Plusieurs années de décapitalisation en France comme dans le reste de l’UE ont conduit à une baisse de production, accentuée en 2025 par le contexte sanitaire qui avait réduit les naissances l’année précédente. Il en a découlé une hausse inédite des prix des bovins qui a permis aux éleveurs d’enregistrer une nette progression de leurs revenus.
Envolée des prix en 2025 – Manque d’offre et situation sanitaire compliquée.
Jamais les prix des bovins ne s’étaient autant accrus qu’en cette année 2025. Il faut dire que le manque d’offre de viande bovine est criant, aussi bien en France que dans l’ensemble de l’Europe, le cheptel ne cessant de se réduire. Dans les régions françaises, les maladies vectorielles, avec les nombreux foyers de MHE et FCO 8 et 3 depuis 2023-2024, ont limité les croissances, provoqué de la mortalité, et se sont ajoutées aux effets de la décapitalisation pour faire reculer les naissances.
Le bilan d’approvisionnement français connaît dans ce contexte une baisse proche de celle de l’offre. Vis à vis d’une Europe qui manque de viande, les importations françaises restent limitées et les exportations en légère croissance. Alors que la hausse des prix est répercutée progressivement aux consommateurs, la demande intérieure se montre résistante.
Le maigre est particulièrement rare et recherché, pour des ventes vers l’Italie et l’Espagne aussi bien que vers les engraisseurs français. Les cours des broutards ont décollé dès le printemps, avec beaucoup de réactivité et d’amplitude. Les cours des jeunes bovins ont suivi, mais avec un léger décalage. Les naisseurs-engraisseurs ont préféré vendre davantage de broutards que les années précédentes face aux aléas sanitaires, aux hausses de prix du maigre pas encore pleinement exprimées dans ceux du gras, et aux besoins de trésorerie largement majorés.
Les revenus des éleveurs en hausse malgré une hétérogénéité qui se renforce
Les revenus des éleveurs bénéficient heureusement de la hausse des prix des bovins. Les exploitations spécialisées atteignent en 2025 des niveaux historiquement hauts, aussi bien les naisseurs que les naisseurs-engraisseurs.
Quant aux exploitations de polyculture-élevage, au plus haut en 2022, elles se relèvent de deux années difficiles grâce à l’atelier viande qui vient compenser la difficile conjoncture des cultures.
L’hétérogénéité des résultats des exploitations se renforce alors que les facteurs responsables se multiplient : volatilité des cours mais aussi changements et aléas climatiques et sanitaires, qui se répercutent sur les performances techniques et la productivité globale. On note aussi qu’une partie des éleveurs voient leurs revenus minorés par la hausse des investissements, reflétant la hausse des prix des équipements mais aussi un probable regain d’optimisme des éleveurs.
Vers un ralentissement de la décapitalisation en 2026?
Alors que le maintien de la production reste l’enjeu majeur de la filière, 2026 marquera-t-elle le début d’un ralentissement durable de la décapitalisation? Le cheptel de génisses est abondant et le contexte de prix porteur. Pour inciter à la consolidation des cheptels et à l’installation de nouveaux éleveurs, certains obstacles restent à lever, comme des besoins en trésorerie et en capitaux de plus en plus lourds. Des évolutions à suivre de près en 2026…
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