Alors que la consommation de viande ovine accusait déjà le coup après les fêtes religieuses musulmanes, la répétition des épisodes de fortes chaleurs voire de canicules est venue aggraver la situation en France. Cela se ressent sur le cours de l’agneau lourd entrée abattoir, qui perd 70 centimes entre les semaines 26 et 28, soit fin juin et début juillet. L'Océanie, en pleine recapitalisation après la sécheresse de 2024, s'apprête à affronter le passage d'El Niño au second semestre.
Viande ovine » France »
Le thermomètre s’affole et la cotation dégringole
Dernière révision leLe mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en France et cela s’est ressenti sur les achats de viande, et notamment de viande ovine. Nulle envie de faire un barbecue ou d’allumer sa poêle (pour la plupart des consommateurs), quand le thermomètre frôle voire dépasse les 40°C.
Le cours français chute sous l’effet d’un effondrement de la consommation
En semaine 28 de 2026 (se terminant le 12 juillet), la cotation entrée abattoir de l’agneau français chutait nettement pour la deuxième semaine consécutive, repassant sous ses niveaux de 2025. Elle atteignait 9,39 €/kg, en baisse de 0,17 €/kg d’une semaine sur l’autre et 0,14 € en-dessous de son niveau de 2025. Sur la première moitié de juillet, le cours perd 70 cents du kilo carcasse.

Une fois l’Aïd el-Kébir passé, fin mai, la consommation a retrouvé son bas niveau, ce qui pèse traditionnellement sur la cotation de l’agneau entrée abattoir. Mais à cela se sont ajoutés cette année les épisodes successifs de fortes chaleurs faisant décrocher les achats de viande ovine et finalement, dégringoler la cotation.
Au 1er semestre 2026, la production française ne rattrape pas le retard pris en 2025
Selon Agreste, qui recense l’ensemble des abattages ovins français, la production abattue de viande ovine en France était en hausse de 7% d’une année sur l’autre sur les cinq premiers mois cumulés de 2026, totalisant 30 700 téc, mais a reculé de 7% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2021-2025). Il manque ici le mois de juin 2026 : le décalage des dates de l’Aïd (26/27 mai 2027 et 5/7 juin 2025) a artificiellement augmenté les abattages de mai 2026 (+30% /2025).
Cette hausse de production reflète à la fois à l’augmentation du nombre de réformes abattues (+14% à 192 000 têtes) et le net alourdissement de leurs carcasses (de 27,2 à 28,1 kg). Le nombre d’agneaux abattus augmente de 3%, à 1,3 M de têtes, avec un poids moyen de carcasse légèrement haussier, de 18,6 à 18,8 kg.

Selon les données d’Ovinfos (basées sur un échantillon d’abattoirs qui représente plus de 90% des notifications de déchargement d’ovins en abattoirs en 2025), fournies par Interbev, les abattages de juin seraient en recul de 15% /juin 2025 (décalage des dates de l’Aïd). Finalement, le nombre d’ovins abattus au 1er semestre 2026, soit sur 26 semaines, est en recul de 1,5% /2025, totalisant 1,7 M de têtes. En termes d’effectifs abattus, 2026 est pour le moment une année de rattrapage partiel du retard pris en 2025, avec les conséquences de la FCO qui a frappé les élevages au 2nd semestre 2024. En effet, si on compare au 1er semestre 2025, le repli est de 11%.
La production française a très légèrement augmenté malgré la forte baisse des effectifs d’agneaux vivants importés : aucun en janvier, -74% /2025 en février, -31% en mars, -83% en avril et +56% en mai, soit -56% sur cinq mois.La part des agneaux importés dans les abattages français a nettement diminué au fil des ans et 2026 semble ne pas faire exception. Les imports de réformes ont reculé de 86%, totalisant seulement 760 têtes, toutes espagnoles, sur ces cinq mois.
Les exports français d’agneaux vivants ont par ailleurs augmenté de 68% sur la période, totalisant 251 000 têtes, avec des envois qui ont quasiment triplé (x2,7) vers l’Italie et augmenté de 65% vers l’Espagne et de 21% vers l’Allemagne. Les exports de réformes étaient en hausse de 10%, cumulant 18 000 têtes.
Des imports de viande ovine en hausse sur cinq mois cumulés
Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) ont logiquement chuté en avril du fait du décalage des dates de Pâques d’une année sur l’autre, et bondi en mai, en lien avec le décalage des dates de l’Aïd (26/27 mai 2026 contre 5/6 juin 2025), malgré la hausse continue des prix des viandes britanniques, espagnoles et irlandaises.

En cumul sur les cinq premiers mois de 2026, elles ont augmenté de 3% /2025, totalisant 35 000 téc (-8% /moyenne 2015-2019). Elles ont reculé en provenance d’Espagne et d’Irlande mais ont augmenté en provenance du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande.
Le disponible français en viande ovine artificiellement en hausse sur cinq mois
Sur cinq mois cumulés en 2026, la production française et les importations de viande ovine sont en hausse d’une année sur l’autre, du fait de fortes hausses en mai, imputables au décalage des dates de l’Aïd entre 2025 et 2026 : le disponible français en viande ovine augmente ainsi de 5% /2025, même s’il reste 11 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit).

Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,8 °C aux normales saisonnières. La vague de chaleur exceptionnellement précoce qui a touché le pays du 17 au 30 juin a particulièrement affecté toute la moitié ouest. De très nombreux records de température ont été battus et plus de 70 départements ont été placés en vigilance rouge canicule.
Si cela a impacté animaux, végétaux et le travail des agriculteurs, cela a aussi modifié les habitudes de consommation des Français, au détriment des viandes, notamment ovines.
Selon les professionnels de la distribution, cette chaleur est venue aggraver la baisse des achats de viande ovine par les ménages français, déjà en retrait depuis quelques années : ils observeraient une baisse à deux chiffres sur le 1er semestre 2026 comparé à 2025.
Après un bond en mars et avril, l’IPAMPA se replie légèrement en mai
La hausse des prix du carburant, sur fond de guerre au Moyen-Orient, a provoqué une forte hausse de l’IPAMPA, qui s’est rapproché de ses records de 2022 (135,4 en octobre 2022) en mars et avril. Il se replie légèrement en mai, sous l’effet d’une accalmie des tensions géopolitiques : il était enregistré à 130,7, soit +7% /2025 : l’indice relatif aux carburants bondissait toujours de 56% /2025 (contre +68% en avril) et celui relatif aux engrais, de 20%. Malgré ce repli, il est loin de retrouver son niveau de février 2026, à 123,6.





