filière jeune bovin allemande (plus d’informations dans notre article dédié aux taurillons en Europe) à assurer la rentabilité de la production.
Stabilisation des envois français
Après un fort recul en début d’année, les exportations de veaux laitiers sont revenues à leur niveau de 2023 en mars.

En cumul sur trois mois, elles restent en très net retrait de 13% ou 12 000 têtes /2024. À noter cependant que le retard de janvier correspond plus à une anticipation des envois en décembre qu’à une réelle baisse des envois (décembre avait enregistré une hausse de 24% des envois par rapport à l’année précédente).
Importations néerlandaises limitées, entre autres par les disponibilités allemandes
Après une année 2024 en forte baisse de 15%, les importations néerlandaises de veaux laitiers peinaient à se rétablir.

Sur les deux premiers mois de l’année, les Pays-Bas ont importé 154 000 veaux laitiers, en baisse de 3% sur un an, due principalement à un recul des envois allemands de 10 000 têtes. Les causes précises de cette baisse ne sont pas clairement établies, entre faibles disponibilités en Allemagne, rétention d’une partie des veaux allemands pour la production de taurillons et possible moindre demande néerlandaise.
