Cours en forte progression

Les cours des veaux laitiers sont repartis franchement à la hausse fin janvier 2026, l’offre restant limitée et la demande bien présente. Le passage de la FCO dans le bassin laitier de l’ouest de la France pourrait réduire encore l’offre en veaux laitiers jusqu’en avril, avant un probable renforcement en mai et juin.

Prix record en début d’année

Les cours des veaux laitiers sont repartis nettement à la hausse depuis fin janvier, faute d’offre suffisante sur les marchés.

En semaine 7, les veaux mâles de type lait de 45 à 50 kg cotaient 249 €/tête, soit 89 € de plus qu’en 2025 et 181 € au-dessus de la même semaine en 2024. La tension sur les veaux laitiers est forte depuis l’irruption de la FCO-3 en France en 2024, avec une demande française et export toujours bien présentes.

Baisse des envois en 2025 sur fond de fermeture en octobre

La fermeture des exports de bovins vifs fin octobre a pesé sur les envois de l’année 2025.

En cumul sur douze mois, les envois de veaux laitiers ont ainsi reculé de 10% d’après SPIE-BDNI, pénalisés par le creux d’octobre (-49% entre les semaines 40 et 44) et par une fin d’année 2024 atypique. En effet, les envois avaient été anticipés en décembre 2024, conduisant à une forte baisse en janvier 2025 et à une comparaison biaisée en décembre 2025. Sur ce dernier mois, 30 000 veaux laitiers ont été exportés, soit 15% de moins qu’en 2024 mais 7% de plus qu’en 2023.

L’Espagne reste la destination de 90% des veaux laitiers français exportés, portée par une bonne valorisation de la viande bovine (lire notre article sur les jeunes bovins en Europe pour en savoir plus).

Naissances en baisse sur l’année

Les naissances de veaux laitiers ont reculé en toute fin d’année 2024, après deux mois de légère progression.

En décembre, 267 000 veaux sont nés de mère laitière, soit 10 000 de moins que l’année précédente. L’année 2025 termine en léger retrait de 2,2% (-70 000 naissances), avec 3 036 000 veaux laitiers nés en douze mois. La tendance est similaire pour les veaux disponibles pour l’engraissement (tous les mâles et les femelles croisées lait-viande), avec 1 802 000 naissances en 2025 (-2,5% /2024).

Remous à venir sur les naissances

Le passage de la FCO-3 dans les grands bassins laitiers à l’été 2025 a compliqué la reproduction des vaches laitières.

Le taux de non-retour entre 18 et 90 jours (TNR18-90 j, pas de deuxième insémination après une première insémination, donc l’IA première est présumée fécondante) a ainsi atteint un minimum sur dix ans, à 53,8% en juillet et 52,1% en août. Le recul était particulièrement fort dans le Grand Ouest, avec un TNR18-90 j en baisse de 8,8 points dans la Manche et de 8,4 points en Ille-et-Vilaine sur les trois mois d’été (juin-juillet-août 2025).

Conséquences de cette reproduction compliquée, le nombre d’IA dernière (IA non suivie d’une autre IA dans les 90 jours) a fortement reculé sur l’été 2025, avant de connaître un rattrapage à l’automne.

Le nombre d’IA dernières a baissé de 15% en juin et de 10% en juillet, et s’est nettement redressé en août et septembre (+23%). Or, à partir d’une certaine ampleur de variation, les naissances de veaux laitiers sont nettement corrélées au nombre d’IA dernières neuf mois avant.

D’après ces données, il est donc probable :

  • Que les naissances de veaux laitiers soient en recul en mars et avril 2026 (neuf mois après juin et juillet 2025),
  • Mais qu’elles soient en hausse en mai et juin (neuf mois après août et septembre 2025).