Frein à la hausse des prix à la reprise des cotations

La poursuite de la baisse des naissances maintient une tension sur les prix mais la fermeture pendant deux semaines des frontières françaises aux exports de vif a perturbé les marchés.

Cours stables ou en recul pour les mâles

Pour lutter contre la propagation de la DNC et rassurer nos partenaires européens, la ministre de l’Agriculture avait pris la décision le 17 octobre de fermer les frontières françaises à l’export de bovins vifs. Cette mesure a été levée le 1er novembre. Les cotations des broutards ont par conséquent été suspendues deux semaines (semaines 43 et 44) et même trois pour certains charolais (semaine 45 aussi), en l’absence de données sur le bassin de Dijon.

Les cours ont repris sur une légère baisse pour les mâles charolais U 350 kg et croisés tandis que les limousins sont stables en cette période habituelle de baisse saisonnière. En effet, les animaux entrés en engraissement au printemps en Italie ne sont pas encore finis et la demande pour les mises en place reste limitée. Par ailleurs, après deux semaines sans export, la reprise est dynamique mais pas excédentaire selon les opérateurs.

En semaine 46 :

  • les broutards charolais U de 350 kg atteignaient 6,10 €/kg vif en semaine 46 (+2,14 € /2024, -8 cts en 4 semaines),
  • les broutards charolais U de 450 kg étaient à 5,44 €/kg vif (+1,59 € /2024 et -17 cts en quatre semaines),
  • les broutards limousins E de 350 kg cotaient à 5,95 €/kg vif (+1,75 € /2024 et stables sur quatre semaines),
  • les broutards croisés R de 300 kg, atteignaient 6,00 €/kg vif (+2,22 € /2024, -8 cts en quatre semaines).

Pour les femelles, les cours des Charolaises U de 270 kg ont augmenté tandis que ceux de la Limousine E de 270 kg sont stables :

  • les femelles charolaises U de 270 kg, très demandées à l’export et en France, cotaient à 5,70 €/kg vif en semaine 46 (+2,07 € /2024 et +10 cts en quatre semaines),
  • le cours des femelles limousines E de 270 kg s’élevait à 5,70 €/kg vif (+2 € /2024 et stable sur quatre semaines).

Les prix actuels des broutards représentent un besoin en trésorerie conséquent, qui augmente avec le poids des animaux. Les acheteurs privilégient les animaux moins lourds. En effet ces animaux, bien que souvent plus chers au kilo, représentent des investissements moins importants à la tête. Par ailleurs, le coût alimentaire reste contenu depuis plusieurs mois.

101 000 naissances de veaux allaitants en moins depuis janvier

En septembre 2025, les naissances étaient en baisse de 2% par rapport à 2024. Sur les trois premiers mois de la campagne 2025-2026, 590 000 veaux allaitants sont nés, soit 2 000 de plus par rapport au début de campagne 2024-2025 (= /2024-2025) grâce au bon mois de juillet (+19% /2024), consécutif à un mois de juin, situé dans la campagne précédente, particulièrement en retrait (-12% /2024).

En cumul sur les neuf premiers mois de 2025, 2,20 millions de veaux allaitants sont nés, soit 101 000 têtes de moins qu’en 2024, ou -4%.

Forte baisse des effectifs de mâles de 6 à 12 mois

Au 1er octobre, 581 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents en France, en baisse de 9 000 têtes (-1% /2024).

Pour les broutards de six à douze mois, la baisse d’effectif était plus forte. Le nombre de mâles présents est tombé à 667 000 au 1er octobre (-10% ou -80 000 /2024).

Le recul des ventes à l’export se poursuit

En septembre (semaines 36 à 39), 81 000 broutards ont été exportés, en hausse de 9% sur un an.

Le cumul sur 39 semaines est en modeste retrait, à 686 000 têtes exportées (-1% /2024 ou -8 000 têtes).

Cette baisse des exportations touche les Charolais un peu plus que les Limousins : en 39 semaines, 203 000 broutards charolais ont été exportés (-3% /2024), tandis que les envois de Limousins étaient en baisse de 2% /2024 à 235 000 têtes. Les animaux plus lourds sont moins demandés à l’export, ce qui touche plutôt les Charolais, qui comptent plus d’animaux de plus de 400 kg que les Limousins.

Hausse des envois vers l’Italie en septembre

En septembre, 76 000 broutards ont été exportés vers l’Italie d’après les Douanes françaises, en hausse de 15 000 têtes /2024, soit +24% /2024, dont 51 000 mâles de plus de 300 kg, soit +23% /2024. Sur neuf mois on compte 569 000 broutards exportés vers l’Italie (-2% /2024), dont 374 000 mâles de plus de 300 kg (-6% /2024).

Reprise pour les animaux lourds vers l’Espagne

Après le fort recul en août, on observe une reprise en septembre des exports vers l’Espagne des mâles les plus lourds.

12 000 têtes ont été envoyées vers l’Espagne, en septembre 2025 (+3% /2024), dont :

  • 6 000 bovins de 160 à 300 kg (-4% /2024),
  • 5 400 mâles de plus de 300 kg (+10% /2024).

Sur 9 mois, 111 000 broutards ont été exportés vers l’Espagne (+28 000 têtes /2024 ou +34%), dont :

  • 49 000 broutards de 160 à 300 kg (+20% /2024),
  • 52 000 mâles de plus de 300 kg (+45% /2024).